La Lenteur

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Milan Kundera a écrit un très beau roman sur le sujet il y a bien longtemps: la lenteur. 

Dans notre société connectée, aux distances raccourcies par les jets et trains à haute vitesse, où vous pouvez commander le soir et recevoir le lendemain, il est bon de s’arrêter et prendre le temps.

Pendant plusieurs années je me suis jeté dans une course effrénée pour tout écouter, tout juger, tout publier. Trois chroniques par semaine et plus de cinquante albums survolés dans le mois. Une fuite éperdue en avant qui ne me laissait plus de temps pour vraiment apprécier.

Adolescent, limité par mes faibles ressources financières, je n’écoutais au mieux qu’un seul disque par mois, autant dire qu’il tournait en boucle et que j’en connaissais les moindres subtilités par coeur. Une poignée d’albums qui ont forgés ma sensibilité musicale actuelle.

Aujourd’hui, avec les plateformes de streaming, nous accédons à presque tout le catalogue des albums publiés. Certains abonnements proposent même la qualité hifi maintenant. Combien de disques sont édités chaque jour ? Assurément plus que je ne peux en écouter, même dans le petit univers du rock progressif.

Je n’ai pas de compte sur Deezer, Spotify, Apple, Amazon, Google YouTube ou autre. Avant, je n’en avais pas besoin, je recevais gratuitement la musique sur de multiples plateformes de promotions comme Haulix et le plus souvent quelques semaines avant la commercialisation des albums. Aujourd’hui comme monsieur tout le monde, je jette une oreille aux clips publiés sur YouTube, aux titres proposés sur Bandcamp, lis des chroniques et ensuite je fais mon marché, en fonction de mes envies, sans donner dans l’orgie.

Je choisis le temps de la lenteur, de préférence avec un vinyle qui m’oblige au rituel de l’écoute. Choisir l’album, contempler sa pochette, sortir la galette, la poser sur la platine, allumer le pré ampli, l’ampli, lancer la platine, poser le diamant sur les sillons et m’installer confortablement pour quinze à vingt minutes dans le canapé avec un livre ou les paroles des chansons.

Le temps ralentit jusqu’à devenir épais. Il n’y a plus que la musique et les mots. Une musique et des paroles qui chaque jour vont me livrer un peu plus leurs secrets, leurs émotions pour devenir intimes, jusqu’au moment où le disque n’est plus indispensable pour ressentir ses sensations.

J’explore un nouvel album par semaine, rarement plus, ce qui le laisse le temps d’en réécouter d’autres oubliés sur les étagères, des CDs et vinyles qui ont fini par prendre la poussière, faute de temps à leur consacrer. J’ai cessé de consommer de la musique pour l’écouter.

J’ai également retrouvé le temps de la lecture. M’installer au calme avec un livre, ce magnifique écran passif sans lumière bleue qui aide à se détendre, un écran de mots et de phrases sans images animées, qui vous entraîne dans des rêves et des pensées infinis.

Toutes ces heures passées devant des écrans à interagir de manière virtuelle avec les gens, à zapper la musique, à alimenter la grande bibliothèque mp3, sont aujourd’hui disponibles pour ne rien faire, laisser l’ennui m’approcher, ouvrir un livre, écouter un album, discuter.

Nous sommes sans cesse hyper sollicités par les bruits agressifs, les couleurs criardes, les parfums artificiels, le matraquage des publicités, les SMS, les notifications, les images, les musiques, les appels téléphoniques, les envies, les faux besoins, les courriels, les nouveautés, les bonnes affaires que cela en devient épuisant. Autrefois mon unique îlot de quiétude possible se trouvait à mille cinq cent mètres d’altitude, dans un village perdu des Alpes de Haute Provence, un chalet sans Internet, téléphone juste l’électricité, l’eau courante et trois chaînes de TV neigeuses, un lieu où je réapprenais l’ennui une semaine par an, entouré de montagnes et de silence.

