Kalandra – The Line

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Meilleurs vœux à tous et à toutes et merci encore de votre fidélité. Nous sommes repartis pour une nouvelle année musicale, qui je l’espère, sera riche en découvertes.

C’est en suivant en retour Alice M. sur Bandcamp que je suis tombé sur le groupe Kalandra. Si je me fie à ses achats sur la plateforme de streaming, Alice écoute principalement du métal, parfois du post-rock et occasionnellement des choses plus cool comme la musique de Kalandra.

Pour tout vous dire, c’est la pochette du single ‘Bardaginn’ qui m’a tapé dans l’œil. Et lorsque j’ai écouté le morceau, la voix de la chanteuse m’a subjuguée. Comme je ne suis pas du genre à écouter des singles, j’ai sélectionné leur dernier album The Line, sorti en 2020.

La pochette au ciel rouge où le soleil brille dans une trouée de nuage n’a pas été totalement étrangère à mon choix, me convainquant de prendre la version CD, même si dans le digipack il n’y a pas de livret pour découvrir les textes, pas plus que sur Bandcamp.

Le groupe né à Oslo joue une pop rock folk vaguement progressive. Onze titres au format radio dominés par la voix de la chanteuse femme enfant. Rien de très révolutionnaire en réalité, mais que voulez-vous, moi, lorsqu’il y a une jolie fille qui chante bien, j’ai du mal à résister très longtemps.

The Line propose des atmosphères folk planantes à la manière de ‘Borders’, des choses nettement plus pop comme ‘The Waiting Game’, du trip hop andalou façon ‘Naïve’ ou du rock alternatif plus musclé dans ‘On The Run’. Autant dire que c’est assez varié.

J’y retrouve un peu de Clannad et The Cranberries de part les inspirations, l’écriture et bien entendu la voix de Katrine. La musique va du folk mélancolique aux mélodies éthérées en passant par de la pop cinématique comme dans ‘Wonderland’.

Sorti de quelques morceaux plus rythmés comme ‘Naïve’, ‘Ensom’ ou ‘On The Run’, The Line reste un album très contemplatif que l’on peut écouter en musique d’ambiance en travaillant sur autre chose.

A l’écoute de ‘Bardaginn’, leur nouveau single sorti le 27 octobre 2023, il semblerait que le groupe durcisse un peu de ton avec une world music teinté de metal. Le résultat est des plus réussi et si le groupe prend ce chemin sur leur prochain album, je risque d’adorer.

Pour revenir à The Line, il s’agit d’un album agréable à écouter, mais qui manque toutefois de caractère pour être remarquable. Il n’en reste pas moins une belle découverte, un groupe norvégien à potentiel qui pourrait nous surprendre s’ils poursuivent sur le chemin de leur dernier single.

Je vous recommande donc de les suivre et en attendant vous pouvez toujours écouter leurs morceaux sur Bandcamp.

Wardruna – First Flight Of The White Raven

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Un corbeau albinos aux yeux bleus prend son premier envol au royaume de Norvège. Six silhouettes armées d’étonnants instruments se détachent d’un mur de feuilles d’or où luit un arc ciel. 

Deux voix, l’une féminine, l’autre masculine, lancent d’étranges mélopées à la foule hypnotisée dans la nuit brûlante. Wardruna est rentré dans ma vie de 24 juillet 2022, en clôture du Rock Your Brain Fest, alors que j’allais rentrer me coucher après dix heures passées à courir d’une scène à l’autre. Ce sont les éclairages de la Main Stage qui m’ont retenu. Et puis la musique est arrivée, du néo folk mystique joué sur des instruments acoustiques tous plus fascinants les uns que les autres.

De retour à la maison, j’ai rendu visite à mon disquaire préféré et il l’avait, le First Flight Of The White Raven, en double vinyle 180 grammes s’il vous plaît. 

Depuis, je suis en transe.

Je croyais que mon ami Alias en avait déjà parlé, alors j’étais en confiance. Mais non, le bougre n’a pas encore chroniqué leur musique. Incroyable ! Pourtant Wardruna c’est un peu du Solstafir marié à du Arstidir sans les instruments électriques. Bruitages, guimbarde, lur, harpe, flûtes à os, violon, percussions, corne de bouc, jouhikko, tronc d’arbre, corne de chèvre et voix créent un univers sonore metal atmosphérique traditionnel totalement immersif qui siérait parfaitement à la B.O. d’un film comme celle de la série Viking en 2014.

Je me retrouve avec deux versions de Kvitravn ou First Flight Of The White Raven. Le double vinyle treize titres et celle de iTunes comportant vingt-quatre pièces dont onze morceaux enregistrés en studio et treize en live. 

J’en ai déduit que le vinyle était la version live de l’album studio. Mais laquelle présenter ? J’ai une préférence pour le live studio et un goût prononcé pour les vinyles mais je vous  parlerai un peu des deux.

