Green Carnation – Sanguis

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L’an passé, j’avais redécouvert Green Carnation avec la première partie de la trilogie A Dark Poem. Voici sa suite intitulée ‘Sanguis’, trois quarts d’heure de musique en sept morceaux dont une reprise.

Sanguis est dans la continuation naturelle de The Shores of Melancolia, ce qui est plutôt rassurant, puisque l’on parle ici d’une continuation.

Il y a un peu de growl dans ‘Sanguis’ et beaucoup d’Arena dans le reste. Mais, il y a également un titre acoustique, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’ et une pièce jouée au piano intitulée ‘Lunar Tale’. Du coup, Sanguis est un peu différent de The Shores of Melancolia. En plus cette fois, je trouve la pochette vraiment sympa, contrairement au premier opus.

Les claviers vintages, telle une tempête, ouvrent l’album sur un titre de plus de neuf minutes. Ils reprennent la puissance dévastatrice qui préside au premier opus. Il s’agit de la pièce maîtresse de l’album dans laquelle un fils pardonne à ses parents, mais ne les excuse pas.

J’ai une petite faiblesse pour le morceau suivant, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’, une pièce jouée à la guitare électro acoustique et à l’orgue qui débute par ce qui doit être un extrait de film. On retrouve d’ailleurs un autre enregistrement, au début du titre ‘Fire in Ice’, celui du Professeur Julius Sumner Miller en 1964 , réalisant une expérience pour le programme télé de ABC. Une expérience qui ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le titre central ‘I Am Time’ semble sorti tout droit de la discographie du groupe Arena, tout particulièrement pendant son refrain où les claviers de Endre font penser  à du Clive Nolan et où les guitares sonnent comme celles de John Mitchel.

Que vous dire d’autre sur Sanguis ? L’album est dans la continuité de The Shores of Melancolia sans pour autant le copier.

Je vous recommande d’écouter les deux parties d’une traite car elles sont très cohérentes et pas si longues que ça au final. J’attends du coup avec impatience le troisième et dernier opus.

S’il est du même tonneau, j’espère qu’ils auront la bonne idée d’éditer un coffret regroupant les trois disques. Ça ferait un bel objet.

Green Carnation – A Dark Poem Part I : The Shores of Melancolia

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C’est Stéphane Gallay de Radio Erdorin qui m’a fait découvrir le groupe Green Carnation avec l’album Leaves of Yesteryear il y a cinq ans. Je ne l’avais pourtant pas chroniqué ici, je ne sais plus pour quelle raison, peut-être simplement parce que je n’avais rien à apporter de plus à la chronique de Stéphane. Mais avec la sortie du premier album du triptyque A Dark Poem, j’ai décidé de prendre ma plus belle plume pour vous en parler.

Déjà commençons par les présentations : Green Carnation est un groupe de métal progressif norvégien né en 1990 donne tout d’abord dans le death. La formation actuelle date de 2014, car l’histoire de Green Carnation a été quelque peu mouvementée. 

D’ailleurs je me suis aperçu, en effectuant des recherches pour cette chronique, que j’avais un de leurs albums de la première période, Light of Day, Day in Darkness, sorti en 2001, deux titres épiques respectivement long de trente-deux et vingt sept minutes. Aujourd’hui, leur univers musical me fait penser à celui du groupe Arena avec un son musclé chargé de claviers et un chant théâtral proche de celui de Paul Manzi. 

En parlant de chant, Grutle Kjellson de Enslaved vient hurler sur ‘The Slave That You Are’, cassant la routine tranquille de Kjetill Nordhus. Et puisque l’on en est aux artistes invités, vous entendrez également Ingrid Ose à la flûte sur deux titres et les percussions de Henning Seldal dans le dernier morceau ‘Too Close to the flame’.

J’ai parlé des claviers et du chant mais il serait cruel de passer sous silence l’incroyable jeu de Tommy qui opère derrière les fûts. Une batterie aux rebondissements fabuleusement progressifs comme dans ‘In Your Paradise’.

L’album de quarante-deux minutes contient six morceaux de cinq à neuf minutes. C’est court, mais à ce rythme là, si les gars arrivent au bout de la trilogie, celà donnera un concept album de plus de deux heures quand même.

Avec ce premier opus intitulé The Shores of Melancolia, Le groupe nous embarque pour un voyage fantastique dans la noirceur de l’âme humaine.

The Shores of Melancolia est sombre, violent, progressif, épique. Tout en gardant une belle unité narrative, il alterne les atmosphères musicales avec des tonalités orientales comme dans le titre album ou du heavy dans le titre final.

Comme dit juste au dessus, le thème de l’album n’est pas franchement bisounours. Si vous faites l’effort de lire les paroles, vous verrez que ça ne rigole pas. Voyez vous-même  : “La fin est proche, les victimes, les adversités sont là …  les accidents, les décès, les calamités sont là… le destin, la misère, l’exigence sont là… l’effondrement est proche, l’urgence, le cataclysme est là”.

Je n’ai trouvé qu’un seul reproche à faire A Dark Poem Part I, son illustration. Franchement, elle ne me plait pas, disons qu’elle ne me donne pas envie d’acheter l’édition vinyle. Il y a de l’idée pourtant, cette cape étoilée, ce ciel doré et le motif des vagues que l’on retrouve un peu partout sauf dans le ciel. Mais bon, je n’aime pas.

Bref, sorti de ce petit détail, le dernier Green Carnation pourrait réconcilier les progeux et les métalleux sous une même bannière, celle de The Shores of Melancolia.

Je ne peux que vous le recommander chaudement.