Partiellement déconnecté de la toile, sans pression, un pied dans le jardin, l’autre dans le salon, je redécouvre le plaisir de l’oisiveté et du silence. Mais après trois semaines de zénitude, l’enfer s’est à nouveau manifesté, sous la forme d’un groupe allemand qui a tenté de me séduire avec une promotion vinyle. Comment résister à la tentation d’un vinyle sérieusement ? Et puis je me suis souvenu que le webzine avait commencé ainsi, par des propositions sympathiques de groupes de rock, une, deux puis trois, puis cent, puis mille. Alors j’ai décliné l’offre. J’opte définitivement pour la lenteur.

FROST* – Day and Age

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Teeshirt : Anathema – the optimist (2017)

Après trois chroniques musicales en images, j’ai décidé de changer le générique pour le rendre un peu plus dynamique, il y a même de la musique, composée pour l’occasion avec GarageBand. Folie ! Bon, vous avez le droit de détester.

Ne recevant plus de promo, il a bien fallu que j’achète comme tout le monde Day and Age, histoire de savoir ce qu’il avait dans le ventre.

Et que ce soit clair, je ne suis pas un fan de FROST. Cependant, je reconnais que de temps en temps, ils sortent quand même des trucs vraiment bluffants. J’aime FROST lorsque ces membres sortent des sentiers battus comme dans Experiments In Mass Appeal ou leur dernier EP Others. Nettement moins lorsqu’ils font de la pop progressive.

John Mitchell est un des atouts du groupe. Un atout oui mais aussi une faiblesse. On entend un peu trop la voix et les guitares de John dans le prog : Arena, It Bites, Lonely Robot, The Urbane, Kino…

Le batteur Craig Blundell était une autre des cartes maîtresses de FROST, mais il a quitté le groupe il y a peu. Pour le remplacer, le trio a invité trois batteurs, Mastelotto, Rodriguez et Todd, qui se partagent les huit morceaux de l’album. Et ils n’ont pas à rougir de s’asseoir derrière la batterie de Craig. On retrouve dans Day And Age l’esprit et le style de Blundell. 

J’apprécie vraiment la qualité des éditions vinyles du label Inside Out et le CD bonus qui accompagne les galettes. Ici nous avons une double pochette et deux belles photographies, les paroles sur une feuille volante, deux vinyles 180 grammes, trois faces et bien entendu le CD. Day And Age est vraiment un bel objet. 

Des titres comme ‘Island Life’ et ‘Skywards’ ressemblent hélas furieusement à du Lonely Robot en partie à cause du chant de John. Mais lorsque vous entendrez ‘The Boy Who Stood Still’ – facile à dire -, vous comprendrez que ce nouveau FROST doit figurer dans votre discothèque. Plus conté que chanté, l’histoire de cet enfant qui disparaît, est juste géniale. À lire et à écouter.

Il y a à boire et à manger dans Day And Age. ‘Terrestrial’ est assez décevant alors que ‘Waiting For The Lie’ et ‘Kill The Orchestra’ sont à tomber par terre, sans doute à cause du chant et du piano (on ne se refait pas). Le bien nommé ‘Repeat To Fade’ peut aussi bien agacer que séduire, ça dépend des jours, car à force de se répéter… ben ça se répète…

Ce ne sera sans doute pas le meilleur des albums de FROST, mais il mérite tout de même le détour. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire.

180 grammes

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Vous l’avez sans doute remarqué, les galettes en bakélite sont de retour alors qu’elles avaient presque disparues à la fin des années quatre-vingt. 

La majorité des groupes proposent aujourd’hui du digital, des CDs ainsi que des vinyles lorsqu’ils sortent un disque. L’objet est beau mais s’adresse à un public souvent audiophile. 

J’ai remarqué que les jeunes artistes rêvaient de graver leurs créations sur une galette noire. Une sorte de jalon obligatoire sur le chemin de la gloire. Seulement voilà, bien souvent, après un premier album vinyle, ils reviennent au CD. J’ai cherché à en comprendre la raison.

Il y a le prix tout d’abord. Un pressage vinyle est plus onéreux que la fabrication de CDs. Ensuite, comme dit plus haut, les acheteurs de vinyles ne sont pas si nombreux car la galette nécessite le plus souvent, pour l’écouter, une platine, un pré amplificateur, un amplificateur et des enceintes alors qu’un PC suffit pour écouter un CD et un smartphone pour du digital.

