Pour bien comprendre

Ce n’est pas moi qui l’écrit mais le GIEC, la Terre se réchauffe depuis le début de l’ère industrielle, et le phénomène va en s’aggravant. Selon les projections, nous pourrions voir la température moyenne de l’atmosphère augmenter de 0.2°C à 3.3°C d’ici la fin du siècle selon les scénarios. Je ne vous demande pas de me croire sur parole mais plutôt de lire le Résumé à l’intention des décideurs du rapport GIEC dans sa version française.

Pourquoi tant d’écarts entre les cinq scénarios proposés ? Un des scénario (en orange) part du postulat que nous cessons tout de suite de produire des gaz à effets de serre (plus de moteurs thermiques, voitures, camions, bateaux, avions, plus de centrale à charbon, plus de chaudière à fioul et gaz), bref ce n’est pas gagné. En rouge, nous continuons gaiment nos conneries.

Vous me direz, 3.3°C c’est peanuts, entre l’hiver où il fait -5°C et l’été où ça cogne à 30°C, il y a trente-cinq degrés d’écart, alors trois degrés de plus ou de moins… Oui mais non, on parle ici de températures moyennes. La température moyenne en France en 2020 était de 14°C. Si nous prenons l’hypothèse pessimiste, elle pourrait aller jusqu’à 17,3°C. Trois degrés de plus en moyenne peuvent avoir des conséquences catastrophiques, fonte des glaciers, du permafrost, de la banquise, changement de circulation des courants marins, augmentation des phénomènes violents comme les cyclones.

Elévation du niveau de la mer en 2050

Vous me direz, vous ne vivez pas sur la banquise et les cyclones c’est pour les autres. Oui mais non. La fonte de la banquise entraine l’augmentation du niveau de la mer, donc la disparition de zones habitables (New York, une partie des Pays-Bas). Vous pouvez chercher votre plage préférée sur Climate Central pour voir ce qu’elle deviendra en 2050. Les courant marins eux régulent énormément notre climat comme Le Gulf Stream qui donne à l’Europe un climat tempéré ou El Nino et La Nina qui affectent les régimes de précipitations. Pour les cyclones, ouf, nous sommes épargnés. Ben non justement, en mer Méditerranée il y a ces Médicanes comme Ianos en 2020.

Plus près de nous il y a les sécheresses, les canicules, les fortes précipitations, les supers orages, tous ces phénomènes violents et rares qui deviennent de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique. Vous pouvez par exemple consulter le site des Pluies Extrêmes de Météo-France pour vous faire une idée.

Alors bien entendu, vous pouvez dire, tout ça c’est des conneries, on nous enfume comme pour le COVID-19, les températures n’augmentent pas. En fait si, regardez :

Voici l’augmentation de la température moyenne en France depuis 1900. On part d’une température moyenne calculée sur trente ans, ce que l’on appelle une normale (1961 à 1990) et on calcule l’écart à cette température pour chaque année depuis 1900. En bleu c’est plus froid, en rouge, c’est plus chaud. Regardez ce qui se passe depuis 1990, c’est rouge tous les ans. Et ça ce sont des mesures, vous pouvez même récupérer les données et faire les calculs vous même si vous doutez encore.

Et puis n’avez-vous pas remarqué que les hivers sont plus doux et les étés plus chauds ? Oui je sais, ce printemps a été particulièrement frais cette année, mais cela n’enlève rien à la tendance générale climatique. Et puis, la fin du printemps 2021, moi je l’ai trouvé plutôt caniculaire, pas vous ?

Il y a des hauts et des bas par rapport à la moyenne des températures, des petits incidents, plus froids en bleu ou plus chauds en rouge, mais qui ne remettent pas en question l’augmentation de la température planétaire globale.

Quelle est la cause du réchauffement climatique ? La Terre se rapproche du soleil ? Non. C’est lié à l’activité solaire ? Non plus. Enfin je ne suis pas astronome même si ça m’intéresse mais d’autres scientifiques se sont penchés sur le problème. « L’activité du Soleil ne peut donc être le facteur dominant de ce réchauffement, même si des corrélations entre l’activité solaire et certaines variations à court terme de la température terrestre ont été mises en évidence, qui pourraient être le signe d’un couplage. », le pouvez lire le rapport de l’Académie de Sciences si vous avez un doute. Alors c’est quoi ? C’est lié au pêts des vaches ? Oui entre autre. C’est lié aux gaz à effet de serre et le méthane (les prouts) en est un.

