Fierce Deity – Power Wisdom Courage

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Bonne année à tous et à toutes !

Jonathan Barwick est un australien qui se prend pour Arjen Lucassen et Ramin Djawadi, du moins sur son dernier album Power Wisdom Courage.

Une fois de plus, c’est KMäNriffs qui m’a fait découvrir cette perle sur Twitter, alors merci à lui. Il semble particulièrement affectionner les trucs qui déchirent sévère mais de temps en temps il s’attendrit un chouilla, comme ici.

Fierce Deity joue dans la cour du power metal progressif épique avec trois titres à rallonge de huit à treize minutes.

Sachez tout de même que si vous vous aventurez sur ses autres productions, que Power Wisdom Courage n’est pas franchement représentatif du reste, même si c’est plutôt bon.

Vous connaissez Arjen (qui a dit non ?) : Ayreon, Star One, du metal prog à claviers et invités mais connaissez-vous Ramin Djawadi ? Non ? C’est le compositeur de la BO de la série Games Of Thrones, vous savez ce machin que l’on entend partout, massacré lors des auditions de classes de violoncelle.

Jonathan, le gars derrière Fierce Deity, joue tout seul, contrairement à Arjen et s’il reprend le thème de Game Of Thrones, il le fait avec intelligence dans le dernier morceau intitulé ‘Courage’.

Ne vous y trompez pas, la flûte gentillette de ‘Power’ est vite remplacée par des chœurs lyriques et un bon gros power metal de derrière les fagots où les claviers rappellent furieusement Ayreon. 

De même le “court” ‘Wisdom’, seulement huit minutes après tout, au chant limite crié, après des claviers “pouet pouet”, lance une charge lourde aux riffs épais et au refrain martial.

Ce long EP ou court LP, comme vous voudrez, s’achève avec le grand format ‘Courage’ qui démarre comme un vieux diésel avant d’atteindre son régime de croisière. C’est là que s’incruste une version épurée du ‘Main Title’ de Games Of Thrones, ajoutant s’il était besoin, une touche épique à la charge de guitares.

Il n’y a franchement rien à jeter dans Power Wisdom Courage. C’est du lourd épique à souhait qui a même sut gagner les faveurs de mon épouse, c’est tout dire. 

Allez l’écouter, vous me direz ce que vous en pensez, il est sur Bandcamp. Et le premier d’entre vous qui m’enverra un commentaire sur le blog, aura même droit à un code de téléchargement pour l’écouter chez lui.

Teeshirt : Monnaie de Singe

Dream Theater – A View From The Top Of The World

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Si je n’aime pas beaucoup James et si je regrette le départ de barbe bleue, il faut quand même reconnaître à ces cinq ricains une furieuse maîtrise du genre et de la technique. Sorti de Metropolis Part I, Octavarium et de A Dramatic Turn Of Events, je ne suis pas vraiment fan, surtout si nous parlons de la bouse The Astonishing. J’ai pourtant toute leur discographie et même quelques live, car passer un Dream Theater à fond dans la maison chasse les souris, traumatise mon chat et emmerde les voisins.

Mais qu’est-ce qui m’a pris de l’acheter en vinyle cette fois ? Je ne sais pas, peut-être pour remplir mon quota mensuel de dépense. Bref me voilà avec une paire de godasses posées au bord d’une gigantesque faille dominant une mégalopole. A View From The Top Of The World, soixante-dix minutes de metal progressif technique à souhait. Sept morceaux dont le dernier et très long titre album, A View From The Top Of The World renoue avec les titres fleuves et l’instrumental. Un bon point car on entend assez peu l’abri de jardin bêler.

Bel artwork, galettes 180 grammes, CD en bonus et livret XXL, décidément le label Inside Out a encore soigné l’objet. Ils vont finir par devenir ma référence vinyle s’ils poursuivent sur ce chemin.

‘The Alien’ propose en ouverture, un long instrumental grandiloquent où guitares et rythmiques volent la vedette à tour de rôle. Puis Petrucci s’envole avec Rudess avant le second refrain pour nous en mettre plein les oreilles encore une fois. Une pièce longue de plus de neuf minutes qui met en appétit. Du grand classique furieusement efficace.

