
L’été 2026 a été sec et chaud. Ma pelouse ressemble à un tas de paille où surnagent quelques mauvaises herbes. Plusieurs arbustes n’ont pas survécu à cette canicule, comme notre bambou. Il faut dire que j’ai suivi à la lettre les restrictions d’arrosage, limitant même au maximum l’irrigation du potager. Du coup toutes mes tomates avaient la taille des modèles pour apéritif, mes courgettes celles des cornichons et mes citrouilles, celles de balles de ping-pong. Un désastre.
Je vous raconte cela, car lorsque nous sommes arrivés dans notre gite dans la Loire, nous avons découvert un patio verdoyant avec piscine. Un écrin de pelouse soigneusement entretenue et d’arbustes fleuris, dégoulinants de rosé en fin d’après-midi par vingt-cinq degrés au soleil. Étions-nous arrivés sans le savoir dans un mini golf ?
Nous étions mi-octobre, donc la piscine n’était plus utilisable malgré les températures estivales. Il n’empêche, elle était pleine et chauffée à vingtaine de degrés.
Devant mon étonnement, la dame qui nous a reçu, avec ses cheveux argentés coupés courts et son air, oserais-je dire méprisant, nous a expliqué, un peu agacée, qu’ils avaient un puits. Comme si cela pouvait tout justifier. Certes l’époux de madame était paysagiste, ce qui pouvait expliquer un jardin aussi bien entretenu, mais verdoyant en pleine sécheresse ?
La premier soir, alors que nous étions dans le salon, ma chérie m’a dit : « Ne va pas dehors, il pleut. ». « Il pleut ? ». Les prévisions n’annonçaient pourtant aucune précipitation avant trois jours.
Pour en avoir le coeur net, je suis sorti dans le patio tropical, et en effet, il pleuvait sous un ciel étoilé, des petites gouttelettes d’eau dispersées sur le gazon anglais par des brumisateurs.
Et chaque nuit, qu’il pleuve, vente ou que les étoiles scintillent dans le ciel, l’herbe du patio recevait cette pluie providentielle venue du puit. Une eau pompée dans le sous-sol et qui déclenchait toute la nuit des bruits sourds de tuyauterie dans les cloisons de notre location pourtant si calme.
Un kilomètre plus loin, en contre bas, serpentait la Loire, ou ce qu’il en restait, dans un paysage grillé par le soleil. Un fleuve qui atteignait cette année son niveau le plus bas jamais enregistré. Peut-être à cause du puits ?