Namu – Wretched Spawns of Iniquitous Orders

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Ne nous mentons pas, c’est la pochette de l’album Wretched Spawns of Iniquitous Orders qui m’a donné envie d’écouter la musique. Un dessin et des couleurs à la manière de Bilal ou Moebius que l’on doit à Bruce Penningto et qui m’a tout de suite tapé dans l’œil.

La pochette montre trois vaisseaux spatiaux élégants survolant une exo-planète en fusion, autant dire tout ce que j’aime.

En plus, le projet de Namu coche les deux cases progressif et black métal. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour me mettre en appétit.

Évidemment, si vous ne supportez pas le growl, vous pouvez vous arrêter tout de suite. Car si Wretched Spawns of Iniquitous Orders comporte quelques passages de chant clair, c’est principalement le scream de ICanBeFree que vous allez entendre durant les sept morceaux. Des titres de quatre à huit minutes pour trois quarts d’heure de cruauté extraterrestre.

Namu, qui est aux commandes du projet et joue de tous les instruments, compose une musique puissante et complexe où le progressif trouve sa place avec même quelques passages aériens comme dans ‘Trypych’ ou cinématiques au début de ‘Catharsis in Stasis’.

Chaque morceau est une nouvelle racontant des enlèvements d’humains perpétrés par des extraterrestres. Vous savez lorsque que le contacté raconte que des petits gris l’ont kidnappé pour procéder à des expériences terribles sur ses parties génitales.Je me moque, mais oui, ça m’a toujours fait rire ces fantasmes sexuels transformés en rencontres de troisième type.

Quoi qu’il en soit, si je mets entre parenthèses les récits hurlés dans les morceaux, ben oui ça fait mal quand même, l’album est d’excellente facture, et ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un projet solo.

J’y entends quelques similitudes avec le travail de Devin Townsend, le chant en moins. ‘Ineffable Constructs’ est sans doute la pièce la plus frontale de l’album, que ce soit au growl ou bien à la musique. Une sorte de charge satanique avec petite une respiration inquiétante et un court passage cinématique qui se poursuit sur un rythme digne de Tool. A l’opposé, vous trouvez ‘The Fibre Prismatic’ qui fait très black post metal avec de nombreuses sections instrumentales dont un passage des plus space rock.

Tout cela pour vous dire que l’album est musicalement très varié et que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde en l’écoutant. Si vous aimez les voix saturées, foncez écouter ce premier album de Namu. C’est du lourd.

Odd Logic – Mortal Heirloom

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En me promenant sur Bandcamp, je suis tombé complètement par hasard sur le groupe Odd Logic et son dernier album Mortal Heirloom.

Je n’avais jamais entendu parler de ce duo de Tacoma qui depuis 2004 a sorti neuf albums, mais en les écoutant, j’ai tout de suite pensé au groupe québécois Mystery.

Plusieurs de leurs disques sont téléchargement gratuit sur la plateforme numérique et pour les autres, vous pouvez décider du montant à donner.

Odd Logic joue d’un rock progressif qui vire parfois au métal sur un chant qui n’est pas sans rappeler celui de Jean Pageau et même celui de James Labrie comme dans le premier morceau ‘Critical Minutiae’.

Sean Thompson chante et joue de tous les instruments sauf la batterie tenue par Pete Hanson. Et si le duo ne réinvente pas la poudre, leur album fait tout de même de belles étincelles.

En six morceaux de six à dix minutes Sean et Pete construisent un album de trois quarts d’heure à la frontière du métal progressif à la Dream Theater et du néo-progressif de Mystery.

L’album comporte des passages très mélodiques comme dans ‘Unequal Lies’ et du metal prog djent à la manière de ‘Permanent Guest’. Et tout cela fonctionne très bien ensemble.

Je ne sais pas vraiment de quoi parle l’album, ni même s’il s’agit d’un concept. Les textes sont suffisamment énigmatiques pour qu’à la fin de leur lecture, je n’en sorte pas plus avancé qu’au début. Ils possèdent clairement des inspirations fantastiques, mais ils semblent également évoquer des personnes du monde réel.

Dans les morceaux que j’adore il y a ‘Droid’ parsemé de bruitages et qui est l’exemple le plus réussi du mariage du mélodique et du métal progressif. Le titre s’articule autour d’un refrain des plus vendeur et d’éléments plus épais qui racontent les questionnements d’un androïde de compagnie sur sa raison d’être.

Lorsque j’ai commencé à écouter Mortal Heirloom, je me suis dit, tiens voilà un album sympa à chroniquer. Après un nombre incalculable d’écoutes, je me dit qu’il pourrait s’agir finalement d’un sérieux candidat au titre d’album de l’année.