Deux voix, celle grave et profonde de Einar et celle claire et médium de Lindy, des choeurs mystiques, un orage qui gronde, un corbeau qui croasse, le vent qui souffle, un violon solitaire, des percussions tribales, une flûte qui s’élève dans la nuit, leur musique va vous envelopper dans son manteau de brume et de magie.

‘Rothaust Tre Fell’, présent dans l’édition live, donne dans le folk metal avec ses voix gutturales, presque criées quand ‘Munin’, tiré de l’album studio, sonne comme une pièce médiévale. ‘Kvitravn’ nous emporte dans sa mystique quasi shamanique, un titre qui figure dans les deux versions. Enfin ‘Viseveiding’, que l’on trouve dans la version studio uniquement, sonne comme une fête campagnarde d’un autre temps, dansante et sombre à la fois.

Il faut peut-être avoir baigné dans Malicorne, Alan Stivell ou Dan ar Braz pour goûter à cette musique hors du commun. Pour ma part, j’ai été fasciné, ébloui, envoûté par Wardruna.

First Flight Of The White Raven va figurer dans ma sélection du meilleur album 2022 avec une bonne chance de décrocher la timbale.

Arstidir – Pendull

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Par ces fortes chaleurs, il est bon de se rafraîchir, même en musique. Alors partons vers une île proche du cercle polaire pour retrouver Arstidir et leur album Pendull sorti en 2021.

J’étais tombé sur eux par hasard grâce à Anneke il y a quelques années avec le disque Verloren Verleden. Une belle collaboration qui m’avait donné envie de découvrir leurs propres compisitions. Ils écrivent et chantent du folk traditionnel islandais en anglais comme dans leur langue natale avec quelques touches électro pop dans leur deux derniers disques.

C’est lorsqu’ils sont authentiques, en islandais et en acoustique que je les préfère, lorsqu’ils reprennent acapela des chansons traditionnelles de Noël en concert.

J’étais passé à côté de la sortie de Pendull l’an passé et c’est la vidéo de ‘Þarfir’ qui m’a remis sur le droit chemin. Il faut dire que Nivalis, sorti en 2018, m’avait un peu déçu après le sublime Hvel paru en 2015.

Cette fois, ils reviennent à l’acoustique et l’islandais avec la présence d’un quatuor à cordes et d’une chanteuse, mais sans Karl James qui a quitté le navire. Pendull est un album de seulement trente-cinq minutes et neuf morceaux. 

Sorti du long ‘Þarfir’, ce sont de petites pièces de trois à quatre minutes. Pour bien situer l’album, Pendull est moins folk et moins sombre que Hvel et plus traditionnel de Nivalis.

Pendull représente l’hiver, la nature islandaise, la nuit polaire et les aurores boréales. Un album mélancolique, nostalgique, introspectif et néanmoins léger à écouter.

Le dernier titre de la face A, ‘ Endatafl’, est un peu trop symphonique à mon goût avec son violoncelle à la manière de Games Of Thrones. Il s’agit toutefois de l’exception de l’album, même si le quatuor à cordes occupe beaucoup d’espace sur les autres morceaux.

Le dernier titre de la face B, ‘Þarfir’ est certainement le plus pop et le plus long avec presque six minutes trente. La voix de Sloveig y prend également une plus grande place que dans ‘Edentafi’ et ‘Lifins Pendull’ où elle se contente de chœurs.

C’est le second titre de l’album qui a ma préférence, sans doute pour son côté très folk islandais, enfin l’image que je m’en fais en ayant écouté quelques artistes de cette île fascinante peuplée de volcans. 

Le tube de Pendull s’intitule ‘Hornsteinn’. Un titre commercial à la Aha qui pourrait faire un tabac sur les ondes si les médias se penchaient un jour sur ce trio talentueux.

Pendull trouve le juste équilibre entre tradition et modernité en ne cédant pas aux chimères du chant en anglais. Il n’a certes pas la puissance évocatrice de Hvel mais il ravira les amateurs du genre.

Compressé n°1

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Bon j’avais dit bla-bla-bla que je ne le ferai pas, mais je ne peux pas m’en empêcher. Alors voici des ultras brèves, quelques mots sur des albums que j’ai écoutés et qui ne m’ont pas fait grimper au rideau.

En premier voici Big Big Train et son Common Ground. J’aimais bien leur Canterbury très British dans English Electric mais je trouve que ce nouvel album sonne cette fois un peu trop Spock’s Beard. 

Honnêtement, à part le premier morceau covid ‘The Strangest Times’, je n’ai rien à reprocher à l’album et plus j’avance dedans, plus j’éprouve du plaisir àl.écouter, mais pas suffisamment pour que ce soit un coup de cœur.

