Lumineuse pollution

Image

Nous vivons au siècle des lumières. Pas celui de Voltaire mais celui des éclairages urbains, des enseignes publicitaires, des voitures, des avions, des satellites…

Il est certes rassurant déambuler la nuit dans des rues éclairées ou de conduire avec les feux allumés, mais a-t-on besoin de laisser les vitrines allumées, de jouer aux sports collectifs la nuit dans les stades et d’avoir autant de satellites en orbite basse ?

Essayez de trouver un endroit plongé dans le noir où seule la lueur des étoiles vous offre quelques points de repères. Vous verrez toujours un halo jaunâtre à l’horizon, le lointain dôme de lumière d’une ville endormie, les feux clignotants des avions dans le ciel et les panneaux solaires des satellites Starlink qui brillent dans la nuit. 

Vous me direz, pour la poignée d’illuminés qui sortent la nuit observer les étoiles, pourquoi faire des efforts ? Principalement parce qu’il y n’a pas que ces illuminés, il y a les animaux que nos éclairages urbains perturbent.

J’habite en ville, au bord de la rue principale bardée d’éclairages LED, les pires. Mais étrangement, ce ne sont pas les lampadaires qui me dérangent le plus, ce sont les projecteurs munis de détecteurs de présence qui s’allument dès qu’une feuille bouge dans un buisson. Il y en a tout autour de moi, au nord, à l’est, et au sud. Seul l’ouest est abrité par notre maison. Si un piéton passe ou une voiture se gare à proximité, c’est un flash blanc qui illumine la nuit. Résultat, de mon jardin, je ne peux photographier qu’un quart du ciel nocturne, gêné par les toits, les arbres et bien entendu les lumières. 

A l’œil nu, je distingue à peine à constellation de la Grande Ourse, je peine à trouver l’étoile polaire et la Voie Lactée est invisible.

Lorsque j’ai une cible intéressante et que je peux photographier assez longtemps par cette étroite fenêtre, j’obtiens le plus souvent une image décevante, peu contrastée et faible en signal, même avec des filtres très restrictifs qui s’affranchissent d’une partie de la pollution lumineuse. Les lumières ainsi que la pollution atmosphérique sans parler des vibrations du sol dégradent considérablement le signal.

Pour illustrer le problème, je vous présente deux photographies traitées de l’objet Messier 45, l’amas ouvert des Pléiades, ce petit point d’interrogation que l’on peut voir à l’œil nu dans le ciel d’hiver et qui intrigue souvent les profanes en astronomie.

La première photo a été prise depuis mon jardin avec des poses unitaires de trois minutes pendant deux heures et demie.

La seconde photographie a été prise avec le même matériel à la campagne, des poses unitaires d’une minute et un temps total de deux heures et quart.

La différence saute aux yeux, les nébulosités sont nettement plus visibles sur la deuxième image alors que la première devrait être nettement plus détaillée si on considère uniquement les critères photographiques. C’est cela l’effet de la pollution lumineuse sur le ciel.

Alors, si vous voulez faire quelque chose pour lutter contre la pollution lumineuse, parlez-en à vos élus, invitez-les à observer le ciel en ville et à la campagne, éteignez les éclairages inutiles et lorsque que approchez d’astronomes amateurs en plein travail, coupez vos feux, éteignez vos lampes, vous serez les bienvenus pour observer le ciel.

En complément je vous mets quelques liens :

La carte de la qualité du ciel en France : https://lightpollutionmap.app/fr/

L’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes : https://www.anpcen.fr