Aquilus – Bellum II

C’est Stéphane Gallay qui m’a vendu l’album Bellum II du groupe australien Aquilus il y a deux ans. Dans sa chronique, il comparait Aquilus à Wilderun, de quoi me mettre en appétit. 

Pourtant, à l’époque, je n’avais pas cédé à la tentation, et c’est en découvrant, un peu par hasard, un autre album du groupe, Griseus sorti trois ans plus tôt, que j’ai décidé de donner une nouvelle chance à Bellum II. 

Aquilus donne dans le black metal progressif symphonique cinématique à growl caverneux. Et c’est justement le chant qui m’avait découragé la première fois. Car après une magnifique ouverture cinématique, l’album balance une charge de grosse voix ténébreuse qui en découragerait plus d’un. 

Il fallait manifestement passer le cap de ‘Into the Earth’ pour découvrir toute la complexité et la beauté de la musique d’Aquilus. Parce que lorsque vous arrivez au troisième titre, l’instrumental ‘A Solitary Demise’, il est difficile de ne pas tomber amoureux de cet album.  Le piano classique s’invite alors de la plus délicieuse manière qui soit. 

En huit morceaux, dont deux pièces épiques et presque une heure de musique, Bellum II donne un métal symphonique cinématique, entre romantisme et impressionnisme. Piano, violon, flûtes, chant lyrique, guitare acoustique à la Steve Hackett et black metal travaillent à l’unisson et même le growl, qui m’avait d’abord rebuté, trouve tout son sens. 

Certains titres sont de facture assez classique, comme ‘High to Her Gloam’, d’autres sortent vraiment des sentiers battus. Ecoutez donc ‘Admidst Soughing Tristesse’ si vous n’êtes pas convaincu avec chanteuse lyrique Annemari Välipelto, le piano classique et la guitare mandoline. 

Vous pouvez également jeter une oreille à l’instrumental ‘Sombre loom’ qui suit ‘High to her Gloam’. Un titre à l’écriture plutôt légère, en comparaison du reste de l’album, qui se rapproche plus d’un folk cinématique que d’un black metal symphonique.

Tout ça pour dire que Bellum II est un album d’une grande richesse qui puise son inspiration dans de nombreux univers musicaux dissemblables et arrive malgré tout, et même avec brio, à être d’une grande unité artistique.

Alors pas de doute, Bellum II est un chef d’œuvre du genre qui ne plaira sans doute pas à toutes les oreilles parce que de temps en temps, il tabasse quand même un peu fort. Mais ne faites pas comme moi, donnez-lui une chance, ne vous arrêtez pas au premier obstacle. Il mérite plus que la découverte.

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