Questions écolos

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Qui a le plus mauvais bilan carbone ? Ce vieux diésel rouillé ou la voiture sans plomb flambant neuve du concessionnaire ? 

Quel est l’impact de votre animal de compagnie sur la planète ?

Faut-il se faire livrer les achats ou bien aller les acheter dans des boutiques ?

La vente en vrac est-elle si vertueuse en emballage ?

Vaut-il mieux consommer du bio produit au Maroc sous serre ou une production locale de saison ?

Quel est le vrai bilan carbone d’une éolienne, d’un parc photovoltaïque, d’une centrale nucléaire ?

Quels sont les pollueurs ? Ceux qui produisent pour vivre ou ceux qui achètent pour se distraire ?

Quel est le pourcentage d’énergie perdu de sa production dans la centrale nucléaire jusque l’alimentation électrique du moteur de la Tesla ? 

Qu’est-ce qui est le pire ? Des EPR, des mini centrales nucléaires ou plein d’éoliennes ?

Qui émet le plus de méthane, un bovin dans un pré ou un toulousain dans sa voiture après un bon cassoulet ?

Quels sont les effets d’un degré d’augmentation de la température moyenne du globe sur le climat ? Et deux, trois, quatre, cinq ?

Qu’est-ce qui consomme le plus d’énergie ? Une recherche sur Google, l’envoi d’un email, regarder une vidéo de chat sur YouTube ou lire ce blog débile ?

Quelle mesure concrète notre gouvernement a-t-il pris en vingt ans pour endiguer le désastre climatique à venir ?

Comment décorer la maison ? Avec un sapin synthétique ou un sapin venu des Vosges ?

Faut-il voter pour un écolo aux déclarations crétines, une catin de droite, un facho médiatique, un populiste nombriliste, une blondasse skinhead ?

Je n’ai la réponse à aucune de ces interrogations pourtant essentielles lorsque l’on débat d’écologie, juste quelques idées préconçues et peut-être fausses. Et pour cause, tout le monde dit tout et son contraire, soit par bêtise, soit pour fausser le débat. Tout je dont je suis certain, c’est que notre planète se réchauffe et qu’il nous reste quelques années pour endiguer cette embolie monstrueuse. Alors réfléchissez au lieu de gober toutes les conneries dont on nous abreuve en permanence. Et faites le bon choix, celui de la planète.

La dinde

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Comme Valérie je partage les valeurs françaises : le pâté de volaille aux organes anormalement développés qui mangent sans faim, les arbres déracinés qui perdent leurs aiguilles, les fausses idiotes en maillot de bain et les pédales bourrées de produits illicites.

Bon j’avoue, je n’ai pas ma carte du LR que je n’ai jamais regardé le concours Miss France ni celui de l’Eurovision. Sans doute parce que je ne regarde pas le petit écran. 

Si j’adore le foie gras, particulièrement en croute de sel avec un Sauterne, je n’en mange plus, parce que honnêtement le gavage est une pratique assez révoltante. D’ailleurs sans devenir vegan ou végétarien, je commence à limiter fortement ma consommation de viande et de poisson.

Pour le pinpin c’est plus compliqué. Tous les ans je décore la maison, guirlandes, bouboules, étoiles et sapin. Ça fait fêtes et en Alsace entre grisaille et journées courtes -il fait nuit à 17h – on a bien besoin de ça pour ne pas déprimer. 

Pour les éclairages, d’ailleurs peu nombreux (deux guirlandes LED), je veille à ne les allumer que le Week-End quand il fait nuit et encore juste le soir de 17h à 22h.

Pour le sapin, je pourrais opter pour une version synthétique mais je ne suis pas certain que ce soit plus éco responsable. En plus, c’est très moche. Mon sapin pousse, absorbe du CO2 et après les fêtes je le broie pour en faire du paillage dans le jardin. Comme ça je me sens moins coupable.