‘Invisible Monster’ et son couplet basse batterie marque également quelques points avant d’emprunter ensuite de surprenant chemins de traverse pour un groupe comme Dream Theater. 

Je pourrai également vous parler de ‘Sleeping Giant’ à la section instrumentale éblouissante ou de la fabuleuse intro de ‘Awaken The Master’ mais il faut que je garde un peu de temps pour le titre album en trois parties qui occupe à lui seul la face B du second vinyle. Comment dire ? En fait, depuis ‘Octavarium’, je n’avais pas retrouvé ce souffle épique chez Dream Theater. Son ouverture synphonico metal cinématique annonce tout de suite un morceau hors norme qui ne sera pas bâclé en trois minutes. De fait, vous en prendrez pour vingt où guitares virtuoses rencontrent piano classique, violons, batterie effrénée, basse trépidante et claviers fous. 

Magistral.

S’il n’y avait qu’un seul album de Dream Theater à écouter depuis l’arrivée de Mike Mangini, ce serait celui-ci. Bon à condition de supporter ce groupe bien entendu.

Teeshirt : Némo (parce les gars de Némo ne sont pas fans de Dream Theater justement)

Alex Henry Foster – windows in the sky

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Le 28 octobre j’étais à La Laiterie à Strasbourg pour écouter The Pineapple Thief. Et en première partie, se produisait le québécois Alex Henry Foster, l’ex leader du groupe Your Favorite Enemies.

Je m’attendais à un gars seul devant un micro avec sa guitare électro acoustique. A la place, ce furent deux batteries, trois guitares électriques, des claviers, une saxophoniste choriste et un frontman fou à lunettes embuées qui envahirent la scène.

Après une longue ouverture post-rock cinématique, une bombe explosa le dôme de silence, une tempête de colère froide, d’infra basses, de guitares jouées à l’archet et une voix mi slam mi chantée désespérée. Un tsunami émotionnel et sonore de plus de quinze minutes intitulé ‘The Hunter’. J’étais à terre, conquis.

Ce n’est pas tous les jours qu’une première partie me fait cet effet là. Surtout lorsque je ne connais pas l’artiste. Alors, évidemment, je suis reparti avec le vinyle dédicacé par Alex et le teeshirt pour faire bonne mesure. 

La pochette où figure un portrait de l’artiste flouté, cache deux étuis blancs qui ensemble reconstituent la photographie en noir et blanc d’un colibri, oiseau symbole de guérison de l’âme. 

Et il devra œuvrer cet oiseau-mouche pour soulager l’infinie douleur qui règne sur cet album.

windows in the sky est un premier album d’une heure et huit morceaux qui n’aurait jamais dû exister. Un voyage thérapie à Tanger aux confins du chagrin où Alex parle du deuil, celui de son père décédé en 2016.

Post-rock, cinématique, trip-hop, parlé, chanté, l’album ne possède pas la violence de leur prestation live. Il est nettement plus en retenue et moins contrasté. 

Cela n’enlève rien à sa beauté torturée, devenue juste plus intérieure. Le voyage se fait également avec les mots traduits en français que vous pourrez découvrir sur son site. Une manière de mieux comprendre l’univers désespéré de windows in the sky.

Alex m’a expliqué à la fin du concert, que chacune de ses prestations live était différente avec toujours une grande part d’improvisation. 

Si vous écoutez Standing Under Bright Lights, son live à Montréal sur Bandcamp, vous pourrez apprécier la différence avec l’album studio.

Fort, torturé, désespéré sont des adjectifs qui collent à la peau de cet album atypique. Attention cependant, si vous êtes dépressif chronique, évitez son écoute à haute dose, ça ne va sans doute pas vous aider beaucoup.

Une voix désespérée déclame des “The Beginning Is The End” sur des cordes torturées, des battements de coeur, des basses et des claviers cinématiques hallucinogènes. 

La musique se cherche, se répète, annonçant la tempête qui n’explose jamais vraiment. Des constructions sonores planantes et tendues rythmées par les mots de Alex Henry.

L’album, en plus d’être sublime, remue beaucoup d’émotions enfouies en nous. Mais peut-être faut-il être un rescapé de l’existence pour appréhender pleinement la beauté de windows in the sky. 