Voila ce que montrent les statistiques (source GIEC), quand les émissions de C02 augmentent, la température augmente. C’est ce que l’on appelle une corrélation statistique, un peu la corrélation entre la consommation de bière et le développement d’un bidon au fil des années.

Alors vous me direz, on peut faire tout dire aux statistiques, oui effectivement, lorsque l’on utilise pas des ensembles de données significatifs ou qui comprenant des données erronées ou biaisées. Mais là pour le coup l’Organisation Mondiale de la Météorologie dispose de données quotidiennes fiables sur plus d’un siècle et sur la Terre entière alors voila quoi, l’échantillon statistique est suffisamment grand et de bonne qualité, j’en sais quelque chose, j’ai travaillé à collecter ces données et à les valider.

Bon si ça se réchauffe vraiment, que peux-t-on faire ? Installer des climatisations pour rendre ça supportable ? Non ça c’est juste crétin. Les clims rejettent de l’air chaud et consomment beaucoup d’énergie. Elles ont tendance à augmenter le phénomène d’ilot de chaleur urbain, c’est à dire ces zones de plus fortes chaleurs dans les zones habitées. Nous allons donc devoir faire avec l’augmentation des températures, s’adapter, fermer les volets la journée, aérer tôt le matin, au minimum de température, éviter de bétonner les sols, planter des arbres pour ombrager les rues, végétaliser les toits et les façades.

Il va surtout falloir réduire notre consommation en énergies fossiles afin de diminuer notre production de CO2. Le pétrole, le gaz, le charbon, les constructions en béton. Remplacer le pétrole par l’éolien, le solaire et l’hydroélectrique est une douce utopie, du moins pour l’instant, car nous consommons trop et ces installations ne possèdent pas que des bons côtés, loin de là. Je ne dis pas qu’il faut arrêter les énergies « vertes », mais plutôt que nous devons réduire notre consommation énergétique.

La grande solution que nous font miroiter les industriels et politiques est la voiture électrique. Ok, d’après le Parlement européen la voiture individuelle représenterait 43% des émissions de CO2 en Europe pour les transports. C’est pas mal. Mais avec quoi allons-nous faire rouler les voitures électriques, avec de l’électricité non ? Et avec quoi va-t-on produire de l’électricité, nos éoliennes, du charbon ?

Je ne parle même pas de l’impact carbone de la construction d’une voiture électrique car tout le monde n’est pas d’accord mais vous pouvez lire cette article. « la fabrication d’une voiture électrique pèse plus lourd en bilan carbone : 32 g/km éqCO2 pour la Mercedes Classe C 220d, contre 51 g/km éqCO2 pour la Tesla Model 3, dont 23 grammes pour la batterie de 75 kWh de capacité énergétique » mais « Selon les chercheurs, il ne faut que 30.000 kilomètres pour compenser les gaz à effet de serre libérés spécifiquement lors de la fabrication du pack 75 kWh de la Model 3. ». Après, j’ai roulé en Zoé, pas longtemps parce que l’autonomie annoncée de 370 km s’est réduite comme peau de chagrin à 200 km. J’habite une région pluvieuse, froide et montagneuse. Il y a un simulateur optimiste sur Automobile Propre si ça vous tente. Je ne suis pas certain que nous tenons là la solution miracle, si ce n’est relancer l’industrie automobile artificicellement.

J’ai discuté il y a peu avec des pro nucléaires qui voient dans les centrales la solution ultime à nos problèmes énergétiques et climatiques. Ils ne m’ont pas convaincu, sans doute parce que je suis farouchement opposé au nucléaire, une source d’énergie que je trouve un tantinet dangereuse, il n’y a qu’à voir le dernier incident en date. Mais c’est clair, nous, nous sommes les meilleurs, les américains, les russes, les chinois et les japonais sont des débiles. N’est-ce pas ?

Donc la Terre se réchauffe et c’est un peu tard pour renverser la vapeur. C’est cool (non justement). Si vous n’êtes pas d’accord, reprenez la lecture de l’article depuis le début et essayez d’ouvrir les yeux cette fois.