Alors n’hésitez pas à y jeter une oreille ou deux et à me dire ce que vous en pensez vous aussi.

Moonspell – Far From God

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Il y a quatre ans j’avais acheté l’album Hermitage de Moonspell sur les conseils de Stéphane Gallay. J’en avais rapidement parlé dans un épisode intitulé Compressé n°1 qui survolait plusieurs albums qui ne m’avaient pas complètement convaincus.

Mais en cherchant le prochain candidat pour la chronique du mardi, je suis tombé sur le dernier album du groupe, Far From God et j’ai décidé de m’arrêter dessus.

Moonspell est un groupe portugais né en 1989 sous le nom Morbid God avant de devenir Moonspell en 1992. Leur musique s’inscrit dans un metal à tendance progressive riche en claviers.

Le chant de Fernando me fait beaucoup penser à celui du chanteur allemand du groupe Traumhaus, sauf quand il s’énerve. Une voix médium grave qui nous change des tessitures haut perchées qui sévissent dans le genre.

Far From God est un album de moins de trois quarts d’heure et huit titres de quatre à six minutes.

Si les titres des morceaux semblent au premier abord très bibliques, Fernando y parle en réalité de l’histoire du groupe, des autels qui bordent les routes et des vampires, enfin c’est ce qui est écrit dans Wikipédia, car je n’ai pas les paroles.

Si une grande partie de l’album est relativement posée, monotone diraient les grincheux, les deux derniers titres s’énervent quelque peu, au chant comme dans la musique. Terminé la voix tranquille et l’écriture limite post-rock, les guitares se lancent dans des charges et le scream sature le micro.

Dans ‘Your Promise of Light’ et ‘Our Freedom to Fall’ j’entends du Paradise Lost et dans ‘For the Love of Mortals’ du Simple Minds quand la batterie de ‘Far From God’ donne dans le quasi disco. Et si Hermitage était floydien à sa manière, Far From God prend une toute autre direction  avec ses inspirations gothiques, même si dans ‘Biblical’ j’ai retrouvé quelques éléments sonores de The Wall.

J’ai trouvé le nouveau Moonspell très confortable à écouter mais pas franchement révolutionnaire non plus. Ce ne sera sans doute pas mon album de l’année mais je lui trouve tout plein de qualités, suffisamment du moins, pour vous le recommander sans réserve.

Prince of Failure

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Si vous connaissez le groupe Tesseract, vous avez probablement entendu parler de Daniel Tompkins. Chanteur du groupe depuis 2014 après un bref passage entre 2010 et 2012, il a également œuvré en solo.

Avec Paul Ortiz, il sort cette année Prince Of Failure chez le label Kscope, un album métal prog électro de douze titres pas franchement révolutionnaire.

Vous allez entendre du growl comme du chant clair dans Prince Of Failure. Mais ne vous y trompez pas, l’album est de facture nettement plus commerciale que le dernier Tesseract War Of Being. Je n’irai pas jusqu’à écrire que le duo a mixé de la soupe, mais, disons que je ne trouve pas beaucoup d’intérêt dans leur musique.

Sorti de deux brefs instrumentaux sans réelle matière, ‘The Glass Of Veil’ et ‘Palace Of Echoes’, les dix autres titres possèdent un format radio dans la durée, la forme et l’esprit. On dirait des tubes de boys band metal mis bout à bout.

Alors, bien évidemment, c’est Daniel qui chante et Paul qui joue, donc ça ne peut pas être totalement mauvais non plus. D’ailleurs Prince Of Failure se laisse écouter sans déplaisir.

Par contre, je ne reste concentré dessus que le temps de deux morceaux, après mon esprit n’est plus dans la musique, il fait autre chose.

Il y a tout de même ‘Heartless’ qui me réveille juste à temps avant la fin de l’album, un morceau bien gras après beaucoup de guimauve à la manière de ‘Moonlight’. J’aime également ‘Silent Throne’ pour son côté rythmique complètement pompé à Tool, mais bon, est-ce bien un compliment que je formule ici ? 

Je suis injuste, il y a tout de même ‘Phantom’ qui s’énerve bien, mais il ressemble trop à du Vola pour sortir du lot.

Quant au duo ‘Horizon’ avec Kristyn Hope, il semble conçu pour cartonner dans les charts britanniques avec son clip à la manière d’un Dune de Christopher Nollan, mais avec un tout petit budget.

Prince Of Failure manque vraiment d’identité, pêche par son absence totale de prise de risque, bref ne présente pas grand intérêt, sorti le fait d’écouter Daniel Tompkins.