Ensuite un master analogique ne se conçoit pas comme un numérique. Et si on ne distingue pas les deux, un des deux supports aura un son inapproprié.

Enfin, le pressage à bas coût tue le vinyle et les artistes à petits tirages s’orientent souvent vers des sociétés peu onéreuses pour essayer de trouver un équilibre financier, négligeant le son pour le look, la galette de couleur, le picture disk, le double volet avec de belles photographies.

Du coup certains vinyles sont très décevants et le mp3 320 parfois même plus dynamique. Le son peut se révéler terne, plat, brouillon, griffé. Je possède quelques galette de ce genre, un Marcela Bovio presque inaudible, un Petter Carlsen terne, un Dream Theater sans aucune dynamique, un TesseracT décevant.

À côté de cela, je possède des merveilles comme un Pink Floyd pressé récemment, un Opeth 180 grammes magnifique, un Cris Luna fabuleux.

Le choix d’un pressage 180 grammes audiophile garantit déjà une certaine qualité mais ne fait pas tout. Si le mix à la base était moyen, n’espérez pas grand chose. Les galettes noires seraient de meilleur qualité que les arc-en-ciel et les pictures. Là dessus j’avoue n’avoir pas d’avis.

Ce qui est certain c’est qu’un grand tirage est nécessaire pour disposer à la sortie d’une bonne qualité d’écoute, parce qu’un grand tirage permet de presser des vinyles de test. Ce n’est cependant pas une garantie absolue loin de là. Bref à chaque fois que vous achetez un vinyle, c’est un peu la loterie, mais parfois, il y a de belles surprises. Alors, le plus souvent, si je ne dispose pas de la version numérique, j’achète également le CD avec.

Musique !

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Vous voulez savoir ce qu’un chroniqueur de rock progressif achète comme disques ? Oui parce que ce n’est pas parce que je reçois des promotions à pelle, que je n’achète pas d’albums. Car je ne reçois pas tout en promotion et certains albums reçus sont tellement bons qu’il me les faut les CD ou vinyle. Je vais vous dévoiler la liste des albums que j’ai commandés et qui devraient arriver d’ici la fin de l’année et pourquoi.

En août je devrais recevoir le nouvel album de Marc Atkinson Black & White. Il s’agit d’un double album comprenant des compositions de Marc et des reprises de rock. Ce n’est pas le genre d’album que j’écoute tous les matins, car même si j’aime bien la guitare acoustique et le chant, ce que j’écoute habituellement contient nettement plus d’instruments. Mais voilà, j’aime beaucoup la voix de Marc et je trouve que cet artiste mérite d’être encouragé dans son travail, d’autant qu’il nous a offert beaucoup de réconfort pendant le confinement avec ses concerts du mardi soir.

J’attends également le second album de Kyros, Celexa Dreams. J’avoue que je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre de leur part. Je n’avais pas vraiment aimé leur premier effort lorsqu’ils s’appelaient encore Synaesthesia, mais Vox Humana, sous leur nouveau nom, m’avait littéralement scotché et je l’aime toujours autant. Alors suspense, on verra. Je devrais bientôt écouter le CD et en octobre je recevrai le vinyle.

J’ai acheté aussi le nouvel album du duo allemand Osta Love dont j’avais beaucoup aimé le premier album. J’écoute déjà la version ALAC sur ma chaîne et le CD ne devrait plus tarder maintenant.

Melanie et Martin, deux artistes allemands, comme Marc Atkinson, enregistrent des albums de reprises et parcourent leur pays pour donner des concerts acoustiques forts sympathiques. J’adore ce couple et leurs diverses participations à Seven Steps To The Green Door, Flaming Row, Frequency Drift… De même que j’adore leurs concerts intimistes, alors évidement, j’ai commandé leur prochain album Through The Décades qui devrait arriver début septembre.

Le même mois, la panthère rose de Pain Of Salvation arrivera à la maison en vinyle. Pain of Salvation est un incontournable de ma discothèque et cet album, même s’il risque d’en dérouter plus d’un, m’a bien emballé.

Autre incontournable, c’est Tim Bowness et son Late Night Laments que l’on vient de recevoir à la rédaction. J’adore me vautrer dans sa mélancolie progressive, mais avant qu’il n’arrive en CD, je le connaîtrai déjà par coeur.