Maintenant que peut-on faire sans bâtir des EPRs aux quatre coins de la France ? Parce que le but est bien de baisser notre production de gaz à effet de serre pour limiter la casse et espérer atteindre seulement une augmentation de 1.5°C (les accords de Paris) d’ici la fin du siècle (je ne vais pas vous mentir, c’est très mal barré).

La clim ? Non. La voiture électrique ? Bof. Partir vivre au Groenland ? Nous sommes quand même sept milliards d’habitants, on va être serrés. Ne manger que du quinoa et du tofu ? Pas enthousiaste désolé.

Nous pouvons commencer par rouler moins, par ne prendre l’avion que lorsque c’est indispensable, manger moins de viande, nous déplacer à vélo ou à pied, utiliser les transports en commun, changer moins souvent de gadgets électroniques, limiter notre temps sur Internet (on peut lire des livres à la place, c’est sympa), chauffer moins (il suffit de mettre des pulls en hiver), acheter local pour limiter les transports longue distance, favoriser l’achat d’occasion pour donner une nouvelle vie aux produits, végétaliser autant que possible les zones urbaines, sanctuariser les portions de territoire non bétonné, et pourquoi pas voter pour des politiques aux réelles sensibilités écologiques histoire de faire réagir ceux qui nous gouvernent.

En attendant, je vous souhaite une bonne prochaine canicule.

Une colonie

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Les romans de Hugh Howey débutent souvent par une idée absolument géniale comme dans son premier livre Silo. Une idée qui pourrait constituer une nouvelle époustouflante mais que l’auteur essaye de transformer en roman.

Une Colonie n’échappe pas à cette règle et le premier chapitre se révèle un tour de maître. C’est le moment critique où Howey peine parfois à transformer l’essai comme dans Outresable. Mais cette fois avec Une Colonie, ce sont plusieurs idées que l’auteur développe dans son roman. 

Il y a tout d’abord ce concept de colonisation pour le moins original qui soutiendra tout le récit, une idée que je n’ai jamais trouvé ailleurs à ce jour malgré toute la science-fiction que j’ai pu lire et regarder. Ensuite il y a cette planète et son écosystème étonnant que l’auteur nous dévoile dans le seconde partie du livre. Il y a également ces liens forts qui se tissent entre les quelques jeunes colons rescapés, ces liens d’amour, de haine, ces jeux de pouvoir dans une population initialement sélectionnée pour bâtir une colonie. Il y a enfin cette intelligence artificielle machiavélique, censée gérer la colonie pour assurer la sécurité et le bien être des colons.

Des colons adolescents s’éveillent à la vie en catastrophe sur un monde totalement inconnu. Les quelques rescapés vont devoir apprendre à survivre dans cet écosystème étranger et lutter contre des dessins obscurs d’une IA qui n’oeuvre pas forcément pour leur bien.

Le roman possède juste le bon nombre de pages pour raconter l’essentiel et ne pas s’égarer en chemin. Il se dévore en quelques heures. 

La Terre est sauvée

Aujourd’hui j’ai fait une réunion Bluejeans éco responsable.

Nous disposions de deux heures trente pour sauver la planète.

Les GO, Gentils Organisateurs de cette surprise partie avaient décidé de nous faire utiliser un outil web participatif pour présenter nos idées et faire un brain storming.

Le temps qu’ils maîtrisent Bluejeans et qu’ils nous expliquent comment utiliser la plateforme web thématique de post-its débiles, il ne nous restait plus que quatre-vingt-dix minutes pour sauver le monde.

Une fois la synthèse de nos propositions terminée, les post-its collés, le texte écrit, les commentaires de chacun associé aux post-its, le débat a pu commencer : faut-il rouler dans un vieux diesel 200 chevaux ou prendre son vélo pour aller au travail ? Il nous restait soixante minutes pour en débattre.

