Holosoil – Look UP

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En tant que progueux repenti, je continue de regarder régulièrement ce que sort le label Inside Out Music. Il ne signent d’ordinaire que des valeurs sûres ou bien des dinosaures de la scène métal progressive, mais de temps en temps ils nous surprennent avec une petite prise de risque.

L’EP Look Up du jeune groupe Holosoil est justement une de ses trop rares surprises. Initialement formé en 2019 sous le nom R3VO, la jeune formation berlinoise se réinvente avec la chanteuse finlandaise Emelie Sederholm et ce premier EP cinq titres de vingt minutes.

Hosoloil joue d’un rock progressif alternatif électro moderne dominé par la voix fabuleuse de Emelie. Prenez une Anneke période Mandylion, une Bjork énervée, une Dolores O’Riordan pas facho, une touche délicate orientale, et vous aurez une petite idée de ce que peut dégager cette chanteuse.

Mais soyons clair, Holosoil, ce n’est pas qu’une voix, c’est un mélange de djent, électro, pop, expérimental totalement décoiffant qui sort des sentiers battus et nous offre une bouffée de jouvence dans un monde musical assez sclérosé.

‘Look Up’ est un titre punchy construit sur une base rythmique de guitare parfois complètement détricotée autour de laquelle la voix d’Emelie s’enroule, tel un serpent. Il est à la fois dérangeant et très vendeur.

‘Cracks’ démarre calmement sur la basse de Victor et la voix d’Emelie. Il explose sur le court refrain où des motifs à la Tool surgissent ici où là pour revenir aussitôt à forme épurée du début. Une écriture relativement simple mais d’une grande efficacité.

‘Spirals’ joue des Milles et une Nuit pour nous ensorceler. Et ce n’est pas parce que les paroles parlent de cosmos et de galaxies qu’il s’agit de mon morceau préféré. J’ai toujours aimé le mélange métal orientalisant avec le chant féminin et ici c’est un pur régal.

‘Freakshow’ est juste derrière dans mes préférés. Le titre change sans cesse de configuration, sautant de la world music à la balade en passant par le métal.

Et puis, pour conclure ce trop court EP,  ‘Animal’ revient avec une formule accrocheuse et rythmée sur laquelle on aurait presque envie de danser (je déteste danser). Une délicieuse accalmie laisse quelques secondes aux couples pour s’enlacer avant de se séparer pour fouler furieusement une nouvelle fois la piste de danse. Le titre est tout particulièrement éblouissant pour la performance vocale de Emelie.

Je trouve toutefois la pochette de l’EP vraiment très moche, très loin des canons du genre, mais c’est sans doute parce que je suis un vieux con. N’empêche, je vous recommande vivement la découverte de ces nouveaux venus chez Inside Out.

J’attends évidemment beaucoup de la sortie de leur futur album et comme de bien entendu, je serais probablement déçu, mais passons.

Green Carnation – Sanguis

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L’an passé, j’avais redécouvert Green Carnation avec la première partie de la trilogie A Dark Poem. Voici sa suite intitulée ‘Sanguis’, trois quarts d’heure de musique en sept morceaux dont une reprise.

Sanguis est dans la continuation naturelle de The Shores of Melancolia, ce qui est plutôt rassurant, puisque l’on parle ici d’une continuation.

Il y a un peu de growl dans ‘Sanguis’ et beaucoup d’Arena dans le reste. Mais, il y a également un titre acoustique, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’ et une pièce jouée au piano intitulée ‘Lunar Tale’. Du coup, Sanguis est un peu différent de The Shores of Melancolia. En plus cette fois, je trouve la pochette vraiment sympa, contrairement au premier opus.

Les claviers vintages, telle une tempête, ouvrent l’album sur un titre de plus de neuf minutes. Ils reprennent la puissance dévastatrice qui préside au premier opus. Il s’agit de la pièce maîtresse de l’album dans laquelle un fils pardonne à ses parents, mais ne les excuse pas.

