Aimez-moi !

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Depuis tout petit j’ai un vrai problème. Peut-être plusieurs en fait. J’ai besoin d’amour, ou plutôt de reconnaissance.

Lorsque j’étais gamin, il fallait toujours que j’inflige aux invités mes gribouillages et les jeux que j’inventais. Il faut dire que mes parents ne s’intéressaient pas beaucoup à moi, peut-être parce que j’étais le petit dernier.

Le problème, c’est qu’en grandissant, la chose ne s’est pas vraiment améliorée, bien au contraire, elle a empiré.

J’ai toujours eu besoin de créer et d’avoir un retour. Textes, photos, critiques, nouveaiu jouet, tout est bon à publier. Par chance, les réseaux sociaux me permettent d’exposer mes horreurs sur des murs, histoire de recevoir quelques louanges.

J’ai été un des pionniers de l’Internet français avec un site web 1.0, ancêtre du blog. J’y publiais déjà des photos, des critiques d’albums, un peu comme aujourd’hui mais avec moins de frénésie.

Depuis que je dispose des médias d’internet, j’éprouve moins le besoin de harceler des amis de la famille avec mes oeuvres. Internet m’a offert une scène et un public. Sans doute pas celui que j’espérais, mais un public tout de même.

Les gens réagissent à mes créations, photos, chroniques, humeurs, critiques, live report, un petit public qui me suffit souvent et me renvoie de rares commentaires ou compliments.

En parlant de ça, je suis vraiment mal à l’aise avec les compliments, sans doute est-ce le syndrome de l’imposteur. Donc lorsque quelqu’un salue mon travail, comme des photos, je trouve cela totalement injustifié et lorsque personne n’aime ce que je fais, je me sens frustré et incompris.

La photo que je trouve géniale fait un bide et le portrait de chaton cartonne. Du coup je râle et je me plains, je suis un artiste incompris.

Le modèle économique comme le public des réseaux sociaux rend cela un peu inévitable. Cela n’en reste pas moins frustrant. Alors quand une pointure salue mon travail, je suis mal à l’aise et très fier à la fois. J’ai toujours l’impression d’être aimé pour de mauvaises raisons.

Tout dernièrement un couple d’amis de longue date, a retrouvé ma trace grâce à un article publié sur le blog. Nous avons repris contact après des décennies de silence et j’ai trouvé deux nouvelles victimes à inonder avec mes bêtises. Ils parcourent le blog pendant leurs vacances et commentent par SMS les billets qu’ils ont aimé. En plus d’avoir retrouvé des amis, j’ai maintenant deux nouveaux lecteurs, soit une augmentation de dix pour-cent de mon audimat quotidien.

Fort de cette expérience édifiante, je pense sérieusement à ressortir mes vieilles photos de classes maternelles et primaires pour identifier et recontacter plein de nouveaux followers potentiels.