Pour les cadeaux, on essaye également d’être raisonnable, un par personne, un truc utile de préférence, plutôt éco truc machin, acheté le plus localement possible et à un prix raisonnable. Bon j’avoue que les LEGO pour le fiston et le bidule à musique pour ma chérie ne remplissent pas toutes les cases. Par contre le sweat-shirt du petit dernier lui a presque tout bon, et croyez-moi, c’est pas évident.

Bref, sur les quatre symboles français selon sainte Valérie, je ne coche qu’une case. Je dois être un sang mêlé ou un de ces putains d’intellos bobos gauchos arnarchos débilos car je ne me reconnais pas dans sa France et ses valeurs. Je parlerai bien d’un pays d’accueil, de libertés, de tolérance, mais j’ai l’impression que ça n’est plus à l’ordre du jour. 

J’aimerais bien que la France soit un pays exemplaire pour son bilan carbone, l’accueil des migrants, la décroissance énergétique, la défense des droits sociaux, l’égalité mais faudrait pas croire au Père Noël non plus.

Nancy Reims Troyes

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8:00-10:00 Strasbourg Nancy – 15:00 – 17:00 Nancy Strasbourg

7:30-09:00 Strasbourg Reims – 15:00-16:30 Reims Troyes

14:00-15:30 Troyes Reims – 17:30-19:00 Reims Strasbourg 

Trois journées d’une semaine ordinaire en plein réchauffement climatique et mille kilomètres pour gérer des sites sur lesquels plus personne ne s’occupe de rien. 

Après les années décentralisation voici les années restrictions. Les centres perdent leur autonomie et leur agents peu à peu. Ils restent tout de même ouverts avec personne à bord pour garder le cap.

Les effectifs baissent et la zone de responsabilité augmente, dix bâtiments dans un rayon de 450 kilomètres. C’est la tournée des grands ducs, il faut visiter nos implantations une par une pour vérifier que tout va bien. Les chefs de service travaillent à Strasbourg, Paris ou Toulouse et les agents à plus de 500 kms d’eux.

Changer une ampoule devient un casse tête, prendre rendez-vous avec un entrepreneur une mission impossible. 

Les agents sur place ne sont plus de notre responsabilité contrairement aux locaux qu’ils occupent. Sur place, personne ne veut se charger de rien. « Je travaille pour Toulouse moi, ce n’est pas mon problème. », « Machin ne fait rien alors je ne vois pas pourquoi j’aiderai. », « C’est votre problème, pas le mien. ». 

N’empêche que ces personnes là sont dans nos locaux et se plaignent lorsque quelque chose va de travers.

Il faut alors prendre la voiture, le train, l’avion pour un rendez-vous avec un électricien, un plombier, un serrurier puisque personne sur place ne veut aider et que souvent les bureaux sont vides.

Nancy 10:00, la femme de ménage prend peur lorsque je déboule dans le centre désert. 

Reims 09:00, l’équipe au grand complet (trois personnes pour 120 m2) m’accueille en sauveur.

Troyes 16:30, deux agents assez spéciaux s’inquiètent de ma présence dans leur bâtiment bordélique où rien n’a été rangé depuis ma dernière visite.

Il faut vérifier les extincteurs, changer les ampoules, commander des détecteurs de fumée, jeter les meubles hors d’usage, vérifier le ménage, écouter les doléances, prendre rendez-vous avec des entreprises, étudier l’installation de bornes de recharge, livrer du gel hydroalcoolique, vérifier le parc automobile et essayer de responsabiliser les locataires. Mission Impossible.

On se veut exemplaire au bilan carbone en achetant des véhicules électriques et, grace aux réductions d’effectifs on doit traverser la moitié de la France en véhicule thermique pour effectuer un travail qu’une personne sur place pourrait effectuer. Joli calcul ! Officiellement la masse salariale baisse et on électrifie le parc automobile, économie, écologie, officieusement on dépense plus en prestations externes et déplacements et on pollue plus car les voitures qui disposent encore d’une autonomie suffisante, sont de vieux diesel Crit’Air 3 ou 4.

Nous avons tout compris.