J’ai une petite faiblesse pour le morceau suivant, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’, une pièce jouée à la guitare électro acoustique et à l’orgue qui débute par ce qui doit être un extrait de film. On retrouve d’ailleurs un autre enregistrement, au début du titre ‘Fire in Ice’, celui du Professeur Julius Sumner Miller en 1964 , réalisant une expérience pour le programme télé de ABC. Une expérience qui ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le titre central ‘I Am Time’ semble sorti tout droit de la discographie du groupe Arena, tout particulièrement pendant son refrain où les claviers de Endre font penser  à du Clive Nolan et où les guitares sonnent comme celles de John Mitchel.

Que vous dire d’autre sur Sanguis ? L’album est dans la continuité de The Shores of Melancolia sans pour autant le copier.

Je vous recommande d’écouter les deux parties d’une traite car elles sont très cohérentes et pas si longues que ça au final. J’attends du coup avec impatience le troisième et dernier opus.

S’il est du même tonneau, j’espère qu’ils auront la bonne idée d’éditer un coffret regroupant les trois disques. Ça ferait un bel objet.

Iotunn au Grillen

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Mercredi 15 avril, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.

Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.

Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.

Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.

Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.

Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés. 

In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.

Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.

Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.

Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.

Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.

Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard. 

Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.

Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.

Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.

Monosphere – Amnesia

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Ces temps-ci, je regarde souvent du côté de l’Allemagne et tout particulièrement vers la ville de Mainz.

Après The Aesthetic Voyager et son album Selfless, je vais vous présenter le groupe Monosphere et leur dernier bébé, Amnesia. Je suis tombé dessus par hasard en recherchant de nouvelles sorties de métal progressif. La pochette a attiré mon regard et la violence du growl combiné à une musique très progressive m’a tout de suite donné envie d’aller plus loin avec eux.

D’ordinaire, je fais toujours une première écoute de l’album sur Bandcamp avant de me décider à l’acheter. Dès le cinquième morceau d’Amnesia, j’ai commandé la galette.

Alors oui, je vous l’accorde, Kevin ne fait pas dans la dentelle avec son growl vomito mais il est également capable de chant clair comme dans ‘Idiomorph’ et cela combiné à une musique des plus mélodique, cela donne un album très dynamique et varié.

L’album est riche en claviers, avec même du grand piano dans ‘Allusion’. Il joue également de rythmique travaillée à la basse (‘Dissolve’) et la batterie et les guitares donnent amplement le change. Bref c’est de la bonne musique.

Amnesia avec neuf titres de une à dix minutes, propose de furieux contrastes vocaux et musicaux. Cerise sur le gâteau, l’album raconte une histoire d’amour et d’amnésie, si vous n’aviez pas compris le titre.

Deux invités, Jei Doublerice et Mark Garrett, prêtent leurs voix sur les titres ‘Nadir’ et ‘Dissolve’ et Justin Felder, qui a travaillé au mixage de l’album, joue également de quelques instruments.

‘Limbic’ est certainement un des titres les plus violents de la galette malgré sa courte durée. La musique part en dissonance quand le chant est du plus pur deathcore et la rythmique des plus saccadée. Les paroles ne font pas non plus dans la dentelle écoutez plutôt : “Le silence hurle, une cacophonie assourdissante, un vestige”.

Amnesia est bon, très bon, contrasté, écartelé, beau, grandiose. Oui tout ça à la fois !

Il rentre dans ma petite liste de mes coups de coeurs de l’année, alors foncez l’écouter d’urgence, enfin si vous aimez le métal.

Royal Sorrow – Innerdeeps

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Bon, les groupes de métal progressif mélangeant chant clair, djent, électro et pop, j’en ai clairement ma claque, sauf si vous me parlez de Voyager, Leprous ou Vola. Alors pourquoi vous présenter Royal Sorrow aujourd’hui, sérieusement ?