Je ne vous le recommande pas, tout simplement parce qu’il y a tellement d’albums plus intéressants à écouter sur terre.

Holosoil – Look UP

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En tant que progueux repenti, je continue de regarder régulièrement ce que sort le label Inside Out Music. Il ne signent d’ordinaire que des valeurs sûres ou bien des dinosaures de la scène métal progressive, mais de temps en temps ils nous surprennent avec une petite prise de risque.

L’EP Look Up du jeune groupe Holosoil est justement une de ses trop rares surprises. Initialement formé en 2019 sous le nom R3VO, la jeune formation berlinoise se réinvente avec la chanteuse finlandaise Emelie Sederholm et ce premier EP cinq titres de vingt minutes.

Hosoloil joue d’un rock progressif alternatif électro moderne dominé par la voix fabuleuse de Emelie. Prenez une Anneke période Mandylion, une Bjork énervée, une Dolores O’Riordan pas facho, une touche délicate orientale, et vous aurez une petite idée de ce que peut dégager cette chanteuse.

Mais soyons clair, Holosoil, ce n’est pas qu’une voix, c’est un mélange de djent, électro, pop, expérimental totalement décoiffant qui sort des sentiers battus et nous offre une bouffée de jouvence dans un monde musical assez sclérosé.

‘Look Up’ est un titre punchy construit sur une base rythmique de guitare parfois complètement détricotée autour de laquelle la voix d’Emelie s’enroule, tel un serpent. Il est à la fois dérangeant et très vendeur.

‘Cracks’ démarre calmement sur la basse de Victor et la voix d’Emelie. Il explose sur le court refrain où des motifs à la Tool surgissent ici où là pour revenir aussitôt à forme épurée du début. Une écriture relativement simple mais d’une grande efficacité.

‘Spirals’ joue des Milles et une Nuit pour nous ensorceler. Et ce n’est pas parce que les paroles parlent de cosmos et de galaxies qu’il s’agit de mon morceau préféré. J’ai toujours aimé le mélange métal orientalisant avec le chant féminin et ici c’est un pur régal.

‘Freakshow’ est juste derrière dans mes préférés. Le titre change sans cesse de configuration, sautant de la world music à la balade en passant par le métal.

Et puis, pour conclure ce trop court EP,  ‘Animal’ revient avec une formule accrocheuse et rythmée sur laquelle on aurait presque envie de danser (je déteste danser). Une délicieuse accalmie laisse quelques secondes aux couples pour s’enlacer avant de se séparer pour fouler furieusement une nouvelle fois la piste de danse. Le titre est tout particulièrement éblouissant pour la performance vocale de Emelie.

Je trouve toutefois la pochette de l’EP vraiment très moche, très loin des canons du genre, mais c’est sans doute parce que je suis un vieux con. N’empêche, je vous recommande vivement la découverte de ces nouveaux venus chez Inside Out.

J’attends évidemment beaucoup de la sortie de leur futur album et comme de bien entendu, je serais probablement déçu, mais passons.

Green Carnation – Sanguis

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L’an passé, j’avais redécouvert Green Carnation avec la première partie de la trilogie A Dark Poem. Voici sa suite intitulée ‘Sanguis’, trois quarts d’heure de musique en sept morceaux dont une reprise.

Sanguis est dans la continuation naturelle de The Shores of Melancolia, ce qui est plutôt rassurant, puisque l’on parle ici d’une continuation.

Il y a un peu de growl dans ‘Sanguis’ et beaucoup d’Arena dans le reste. Mais, il y a également un titre acoustique, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’ et une pièce jouée au piano intitulée ‘Lunar Tale’. Du coup, Sanguis est un peu différent de The Shores of Melancolia. En plus cette fois, je trouve la pochette vraiment sympa, contrairement au premier opus.

Les claviers vintages, telle une tempête, ouvrent l’album sur un titre de plus de neuf minutes. Ils reprennent la puissance dévastatrice qui préside au premier opus. Il s’agit de la pièce maîtresse de l’album dans laquelle un fils pardonne à ses parents, mais ne les excuse pas.

J’ai une petite faiblesse pour le morceau suivant, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’, une pièce jouée à la guitare électro acoustique et à l’orgue qui débute par ce qui doit être un extrait de film. On retrouve d’ailleurs un autre enregistrement, au début du titre ‘Fire in Ice’, celui du Professeur Julius Sumner Miller en 1964 , réalisant une expérience pour le programme télé de ABC. Une expérience qui ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le titre central ‘I Am Time’ semble sorti tout droit de la discographie du groupe Arena, tout particulièrement pendant son refrain où les claviers de Endre font penser  à du Clive Nolan et où les guitares sonnent comme celles de John Mitchel.