Tout se complique

Hier, en payant mes courses à une caisse automatique, je me suis fait la réflection suivante : le monde devient bien compliqué.

Passez du gel hydroalcoolique sur vos mains.

Les étiquettes des produits alimentaires devient illisible : bio, circuit court, avec ou sans OGM, nutriscore, additifs, colorants, quantité nette, origine, AOC, ingrédients, date de fabrication, date limite de consommation…

Appuyez sur l’écran avant de scanner votre premier article.

Inviter des amis au restaurant consiste aujourd’hui à choisir entre boucherie, vegan, bio, végétarien, végétalien, japonais, indien, marocain, fromage ou mal bouffe.

Scannez votre article.

Avant de déclarer sa flamme à l’élu(e) de son coeur, il est plus prudent d’avoir réussi à déterminer si : il, ile, elle est marié(e), casé(e), hétérosexuel(le), bisexuel(le), homosexuel(le), troisième genre, abstinent(e) ou transgenre.

Scannez le bon code barre.

Le choix d’une casserole ne dépend pas de ce que l’on va cuire dedans mais sur quel type de feu on va la poser : gaz, plaque électrique, induction ou vitrocéramique.

Posez votre article scanné sur le côté.

Pour manger dehors il faut porter un masque et emporter son passe sanitaire sans oublier de prendre de quoi payer son repas.

Appelez une hôtesse.

Avant de mettre la main aux fesses d’une fille, il est plus raisonnable de s’assurer qu’elle est consentante, voire lui faire signer un formulaire d’agrément au préalable. Quelques personnes ont oublié cette formalité et s’en mordent les couilles.

Scannez l’article suivant.

De nos jours il est plus prudent de lire la notice d’un appareil avant de filmer ses vacances avec une perceuse électrique comme Gaston.

Appuyez ici si vous avez une carte de fidélité.

Pour démarrer une voiture, il n’y a plus de clef de contact, plus de pédale d’embrayage, plus de levier de vitesse, plus de frein à main. Il faut appuyer sur start, presser le frein, appuyer sur parking, passer la boite en mode D et sans un bruit le véhicule bondit en avant.

Insérez votre carte de fidélité.

Pour effectuer un virement bancaire, il faut une empreinte digitale, un code envoyé par SMS, un numéro tiré d’une grille de bataille navale, un nouveau code et une dernière confirmation digitale.

Scannez votre coupon de réduction.

Pour discuter avec une personne, il faut d’abord décider avec quel logiciel le faire, ce qui implique de lui envoyer un message, oui mais avec quel outil ?

Choisissez votre moyen de paiement.

Prendre une personne en photo dans la rue obéit à de nouvelles règles complexes et floues : cette personne est-elle dans une foule, est-elle le sujet de la photo, a-t-elle signée au préalable une décharge ?

Insérez votre carte de paiement.

Pour faire le plein de son réservoir, il faut trouver une borne de recharge électrique. Une borne compatible avec votre système de paiement, votre câble de raccordement, une borne qui n’est pas occupée et qui fonctionne.

Choisissez votre débit : immédiat, en trois fois, à crédit.

Sur les routes françaises, la vitesse est limitée à 30, 50, 70, 80, 90, 110, 130 km/h. Le GPS affiche toujours une autre indication que celle des panneaux. En Allemagne on passe à 30, 50, 100, 120 km/h et l’infini au delà. Les radars ont une tolérance de 5 km/h sous les 100 km/h et de 5% au-dessus. Alors, à quelle vitesse faut-il rouler ?

Confirmez votre choix.

Nous avons des codes pour tout, la carte bleue, le code PIN de la carte SIM, le déverrouillage du téléphone, le code de virement bancaire, le code d’accès en ligne à votre mutuelle, le 3D secure de la Visa.

Saisissez votre code.

Avant, il y avait le Super et le Diésel. Aujourd’hui à la pompe, il y a le GPL, le E10, le E5, le 85, le B7, le B10, le XTL, le LNG, le H2, le CNG, le LPG. Et où est-ce que je branche ma voiture électrique ?