Teeshirt : Alex Henry Foster

Fleesh – Eclipsed

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Le duo Fleesh s’est fait connaître par ses reprises de Rush, Marillion, Renaissance ou encore Genesis, mais Gabby et Celo ont également composé trois albums, What I Found en 2017, Across The Sea en 2019 et Eclipsed cette année.

Il est certainement plus facile d’écouler des compilations de reprises de groupes connus que de percer avec ses propres compos de rock progressif. Surtout lorsque l’on est pas franchement connu. Alors Fleesh joue sur les deux tableaux, un peu comme The Watch.

J’ai presque tous leurs disques excepté leur tribute à Renaissance, sans doute parce que je n’aime pas trop Renaissance. Alors lorsqu’ils ont annoncé la sortie de leur nouvel album Eclipsed, j’ai passé commande du CD malgré des frais de port plus que dissuasifs.

Gabby chante et Celo est l’homme orchestre. Comme sur leur clips, le barbu rondouillard joue des guitares, claviers et basse quand la blonde au piercing chante, parfois accompagnée d’une guitare acoustique.

La voix de Gabby, un peu monotone au début, a gagné en personnalité sur cet album et si la musique s’inspire de Marillion comme dans ‘One By One’ et de Pink Floyd sur ‘Till The Morning Comes’, elle se forge peu à peu sa personnalité.

Après le concept album Across The Sea très prometteur, Eclipsed confirme les espoirs que j’avais placé dans ce jeune duo brésilien.

Eclipsed raconte une histoire en une heure et onze morceaux. Comme sa pochette le suggère, une éclipse solaire qui éclaire une montagne de crânes survolée d’oiseaux charognards, Eclipsed ne vibre pas d’ondes positives bien au contraire et la plongée dans le livret aggrave cette sensation. 

Voici les premières paroles de ‘Stuck’  : “Quelque part à l’intérieur de ce chaos, je suis toujours en vie. Je suis juste allée trop loin pour en comprendre tous les signes.”. 

On dirait que Fleesh poursuit son récit sur la dépression entamé dans Across The Sea, les textes elliptiques livrent des états d’ames plus qu’une histoire à moins que je n’ai rien compris encore une fois.

‘All My Sins’, riche d’éléments symphoniques, est une des pièces les plus puissantes de l’album et une belle réussite vocale. J’ai également adoré les claviers très néo prog qui ouvrent l’album avec ‘Stuck’ et j’ai aimé le solo guilmourish de ‘Till The Morning Comes’ qui commence pourtant comme un blues.

Eclipsed n’est pas parfait. Il est très dense avec beaucoup de chant et une production perfectible.

N’empêche, je l’aime beaucoup et je vous recommande sa découverte, peut-être en numérique étant donné les frais de port exorbitants. 

N’hésitez pas à découvrir également leurs albums cover. Mon préféré est celui de Genesis sorti tout récemment.

Teeshirt : Marillion

EPs n°1

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Le crowdfunding est ici : Glagla

J’adore la routine, surtout pour la mettre à mal. Alors après vous avoir livré des brèves peu enthousiasmantes, je voudrais me racheter avec une nouvelle chronique de quelques EPs qui ne tiendraient pas le temps d’une vidéo.

Mais au fait, c’est quoi un EP ? 

EP, s’opposant à LP ou long play (un format musical de 45 minutes à une heure), signifie extented play, en gros plusieurs titres accompagnant un single, sorte de super 45 tours de ma jeunesse avec des faces A, B, C et D. Il s’agit souvent d’un disque intermédiaire entre deux albums ou bien un moyen de lancer un groupe sans pour autant prendre de gros risques financiers. Il s’agit aussi parfois pour le groupe de fourguer des morceaux sympas qui ne trouvaient pas leur place sur la précédente galette. 

Voilà pour la culture. Vous voyez, vous mourrez moins bête grâce à ces vidéos…

Commençons par les dames si vous le voulez bien avec Marjanna Semkina du groupe Iamthemorning.