Tout d’abord parce que je n’ai plus rien en stock et qu’il fallait bien trouver un album pour cette semaine. Ensuite parce que je n’ai jamais chroniqué ce jeune groupe de metal. Normal vous me direz, puisqu’ils signent ici leur premier disque chez Inside Out. Enfin parce que malgré son côté commercial, Innerdeeps tabasse pas mal.

Innerdeeps est une galette de trois quarts d’heure contenant dix titres de trois à cinq minutes. Sa musique se rapproche comme mentionné plus haut de Leprous, Voyager, Vola, Tesseract et compagnie, savant mélange de gentil poutrage, de refrains mélodiques, de touches électro, le tout joué par trois gamins.

Markus chante et joue des guitares, Eero est à la basse et Janne cogne sur la batterie. Vocalement, pas de growl qui déchire les oreilles. A la place, c’est un chant clair médium un peu énervé qui domine avec des chœurs à profusion.

La batterie offre un service sur mesure, parfois un rythme paresseux minimaliste, parfois un toucher électrique ébouriffant. Quant à la guitare et la basse, elles se calent sur ce tempo à géométrie variable. Les guitares s’offrent en plus du djent de ‘Survival Complex’, quelques envolées lyriques comme dans ‘Samsara’. Il y a également des claviers à tendance électro qui complètent l’ensemble.

Tout cela est très bien joué, le trio connaît son affaire, mais ne nous mentons pas, c’est archi-classique. Niveau prise de risque et innovation, Innerdeeps risque de vous décevoir. Ceci posé, je trouve ‘Metrograve’ assez réussi avec son effet métronomique en introduction et le poutrage de ‘Survival Complex’ est des plus efficaces. Ce sont les deux titres qui sortent vraiment du lot sur l’album Innerdeeps. J’aurais aimé qu’il y en ait plus du même tonneau.

Le côté pêchu de l’album vient à la fois de la voix et de la musique. Si Markus use le plus souvent de chant clair, il force sur ses cordes vocales de temps à autre, toujours à la limite scream sans pousser jusqu’à la grosse voix, énervant quelques secondes un titre qui aurait pu rester gentillet.

Innerdeeps est une belle entrée en matière pour le jeune groupe Royal Sorrow. Il manque toutefois de personnalité, comme bien souvent, en restant largement influencé par ses modèles.

Si vous aimez le métal prog à la manière de Leprous, allez les découvrir.

Green Carnation – A Dark Poem Part I : The Shores of Melancolia

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C’est Stéphane Gallay de Radio Erdorin qui m’a fait découvrir le groupe Green Carnation avec l’album Leaves of Yesteryear il y a cinq ans. Je ne l’avais pourtant pas chroniqué ici, je ne sais plus pour quelle raison, peut-être simplement parce que je n’avais rien à apporter de plus à la chronique de Stéphane. Mais avec la sortie du premier album du triptyque A Dark Poem, j’ai décidé de prendre ma plus belle plume pour vous en parler.

Déjà commençons par les présentations : Green Carnation est un groupe de métal progressif norvégien né en 1990 donne tout d’abord dans le death. La formation actuelle date de 2014, car l’histoire de Green Carnation a été quelque peu mouvementée. 

D’ailleurs je me suis aperçu, en effectuant des recherches pour cette chronique, que j’avais un de leurs albums de la première période, Light of Day, Day in Darkness, sorti en 2001, deux titres épiques respectivement long de trente-deux et vingt sept minutes. Aujourd’hui, leur univers musical me fait penser à celui du groupe Arena avec un son musclé chargé de claviers et un chant théâtral proche de celui de Paul Manzi. 

En parlant de chant, Grutle Kjellson de Enslaved vient hurler sur ‘The Slave That You Are’, cassant la routine tranquille de Kjetill Nordhus. Et puisque l’on en est aux artistes invités, vous entendrez également Ingrid Ose à la flûte sur deux titres et les percussions de Henning Seldal dans le dernier morceau ‘Too Close to the flame’.