Toujours en septembre, il y aura Archive avec Sessions en vinyle également. J’ai écouté deux extraits qui m’ont immédiatement convaincu, pourvu que tout l’album soit du même tonneau car des fois le côté électro de Archive me hérisse un peu les poils.

En octobre il y aura du lourd. Tout d’abord l’album de Out5ide écouté et chroniqué depuis longtemps et qui aura enfin sa sortie physique si tout va bien. Out5ide est un groupe de rock progressif alsacien, et c’est important de soutenir la scène locale, d’autant qu’en live, leur musique dépote pas mal.

Le lourd du lourd, c’est bien évidemment le nouvel album de Ayreon dont j’ai commandé, comme il se doit, l’édition vinyle. Comment résister à un album Ayreon ? Impossible en fait même si ce n’est pas tous les matins au réveil que je pose une galette de Arjen sur la platine.

A moins que le lourd du lourd que ce soit le dernier album de la carrière de Fish ? Allez savoir…

L’espoir fait vivre (Dans mon iPhone n°23)

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« Tout vient à point à qui sait attendre ». En janvier 2016, Gens de la Lune enregistrait en live le DVD de Epitaphe et peu de temps après Francis se lançait à corps perdu dans un projet qui n’aboutira pas vraiment, … Continuer la lecture

Le Saint Graal

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Par les Dieux des Sept Enfers ! Le Saint Graal des adorateurs du néo-progressif est sorti en vinyle. La merveille des merveilles, l’accomplissement d’une vie d’artiste, un album que j’ai découvert par hasard, alors que je ne connaissais même pas le groupe… Je crois que c’est en passant à la Fnac – à l’époque ils avaient encore du choix et bon goût – que je tombais sur une pochette intrigante, un homme en costume noir, chevauchant un bicycle rudge sur fond ciel tourmenté. The Visitor du groupe Arena.

L’écoute du premier morceaux me convainc de me jeter sur la merveille. Clive Nolan au sommet de son art, Paul Wrightson, une voix et une présence extraordinaire, un petit jeune guitariste qui ira loin, John Mitchell, l’ancien bassiste de IQ, John Jowitt et le premier batteur de Marillion, Mick Pointer, allaient donner naissance au chef d’oeuvre du néo-progressif, un album qui aujourd’hui encore fait référence et que le groupe a eu la belle idée de remastériser et de rééditer en vinyle.

Juste après la sortie du CD, le groupe se produisait à la Laiterie à Strasbourg, ville dans laquelle je venais à peine d’emménager. Une salle comble, une audience que le groupe ne retrouvera plus jamais j’en ai peur, un concert extraordinaire au début duquel, Paul remontait la foule avec son micro pour grimper sur scène, quel frisson, quelle prestance !

Une édition vinyle 180 grammes, deux CDs dont un disque bonus avec des versions acoustiques et live, un poster dédicacé par les cinq musiciens, les fans de cet album vont adorer.

Arena n’a jamais fait mieux que cet album hélas et ne le fera sans doute jamais plus.

Voila, je pense que j’ai basculé du côté obscur des #VCN (vieux cons nostalgiques), cette secte affligeante des #CMA (c’était mieux avant), ces aigris plein de tunes qui n’écoutent que les groupes de plus de vingt ans d’age sous prétexte que les jeunes sont des petits cons qui ne savent pas jouer du rock et qui mettent de l’électro partout. Une espèce en voie d’augmentation comme la moyenne d’age des amateurs de prog. Pourtant je les déteste ces djihadistes de la musique, qui se tueraient pour une bouse de Yes ou un inédit inaudible de Pink Floyd et qui ne sont pas foutus d’écouter une nouveauté.

Après la réédition de Picture de Kino en vinyle, la réédition de The Visitor de Arena en vile, voici qu’arrive le coffret vinyle de Brave de Marillion, cinq galettes anthracites, la version remix de Steven Wilson et le live à la Cigale. Je me vautre dans la fange de la nostalgie et surtout je m’offre des éditions qu’à l’époque je n’osais même pas imaginer en rêve. Et je suis bien puni, car sincèrement, le master du Marillion n’est pas terrible, sans parler du pressage assez médiocre.