Comme pour son projet avec Gleb, notre chanteuse russe vient de sortir un EP cinq titres que je me suis empressé d’acheter. J’avais été quelque peu déçu par le premier album solo de la petite rouquine. J’avais certainement trop d’attentes à son sujet car sa voix est à tomber par terre et ses compositions fort sympathiques. Peut-être y avait-il trop de folie dans les textes, je ne sais pas. Disillusioned ressemble pas mal au Counting The Ghosts de iamthemorning avec deux titres qui semblent tirés du répertoire traditionnel, les courts ‘Ne Hagyt Itt’ et ‘Land Mins Foour’. Du coup, sorti du l’absence du subtile doigté de Gleb Kolyadin au piano, on pourrait presque confondre les deux projets. Ici c’est un quatuor à cordes qui domine la partition avec la voix de Marjanna et Bela Bartok est à l’honneur sur la seconde pièce.L’EP, s’il est sans surprise, n’en reste pas moins délicieux à écouter, alors pourquoi se priver ?

Pour continuer, parlons de métal extrême si vous le voulez bien. Maladie est un groupe de black métal extrême allemand à la frontière de mon univers inaudible qui sortait le troisième volume de Symptoms cette année. Et Symptoms III n’a justement rien de metal en fait. C’est même plutôt cool à écouter, limite post floyd western écorché. L’EP est le plus souvent mélancolique et devient totalement torturé sur le second titre ‘Tenebrae – second pain’. Un morceau joué au saxo, piano et guitare, qui me secoue les tripes à chaque écoute.Chanté, parlé mais aussi instrumental, Symptoms III est varié, beau et sans être révolutionnaire. Il donne envie d’écouter les deux premiers opus, ce que je n’ai pas encore eu le temps de faire pour tout vous dire. Pour leurs LPs, à vous de voir, mais c’est du lourd, alors faites gaffe.

J’ai déjà dit pas mal de mal de John Mitchell ici mais au fond je l’aime beaucoup. La preuve j’ai le premier EP de son nouveau projet The Kite Experiments.

Aux côtés de John on retrouve Craig à la batterie et Chris Hargrave aux guitares. Comment ça John ne gratte pas les cordes ? Ben non, il semblerait qu’il ne fasse que chanter et jouer du piano, un rôle à contre emploi.Le premier titre ‘Temple Road’ n’apporte rien de neuf à la carrière de Mitchell et j’ai failli regretter ma dépense. Les bonnes surprises arrivent alors avec un ‘The Bridge’ tout en attente en mineur et le dernier morceau délicieusement folk irlandais ‘Long Roads’. ‘Alpha Omega’ rappellera à certains The Urbane et ‘Domus’ Lonely Robot. Atmospherics est un EP sympa qui ravira les fans de John.

Si vous ne deviez choisir qu’un des trois EPs présenté ici, je vous recommanderai Symptoms III, après, vous écoutez ce que vous voulez bien sûr.

The Watch – The Art Of Bleeding

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Teeshirt : UPF – Fall In Love With The World (2014)

The Watch est une formation italienne bien connue pour son excellent tribute band de Genesis. Mais pour ma part, je préfère toujours l’original aux contrefaçons, même celles qui viennent de Vintimille. J’ai vu Trick of The Tail et The Watch en live mais cela reste très éloigné du concert de Genesis à la Beaujoire à Nantes le 23 juin 1987.

Si j’aime The Watch, c’est pour leurs albums studio qu’ils ne jouent presque jamais en live hélas. Du rétro prog qui jette un pont entre les seventies et le vingt et unième siècle.

Je n’ai que leurs trois derniers disques à la maison. L’excellent Tracks From The Alps, le moins convaincant Seven et leur tout nouveau The Art Of Bleeding sorti il y a peu. Mais il existe cinq autres disques couvrant la période de 2001 à 2011 dans leur discographie.

Le vinyle en deux volets arrive avec un CD, un livret, une galette noire et un poster dédicacé par le groupe avec en prime un petit mot. L’artwork comme la musique nous ramène cinquante ans en arrière mais les sujets abordés sont bien contemporains.

Il ne s’agit pas d’un concept mais d’un album à thème. Plusieurs histoires sont racontées ici, des récits autour du sang : canibalisme, sorcellerie, suicide ou encore la proie d’un tueur. 