J’ai parlé des claviers et du chant mais il serait cruel de passer sous silence l’incroyable jeu de Tommy qui opère derrière les fûts. Une batterie aux rebondissements fabuleusement progressifs comme dans ‘In Your Paradise’.

L’album de quarante-deux minutes contient six morceaux de cinq à neuf minutes. C’est court, mais à ce rythme là, si les gars arrivent au bout de la trilogie, celà donnera un concept album de plus de deux heures quand même.

Avec ce premier opus intitulé The Shores of Melancolia, Le groupe nous embarque pour un voyage fantastique dans la noirceur de l’âme humaine.

The Shores of Melancolia est sombre, violent, progressif, épique. Tout en gardant une belle unité narrative, il alterne les atmosphères musicales avec des tonalités orientales comme dans le titre album ou du heavy dans le titre final.

Comme dit juste au dessus, le thème de l’album n’est pas franchement bisounours. Si vous faites l’effort de lire les paroles, vous verrez que ça ne rigole pas. Voyez vous-même  : “La fin est proche, les victimes, les adversités sont là …  les accidents, les décès, les calamités sont là… le destin, la misère, l’exigence sont là… l’effondrement est proche, l’urgence, le cataclysme est là”.

Je n’ai trouvé qu’un seul reproche à faire A Dark Poem Part I, son illustration. Franchement, elle ne me plait pas, disons qu’elle ne me donne pas envie d’acheter l’édition vinyle. Il y a de l’idée pourtant, cette cape étoilée, ce ciel doré et le motif des vagues que l’on retrouve un peu partout sauf dans le ciel. Mais bon, je n’aime pas.

Bref, sorti de ce petit détail, le dernier Green Carnation pourrait réconcilier les progeux et les métalleux sous une même bannière, celle de The Shores of Melancolia.

Je ne peux que vous le recommander chaudement.

Ilho – Legacy

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L’an passé, je vous avais présenté la réédition du premier album du trio britannique Ilho.

Cette année, ils viennent de sortir Legacy, un disque de plus d’une heure comportant dix morceaux dont plusieurs qui dépassent les sept minutes.

Ilho joue du métal progressif au sens très large puisque vous entendrez sur ce second opus des morceaux relativement pops, du métal, du djent, des orchestrations ainsi que de l’électro. Ilho se rapproche musicalement de Voyager, mais également de Leprous, de Tesseract et parfois de Porcupine Tree comme au début de ‘Empire’ en cherchant bien.

Pour réussir à produire tout ce bruit, le trio fait appel à trois autres musiciens, Liam McLaughlin, Connor Mackie et Romain Jeuniau, parce que bon, voila quoi.

Legacy est un concept futuriste qui critique les progrès technologiques qui servent plus le profit que le bien-être de l’humanité. Autant dire un vaste sujet.

Ce que j’ai tout de suite aimé chez Ilho c’est la voix claire, haute et plaintive d’Andy Robinson. C’est aussi, paradoxalement, la faiblesse du groupe, car le chant prend, à mon goût, trop le pas sur la musique, qui pourtant, est capable de belles poussées forgeronnes.

Legacy alterne douceur et violence, plus du premier que du second d’ailleurs, ce qui est à mon avis regrettable étant donné la durée de la galette. Oui parce que pour le coup, ce que j’ai envie d’entendre, ce sont les poussées de testostérone comme dans ‘Replica’ ou ‘Cenotaph’.

Ceci posé, j’aime quand même beaucoup le morceau final de dix minutes qui est pourtant relativement soft, voir très progressif.

Le problème est que je n’arrive jamais au bout de Legacy lorsque j’essaye de l’écouter d’une traite. Il y a toujours un moment où je décroche. C’est probablement du à sa relative homogénéité sonore. La densité des claviers et du chant nuisent à la lisibilité de la musique.

Pour moi, c’est clairement trop chargé même s’il y a quelques éclaircies par moment. Legacy est un bel album que je n’arrive pas à écouter dans son intégralité.

