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Cet été je ne mourrai pas d’ennui. Déjà parce que je travaille, ensuite parce que j’ai vraiment un planning chargé.

Les dimanches après-midi, je monte au Champ du Feu pour tenir la permanence d’une exposition. Certains vendredi soir, je donne des conférences devant un public clairsemé. Les nuits claires, je monte dans les Vosges pour ajouter des heures à des projets astronomiques. Et lorsque le soleil se lève, je retourne au travail, un peu fatigué.

Cette année, en plus de la traditionnelle Nuit des Étoiles que nous organisons au Jardin Botanique à Strasbourg, il y a l’éclipse partielle de soleil du 12 août. Un évènement très médiatisé qui risque d’attirer nombre de visiteurs.

Et je suis sur le pont pour ces deux évènements, dans la coupole de la grande lunette le 7 août et sur le parking du Vieux Pré au Champ du Feu pour l’éclipse solaire. Et pas de chance pour moi, il fait beau. Donc aucune des dates n’est annulée.

Pour l’éclipse, sorti de gérer la foule, il ne devrait pas avoir de problème majeur. L’association m’a confié un superbe instrument solaire pour l’occasion, il faudra juste canaliser le public et expliquer sans cesse les consignes de sécurité aux gens.

Cela risque toutefois d’être une grosse journée. Arrivée vers 14h au Chalet du Champ du Feu avec probablement beaucoup de monde, installation des instruments vers 17h sur le parking, éclipse de 19h à 21h et pour finir une conférence de nouveau au chalet. Et le lendemain, je pars pour trois nuits de métal comme photographe à Colmar et Guebwiller.

La nuit des étoiles m’angoisse nettement plus. Car c’est moi qui serai aux commandes de la grande lunette de l’observatoire. Je connais assez mal l’instrument et cette nuit là, il n’y aura pas de cible facile à pointer. Pas de lune, pas de planète, rien. Je devrais chercher les rares les objets bien visibles dans la lunette à l’aide de leur coordonnées, ascension droite et déclinaison. Tout ça en tournant de grosses roues et en vérifiant les graduations dans un oeilleton.

Une partie de rigolade. Si je ne trouve pas la cible, j’aurais 15 personnes devant moi qui risquent d’être assez frustrées. Pendant ce temps, mes copains seront dans les jardins à utiliser leur matériel alors que je jouerais avec un tube de 7 mètres et une coupole de 34 tonnes classée monument historique. La troisième plus grande lunette astronomique française et la seule encore en activité. Grosse pression quand même.

Je me plains mais, je ne suis pas peu fier en vérité.

Les inscriptions pour la Nuit de Etoiles sont complètes pour Strasbourg, donc vous n’aurez aucune chance de me voir me planter en manipulant la grande lunette si vous n’êtes pas déjà sur les listes.

Pour l’éclipse de soleil, il y aura probablement beaucoup de monde, donc préparez-vous au bain de foule et probablement à des embouteillages pour monter au Champ du Feu. Mais je serai là. Avec un peu de chance, il y aura plus de dix personnes pour la conférence du soir…

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