J’ai observé mon premier OVNI

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Depuis cinquante ans que je scrute le ciel, je n’ai observé que des phénomènes naturels. Aucun vaisseau spatial, aucune rencontre du troisième type, bref rien que de la poussière d’étoiles.

Mais un jeudi soir froid, alors que je cherchais un raccourci que je ne trouverais jamais, j’ai vu un phénomène que je n’avais jamais encore observé.

Ma lunette pointait vers la nébuleuse du fantôme (sans doute un signe), mon télescope se promenait sous la voute céleste, l’appareil photo de Pierre visait le coeur et la lunette d’Eliott cherchait une galaxie perdue. 

Nous étions trois représentants de l’espèce humaine perdus dans le froid à plus de mille mètres d’altitude : un météorologue, un astrophysicien et un DRH, des témoins dignes de confiance. Bon pour le DRH je suis moins sûr…

C’est justement le DRH l’a vu. « Regardez ! » a-t-il dit en pointant sa frontale éblouissante dans notre direction. Et nous l’avons vu, d’abord la lumière crue de sa lampe blanche et ensuite, vers le sud-ouest, cette forme mouvante laiteuse barrée d’une zone sombre, avancer vers nous, entre la constellation d’Orion et les Pléiades.

Photo Pierre Suaud

L’objet de grande taille et lumineux comme la lune, bougeait vite et sans bruit, changeant progressivement de morphologie, dans un ciel sans nuage. On aurait dit une boule de coton poussée par le vent.

Pierre a juste eu le temps de l’immortaliser avec son boitier Canon et son 14 mm Samyang, car après quelques minutes, l’OVNI disparaissait vers le nord-ouest sans laisser de trace.

Nous étions trois témoins de confiance à avoir vu un objet non identifié dans le ciel Alsacien, et ce, cinq jours après le passage d’un bolide qui s’est écrasé en Allemagne.

L’invasion des profanateurs de sépultures avait-elle commencé ? Etait-ce le début de la Guerre des Mondes ? Allions-nous enfin rencontrer le troisième type ? Des auriculaires allaient-ils se raidir chez certains habitants de la Terre ?

Cela ne pouvait pas être un nuage bas, le météorologue l’aurait reconnu. Ce n’était pas une aurore boréale, l’astrophysicien l’aurait identifié. Ça n’était pas un nuage chimique d’une usine classée SEVESO, le DRH aurait viré tout le personnel de l’entreprise. 

Plusieurs hélicoptères militaires avaient survolé le Champ du Feu ce soir là. Poursuivaient-ils un mystérieux engin extraterrestre ? Ou plus simplement, les militaires expérimentaient-ils une nouvelle arme de destruction massive ? Peu probable, nous n’avions pas été kidnappés ou empoisonnés pas un gaz toxique.

L’explication tristement rationnelle provenait de Chine. Une fusée Longue Marche 8A avait décollé à 3h48 heure de Beijing pour mettre en orbite des satellites du genre Starlink. Et le nuage correspondait aux gaz rejetés par la fusée lors de son vol. Ils étaient très lumineux parce la lumière du soleil les éclairait encore du fait de leur altitude élevée.

Mais les sinistres explications scientifiques n’enlèveront rien à ce que nous avons vu. Il s’agissait bien d’un OVNI, enfin jusqu’à ce qu’on l’identifie.

OVNIS

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Dans les années 70 tout le monde voyait des soucoupes volantes traverser le ciel. Quelques élus étaient kidnappés par les petits hommes verts qui pratiquaient des expériences sur leur anatomie. Mars n’avait pas encore été explorée par les sondes Viking et certains craignaient encore la Guerre des Mondes.

Enfant je dessinais des plans de soucoupe volantes sur de grandes feuilles de papier, détaillant les moteurs, l’habitacle, et plus tard je lus et écoutai la bonne parole des ufologues dans les livres et à leurs conférences.

CANAL+ en a fait une mini série en douze épisodes où un chercheur du CNES se voit rétrogradé en tant que chef du GEIPAN pour avoir fait exploser sa fusée. C’était avant Ariane. DS, 304, pantalons pattes d’eph, couleurs criades, anti nucléaires, sectes et gourous, la série nous replonge dans les seventies avec bonheur.

Didier se retrouve à la tête d’une équipe disparate composée de Marcel, un ancien des services secrets qui aime les hommes, de Véra la secrétaire idéaliste et de Rémy, le stagiaire ufologue fou et informaticien de première ainsi qu’une impressionnante pile de dossiers en souffrance. Guère acquis à la cause extraterrestre au début, il va finir par se poser des questions, surtout lorsqu’une haut gradée de l’armée de l’air va commencer à lui tourner autour.

Outre les vieilles bagnoles, les ados baba cool, les papiers peints très moches, les clopes au bec, on retrouve le journaliste Jean-Claude Bouret qui longtemps a été un des fers de lance de l’ufologie française. 

La série est pour le moins loufoque et très drôle par moment, alors si vous avez connu cette époque totalement allumée,  OVNIS vous offrira un bain de jouvence bienfaisant.