Il est trop long, trop chargé et trop homogène à mon goût. Je lui préfère Union et l’écriture plus mordante et plus fraîche. Mais surtout, ne vous interdisez pas de l’écouter, il pourrait bien vous séduire.

Katatonia – Nightmares as Extensions of the Waking State

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Je me suis enfin décidé à vous parler de l’album Nightmares as Extensions of the Waking State de Katatonia. J’ai hésité parce que sincèrement un titre pareil, c’est juste pas possible à prononcer pendant une vidéo, même avec un prompteur. Nightmares as Extensions of the Waking State, sérieusement…

Je vais vous parler du dernier album Katatonia pour trois raisons.

  • Premièrement, je l’ai acheté.
  • Ensuite, je n’ai plus rien en stock en ce moment.
  • Enfin c’est quand même Katatonia.

Pour moi, Katatonia c’est avant tout la voix fabuleuse de Jonas Renkse. Bon c’est aussi du métal mélancolique, mais c’est d’abord la voix de Jonas.

Nightmares as Extensions of the Waking State change toutefois un peu la donne avec une écriture plus mordante qu’à l’ordinaire. Pour preuve, le premier morceau ‘Thrice’ qui lance l’album. Les guitares flirtent parfois avec le djent et certains passages aux claviers sont très tendus. Reste la voix de Jonas qui garde cette douceur mélancolique malgré tous ses efforts pour l’endurcir.

Les chœurs façon requiem dans ‘Wind of no Change’, innovent un peu comme l’attaque du morceau à la basse et à la batterie, qui est pour le moins inhabituelle chez Katatonia. Il y a également le titre ‘Efter Solen’ chanté en suédois, une petite nouveauté fortement appréciée, car après tout, quelle idée de chanter tout le temps en anglais. Pour le coup, à l’opposé de ‘Thrice’, il s’agit d’une des pièces les plus cool du disque malgré son final électrosensible.

Il faut aussi parler des soli de guitare comme dans le dernier titre, ‘In the Event of’. Ce n’est pas souvent que la six cordes se lâche aussi longtemps dans un album de Katatonia.

Après avoir souligné les petites particularités de cet album au nom à coucher dehors, j’ai presque tout dit. Car c’est du Katatonia, et depuis City Burials, j’ai l’impression d’écouter tout le temps un peu la même chose. Ca n’est pas désagréable, loin de là, mais je me retrouve souvent à écouter le groupe d’une oreille distraite sans vraiment trouver d’accroche ni dans la voix, ni dans la musique.

En fait, j’aimerai bien que Katatonia me surprenne pour une fois. Nightmares as Extensions of the Waking State n’en reste pas moins un bon album, mais il ne rentrera certainement pas dans mon top 2025.

Sleep Token – One

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En 2016, alors que Leprous marchait à peine et que Plini tétait encore le sein de sa mère, sortait One du groupe Sleep Token. Un EP six titres contenant trois instrumentaux au piano.

Si je vous parle de leprous c’est que la voix du chanteur se rapproche de celle d’Einar Solberg. La musique elle, n’est pas loin de celle de Plini et de Leprous.

Autant vous dire que lorsque je suis tombé complètement par hasard sur le titre ‘Thread The Needle’ tiré de leur premier EP One, j’ai failli avoir une attaque cardiaque.

J’ai aussitôt acheté One et Two respectivement composés en 2016 et 2017 et dans la foulée, même si on ne le trouve pas sur Bandcamp, leur dernier album Take Me Back To Eden sorti en 2023.

Sleep Token est un duo anonyme et quatre musiciens en live comme les groupes Ghost ou Slipknot. Ils n’ont que deux EPs et trois albums à leur actif en comptant Take Me Back To Eden. Ils jouent une pop djent à chant clair et growl avec beaucoup de piano, bref tout ce qui me plait.  Du coup, je ne comprends vraiment pas pour quelle raison je ne suis passé à côté de leur musique si longtemps.

