La mort vous va si bien

Le décès d’un proche est toujours une douloureuse épreuve croyez-moi. Une épreuve que j’ai hélas eu à affronter à de nombreuses reprises en un demi siècle.

Outre la souffrance de la perte d’un être aimé, il y a toutes ces décisions qu’il faut prendre rapidement, ces déplacements à l’autre bout du monde, ces appels téléphoniques sans fin et le passage au tiroir-caisse.

Car mourrir n’est pas gratuit loin de là. Tout le monde se sert au passage, même si le défunt ne possédait rien. C’est l’usage…

Je viens de perdre mon père le jour de mon anniversaire, un chouette souvenir pour les prochaines célébrations. Avant cela, j’avais perdu mon oncle, ma mère, mon neveu, trois de mes frères, ma tante, mes grands-parents, la mère d’un ami ainsi que sa fille. Dans ma famille de cinq enfants il me ne reste qu’un grand frère un peu fou. Par chance j’ai une épouse et deux garçons. Je ne suis pas encore tout seul.

La disparition d’un proche, en plus de la douleur, c’est une réelle épreuve financière dont on parle assez peu souvent. L’argent c’est tabou quand il s’agit des morts. Je ne parle pas des impôts liés à la succession, surtout lorsqu’il n’y a pas de succession, mais des frais qu’engendrent un décès. 

Il y a les déplacements en urgence, oui c’est cher un train pris à la dernière minute, l’hébergement pour plusieurs jours lorsque vous vous êtes éloignés de votre domicile, il y a les pompes funèbres qui se servent généreusement, même pour un service minimum, il y a la célébration, si le disparu voulait un culte, il y a la publication dans la presse locale pour avertir les amis et connaissances (ce ne sont pas les tarifs du Bon Coin), il y a les démarches administratives avec les nombreux courriers en accusé réception à envoyer aux banques, caisses de retraites, mutuelles, impôts, Sécurité Sociale, notaires, avocats et j’en passe.

Le service minimum des pompes funèbres est tout simplement sordide, incinération sans cérémonie dans une caisse en cageot avec une musique d’ascenseur. Pour une présentation du cercueil, il faut déjà passer à l’option plus, pour une boite en palettes vernies, plus plus, pour une urne ne ressemblant pas à un pot de chambre, plus plus plus, pour le dépôt de l’urne dans le caveau familial, plus plus plus plus, pour le transport du corps à un lieu de culte on passe là carrément à l’abonnement premiun.

  • Le séjour en chambre mortuaire par jour : 100 euros
  • Une publication dans le journal : 150 euros
  • Une messe : 200 euros
  • Une urne : 250 euros
  • Les soins du corps : 250 euros
  • Une mise au caveau : 500 euros
  • Le transport en corbillard : 600 euros
  • Une crémation sans cérémonie : 800 euros
  • Un cercueil en pin verni : 800 euros

Bien entendu, il existe des assurances. Oui comme pour votre logement ou votre voiture, mais pour la mort. Celles-ci ne vous remplacent pas le défunt par une nouvelle âme (enfin pas encore), mais remboursent une partie des frais des pompes funèbres, le reste pouvant être prélevé sur le compte du mort, pour peu qu’il y ait de l’argent dessus. Donc si vous êtes suffisament prévoyant, vous ne mettez pas votre proches sur la paille.

Mourrir n’est pas gratuit, pensez-y avant de passer l’arme à gauche, surtout si vous désirez une sépulture autre que la fosse commune et une cérémonie de sans domicile fixe. C’est moche mais c’est ainsi.

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