Code erroné. Saisissez votre code.

Les pompes à essences sont encore plus compliquées que les caisses enregistreuses automatiques. Il faut choisir sa langue et son carburant en plus.

Retirez votre carte.

Pour traverser la France en voiture, il faut en plus du départ et la destination, sélectionner un trajet en fonction de la vignette Crit’Air de son véhicule et si elle est par bonheur électrique, en trouver un itinéraire avec des bornes compatibles avec votre voiture tous les 250 km.

Prenez vos courses et n’oubliez rien sur la balance.

Pour faire ses courses, il ne faut pas oublier d’emmener des sacs, afin de pouvoir les transporter jusque la voiture qui est garée sur le parking, pas loin de la borne de recharge électrique sur laquelle est branchée un gros SUV.

La fuite

Les énergies fossiles nous conduisent tout droit dans le mur avec 1.5, 2.0 voire jusque 5.0 degrés Celsius de réchauffement moyen de l’atmosphère sur l’ensemble du globe si nous ne faisons rien tout de suite.

La grande idée est donc de passer à l’électrique pour les trains, les cars, les camions, les voitures, les scooters, les vélos, les trottinettes et pourquoi pas les exos squelettes tant que l’on y est. Pour les avions ça n’est pas gagné, pas plus que pour les paquebots à voiles. Quant aux fusées de Space X, Blue Origin et les autres, y a pas de problème, tout est nominal. L’ascenseur spatial d’Asimov est en chantier.

Mais pour cela il faut produire du courant, beaucoup de courant et on vient de s’apercevoir que placer une lumière devant un panneau solaire ne suffisait même pas à allumer l’ampoule, d’où problème.

Qu’à cela ne tienne, il suffit de bâtir des EPRs, cette centrale miraculeuse qui ne fonctionne toujours pas à ce jour en France. Du coup le concept de mini centrale nucléaire fleurit un peu partout, plus petites, plus sûres, plus nombreuses, elles nous promettent des mini Tchernobyl sur tout le territoire. En attendant, elles n’existent que dans les rêves humides de nos ingénieurs.

Alors le mythe de l’hydrogène vert refait surface. L’hydrogène, transformé via une pile à combustible, fabrique de la vapeur d’eau et de l’électricité, c’est magnifique ! L’eau c’est propre non ? On se lave avec… Oui mais la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre (lisez Ravage de Barjavel), comme le CO2 où le méthane. Prout ! Oups, pardon ! 

Pour produire de l’hydrogène, à moins de le pomper directement dans une étoile, il faut de l’électricité, beaucoup d’électricité, oui mais attention, ici on parle d’électricité verte tout de même, ça change tout. On revient à l’ampoule qui éclaire le panneau solaire. Mais le pire c’est que l’hydrogène, en plus d’être explosif dans l’air (souvenez-vous d’un certain dirigeable allemand), est un gaz hautement volatile donc avec un fort potentiel de fuite. Et par malheur, l’hydrogène est un gaz à effet de serre indirect, c’est à dire que sa simple présence dans l’atmosphère favorise très fortement la création de gaz à effet de serre. Nous allons donc devoir faire très attention pendant le plein de notre SUV monoplace de deux tonnes à ne pas fumer ni à en verser à côté.

Nous continuons allègrement à nous gaver énergiquement alors que nous devrions commencer à nous serrer la ceinture. Mais quel homme politique aura le courage d’aller jusqu’au bout de la démarche ? Certainement pas la COP 26. L’Australie continuera de produire du charbon sous prétexte qu’il est plus propre que celui de ses voisins mais heureusement les chinois et les américains sont d’accord pour luter contre le réchauffement climatique. Comment ? Ils en discuteront en 2022… Nous voilà rassuré.

« Et dieu dans tout ça ? Il est dans les nues, c’est lui qui pète le plus. ». (Font et Val, Le Sport ).

 » Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

— Nuit et jour à tout venant

Je chantais, ne vous déplaise.