Que vous dire d’autre sur Sanguis ? L’album est dans la continuité de The Shores of Melancolia sans pour autant le copier.

Je vous recommande d’écouter les deux parties d’une traite car elles sont très cohérentes et pas si longues que ça au final. J’attends du coup avec impatience le troisième et dernier opus.

S’il est du même tonneau, j’espère qu’ils auront la bonne idée d’éditer un coffret regroupant les trois disques. Ça ferait un bel objet.

Iotunn au Grillen

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Mercredi 15 avril, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.

Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.

Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.

Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.

Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.

Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés. 

In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.

Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.

Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.

Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.

Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.

Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard. 

Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.

Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.

Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.

Monosphere – Amnesia

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Ces temps-ci, je regarde souvent du côté de l’Allemagne et tout particulièrement vers la ville de Mainz.

Après The Aesthetic Voyager et son album Selfless, je vais vous présenter le groupe Monosphere et leur dernier bébé, Amnesia. Je suis tombé dessus par hasard en recherchant de nouvelles sorties de métal progressif. La pochette a attiré mon regard et la violence du growl combiné à une musique très progressive m’a tout de suite donné envie d’aller plus loin avec eux.

D’ordinaire, je fais toujours une première écoute de l’album sur Bandcamp avant de me décider à l’acheter. Dès le cinquième morceau d’Amnesia, j’ai commandé la galette.

Alors oui, je vous l’accorde, Kevin ne fait pas dans la dentelle avec son growl vomito mais il est également capable de chant clair comme dans ‘Idiomorph’ et cela combiné à une musique des plus mélodique, cela donne un album très dynamique et varié.

L’album est riche en claviers, avec même du grand piano dans ‘Allusion’. Il joue également de rythmique travaillée à la basse (‘Dissolve’) et la batterie et les guitares donnent amplement le change. Bref c’est de la bonne musique.

Amnesia avec neuf titres de une à dix minutes, propose de furieux contrastes vocaux et musicaux. Cerise sur le gâteau, l’album raconte une histoire d’amour et d’amnésie, si vous n’aviez pas compris le titre.

Deux invités, Jei Doublerice et Mark Garrett, prêtent leurs voix sur les titres ‘Nadir’ et ‘Dissolve’ et Justin Felder, qui a travaillé au mixage de l’album, joue également de quelques instruments.

‘Limbic’ est certainement un des titres les plus violents de la galette malgré sa courte durée. La musique part en dissonance quand le chant est du plus pur deathcore et la rythmique des plus saccadée. Les paroles ne font pas non plus dans la dentelle écoutez plutôt : “Le silence hurle, une cacophonie assourdissante, un vestige”.

Amnesia est bon, très bon, contrasté, écartelé, beau, grandiose. Oui tout ça à la fois !

Il rentre dans ma petite liste de mes coups de coeurs de l’année, alors foncez l’écouter d’urgence, enfin si vous aimez le métal.

Royal Sorrow – Innerdeeps

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Bon, les groupes de métal progressif mélangeant chant clair, djent, électro et pop, j’en ai clairement ma claque, sauf si vous me parlez de Voyager, Leprous ou Vola. Alors pourquoi vous présenter Royal Sorrow aujourd’hui, sérieusement ?

Tout d’abord parce que je n’ai plus rien en stock et qu’il fallait bien trouver un album pour cette semaine. Ensuite parce que je n’ai jamais chroniqué ce jeune groupe de metal. Normal vous me direz, puisqu’ils signent ici leur premier disque chez Inside Out. Enfin parce que malgré son côté commercial, Innerdeeps tabasse pas mal.

Innerdeeps est une galette de trois quarts d’heure contenant dix titres de trois à cinq minutes. Sa musique se rapproche comme mentionné plus haut de Leprous, Voyager, Vola, Tesseract et compagnie, savant mélange de gentil poutrage, de refrains mélodiques, de touches électro, le tout joué par trois gamins.

Markus chante et joue des guitares, Eero est à la basse et Janne cogne sur la batterie. Vocalement, pas de growl qui déchire les oreilles. A la place, c’est un chant clair médium un peu énervé qui domine avec des chœurs à profusion.

La batterie offre un service sur mesure, parfois un rythme paresseux minimaliste, parfois un toucher électrique ébouriffant. Quant à la guitare et la basse, elles se calent sur ce tempo à géométrie variable. Les guitares s’offrent en plus du djent de ‘Survival Complex’, quelques envolées lyriques comme dans ‘Samsara’. Il y a également des claviers à tendance électro qui complètent l’ensemble.