– « Alors cela dépend si nous considérons les centrales nucléaires comme polluantes, de toute façon il suffit d’obliger tous les agents à travailler sur site en télétravail sans chauffage dans un jardin participatif où les ruches produiraient de l’électricité non ? »

– « Et si nous rapprochions les centres des agents plutôt que les agents des centres en décentralisant notre société, en créant par exemple un centre par fonctionnaire, chez lui afin de lui éviter de prendre la voiture pour aller travailler, un endroit où des employés d’autres entreprises pourraient travailler afin de partager les ressources informatiques et les moyens énergétiques ? »

– « Moi j’aimerais bien semer des carottes dans le potager collectif et repeindre en blanc toutes les routes et les toits des immeubles, y a qu’à acheter de la peinture à l’eau et des pinceaux, les pots vides serviront pour stoker les carottes et les pinceaux faire des trous dans le sable pour les semis ? »

– « Et si nous remplacions tous les véhicules par des Citroën AMI ? Électriques, rechargeables sur une prise, elles restreindraient les missions à un rayon de 35 km ? Pour les longues distances il suffirait de changer de véhicule dans un des centres décentralisés comme à l’époque des chevaux. Un Paris-Toulouse pourrait s’éffectuer en quatorze heures et neuf relais. »

Pour ma part, agacé par cette mascarade, j’ai évoqué l’impact sur le bilan carbone du télétravail, les ressources internet énergivores, les équipements informatiques nécessaires, les portables, les bi écrans, docks en double distribués aux agents pour mener cette double vie écologique, l’énergie consommée à la maison, pour chauffer, éclairer, alimenter le télétravaileur. Et là silence gêné. Toutes les personnes présentes comme moi-même étaient en télétravail ce jour là, en visioconférence via Bluejeans, au chaud dans leur appartement ou maison.

Deux heures et trente minutes plus tard la planète était sauvée, enfin on le croyait jusqu’à qu’une voix timide demande : « Et il se passe quoi après ? ».

« Nous allons faire une synthèse de vos propositions avec celles déjà faite dans le site web participatif, nous allons les soumettre à l’administration qui donnera son avis dessus et nous publierons alors leurs réponses sur l’outil. ».

Et ?

La Terre est sauvée !

Another World

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Réchauffement climatique, épuisement des ressources, extinction des espèces, folie des hommes, la Terre ne se porte pas bien du tout.

Lorsque j’étais jeune et naïf, je pensais que nous pourrions nous échapper de notre enfer bleu, aller vivre sur une autre planète, coloniser l’univers et tout recommencer ailleurs. Un autre monde, comme dans le clip de Gojira qui a inspiré ce billet.

Mais la réalité est tout autre. Aujourd’hui le réchauffement climatique atteint des sommets, une nouvelle canicule ce weekend, la sécheresse une année de plus qui ne devient plus accidentelle mais habituelle, un virus mortel qui envahit la planète et qui résiste à notre compréhension, des habitants qui consomment toujours plus sans se soucier des conséquences et notre incapacité évidente à coloniser une nouvelle planète pour échapper à la catastrophe.

Nous sommes loin aujourd’hui de l’exploit de 1969, lorsque les américains envoyèrent deux hommes sur le sol lunaire, deux hommes, pour quelques heures. Alors terraformer Mars ou une exoplanète lointaine, cela reste de la pure science-fiction quoique dise Musk.

Et puis, la fuite proposée dans Another World est-elle la solution ? Comme des criquets pèlerins qui ravagent tout sur leur passage, nous irions de monde en monde, épuisant leurs ressources, détruisant tout les écosystèmes au passage et nous continuerions notre route, laissant derrière nous des déserts radioactifs, à la recherche d’une nouvelle planète à détruire ?

Non. La survie de l’humanité passe par la survie de notre planète la Terre. Et pour avoir un avenir, il faut commencer maintenant à respecter notre monde : économiser ses ressources, ne plus polluer, respecter la biodiversité, entrer en décroissance. La fuite en avant, aujourd’hui inaccessible même à une petite minorité d’élus, n’est technologiquement pas viable. Nous ne construirons pas notre fusée voyageant plus vite que la lumière dans un hangar au milieu de la ville, pas plus que dans les laboratoire de Space X ou de la NASA. Nous sommes condamnés à vivre sur terre et y mourir.

L’expérience du COVID-19 ne semble pas avoir porté ses fruits : les nations ne se préoccupent plus que de relancer l’économie, de réinjecter de l’argent dans les entreprises, de remettre les gens au travail et tant pis si nous polluons encore plus, le problème sera réglé par la prochaine génération, à moins qu’elle ne soit la dernière.