— Vous chantiez ? j’en suis fort aise.

Eh bien ! dansez maintenant. « 

J’ai la trique

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Je ne vais pas remettre en cause ici les décisions gouvernementales, je laisse ça à d’autres, je vous raconte simplement la réalité du terrain.

Les administrations doivent effectuer leur transition énergétique sous la pression de nos gouvernants. Isolation des bâtiments, modernisation des chaudières, végétalisation des toits, écopaturage, recyclage et fin des véhicules thermiques.

En début d’année nous avons donc reçu notre première Zoe. Une voiture électrique offrant 370 km d’autonomie théoriques c’est à dire 250 km par vent arrière en plein été sans clim à 90 km/h. 

Une Zoe oui, mais pas de borne de recharge. Oups ! Il faut plus de 12 heures pour charger complètement une Zoe sur une prise secteur. 

Si je fais un Strasbourg/Nancy aller-retour, je suis obligé de rester dormir sur place pour repartir le lendemain. Si je vais à Besançon, je n’arrive que le lendemain car il faut que je m’arrête pour recharger, si je vais à Troyes, cela me prends troyes jours pour m’y rendre, six aller-retour.

Alors bien entendu il y a des bornes de recharge sur la route et nous avons une carte pour les utiliser. 

Encore faut-il que la borne soit compatible avec la carte, que le câble électrique soit approprié, que l’emplacement soit libre et que l’appareil fonctionne. Pour la petite histoire un Strasbourg/Mulhouse aller-retour s’est achevé à 80 km/h pour économiser la batterie. À Mulhouse les bornes étaient hors service, occupées ou non compatibles et sur l’autoroute, la seule aire de repos avec recharge était fermée pour travaux.

L’ennui c’est que notre zone de responsabilité augmente alors que le rayon d’action des véhicules diminue et que l’on nous demande d’aller de plus en plus sur le terrain. Alors nous prenons le train ou l’avion et louons un véhicule thermique à l’arrivée… Question bilan carbone, y a comme un os.

Installer des bornes de charge rapide n’est pas une mince affaire. Généralement vous êtes obligé de changer votre abonnement et votre compteur et ça seulement si vous avez la chance d’être calé en triphasé. Sans triphasé votre borne ne charge pas votre voiture en quatre heures mais en huit. 

Afin d’installer les bornes, une équipe parisienne va parcourir la France en véhicule thermique accompagnée d’une seconde équipe chargée des travaux ainsi que d’un responsable de site. Trois voitures, cinq personnes, cinquante sites, de quatre cent à mille kilomètres à chaque fois. Faites le calcul. Et là je ne parle pas des travaux mais de la pré-étude. Car si nous avons commandé les bornes il y a six mois, étant donné la pénurie de matières premières, nous ne les aurons, au mieux, que dans six autres mois. Pendant ce temps, notre Zoe reste en charge la nuit et ne quitte jamais le département. Et comme dit si justement John Snow, l’hiver arrive.

Comptez aussi pour l’installation d’une borne, un nouveau coffret électrique, une centaine de mètres de câbles, quelques trous dans les murs et une grosse coupure de courant. C’est bête mais chez nous, couper le courant c’est un peu comme débrancher un patient sous respirateur. On meurt, et on a pas le droit de mourrir, du moins pas pendant la saison hivernale. Les coupures propres ne peuvent être réalisées qu’en été lorsque la situation le permet. 

Bref, nous ne sommes pas prêt de brancher la Zoe à une borne. D’ici là nous aurons peut-être reçu des directives pour rouler à l’hydrogène qui sait ?

Le nouveau déchet

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Outre nos poubelles qui débordent, les décharges sauvages, les emballages de mal bouffe Mc Donald, les cartons de pizzas, les mégots, un nouveau détritus a fait son apparition dans notre paysage. 

Plus gros qu’un filtre de cigarette, plus petit qu’une boite de cheese burger, il jalonne nos rues et campagnes depuis un an et demi. Blanc, noir, le plus souvent bleu, il traine dans les flaques d’eau, s’envole au vent et bouche les caniveaux.