Ne faites pas comme moi, n’écoutez pas le CD pour découvrir l’album. Le compact disc est un sampler revisitant en sept titres la carrière de The Watch, rien à voir avec The Art Of Bleeding. 

Les musiciens milanais poursuivent l’œuvre de Genesis avec huit morceaux reprenant les sonorités de Nursery Crime jusqu’à A Trick Of The Tail avec toutefois de nombreux éléments modernes comme dans ‘Red’ ou encore ‘Hatred Of Wisdom’. Curieusement The Art Of Bleeding rajeunit un genre devenu poussiéreux après une cinquantaine d’années passées sur étagère.

Mellotron, orgue Hammond, flûtes, guitares six et douze cordes, batterie, percussions, bruitages et cris nous immerge jusqu’aux oreilles dans l’hémoglobine, un bain de jouvence progressif jubilatoire à ne pas manquer. Il s’agit de leur meilleur album à ce jour.

Io Earth – Acoustic Vol 1

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Teeshirt : Transatlantic The Whirld Tour 2010

On ne peut pas dire que je sois un fan Io Earth. Pour preuve je n’ai que deux de leurs albums à la maison. 

Io Earth fait partie de ces formations assez méconnues du rock progressif, c’est-à-dire totalement invisible dans l’univers du rock. Le groupe propose un prog symphonique à chanteuse teinté de folk avec plein plein de musiciens et encore plus d’instruments. Rien de très révolutionnaire au final mais ils ont leurs fidèles.

Alors je me demande encore quelle mouche m’a piquée en commandant Acoustic Vol 1. Mais je ne regrette pas du tout ce coup de folie. C’est vrai, j’aime beaucoup les albums acoustiques et j’étais curieux de voir comment sept musiciens s’en sortiraient sur ce format allégé. Car j’ai toujours trouvé le prog de Io Earth chargé, limite too much, à l’image de leur artwork. 

Avec juste New World en CD et quelques titres glanés sur Youtube, je connais bien mal leur répertoire. Et ne comptez pas sur moi pour comparer avec vous ce que je n’ai jamais écouté. Je vous livre ici mes impressions sur un album acoustique un point c’est tout.

En version épurée, les morceaux de Acoustic m’ont tout de suite parlé. Piano, violon, flûte, saxophone, guitare acoustique, percussions et voix s’équilibrent harmonieusement. Les voix de Dave et Rosanna se prêtent très bien à l’exercice, libérées de la batterie, des guitares électriques et des claviers.

La pochette est également épurée, à l’image de ces mélodies revisitées par Io Earth. Les dix titres sont accompagnés de quelques mots pour nous en parler et plaisir suprême, le groupe à gribouillé à l’intérieur du digipack. 

Sans rentrer dans les détails, j’ai particulièrement aimé le lent et bluesy ‘Streets’ composé pour l’occasion je crois, le jazzy pétillant ‘Home’ et le mélancolique ‘Fade To Grey’ avec Adam qui accompagne Rosanna au piano. Que vous aimiez ou non Io Earth, je vous recommande chaudement ce très bel album. Il m’a donné envie d’approfondir leur discographie en attendant Acoustic Vol 2.

Steve Hackett – Surrender of Silence

Teeshirt : Steve Hackett – Genesis Revisited II

Un retour de vacances ressemble à une pile de commandes faites sur Internet qui se sont accumulées dans la boîte aux lettres pendant notre absence. Malgré la fatigue du voyage, je ne résiste jamais à déballer ces cadeaux de Noël avant l’heure et d’allumer la chaîne pour écouter les merveilles.

C’est ce qui est arrivé avec Surrender of Silence. Après avoir traversé la France d’ouest en est, deux heures de voiture et six de train, j’ai déballé et écouté le nouveau Steve Hackett. Et je suis resté sur ma faim. J’étais fatigué par le voyage et j’aurai sans doute dû patienter jusqu’au lendemain. Il faut dire aussi, qu’avec At The Edge Of Light puis Under A Mediterranean Sky, le maestro m’avait comblé.