Étrangement, Picture et Brave ne furent pas forcément des coups de cœur à leur sortie, mais au fil des années, à force d’écoutes, ils sont devenus les albums que j’emmenerais forcément sur une île déserte avec un bon millier d’autres.

Le cas de Brave relève de la psychiatrie, j’ai compté. Il existe, à la maison, cinq éditions différentes de cet album, le CD studio, le Making of Brave, le Brave life, le film Brave, et ce coffret vinyle. N’est-ce pas trop docteur ?

Promis, pour ne pas sombrer totalement dans le #VCM et le #CMA, je commanderai prochainement plein de nouveauté, j’ai commencé ce weekend par le vinyle Negative Toe de Camembert, c’est bien non ?

ps : ce billet, aussi inutile que les autres, sert principalement à référencer sur Google des chroniques postées sur le site Neoprog.eu, augmentant l’e réputation du webzine à petit prix.

Quoi neuf facteur ?

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Cela fait un petit moment que je nous vous ai pas parlé des albums qui devraient tôt ou tard arriver dans ma boite aux lettres. Car non content de recevoir du numérique à ne plus savoir qu’en faire, j’ai besoin de remplir les étagères de la maison avec des CDs et vinyles. C’est une manière pour moi de remercier les artistes pour les fabuleux albums qu’il composent, de dépenser mon salaire durement gagné et d’écouter ou réécouter dans des conditions de confort optimales, des albums merveilleux.

Dans les crowdfundings en souffrance il y a Gleb Kolyadin, Gens de La Lune (cela fait juste deux ans qu’on l’attend maintenant ce DVD, sérieusement…), Habitants qui a pris du retard et The Mars Chronicles qui a connu bien des déboires.

Dans les petits plaisirs vinyle il y a la réédition de The Visitor d’ARENA et celle de Hvel d’Arstidir. S’offrir des rééditions vire à la collectionnite aiguë mais que voulez-vous, on ne se refait pas.

Je me suis offert également le nouveau Galahad, le prochain Karmamoi ainsi que le nouveau Wilson/Wakeman.

Il y a également The Gift, qui je l’espère que celui-là traînera moins que le Gens de la Lune.

La question que je me pose maintenant est la suivante : quand vais-je écouter tout cela sachant que ma salle de bain, en chantier, est très loin de ma chaîne hifi, que je suis sur les routes toute la semaine et que le WE je vais aux concerts ? A la retraite peut-être, quand la salle de bain sera terminée.

Quoi de neuf dans la boite aux lettres ?

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Vinyle ou CD ?

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Je n’étais pas aller trainer au centre ville de Strasbourg depuis fort longtemps, sans cesse occupé chaque weekends par des activités variées et avariées. Quand je vais en ville, ce n’est pas pour trouver des fringues, un short, un jean, les bouts … Continuer la lecture

Zoophilie

Vous aimez les animaux à poil ? Ils sont tout le temps à poils, sauf les poissons rouges, eux ont des écailles et les canards qui possèdent des plumes. Bon il y a bien des mémères qui habillent le chien-chien mais le débat n’est pas là. Philie vient de l’amour, Zoo d’Amnéville, voila pour le latin. La zoophilie, c’est donc l’amour des animaux non ?

Si je transpose cela dans un autre univers, l’audiophilie devrait être l’amour du son. Vous me suivez toujours ? La question que je me pose, un peu comme pour la zoophilie, c’est, ne fait-on pas du mal à quelqu’un ou quelque chose lorsque l’on est soit disant audiophile ? Mais qu’est-ce qu’il raconte là le gars ? J’y arrive…

Nous avons déjà eu une conversation sur le vinyle je crois, pré carré des audiophiles. Mais savez-vous ce que vous faites lorsque vous écoutez de la musique ?

Je prends un exemple classique. Monsieur X possède un iPod et y stocke sa musique. Ses mp3, achetés via Amazon, peuvent être convertis au format AAC (on y reviendra) dans iTunes. Il branche son lecteur via une prise USB sur son home cinéma Sony et lance l’écoute. Comme le son manque de quelque chose, il règle un mode Rock pour donner plus de relief à la musique et balance le tout  en 5.1 à fond dans la pièce.