Tout cela est très bien joué, le trio connaît son affaire, mais ne nous mentons pas, c’est archi-classique. Niveau prise de risque et innovation, Innerdeeps risque de vous décevoir. Ceci posé, je trouve ‘Metrograve’ assez réussi avec son effet métronomique en introduction et le poutrage de ‘Survival Complex’ est des plus efficaces. Ce sont les deux titres qui sortent vraiment du lot sur l’album Innerdeeps. J’aurais aimé qu’il y en ait plus du même tonneau.

Le côté pêchu de l’album vient à la fois de la voix et de la musique. Si Markus use le plus souvent de chant clair, il force sur ses cordes vocales de temps à autre, toujours à la limite scream sans pousser jusqu’à la grosse voix, énervant quelques secondes un titre qui aurait pu rester gentillet.

Innerdeeps est une belle entrée en matière pour le jeune groupe Royal Sorrow. Il manque toutefois de personnalité, comme bien souvent, en restant largement influencé par ses modèles.

Si vous aimez le métal prog à la manière de Leprous, allez les découvrir.

Green Carnation – A Dark Poem Part I : The Shores of Melancolia

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C’est Stéphane Gallay de Radio Erdorin qui m’a fait découvrir le groupe Green Carnation avec l’album Leaves of Yesteryear il y a cinq ans. Je ne l’avais pourtant pas chroniqué ici, je ne sais plus pour quelle raison, peut-être simplement parce que je n’avais rien à apporter de plus à la chronique de Stéphane. Mais avec la sortie du premier album du triptyque A Dark Poem, j’ai décidé de prendre ma plus belle plume pour vous en parler.

Déjà commençons par les présentations : Green Carnation est un groupe de métal progressif norvégien né en 1990 donne tout d’abord dans le death. La formation actuelle date de 2014, car l’histoire de Green Carnation a été quelque peu mouvementée. 

D’ailleurs je me suis aperçu, en effectuant des recherches pour cette chronique, que j’avais un de leurs albums de la première période, Light of Day, Day in Darkness, sorti en 2001, deux titres épiques respectivement long de trente-deux et vingt sept minutes. Aujourd’hui, leur univers musical me fait penser à celui du groupe Arena avec un son musclé chargé de claviers et un chant théâtral proche de celui de Paul Manzi. 

En parlant de chant, Grutle Kjellson de Enslaved vient hurler sur ‘The Slave That You Are’, cassant la routine tranquille de Kjetill Nordhus. Et puisque l’on en est aux artistes invités, vous entendrez également Ingrid Ose à la flûte sur deux titres et les percussions de Henning Seldal dans le dernier morceau ‘Too Close to the flame’.

J’ai parlé des claviers et du chant mais il serait cruel de passer sous silence l’incroyable jeu de Tommy qui opère derrière les fûts. Une batterie aux rebondissements fabuleusement progressifs comme dans ‘In Your Paradise’.

L’album de quarante-deux minutes contient six morceaux de cinq à neuf minutes. C’est court, mais à ce rythme là, si les gars arrivent au bout de la trilogie, celà donnera un concept album de plus de deux heures quand même.

Avec ce premier opus intitulé The Shores of Melancolia, Le groupe nous embarque pour un voyage fantastique dans la noirceur de l’âme humaine.

The Shores of Melancolia est sombre, violent, progressif, épique. Tout en gardant une belle unité narrative, il alterne les atmosphères musicales avec des tonalités orientales comme dans le titre album ou du heavy dans le titre final.

Comme dit juste au dessus, le thème de l’album n’est pas franchement bisounours. Si vous faites l’effort de lire les paroles, vous verrez que ça ne rigole pas. Voyez vous-même  : “La fin est proche, les victimes, les adversités sont là …  les accidents, les décès, les calamités sont là… le destin, la misère, l’exigence sont là… l’effondrement est proche, l’urgence, le cataclysme est là”.

Je n’ai trouvé qu’un seul reproche à faire A Dark Poem Part I, son illustration. Franchement, elle ne me plait pas, disons qu’elle ne me donne pas envie d’acheter l’édition vinyle. Il y a de l’idée pourtant, cette cape étoilée, ce ciel doré et le motif des vagues que l’on retrouve un peu partout sauf dans le ciel. Mais bon, je n’aime pas.

Bref, sorti de ce petit détail, le dernier Green Carnation pourrait réconcilier les progeux et les métalleux sous une même bannière, celle de The Shores of Melancolia.

Je ne peux que vous le recommander chaudement.