Steve Hackett revient en trois faces, onze titres et une petite heure au prog symphonique orchestral teinté de world music auquel il nous a habitués depuis quelques années. 

Il revient également avec de nombreux musiciens et chanteurs. Trois batteurs, cinq voix mais un seul guitariste, et quel guitariste ! Pour les orchestrations, on retrouve avec plaisir Roger King toujours aussi brillant. 

Vous entendrez des violons, altos, des instruments à vent, la basse de Reingold, les voix des sœurs Durga, d’Amanda et de Nad ainsi que quelques instruments exotiques.

Je ne sais pas si vous partagez mon avis, mais je trouve les pochettes des albums de Steve Hackett assez décevantes dans l’ensemble. Clairement ce ne sont pas les artworks qui guident mes achats avec Steve Hackett. Mais Surrender of Silence, comme les autres, s’accompagne d’un livret grand format de plusieurs pages contenant des photographies de Jo et des textes bien lisibles, ce qui tempère en partie mon reproche initial.

Dans ce Surrender of Silence vous entendrez des réminiscences du groupe Genesis – bizarre n’est-ce pas, vous avez dit bizare – tout particulièrement dans ‘Relaxation Music for Sharks’, une des trois pièces instrumentales de cet album. Ce morceau est le ‘Please don’t touch’ du disque. Une pièce à tomber par terre. ‘The Devil’s Cathedral’ est un autre de mes coups de foudre. Le titre s’ouvre sur un duo grandes orgues et clarinette basse avant de laisser place à la voix de Nad, la batterie de Craig et la guitare de Steve. ‘Natalia’ fera penser à du Prokofiev quand ‘Wingbeats’ rappellera ‘Asimbonanga’, le tube de Johnny Clegg et ‘Head in the Shadows’ le célèbre ‘House of the Rising Sun’ avec sa guitare acoustique. Les chinoiseries de ‘Shangaï to Samarkand’ ne sont pas trop à mon goût, mais bon on ne peut pas plaire à tout le monde. Par contre le tango du renard avec Nick D’Virgilio à la batterie et Jonas à la basse et où la guitare de Steve et les claviers de Roger se déchaînent est une pure merveille. Quant à ‘Day of the Dead’ et ‘Scorched Earth,’ ils restent de grands classiques du maestro. L’album s’achève comme il a commencé, sur un bref instrumental où la guitare de Steve est à l’honneur.

Pour conclure cette chronique je dirai que Surrender of Silence contient de belles choses mais ne m’a pas convaincu de bout en bout cette fois. Ca n’en reste pas moins un bel album.

Compressé n°1

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https://youtu.be/OXnjfNySZMA

Bon j’avais dit bla-bla-bla que je ne le ferai pas, mais je ne peux pas m’en empêcher. Alors voici des ultras brèves, quelques mots sur des albums que j’ai écoutés et qui ne m’ont pas fait grimper au rideau.

En premier voici Big Big Train et son Common Ground. J’aimais bien leur Canterbury très British dans English Electric mais je trouve que ce nouvel album sonne cette fois un peu trop Spock’s Beard. 

Honnêtement, à part le premier morceau covid ‘The Strangest Times’, je n’ai rien à reprocher à l’album et plus j’avance dedans, plus j’éprouve du plaisir àl.écouter, mais pas suffisamment pour que ce soit un coup de cœur.

The Neal Morse Band n’aura pas réussi non plus à me convaincre avec son Innocence & Danger d’autant qu’ils ont eu la mauvaise idée de massacrer une merveille de Simon & Garfunquel. 

C’est du Neal Morse, avec ses défauts habituels, ça s’écoute bien, mais sans plus.

J’ai commandé Illuminae suite un tweet de Steve Hackett qui joue dessus. Dark Horizons est un album bourré d’invités comme Craig Blundel, Luke Machin ou Troy Donockley , un disque qui fait dans le folk prog à chanteuse. C’est archi convenu et pas franchement enthousiasmant, bref bof.

J’avais également commandé Welcome To A New World de Pat O’May, enthousiasmé par le bonhomme et sa présence en live. Le concept album, sans être mauvais, ne casse franchement pas des briques. Un disque de rock un peu prog pas franchement original dont je décroche assez rapidement. Dommage.

