Cent ans de solitude

Depuis dix-huit mois je me suis replié sur moi-même, limitant mes contacts sociaux avec une poignée de collègues restés en présentiel, la boulangère, le médecin et la caissière. De longs mois de solitude à discuter par écrans interposés, derrière un masque étouffant, les mains desséchées par le gel hydro alcoolique.

Après deux piqûres et quelques jours d’attente, je reprends tout doucement une vie sociale quasi normale comme boire un café entre collègues, manger à la même table et retrouver mes amis. 

Pas question de fiesta à cinquante à poils autour d’une piscine mais juste une bière en terrasse en discutant de tout et de rien, un barbecue arrosé d’une bonne bouteille, en restant responsables. Il est nécessaire alors de retrouver ses marques, même avec des amis de longue date, de faire preuve de confiance, poser son smartphone et retrouver le plaisir de discuter face à face. La plaisanterie  consistant à demander son pass sanitaire à l’autre n’en est pas totalement une, on efface pas un an et demi de psychose d’un simple regard.

J’ose encore difficilement demander des nouvelles des proches de peur de d’apprendre la perte d’une personne connue. Le « Tu l’as eu ? » commence bien des conversations avant de comparer nos symptômes imaginaires ou réels. La marque du vaccin et ses effets secondaires poursuit la discussion avant de revenir à des sujets moins triviaux.

Nous ne sommes pas sortis d’affaire avec les anti vaccins, les anti pass, les inconscients, les imbéciles et les partisans de la théorie du complot mais depuis quelques semaines, il est possible de retrouver une vie sociale minimaliste en restant très prudent. Une reprise de contact qui fait du bien après cent ans de solitude.

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