Je discute

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Les fonctionnaires travaillent trop, tout le monde en est bien conscient.

Pour soulager cette pression insupportable, ils organisent des réunions Tupperware au travail. Ils appellent ça un « Je discute » (comprenez le jeudi nous nous réunissons tous pour discuter, d’ailleurs un Je discute a été organisé pour décider du nom du Je discute). Ils se réunissent dans une grande salle pour parler de leurs souvenirs de vacances, du recyclage de plastique, du tricot, des livres qu’ils ont lus, du réchauffement climatique ou de la fabrication de biscuits de Noël.

C’est mignon, bobo et inutile mais cela occupe notre chargée de communication et ça remplit l’après-midi d’agents au bord du burn out.

Pour l’occasion ils mettent en fonctionnement la belle cafetière Nespresso d’ordinaire interdite (la fête quoi) et demandent des petits gâteaux pour accompagner la collation, un peu comme des petites vieilles organiseraient une tea party.

Je dis « ils », car je ne me rends jamais à ces groupes de travail essentiels au bon fonctionnement de notre administration, sans doute parce que je suis un « gros connard de merde » et aussi parce que je n’ai pas forcément le temps ni l’envie de m’y rendre, à moins que ce soit parce que je ne supporte pas plusieurs des protagonistes participant à ces événements.

La dernière réunion en date parlait, il me semble, de zéro déchet, ou comment consommer de manière responsable et ne plus remplir les poubelles. Un sujet louable pour sensibiliser les collègues roulant en SUV et jetant leurs mégots par terre au fait que la planète est en danger. Bon ceci dit, chez nous, on devrait être un peu au courant vous ne croyez pas ?

Le lendemain de l’assemblée écologique, j’ai trouvé le carton d’emballage des biscuits posé sur la poubelle vide, le paquet plastique les contenant un étage plus haut, les capsules Nespresso usagées en aluminium en vrac et la machine café allumée depuis vingt-quatre heures.

Je ne suis finalement pas certain que ces deux heures prises sur le temps de travail aient été franchement pédagogiques où alors le message n’est pas bien passé.

Je pense qu’Il faudra prochainement organiser un Je discute sur l’intérêt des Je discute lors du prochain Je discute.

Réjouissez-vous

La planète se réchauffe, le niveau des océans s’élève, la biodiversité est en péril et les hommes continuent de saigner la Terre à mort. Comment cesser ce massacre ? 
Et si la solution venait d’ailleurs ? Tel est le thème de Réjouissez-vous, le roman Steven Erikson.

Tout commence par l’enlèvement de Samantha, une autrice de science-fiction. Elle disparaît en plein jour, emportée par un O.V.N.I. Peu de temps après, d’étranges champs de force empêchent les humains de s’entre-tuer, de sur-exploiter les ressources naturelles, d’accéder à certains endroits de la planète.

L’homme ne peut plus être violent, pollueur, dangereux. Il est contraint soudain à la sagesse.

Tel est le thème de Réjouissez-vous, une intervention extra-terrestre qui met brutalement fin à tous les maux créés par l’homme. L’espèce humaine perd son libre arbitre. 

Commencent alors, à travers le quotidien de (trop) nombreux personnages, une série de réflexions de nature religieuse, politique, économique, scientifique, philosophique au sujet de cet Intervention.

Le livre n’est pas toujours facile à lire, sans doute trop intelligent pour un roman dit de SF mais il pose des questions intéressantes sur l’humanité. Dommage que l’auteur ajoute des thèmes ridicules comme les Petits Gris ou bien la théorie du complot dans son récit, c’était inutile.

Hélas, mille fois hélas, aucun extra-terrestre ne viendra sauver la Terre de la bêtise humaine, c’est à nous de nous débrouiller tous seuls et tout de suite !

Et vous ?

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C’est amusant, j’ai comme l’impression que les médias se répètent sans cesse : « Le mois de juillet le plus chaud », « Une année record », « Deux canicules en un mois », « La planète se réchauffe », « Les glaciers reculent », « La banquise a déjà fondu », « Djakarta sous les eaux », « Record de pollution », « Tornade sur le Luxembourg »…

Pendant ce temps Donald veut racheter le Groenland, Michel se moque de Greta et Emmanuel part en vacances.