Qu’a fait ici le malheureux innocent ?

Pour commencer, il a acheté du mp3 320 Kb/s dans le meilleur des cas. Le mp3 ou MPEG-1/2 Audio Layer III, est protocole de compression des fichiers sons, une compression avec perte, c’est à dire qu’une partie du signal initial s’égare en chemin, particulièrement dans le spectre des aiguës.

Ensuite il l’a converti via iTunes en AAC, ADVANCED AUDIO CODING, un autre format de compression sonore plus ancien encore, qui va à son tour déformer le pauvre mp3 déjà bien mal foutu.

Après, il a utilisé un minable processeur sonore pour envoyer du son doublement compressé au DAC (Digital Analog Converter) du home cinéma pour transformer et amplifier le signal numérique en analogique (oui car dans les hauts-parleurs, c’est de l’analogique qui arrive). Non content de cela, pour pousser le son un peu faiblard, il passe par une puce qui va modifier les fréquences afin d’en rehausser certaines et en atténuer d’autres.

Et pour finir, le son 2.0 (comprenez stéréo) va être réparti un peu aléatoirement sur 5 enceintes 1 voix minuscules (twiter) et un gros caisson de basse (subwoofer).

Que reste-il du son enregistré en studio par l’artiste ? Pus grand chose, une bouillie informe. Allez si, quelques basses et des aiguës déformées. Finalement vous feriez mieux d’aller faire pan pan cul cul avec votre lapin, ça fait moins mal aux oreilles (sauf si vous le tenez par les dites oreilles).

Une autre mauvaise option est d’écouter un CD sur un lecteur DVD ou Blu-Ray branché en optique sur un home cinéma. Le signal numérique ne doit pas être amplifié directement, il doit tout d’abord être transformé en analogique, c’est comme ça. Or, un CD contient des 1 et des 0, donc du numérique. Le lecteur DVD ou Blu-Ray, va les transmettre à l’ampli home cinéma via la fibre optique en numérique, et ça c’est mal. S’il y a des lecteurs CD, DVD et Blu-Ray, c’est parce qu’il n’ont pas le même usage, un lecteur CD est fait pour écouter de la musique, pas le lecteur DVD. A votre avis, pourquoi les groupes sortent leurs lives en CDs et DVDs en même temps ?

Inutile d’être Crésus pour écouter de la musique dans de bonnes conditions. Avec une platine CD, un ampli correct et deux enceintes honnêtes vous avez un bon point de départ pour vous faire plaisir pour un budget inférieur à 800€ (oui je sais c’est cher).

Si vous voulez utiliser du format numérique (mp3, flac, wav…), il vous faudra impérativement un DAC (il en existe quelque uns à des prix très raisonnables). Le DAC se place entre le lecteur mp3 (un PC par exemple) et l’amplificateur. Le son transite du lecteur vers le DAC via un câble USB (attention, ne mégotez pas sur la qualité de ce câble) et du DAC vers l’ampli (entrée auxiliaire) via deux câbles RCA (pareil pour la qualité).

  1. signal analogique (son d’origine)
  2. signal digitalisé (CD)
  3. signal digital converti en analogique par le DAC

Préférez toujours le FLAC ou ALAC au mp3, WMA, OGG ou AAC. Les deux premiers font de la compression sans perte. Sur Bandcamp vous pouvez choisir le format de fichier lors du téléchargement. Oui mais iTunes pas lire le FLAC (Flicflac). Du coup prenez du Wav (pas de compression, donc de gros fichiers), mais impossible de mettre la pochette de l’album dans ce cas, vous serez obligé de le convertir en AAC pour que ce soit joli dans votre iPod et là caca… Il existe des formats numériques audiophiles en 24 bits (pauvre petit animal), pour en profiter, il vous faudra un DAC de compétition, une chaîne de riche et un lecteur mp3 audiophile ou un PC avec des drivers spécifiques, sinon ce sera de la frime ou juste par sadisme animalier.

