Dreadnought – War of Spirit // Wards of Light

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J’ai découvert le groupe Dreadnought avec l’album The Endless en 2022 grâce à une chronique de Stéphane Gallay. Tout de suite, ça donne le ton.

The Endless ne m’avait pas suffisamment inspiré pour que j’en fasse à mon tour une critique, mais j’avais gardé la formation du Colorado dans un coin de ma tête. Et voilà qu’est arrivé War of Spirit // Wards of Light avec sa pochette absolument sublime. Alors j’y ai jeté une oreille curieuse.

War of Spirit // Wards of Light est un album de seulement quarante minutes et six titres de quatre à neuf minutes. Des morceaux où la voix étonnante de la chanteuse Kelly Schilling prend presque toute la place. Un chant qui me fait beaucoup penser aux BO des films de Miyazaki comme dans le titre ‘Colors Of Our Broken Dreams’.

Dreadnought joue d’un metal progressif folk doom psychédélique art rock expérimental. J’aurai, pour ma part, tendance à les classer dans une sorte de post doom art rock, mais je ne suis pas certain que ce genre existe. Bref, ils sont clairement à part et je ne connais aucune formation qui leur ressemble, sauf peut-être The Gathering période Mandylion. 

Le chant clair de Kelly prédomine même si elle adopte de temps en temps le scream, tout comme Ryan qui s’essaye un à chant clair pas vraiment au diapason sur ‘Colors Of Our Broken Dreams’.

Violence et étrangeté se partagent les quarante minutes de l’album. Sur le titre d’ouverture ‘Tiamat’s Gate’, long de neuf minutes, growl et chant clair singulier se disputent la vedette sur une musique qui navigue entre metal, folk et symphonique.

Le morceau le plus impressionnant de l’album est sans doute ‘Serpent Of The Moon’. Il possède clairement une dimension onirique qui vire rapidement au cauchemar. Le titre d’abord tout en attente, prend un virage quasi cinématique en mineur avant d’être submergé par des riffs chargés d’un chant déchirant et d’un zeste de growl.

A côté de lui, ‘Aeonwar’ mêle une sorte de trip hop sur une voix de femme enfant à du scream et des riffs bien déglingués dignes des expérimentations de Steve Wilson. C’est carrément terrifiant et génial pour le coup.

Vous l’aurez compris, War of Spirit // Wards of Light, n’est pas vraiment un album confortable pour se reposer après une dure journée de labeur, sauf si vous avez besoin de passer vos nerfs sur quelque chose. Cela ne l’empêche pas d’être assez génial et inclassable, donc je vous le recommande fortement.

The Moon and the Nightspirit – Seed of the Formless

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Pour fêter la défaite du Viktor Orban en grandes pompes (un facho de moins), je vais vous parler aujourd’hui d’un groupe hongrois, enfin d’un duo. The Moon and the Nightspirit est né en 2003 de la rencontre de Agnès et Mihaly et Seed of the Formless dont nous allons parler est leur huitième album. Huit titres de quatre à six minutes qui donnent dans le folk doom pagan

D’après Wikipedia, “leurs chansons parlent principalement de contes fantastiques païens et de chamanisme”. Agnès chante en anglais comme en hongrois d’une belle voix claire et Mihaly joue d’un growl très modéré sur quelques titres comme ‘The First Tremor’.

Si à leurs débuts, le duo jouait plus de world music et de folk comme dans l’album Osforras, il semblerait qu’il prenne un virage doom au fil des années.

Mais au fait, comment suis-je arrivé à écouter ce groupe hongrois ? C’est Alice qui a adoré leur dernier album et l’a même comparé au groupe Kalandra.

Et puis, ne nous mentons pas, la pochette dessinée par Agnès, qui en plus d’être chanteuse et multi-instrumentaliste, peint à ses heures perdues, m’a tapé dans l’oeil. D’ailleurs toutes les pochettes des albums de ce groupe sont des petits bijoux graphiques.