Soudain certains s’inquiètent de l’empreinte énergétique d’Internet, se lamentent sur les incendies de forêt et s’étonnent de tous ces phénomènes météorologiques violents.

Oui la planète se réchauffe, ce n’est pas faute de l’avoir dit et écrit, et oui c’est de notre faute. Oui les phénomènes extrêmes sont en augmentation et oui nous allons régulièrement battre de nouveaux records de température et manquer d’eau.

Alors dépêchons-nous de visiter le Pole Nord avant qu’il ne fonde, d’installer la climatisation dans nos maisons, de creuser une piscine dans le jardin et de rouler en voiture électrique.

Nous avons encore une chance de calmer l’embolie climatique, mais nous devons nous dépêcher. Si nous ratons le coche, ce ne sera pas un degré de plus, mais deux, trois, quatre peut-être que notre atmosphère gagnera en moyenne d’ici la fin du siècle.

Vous avez une idée des dégâts que cela occasionnera ? Regardez déjà ce qui se passe avec un degré de plus actuellement. Ce sera bien pire.

En attendant que nos hommes politiques cessent de penser à leur réélection, au PIB, aux entreprises du CAC 40 et qu’ils prennent enfin de réelles mesures contre le réchauffement climatique, moi que puis-je faire ?

Même si c’est une goutte dans l’eau, je vais : ne pas installer de climatisation dans la maison, ne pas changer de voiture tant qu’elle roule, ne pas prendre l’avion, baisser le thermostat du chauffage à 17 C, prendre moins de douches quitte à ne pas sentir la rose, acheter local et bio tant qu’à faire, me déplacer le plus souvent possible à vélo, sinon en transports en commun ou à pied, cesser de perdre du temps sur Internet à regarder des vidéos de chatons, ne pas remplacer mon smartphone tant qu’il fonctionne, manger moins de viande, acheter moins d’objets non indispensables, voter écologiste à chaque élection et continuer de poster ce genre de billets pour vous demander : Et vous ? Qu’allez-vous faire ?

Grand déballage

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Avez-vous déjà acheté une boite de biscuits conservés dans leur sachet fraîcheur ? Un emballage cartonné et des pochettes plastiques autour de chaque gâteau. Plus d’emballage que de contenu alimentaire et une grande partie non recyclable. Vous arrive-t-il d’acheter de la nourriture à emporter dans un fast-food ? Avez vous contemplé ce qu’il reste de papier, de polystyrène, de carton, de plastique une fois que vous avez ingurgité cette mal bouffe saturée en acides gras ? Avez-vous acheté de yaourts dans leur verre plastique, par pack de quatre, lui-même emballé dans du carton inutile ou ces briques de lait entourées de carton et plastique ?

Quand je fais mes courses, même en restant sur mes gardes, je remplis la poubelle papier au quart et la poubelle destinée à l’incinération d’un volume équivalant à chaque fois. Que des emballages qui ne servent qu’au transport magasin maison ou pour faire joli. Alors oui, c’est vrai, les magasins de distribuent plus de sacs de transport, ils les vendent, les fruits et légumes sont depuis peu dans des sacs en amidon de maïs, donc recyclable. Bel effort. L’amidon de maïs vient du maïs, vous vous en doutiez, une céréale qui pour pousser, a tellement besoin d’eau, que dans certaines régions françaises, elle assèche les réserve d’eau. Même chez mon boulanger, à 50 mètres de la maison, il mettent la baguette dans un sac en papier et quand je leur demande de ne pas le faire, ils m’expliquent qu’ils n’ont pas le droit. Alors je reviens chez eux tous les jours avec un vieux sac papier fatigué. Ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter de mettre le pain dedans, mais me rappellent à chaque fois qu’il va bientôt se déchirer. Pourquoi ne pas proposer un sac en tissu tout simplement ?