Fort de mon engouement pour son dernier album, j’ai acheté aussi le premier Tiger Moth Tales, Cocoon. S’il figure ici c’est bien entendu parce que je n’y ai pas retrouvé la magie de The Whispering Of The World que j’ai même racheté en édition vinyle il y a peu. Cocoon est juste un album folk prog zarbi qui n’a pas du tout fonctionné avec moi.

La critique d’Alias m’avait donné envie d’écouter Hermitage de Moonspell, le plus floydien de leurs disques. Mais que dire, oui c’est du métal floydien, voila. Bon après je ne connais pas Moonspell non plus. J’aime bien l’écouter à l’occasion mais c’est tout.

Enfin j’ai commandé The Peasant’s Revolt de Nightsong car j’adore la chanteuse Jo Beth Young. Le concept album folk parle d’une révolte de paysans et un des titres est particulièrement fabuleux, le premier, ‘Pauper’s Song’. Après, même avec la délicieuse Jo Beth au chant sur quelques titres, on s’ennuie un peu. L’histoire prend trop le pas sur le reste.

Leprous – Aphelion

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Je crois qu’il est temps de se demander quel sera l’album de l’année. En lice pour 2021 deux disques seulement, One To Zero de Sylvan et Aphelion de Leprous. 

Je ne vais pas vous mentir, je suis archi-fan des deux groupes alors mon jugement est furieusement biaisé.

One To Zero avait été superbement chroniqué par mon ami François à l’époque de Neoprog, alors, si vous le voulez bien, penchons-nous sur Aphelion.

Leprous était à la base une formation de metal progressif djent. Si si. Depuis quelques albums, et particulièrement Pitfalls, le groupe a pris un virage pop prog néoclassique qui n’a pas plu à tout le monde. Avec Aphelion, ils vont encore plus loin et ce n’est certainement pas moi qui m’en plaindrait, bien au contraire.

Le double vinyle reprend des codes astrologiques placés au sommet d’une pyramide noire plantée dans un décor de montagne. Rien qui n’éclaire vraiment sur son thème pas plus que la barque du livret. Mais pour votre culture, l’aphélie, Aphelion en anglais, est le point de la course d’une planète, le plus éloigné du son soleil. Et non ça n’arrive pas en hiver mais début juillet pour la Terre, alors rien à voir avec mon rhume. Pour les saisons, je vous expliquerais ça dans mon prochain podcast d’astronomie, c’est à dire jamais.

Nous avons deux galettes de 180 grammes au pressage irréprochable comme souvent chez Inside Out avec des paroles dépressives imprimées sur une feuille volante ainsi que le CD pour les écoutes fréquentes. Je l’ai déjà dit, j’adore ces éditions plus plus du label Inside Out.

Plus castra que jamais, Einar lance un défi à ses cordes vocales sur Aphelion. Il est au diapason du violoncelle de Raphael et du violon limite dissonant de Chris, le tout accompagné de cuivres pour faire bonne mesure. Des arrangements orchestraux qui donnent encore plus d’intensité aux paroles torturées. 

Evidemment, belle voix, metal et instruments acoustiques, ça fait toujours mouche avec moi, vous l’aurez bien compris.

Pour ne citer que quelques coups d’éclats, je vous parlerai de ‘Running Low’ où le metal se marie aux cordes, de ‘All The Moments’ et sa guitare qui ne ressemble à rien de connu chez Leprous et d’un ‘Castaway Angels’ anathémien, fabuleusement épuré.

L’album est très calme et délicieusement acoustique pour du metal progressif. Mais ceux qui auraient encore besoin d’une petite dose d’adrénaline pourront se tourner vers le titre ‘Nighttime disguise’ qui s’énerve un peu plus, enfin juste dans les dernières secondes.

Que dire de plus franchement ? Aphelion fait un sans faute. Je l’écoute en boucle depuis sa sortie comme ma chérie qui l’adore. Leprous me fait chaque album un peu plus plaisir. Je suis totalement irrécupérable, mais ça vous le saviez déjà.

Sera-t-il pour autant l’album de l’année ? On verra à Noël, d’ici là nous pouvons encore avoir de belles surprises.