Elder au P8

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Après avoir découvert avec bonheur le groupe Elder, j’ai eu envie de l’écouter en live. Et cela tombait bien puisqu’il jouait le 24 juin au P8 à Karlsruhe.

Sauf que nous subissions une forte canicule avec 36 degrés à l’ombre. Autant dire qu’il me manquait quelques heures de sommeil. Pour compliquer les choses, j’avais accepté de couvrir le concert pour le magazine allemand de musique Laut.de.

Assister à un concert en salle par 30 degrés c’est une chose, photographier les groupes dans ces conditions en est une autre. Mais j’avais déjà pris mon billet, proposé à Seb de m’accompagner et demandé une accréditation photo à Bert. Je ne pouvais pas me défiler.

Elder est un quatuor berlinois et leur dernier album Through Zero avait chatouillé mes oreilles. Leur musique est tout le temps en équilibre instable entre progressif et psychédélique. J’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner en live.

Bert m’accueille à notre arrivée vers 19h et m’annonce, après m’avoir remis le pass crew du P8, que le journaliste de Laut.de est malade. Du coup je vais bosser pour mon compte, ce qui me simplifie la vie. Seb m’offre un coca durable alors qu’il ose la pills allemande avec cette monstrueuse chaleur. Puis non content de de rendre malade, il part se restaurer au Mal Bouffe local pour échapper à la saine nourriture végane du P8. Moi je prépare le matériel dans la fournaise en squattant le premier rang.

REZN ouvre le bal vers 20h. La musique du quatuor de doom de Chicago me laisse relativement indifférent, seul le claviériste saxophoniste geek qui joue avec une manette de console propose un spectacle amusant. La prestation du groupe est statique, leur musique relativement convenue, ce n’est ni bon ni mauvais mais il fait très chaud. Bref je m’ennuie et je dégouline.

Elder ne tarde pas à prendre leur place. Et malgré la foule, la chaleur et la fatigue, c’est immédiatement magique. Ils sont cinq sur scène, le bassiste au centre, les guitaristes de chaque côté dont le chanteur à droite, le batteur fou au fond et le clavier très discret, caché sur la droite. 

Le groupe joue principalement leur dernier album ce qui me va parfaitement puisque c’est le seul que je connais. Si le chant dérape sur quelques morceaux, la performance du groupe reste excellente et le son du P8 juste magnifique. Je retrouve les titres de Through Zero joués en live du coup j’en oublie un peu de photographier le groupe et la moisson d’images sera inversement proportionnelle au bonheur de les écouter.

En parlant de photo, je ne vous cache pas que j’en bave. Les boîtiers ne réagissent pas forcément bien à la chaleur et le gars aux commandes doit aller se rafraîchir régulièrement. En plus beaucoup de mes images sont sous exposées à 4000 ISO, sans doute à cause d’éclairages faiblards.

Après un coca, une bouteille d’eau et plusieurs douches au robinet sans parler du brumisateur installé dehors, le concert se termine dans une atmosphère brûlante. Malgré cela je trouve la force d’aller faire la queue au stand de merch pour m’offrir le vinyle de Through Zero version longue et un tee shirt vert pour faire bonne mesure. Seb fait pareil d’ailleurs, un vrai copieur, sauf pour la taille du tee shirt, parce que lui n’est pas un nabot.

Ce fut vraiment un excellent concert malgré les températures caniculaires. J’ai hésité à y aller mais je n’ai pas regretté l’aventure. Elder mérite vraiment la découverte.

Les photos de ELDER sont ici.

Elder – Through Zero

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Stéphane Gallay et moi sommes en phase en ce moment. Je me retrouve régulièrement à parler d’albums qu’il a déjà chroniqué.

Stéphane à souvent parlé du groupe Elder sur son blog, depuis 2015 en fait avec Lore, et ce n’est pas pour autant que j’ai acheté Lore, Omens et Innate Passage. Peut-être parce que j’écoutais déjà d’autres groupes de psychédélique à ce moment-là et que c’est quand même une musique que je goûte à dose homéopathique.

Quoiqu’il en soit l’album Through Zero est arrivé à point nommé dans un profond gouffre d’inspiration et une crise existentielle relative à mes habituels groupes de référence. Le groupe allait se produire dans une de mes salles préférées, le 24 juin alors j’ai foncé.

Elder est une formation de Berlin née en 2008 dans le Massachusset, un quatuor de rock progressif psychédélique avec quatorze albums et EPs à leur actif.

Through Zero, leur dernier bébé, pèse une heure et six morceaux dont trois de plus de neuf minutes.

N’attendez pas un disque de fumeurs de moquette. Through Zero trouve son équilibre entre progressif, stoner et psychédélique. Les transes sont légères, le prog est énervé et la musique variée. Ils sont nettement moins barrés que King Buffalo pour ne citer qu’eux.

Through Zero est un terme technique emprunté aux ingénieurs du son mais c’est ici, et je cite le groupe, “un point médian sur un chemin en grande partie invisible, où le voyage est la destination et où la réalité est moins linéaire que la plupart d’entre nous ne le concevons.”.

Ce qui m’a tout de suite plu dans cet album, en plus de sa pochette, c’est la proximité entre le rock progressif et le psychédélique sur les six morceaux. Vous aurez du mal à trouver le point de bascule entre les deux mondes tant leur musique réussit à la perfection cette étonnante symbiose. 

Lorsque l’on se laisse porter par les notes, on découvre soudain que le groupe à basculé de l’autre bord, sans vraiment comprendre comment il l’a fait. Même le titre ‘Strada’, qui abuse par moment de champignons, retombe à chaque fois sur la forme progressive.

Et le seul instrumental de l’album, ‘Sight Unseen’, long de presque neuf minutes quand même, joue plus du space rock que du space cake.

Through Zero est un excellent album hautement recommandable, et si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à aller les écouter au P8 à Karlsruhe demain soir, ça devrait être un très beau concert.