Pourrait-on limiter ces emballages ? Des solutions bobo existent, ces magasins où les écolos de gauche viennent avec leurs propres tupperwares pour faire leurs courses. On pèse le récipient vide , on le remplit, on le pèse à nouveau et on paye. Cela permet d’acheter la quantité désirée, ni plus ni moins, de ne pas jeter d’emballage et de se donner bonne conscience. Mais à grande échelle est-ce viable ? Et je fais comment avec le sable pour chat, le miel, les chips, le beurre et le déodorant ?

Ne pourrait-on pas simplement réglementer un peu plus les pratiques de l’emballage ? Des paquets neutres, du carton et juste un code barre avec une affichette à côté pour présenter le produit et ses ingrédients en gros. Ne pourrait-on pas cesser tout mettre dans des sachets ‘fraîcheur’ qui emballent ce qui est déjà empaqueté ?

Quelque chose ne tourne pas rond chez nous. Les océans abritent des continents flottants de déchets, nous brûlons chaque jour des tonnes de produits non recyclables et les pays comme la Chine qui nous rachètent (pour quelque temps encore) nos déchets deviennent les poubelles de l’occident.

Il faut relancer la consommation pour alimenter la croissance et sauver l’emploi, voila ce qu’affirment nos politiques. Et la planète, vous-vous en balancez ?

Les appareils sont aujourd’hui conçus avec une obsolescence programmée afin d’alimenter la machine capitaliste libérale. Les publicités vous signifient que vous êtes un loser si vous ne possédez pas le dernier modèle en date de la grosse pomme. Le gouvernement vous persuade que changer de modèle de voiture pour un moteur moins polluant va sauver la planète. Sérieusement, avez-vous pensé à l’énergie et aux matériaux nécessaires à sa fabrication, au déchets et à la pollution générés par la destruction de l’ancienne ? Les écolos louent la voiture électrique, solution ultime à la pollution urbaine. Quid des accumulateurs ultra polluants ? Et l’électricité, d’où va-t-elle sortir, des centrales éoliennes, du solaire ? Ben voyons. Si tout le monde passait à l’électrique, certes il n’y aurait plus de pots d’échappements polluants dans nos rues, à la place il faudrait juste des centrales thermiques et nucléaires pour fournir tous ces petits moteurs en électricité. Alors des vélos électriques, c’est écolo non ? Non. Pédalez, ça vous musclera, vous donnera de jolies fesses et vous fera perdre la graisse accumulée en mangeant chez Burger Truc.

Cette année nous avons commencé à consommer nos ressources planétaires à crédit le 2 août paraît-il. C’est a dire que nous avons consommé plus en huit mois que ce que la planète est capable de produire en un an. Les subprimes des ressources naturelles en quelque sorte. A quand la crise ?

Pollution, déchets, réchauffement climatique, course à la consommation, guerres, nous sommes vraiment mal barrés, mais en avez-vous conscience de temps ne temps ?

Décroissance

La Terre se réchauffe, inutile de se voiler la face. 2014 puis 2015 et enfin 2016 ont été les trois années les plus chaudes qu’a connue notre planète depuis que nous effectuons des mesures de températures sur le globe. Les climato septiques résistent encore, soutenus en cela par les lobbying pétroliers, les industriels et quelques chefs d’états imbéciles mais le constat est accablant. Depuis 1950, notre belle planète bleue connaît une augmentation moyenne de la température de l’ordre de 0.6°C. Si nous ne faisons rien, d’ici moins d’un siècle, la température du globe aura gagné de 2.5°C à 7.8°C selon les modèles. La cause la plus probable à cette brutale augmentation de la température est l’impact de notre activité sur la délicate écosphère qui nous protège. Les phénomènes violents vont sans cesse croissant, tempêtes, orages, sécheresses, pluie diluviennes, tornades, ouragans, typhons, vagues de froid. Oui vagues de froid, vous avez bien lu. L’hiver 2016-2017 est bien froid n’est pas ? -13°C en Alsace, on avait jamais vu ça. Vous avez juste la mémoire très courte, vous ne vous souvenez que des dernières années exceptionnellement douces. -13°C n’est pas une valeur rare dans ma région, même en plaine, je me souviens d’un -23.6°C. Ce n’est pas parce qu’il fait froid en sur la France cet hiver que globalement la planète ne se réchauffe pas, voyez plus loin que le bout de votre nez congestionné.