Le bon côté du DAC, c’est qu’il peut, mais là on parle d’équipement de moyen de gamme à haut de gamme, améliorer sensiblement la qualité de la lecture de vos CDs. Je m’explique. Un CD c’est du numérique (je l’ai déjà dit). Le lecteur CD transforme le numérique en analogique avant de l’envoyer à l’amplificateur (toute la différence entre un home cinéma et une chaîne Hifi). Il se peut que votre DAC soit plus performant que celui de votre platine CD, dans ce cas, sortez de la platine avec des câbles coaxiaux pour aller vers le DAC et sortez du DAC pour rentrer dans l’ampli. Le DAC se charge alors de la conversion numérique analogique.

Si vous voulez écouter des vinyles, il vous faudra sans doute un pré ampli qui récupère le signal analogique de la platine et l’amplifie avant de l’envoyer à l’amplificateur. Encore un truc à acheter en plus de la platine et de la cellule. Bref pour les riches, les bobos, les frimeurs et les abrutis comme moi.

Comment choisir une platine CD, un ampli et des enceintes ? Surtout n’écoutez pas les vendeurs, écoutez le matériel. Amenez quelques CDs que vous connaissez bien et qui ne sont pas trop mauvais, prenez des genres variés, classique (symphonie et récital de piano), du métal très dense, du lyrique (bref quelqu’un avec une belle voix) et de l’acoustique. Ensuite posez-vous dans le magasin et écoutez. Certaines enseignes possèdent des auditoriums, n’hésitez pas à demander à écouter plusieurs équipements et configurations. Ne vous laissez pas influencer, c’est votre oreille qui écoute, pas celle du voisin. Croisez les solutions, telle platine avec tel ampli et telles enceintes. Après c’est une question de goût, certain préfèreront Cabasse à Triangle, Cambridge à Denon, là franchement il n’y a que votre oreille qui saura. La solution parfaite n’existe pas, sauf pour un budget supérieur à 10000€, il faudra donc faire des compromis déchirants. Chaque amplificateur donne une empreinte particulière au son, les plus neutres sont sans doute les Yamaha (le son universel et sans caractère), mais un Harman Kardon, un Cambrige ou un Denon imposeront leur patte sur les fréquences. Il en va de même pour les enceintes.

Il existe des spécialistes audio dans les grandes villes. N’hésitez pas à franchir la porte de leur boutique intimidantes. Ils sont de bon conseil, prennent le temps même s’ils savent pertinemment bien que vous êtes fauché, vous font écouter dans de bonne conditions et possède un matos de folie. Ce sont souvent des passionnés, et entre passionnés, on se comprend. C’est chez l’un d’entre eux que j’ai trouvé le casque de mes rêves. C’est là que vous trouverez des lecteurs Nagra, des ampli à lampes, des enceintes de folie. Mais il va falloir choisir, la voiture ou la chaîne.

Pour les petits budgets, sachez qu’un dock avec un lecteur mp3 est bien souvent préférable à mini chaîne. Un lecteur mp3 avec un bon casque Sennheiser ou Grado ce n’est pas mal non plus, mais surtout évitez les casques vendus avec les lecteurs qui sont de bien piètre qualité, évitez également les machins qui vous explosent les tympans avec leurs basses genre les épouvantables Beats hors de prix. Un casque, ça s’essaye, de la même manière qu’un matériel audio.

L’oreille s’éduque comme le palais, tant que l’on mange du Mac Do et du Domino, on ne se rend pas compte du goût des aliments. Il en va de même avec la musique. Tant que vous écouterez du mp3 128 kb/s avec un casque Beats qui se la pète, vous aurez du mal à concevoir toute la profondeur que recèlent certaines musiques. Ecoutez Dark Side Of The Moon de Pink Floyd en vinyle sur du bon matériel et juste après le même album en mp3, vous comprendrez sans doute de quoi je veux parler.

Tous les albums ne possède pas la même qualité de production, certains sont exécrables. Vous vous en rendrez compte si vous écoutez certains CDs sur du matériel moyen de gamme à haut de gamme. C’est le problème, quand on monte en gamme, on découvre que les CDs ne sont pas si parfaits et que certains ingés sons ne sont pas des audiophiles.

Tout le monde n’est pas audiophile, encore moins zoophile. Mais sachez quand même ce que vous faites à ces pauvres bêtes quand vous écoutez du mp3 sur une guimbarde.