Vous l’avez certainement reconnu puisque vous êtes obligé d’en porter un tous les jours, il s’agit de ce putain de masque qui jusqu’à présent m’a protégé efficacement de la COVID-19.

Pourquoi en trouve-t-on partout, en ville comme à la campagne ? Ils sont plus nombreux que les mouchoirs jetables dans les buissons et les préservatifs usagés dans certains quartiers. 

Pourquoi certains déchets sont plus rares que d’autres ? Je n’ai jamais trouvé un billet de cinquante euros traînant dans rue. Pourtant nous en avons souvent dans nos poches. Étrange…

Je peux comprendre que l’on perde un masque, tombé de son sac, de sa pochette, du poignet où il était accroché. Ça arrive aux plus négligents d’entre nous. 

Mais tous le monde se mouche, alors que certains ne porte pas de masque. On devrait trouver plus de mouchoirs blancs jetables par terre que de masques chirurgicaux bleus. Ça semble logique non ? D’autant qu’un masque jetable peut être porté quatre heures alors qu’un mouchoir usagé n’est guère utile en  plus d’être désagréable à conserver dans une poche.

Alors pourquoi trouve-t-on tant de masques par terre ? Serait-ce lié à notre relation à l’objet ? Le mouchoir nous l’utilisons volontiers pour dégager nos sinus encombrés alors que le masque nous est imposé par des gouvernements totalitaires qui nous volent nos libertés. Enfin c’est ce que certains racontent pour les masques bien sûr.

Cette attitude de rejet de l’inconfort aurait-elle pour conséquence une réaction de vengeance consistant à jeter l’objet dès qu’il n’y a plus personne en vue pour en contrôler le port ? Mystère. Mais c’est franchement dégueulasse. 

De base je déteste ces gros connards qui balancent leurs mégots de cigarettes dans le caniveau ou par la fenêtre de leur voiture. Alors les abrutis qui jettent les masques qui leur sauvent la vie tous les jours et protègent leurs proches d’une redoutable maladie, je les exècre encore plus. Comment peut-on être aussi crados ? Un masque n’est pas biodégradable, il contient des matières plastiques et peut en plus être imbibé de microbes. Bref c’est un truc bien crade qui, comme les pansements, doit être incinéré. En plus dans la nature, le machin se voit de loin, s’accroche aux branches des arbres.

Alors s’il vous plaît, jetez vos masques dans les poubelles, vos mégots dans les cendriers et ramassez les merdes de vos chiens. La planète sera plus jolie.

Top 15

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146 favoris, mais je l’aime bien

J’essaye de publier une photographie sur Flickr chaque jour depuis plus d’un an.

L’exercice n’est pas aisé car je tente de varier les sujets et que je photographie principalement le week-end quand je peux vagabonder en solitaire. 

Et certains week-ends, le temps ne se prête pas à la capture d’image, comme lors de ma chasse au Grand Tétras dans les nuages et les pieds dans la neige. Il arrive aussi que je me promène avec ma douce dans des lieux que j’ai déjà immortalisés sous tous les angles et par tout les temps.

Un cliché par jour, cela fait beaucoup de méga octets par an entre les concerts, les phases de la lune et les promenades. Mon compte Flickr déborde d’images plus ou moins intéressantes que personne ou presque ne regarde. 

Alors je me suis décidé à lancer un grand nettoyage. La première raison est de donner une meilleure visibilité aux visiteurs sur mon travail, la seconde est éco responsable, moins de données sur le Cloud c’est autant d’énergie dépensée en moins. D’ailleurs j’ai réduit la taille des clichés à 2048 pixels pour la même raison. 

Je pourrais en profiter également pour faire des économies en abandonnant mon compte pro qui me permet de conserver plus de mille clichés en ligne mais non, je tiens à soutenir financièrement la plateforme que j’aime bien.