Que faire ? Bonne question. Les énergies fossiles sont en grande partie responsables du réchauffement climatique, libérant du CO² dans l’atmosphère qui produit ce que l’on appelle l’effet de serre. Vous avez déjà fait la sieste dans une serre en plein été ? C’est la même chose. Le CO² présent en grande quantité dans notre atmosphère retient l’énergie du soleil. Plus il y en a, plus l’énergie reste et plus la température augmente, c’est aussi simple, nous sommes dans une serre de plus en plus efficace. Alors cessons immédiatement d’utiliser des produits pétroliers ! Vous êtes prêt à renoncer à votre voyage à la Réunion annuel en avion, à votre 4×4 et à marcher jusque la boulangerie, troquer votre chaudière à gaz ou au fioul pour une isolation digne de ce nom ? Par chance il y a les voitures électriques pour les courts trajets, formidable technologie qui n’a quasiment pas évoluée depuis son invention avant que l’on parle de réchauffement climatique, il y a le chauffage électrique et Solar Impulse. Nous sommes sauvés, troquons les énergies fossiles pour le tout électrique.

Mais au fait, comment produit-on de l’électricité ? Centrale thermique (mauvaise idée), on déplace le problème. Nucléaire, vous avez entendu parler de Three Miles Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), il y en a plein d’autres en réalité. Le prix est un lourd à payer, d’autant que dans plusieurs siècles, la contamination sera toujours là, n’allez pas croire que le problème de Tchernobyl est réglé depuis la pause du nouveau coffrage, il est juste repoussé, quand à Fukushima… Restent les énergies renouvelables, éolien, hydraulique, photovoltaïque. Les projets de développement de ces énergies ‘vertes’ sont au ralenti, cela coûte cher, les élus s’opposent à l’implantation de parcs éoliens, le photovoltaïque ne possède pas un bon rendement et n’est pas si propre que l’on veut bien l’affirmer. Bref si nous cessons d’utiliser les ressources pétrolières et le nucléaires, nous sommes mal.

Y a qu’à laisser faire, nos enfants trouverons bien une solution. Justement nos enfants, ce sont eux qui vont se prendre un probable +5°C avant la fin de leur vie, avec que ce que cela implique, montée du niveau des océans, changement de la faune et de la flore, augmentation des phénomènes climatiques extrêmes, migrants climatiques, êtes vous certains de vouloir cela pour vous enfants ?

Je n’ai entendu qu’un seul homme politique s’exprimer clairement sur ce qui me semble être l’unique solution à cette catastrophe planétaire en suspens, un anarcho franco/allemand que je ne porte par vraiment dans mon cœur, Daniel Cohn Bendit. La seule solution c’est la décroissance.

Qu’est que cela signifie ? Tout simplement l’opposé de la croissance. Moins consommer et être moins nombreux sur Terre. Oui ça fait mal, à l’ère de l’Internet, du smartphone, du 4×4, des voyages intercontinentaux de la surconsommation de viandes et du gâchis ambiant. Nous consommons depuis peu les ressources de la planète à crédit. Et ‘nous’, cela signifie principalement les sociétés occidentales. Les chinois s’y mettent, bientôt les indiens et puis viendra le tour de l’Afrique. S’ils se jettent comme nous dans l’orgie consommatrice, le bilan carbonne va exploser, les ressources en eau se tarir, les protéines bientôt manquer pour nourrir tout le monde. Le réchauffement climatique ne sera plus un gros problème.

Faire moins d’enfants, ralentir notre consommation, drôle de programme. Mais vous pouvez commencer toute de suite de manière modeste : chauffer moins votre domicile, y a des pulls dans les armoires, éteindre les appareils électriques inutiles, cesser de lancer des requêtes dans les moteurs de recherche à tout bout de champ, n’utiliser votre voiture que si vous n’avez pas d’autre solution, limiter vos déplacements en avion, renoncer à la cheminée ou le poêle à bois, consommer moins de viande, privilégier les circuits courts de distribution, cesser de changer votre smartphone tous les ans, arrêter de lire ce blog débile et vous réchauffer au lit avec votre conjoint mais pas comme des lapinous.

L’enjeu est la survie de l’espèce humaine à long terme, la planète, elle, sans remettra très vite si nous disparaissons.