Ne nous mentons pas, Sleep Token s’est éloigné de ses premiers amours pour quelque chose de nettement plus commercial aujourd’hui, pas désagréable loin de là, mais infiniment plus mainstream que One. Alors, plutôt que de parler de leur dernier album, je vais me contenter de vous présenter leurs deux premiers EPs, One et Two.

Le premier titre de One, ‘Thread The Needle’, nous entraîne dans un univers de contrastes saisissants. Une épure vocale accompagnée au piano débordée par un djent tabasseur et des guitares mandolines.

‘Fields Of Elation’ est de forme plus classique, un refrain paisible suivi d’un couplet plus chargé et d’un court instrumental qui relance le refrain.

Et le dernier titre chanté ‘When The Bough Breaks’ est un morceau qui va crescendo. Il débute comme une épure a capela, devient progressivement solaire pour s’achever sur des riffs épais de métal.

Quant aux trois instrumentaux, ils revisitent au piano et de très belle manière les trois pièces précédentes, une belle idée pour compléter cet EP assez court et en sortir progressivement.

Two ne dure que dix-huit minutes. Un EP trois titres qui s’éloigne déjà des inspirations du premier en donnant plus de place aux instruments. Il ressemble nettement plus au metal progressif que l’on entend un peu partout, même si le chant reste toujours ensorcelant.

On y décèle également avec ‘Jericho’, les premiers pas du groupe vers ce qui va devenir leur marque de fabrique, à savoir une pop R&B metal qui domine leur dernier album Take Me To Eden.

Si vous ne connaissez pas Sleep Token, allez écouter d’urgence leurs deux premiers EPs sur Bandcamp. Peut-être aurez-vous envie après ça d’aller plus loin avec eux.

ILHO – UNION

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Union, un album sorti en 2019, vient de s’offrir une cure de jouvence cette année avec une édition remaster comprenant également deux titres live.

Derrière le disque se cache un trio britannique qui était encore totalement inconnu à mes oreilles jusqu’à la découverte de Union. Ilho, ainsi se nomme le groupe, semble préférer jouer en live que de s’enfermer en studio pour composer  au vu de leur discographie minimaliste. Ils proposent une musique pop metal progressive électro un peu à la manière des australiens de Voyager.

Union est leur premier et unique album à ce jour, sept titres dont une piste d’un quart d’heure.

Dans l’incroyable diversité des albums étiquetés metal progressif sur Bandcamp, c’est la pochette aux couleurs aquarelles qui a attiré mon regard et l’écoute du premier morceau ‘Union’ m’a convaincu d’aller plus loin. Il faut dire que la voix du chanteur et claviériste Andy Robinson m’a tout de suite séduite, passant sans effort de la douceur au quasi scream.

Ilho n’invente pas la roue ni le fil à couper le beurre avec Union mais ne perdons pas de vue qu’il s’agit de leur premier album. Une basse aux motifs parfois djent répond à des guitares lumineuses, des claviers électros, un chant clair agréable et une batterie nerveuse manifestement programmée.

Le groupe est avare en sections instrumentales sorti de quelques intros et finals. Le titre ‘Coalescence’ du haut de ses quinze minutes et quinze secondes fait exception avec deux longues digressions instrumentales aux claviers à la Blade Runner et à la rythmique très prenante. Certainement le sommet de cet album même si les autres morceaux sont loin d’être anecdotiques.

Les deux captations live enregistrées au ProgPower en février 2024 prouvent, si besoin était, que le groupe tient parfaitement la route en public. Deux morceaux de Union revisités en version longue pour l’occasion.

Union est un album d’une rare fraîcheur, une caractéristique des jeune pousses pas encore usées par le système et qui donnent souvent de fabuleuse prestation live. En attendant que Ilho reviennent avec un nouvel album, je vous recommande chaudement cette réédition.

Un groupe à suivre.