The Neal Morse Band n’aura pas réussi non plus à me convaincre avec son Innocence & Danger d’autant qu’ils ont eu la mauvaise idée de massacrer une merveille de Simon & Garfunquel. 

C’est du Neal Morse, avec ses défauts habituels, ça s’écoute bien, mais sans plus.

J’ai commandé Illuminae suite un tweet de Steve Hackett qui joue dessus. Dark Horizons est un album bourré d’invités comme Craig Blundel, Luke Machin ou Troy Donockley , un disque qui fait dans le folk prog à chanteuse. C’est archi convenu et pas franchement enthousiasmant, bref bof.

J’avais également commandé Welcome To A New World de Pat O’May, enthousiasmé par le bonhomme et sa présence en live. Le concept album, sans être mauvais, ne casse franchement pas des briques. Un disque de rock un peu prog pas franchement original dont je décroche assez rapidement. Dommage.

Fort de mon engouement pour son dernier album, j’ai acheté aussi le premier Tiger Moth Tales, Cocoon. S’il figure ici c’est bien entendu parce que je n’y ai pas retrouvé la magie de The Whispering Of The World que j’ai même racheté en édition vinyle il y a peu. Cocoon est juste un album folk prog zarbi qui n’a pas du tout fonctionné avec moi.

La critique d’Alias m’avait donné envie d’écouter Hermitage de Moonspell, le plus floydien de leurs disques. Mais que dire, oui c’est du métal floydien, voila. Bon après je ne connais pas Moonspell non plus. J’aime bien l’écouter à l’occasion mais c’est tout.

Enfin j’ai commandé The Peasant’s Revolt de Nightsong car j’adore la chanteuse Jo Beth Young. Le concept album folk parle d’une révolte de paysans et un des titres est particulièrement fabuleux, le premier, ‘Pauper’s Song’. Après, même avec la délicieuse Jo Beth au chant sur quelques titres, on s’ennuie un peu. L’histoire prend trop le pas sur le reste.

Feeling of Presence – Of Lost Illusion

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Teeshirt : Ayreon – Actual Fantasy Revisited

Si vous connaissez les allemands de Frequency Drift, vous conviendrez sans doute que la beauté de leur musique tient beaucoup aux chanteuses qui se sont succédées sur les albums. 

Je crois que je suis tombé amoureux de chacune d’elles et tout particulièrement de la dernière, Irini Alexia qui chantait sur Letters To Maro, qui est à mon avis leur chef d’œuvre.

Mais Frequency Drift c’est aussi un post rock folk où la harpe de Nerissa Swartz, le violoncelle et les guitares d’Andreas Hack donnaient des teintes assez uniques.

Hélas, mille fois hélas, Frequency Drift n’est plus. Andreas a jeté l’éponge, préférant revenir à un projet instrumental sous le nom de Feeling Of Presence.

Je suis pas un grand fan d’albums instrumentaux mais j’ai beaucoup d’admiration pour le travail d’Andreas, alors quand il a annoncé Of Lost Illusion, le premier album de son nouveau projet, je l’ai suivi dans l’aventure et me voici avec le vinyle. Une édition ultra limitée à quatre-vingt exemplaires, un objet collector d’une qualité de pressage vraiment exceptionnelle.

Andreas joue aux côtés de Nerissa et de Wolfgang Ostermann. Autant dire Frequency Drift sans la chanteuse. Violoncelle, harpe, mellotron, batterie, basse, guitares, Of Lost Illusion ce sont six titres post rock folk atmosphériques cinématiques gravés sur une galette jaune poussin de quarante minutes.

Les photographies qui composent la pochette montrent des paysages urbains nocturnes, des perspectives et lumières, une rue éclairée par des lampadaires sous une averse de neige, un tunnel barré de néons verticaux, des images qui collent aux atmosphères sombres de l’album.

Si vous savez écouter Frequency Drift et vous abstraire du chant, Feeling Of Presence vous semblera certainement familier.

‘A Weird from of Darkness’ épouse des formes musicales classiques à Frequency Drift quand ‘Room 105’ s’apparente plus nettement à du post-rock. La troisième piste de la face A, qui s’intitule ‘Of lost illusion’ joue de cinématique au violoncelle et au piano avec une courte folie jazz.

La face B s’annonce plus électronique, débutant avec ‘Fluorescent detail’ à la forme très digitale pour continuer avec ‘Hollow innocence’, un cinématique peuplé de notes de harpe et s’achève sur ‘Transit Venus’ au beau final au piano.

Of Lost Illusion ferait une très belle bande originale de film. Il ne lui manque que la parole pour rejoindre la discographie de Frequency Drift. J’aurais préféré un album à chanteuse mais cette décision appartient à Andreas et si Feeling Of Presence poursuit sur sa lancée, je continuerais à les suivre avec plaisir.