Effacer des images c’est bien, mais selon quels critères ? Selon mes goût ? Ils sont changeants et ma maîtrise technique évoluant, j’effacerai presque tous mes premiers clichés. Alors jai laissé les visiteurs choisir. Car après tout, c’est pour eux que je publie ces photos sur Flickr (sans parler de soigner mon égo bien entendu).

J’ai décidé, très arbitrairement, d’effacer toutes les images qui n’auraient pas été mises au moins quinze fois en favoris par les membres du réseau social photo. 

Pourquoi quinze ? Parce que si j’avais placé la barre plus haut il ne serait pas resté grand chose sur le compte. J’ai quelques rares images qui ont fait le buzz sur Flickr et pas toujours à juste raison, des plus de cent favoris vues des milliers de fois. Ce sont les mystères d’Internet… 

151 favoris, si si !

Parmi les images que j’efface, il y en a que j’adore, figurant parmi mes clichés préférés. Rassurez-vous je garde tous ces clichés et d’autres jamais publiés sous Lightroom. Tous les ans je fais imprimer un livre photo A4 de mes travaux préférés.

J’ai supprimé beaucoup de photos de concerts qui rarement atteignent plus d’un ou deux favoris. Adieu les albums de soirées musicales, portraits de mes idoles. J’ai fait de même avec les cratères de la Lune qui n’intéressent que moi. J’ai toutefois conservé dans un répertoire quelques unes des plus belles, même si elles n’atteignaient pas le quota requis par les jurés d’Internet. Même chose pour les châteaux forts alsaciens. J’ai gardé au moins une image par forteresse visitée.

Reste que je pourrais également me créer un répertoire Best-of où je placerais mes clichés favoris, quelque soit l’avis des visiteurs, une sorte de press-book.

Bref, je continue à purger le net de ma présence numérique, après Facebook où j’ai procédé à un grand nettoyage, c’est au tour de Flickr, pour des raisons très différentes, de passer à la casserole. A côté de cela, je me suis créé un second compte Twitter qui ne sert pas pour le webzine de rock progressif mais pour exposer mes propres bafouilles comme celle-ci. Oui, j’avoue, je ne suis pas toujours cohérent dans mes actes éco responsables, mais je ne suis qu’un homme après tout.

57 favoris, tout ça parce que c’est une éclipse

Dix années en quelques heures

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J’ai perdu dix années de vie en quelques heures. Sans cigarette, bouteille de vodka, drogue, les années se sont effacées de ma page Facebook. J’ai créé mon compte en 2010 et je l’ai alimenté de plus en plus fréquemment avant de me rendre compte de la futilité de tout cela et de me retirer petit à petit du réseau social.

Depuis quelque temps, je ne publie plus rien sur ma page personnelle, conservant mon compte pour maintenir la page du webzine en fonctionnement, puisque la chose semble indispensable pour conserver une fréquentation du site acceptable. D’ailleurs ce n’est même plus moi qui publie sur la page Facebook, j’ai délégué cette tâche à un autre membre du webzine.

J’en avais assez de voir ces vieilles publications sur mon mur, alors je me suis lancé dans le marathon de l’oubli, celui qui consiste à effacer toutes mes publications depuis dix ans.

Facebook propose un outil pour le faire. Sur votre profil existe le bouton Gérer les publications, qui vous permet à l’aide de filtres sophistiqués, de cases de sélection, de masquer ou de supprimer cinquante publications à la fois. Cinquante publications, soit environ la moitié de ce que je publiais en une semaine. Alors si je compte bien 100 publications fois 52 semaines fois 10 années, je devais actionner l’outil un peu plus de mille fois pour tout effacer.

Oui mais bon voilà quoi, c’est Facebook. La théorie ne colle jamais la réalité. L’outil fonctionne mal, il faut scroller sur les publications pour en sélectionner plus de quinze, mais pas trop scroller non plus sinon vous dépassez la limite des cinquante posts et vous devez désélectionner à la main ceux qui sont en trop.