Seed of the Formless est un album lent, pas loin du doom, où les instruments acoustiques ont laissé place aux guitares électriques et claviers. Il y a bien un peu d’électro-acoustique, sur ‘The First Tremor’ par exemple, mais ce n’est pas l’esprit de l’album.

‘Fount of Everlight’ est peut-être le morceau le plus “agité” des huit, une sorte de single pour disque de doom qui réveille les morts. Le chant clair d’Agnès domine la musique ponctuée des quelques cris de Mihaly tout particulièrement sur ‘Olden Resonance’, un titre qui s’énerve bien dans les dernières secondes.

Mais au final, je me suis souvent ennuyé en écoutant Seed of the Formless. L’album est trop monotone pour sa durée. Il s’écoute bien en musique de fond, installant une ambiance pesante et sombre, mais j’ai du mal à rester concentré dessus pendant trois quarts d’heure qui me paraissent une éternité.

Je vous conseille toutefois d’aller écouter d’autres albums du groupe, comme Osforras ou Holdrejtek, des disques à l’écriture plus folk qui méritent le détour.

Church of the Sea – EVA

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Je suis très en retard dans mes chroniques et j’ai en plus du mal à trouver mon bonheur ces dernières semaines, la faute à un emploi du temps bien chargé. Heureusement Alice est là avec ses suggestions judicieuses pour me sauver la mise.

Cette fois, l’héroïne de Lewis Carroll m’a donné envie d’écouter un trio venu d’Athènes portant le nom singulier de Church of the Sea. Eva, leur dernier album en date, ne dure que trente et une minutes pour sept morceaux. Donc ici pas de grand format au programme. Le groupe propose un doom au chant féminin envoûtant. 

En découvrant le titre ‘How To Build Universe, Pt I’, la voix d’Irène m’a tout de suite fait songer au chant des elfes dans la trilogie du Seigneur des Anneaux et ça a été certainement l’élément déclencheur de cette chronique coup de cœur.

Autour de cette voix il y a les synthétiseurs et samples d’Alex ainsi que les guitares de Vangelis, non pas celui-ci, il est mort il y a trois ans si vous ne le saviez pas. Une musique minimaliste et pour partie programmée qui n’a pas à rougir de sa production.  Et malgré le peu d’instruments, Eva tient parfaitement la route. Même la section rythmique donne le change.

Le doom est une musique le plus souvent sombre, pensante et lente, un métal prog dépressif qui s’accorde à la perfection avec le chant féminin. Celui Irène est magnifique, une voix médium à la tessiture assez large pour grimper parfois dans les aiguës et redescendre au niveau des basses. Elle chante des paroles en grec malgré les titres en anglais, ajoutant une touche d’étrangeté à cette musique souvent éthérée et incantatoire qui flirte avec le shoegaze comme dans ‘Churchyard’. 

Je verrais aisément des instruments médiévaux et des percussions remplacer la guitare mandoline et les synthés sur la plupart des morceaux de l’album. Eva possède quelque part un côté folk médiéval comme la musique de Malicorne, même si ces deux groupes ne viennent clairement pas du même monde. 

Eva me semble presque une synthèse des albums Spin de Messa et Abur de Pothamus que j’ai chroniqué il y a quelques semaines. Serais-je en train de tourner en rond ?

Le court album fait référence à la Bible, plus précisément à la Genèse. Il présente Eve comme une femme rebelle qui refuse les interdits plutôt que comme une pécheresse. Je laisse les théologiens trancher le débat.

Si vous aimez les atmosphères à la fois sombres et éthérées avec de belles voix, ne vous privez pas, allez écouter Eva ne serait-ce qu’une fois sur Bandcamp, vous pourriez y revenir.

N’oubliez pas, on se retrouve vendredi Chez Paulette à Pagney Derrière Barine pour écouter Weather Systems, le nouveau projet de Daniel Cavanagh.