Et puis au-delà de quinze et selon la direction du vent et l’humeur de madame, l’outil permet seulement de masquer les publications au lieu de les effacer et lorsque que vous les avez masquées il vous propose alors de les effacer, bref double travail. Et c’est sans compter les bugs, un effacement qui n’efface rien, ou qui efface mais ne met pas à jour les informations si bien que lorsque vous recommencez l’outil s’effondre.

Au bout du compte, cela fonctionne pour environ dix publications à la fois les bons jours, du coup c’est plus de cinq-milles opérations qu’il faudra faire pour effacer mon histoire, sans compter les bugs.

J’ai commencé ma croisade un vendredi vers 13h et ai presque tout effacé (il reste encore des photographies mais là c’est l’horreur) vers 19h. Six heures de dur labeur pour disparaître partiellement de la toile.

Ces données sont-elles réellement effacées des serveurs de Facebook, je ne le pense pas, et pour le coup je m’en moque, je voulais juste afficher un profil vierge de toute bêtise. J’en ai profité pour faire un grand ménage dans mes contacts, ceux avec qui je n’ai jamais d’interaction, pourquoi les conserver ?

Dans le même temps j’ai ouvert un compte Instagram pour le webzine mais ce n’est pas moi qui le gèrerai et pour la page Facebook, ce sera un autre membre de l’équipe qui s’en chargera. J’en ai ma claque des médias sociaux je l’avoue, mais depuis le temps vous vous en doutiez n’est-ce pas ?

En plus il s’agit quelque part d’un acte écologiste. Si Facebook efface bien mes données, j’allège la charge des data centers énergivores.

Another World

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Réchauffement climatique, épuisement des ressources, extinction des espèces, folie des hommes, la Terre ne se porte pas bien du tout.

Lorsque j’étais jeune et naïf, je pensais que nous pourrions nous échapper de notre enfer bleu, aller vivre sur une autre planète, coloniser l’univers et tout recommencer ailleurs. Un autre monde, comme dans le clip de Gojira qui a inspiré ce billet.

Mais la réalité est tout autre. Aujourd’hui le réchauffement climatique atteint des sommets, une nouvelle canicule ce weekend, la sécheresse une année de plus qui ne devient plus accidentelle mais habituelle, un virus mortel qui envahit la planète et qui résiste à notre compréhension, des habitants qui consomment toujours plus sans se soucier des conséquences et notre incapacité évidente à coloniser une nouvelle planète pour échapper à la catastrophe.

Nous sommes loin aujourd’hui de l’exploit de 1969, lorsque les américains envoyèrent deux hommes sur le sol lunaire, deux hommes, pour quelques heures. Alors terraformer Mars ou une exoplanète lointaine, cela reste de la pure science-fiction quoique dise Musk.

Et puis, la fuite proposée dans Another World est-elle la solution ? Comme des criquets pèlerins qui ravagent tout sur leur passage, nous irions de monde en monde, épuisant leurs ressources, détruisant tout les écosystèmes au passage et nous continuerions notre route, laissant derrière nous des déserts radioactifs, à la recherche d’une nouvelle planète à détruire ?

Non. La survie de l’humanité passe par la survie de notre planète la Terre. Et pour avoir un avenir, il faut commencer maintenant à respecter notre monde : économiser ses ressources, ne plus polluer, respecter la biodiversité, entrer en décroissance. La fuite en avant, aujourd’hui inaccessible même à une petite minorité d’élus, n’est technologiquement pas viable. Nous ne construirons pas notre fusée voyageant plus vite que la lumière dans un hangar au milieu de la ville, pas plus que dans les laboratoire de Space X ou de la NASA. Nous sommes condamnés à vivre sur terre et y mourir.

L’expérience du COVID-19 ne semble pas avoir porté ses fruits : les nations ne se préoccupent plus que de relancer l’économie, de réinjecter de l’argent dans les entreprises, de remettre les gens au travail et tant pis si nous polluons encore plus, le problème sera réglé par la prochaine génération, à moins qu’elle ne soit la dernière.