Que voulez-vous, c’est la crise mon bon monsieur 

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L’abonnement à Apple TV+ vient de prendre près de 50% d’augmentation dans les dents, nos forfaits téléphoniques respectivement 10 et 20%, le carburant frise les 2 euros le litre, Facebook et X mettent en place des comptes payants, l’abonnement Flickr est devenu ruineux, le prix de ma box internet a encore grimpé et mon point d’indice de fonctionnaire est très en retard sur l’inflation. 

Notre pouvoir d’achat baisse de jour en jour. Et même si ne nous sommes pas à plaindre, je commence à regarder où économiser dans les dépenses fixes mensuelles. Car nous avons un étudiant à nourrir et à loger, un grand vivant au SMIC à aider et de nombreuses activités assez onéreuses à financer.

Exit Apple TV+, c’est bien mais il n’y a pas assez de contenu pour occuper toutes mes soirées. Je vais faire de même avec Disney+ et probablement passer sous Netflix. L’économie n’est pas énorme, mais j’ai aussi envie de changer de crèmerie. Pour la téléphonie, je vais réduire la voilure, de 5G à 4, de 80 Go à 20. Je vais passer de 9.99 à 7.99 euros mensuels. Je ne consomme pas beaucoup de DATA et la 5G ne m’apporte pas grand chose au final. Pour la box, difficile de trouver moins cher que 16 euros sur le marché actuellement et nos besoins sont assez modestes. J’ai égoïstement renoncé à financer Flickr vu que j’expose assez peu de photos. Par contre je garde mon abonnement Ligthroom, qui lui n’a pas encore augmenté, parce que sans cet outil, je serais clairement démuni. J’ai fermé la boutique photo également car elle coûte cher et ne rapporte vraiment rien. J’ai fermé mon compte Twitter mais pour d’autres raisons que pécuniaires, son propriétaire déconne vraiment trop avec son réseau social dévoyé. Le plus difficile à été de stopper mon abonnement Patreon à la chaîne de Stéphane Gallay, mais j’espère qu’il comprendra, c’est pour la bonne cause, je pourrais continuer d’acheter un peu de musique. Pour le point d’indice, je ne peux rien faire à part la grève ce que je n’envisage pas car cela n’a aucun impact. Et puis si on devait se battre aujourd’hui dans la fonction publique, ce ne serait pas le salaire qui serait mon premier combat.

La mutuelle me prend 10% de mon salaire mensuel, le carburant 5%, l’assurance encore 5%, l’énergie pas loin de 10%, les divers abonnement encore 5% du budget, les enfants plus de 50% et l’alimentation 70%. 

Damned ! 70 + 50 + 5 + 10 + 5 + 5 + 10 ça fait 155 % ! Par chance mon épouse gagne aussi sa vie ce qui nous laisse à chacun plus 20% de mou pour les imprévus, les économies, les vêtements et les loisirs.

Le petit cochon rose

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Il existe quelques passions dévorantes qui ruinent le budget familial. Ma femme a la musique, ses cours, ses instruments, ses partitions, ses locations de salle de concert, et moi j’ai la musique et la photographie. A part les commandes d’albums, pour la musique, la situation s’est stabilisée depuis quelques temps, me contentant de l’actuelle configuration de la chaîne. Pour la photographie, c’est une tout autre histoire.

Comme pour la musique, tant que l’on a pas goûté à la qualité, on ne se rend pas compte des progrès possibles. J’ai longtemps écouté du mp3 128 sur un home cinéma Yamaha entrée de gamme. Mais ça c’était avant, avant d’aller chez un copain écouter son ampli Arman Kardon, ses enceintes Triangles et son DAC Atoll.

La photo c’est pareil. J’ai commencé raisonnable, avec un boitier entrée de gamme et des objectifs à bas coût. Mon Samyang par exemple où mon Tamron 70-300 mm. Au fil du temps, mes exigences en matière de piqué, d’ouverture sont allées sans cesses croissantes, même si ma technique ne s’est guère améliorée. Il y a bien évidemment du snobisme dans tout ça, surtout lorsque l’on est qu’un amateur. Il y a également la joie de se faire plaisir. Mais le plaisir devient vite prohibitif en photographie, et après deux belles optiques Nikkor et Sigma, j’ai décidé de lever le pied. Alors, pour éviter tout découvert bancaire, j’ai remis au goût du jour la vieille recette du petit cochon rose. Une cagnotte, dans laquelle, tous les mois, je glissais un billet, dans laquelle, je mettais la recette des reventes de jeux, consoles, objectifs, livres et cie…

La méthode thérapeutique a bien fonctionné quelques temps, le petit cochon grossissait tranquillement et j’étais en paix, rêvant du jour où je ferai du boudin. Les fêtes approchant, le cochon est devenu de plus en plus gras (c’est la période ou jeux et les consoles d’occasion se vendent bien). Je commençais à saliver devant le lard et à élaborer des fantasmes photographiques de plus en plus précis.

Et puis un jour de pluie, alors que l’on célébrait la fin d’une boucherie innommable, que tous les commerces auraient du fermer leurs portes pour laisser les braves gens se reposer, une de ces journées de déprime où l’on tourne en rond en écoutant du Fish et où l’on surfe sur le net sans but, j’ai craqué. J’ai regardé le petit cochon à la queue en tire-bouchon. Je n’ai pas supporté son bonheur insouciant, ses grognements de contentement alors qu’il se roulait dans la boue. Alors je l’ai égorgé. Un joli petit cochon de lait qui aurait pu donner des kilos de saucisse, de lard, de boudin, à qui il restait des mois de vie insouciante. Tout est à recommencer maintenant et je vais devoir passer sur le banc de musculation. J’ai troqué le Samyang 500 mm ouvert à 6.3 contre un Nikkor 200-500 mm ouvert à 5.6, pas tout à fait le même budget, pas tout à fait le même poids.

Pour me punir, il a plu des cordes, le ciel était gris et il ventait très fort. Impossible de sortir étrenner l’engin dans la nature. Je n’ai pu faire qu’une courte sortie lundi après midi entre deux averses pour tester le bazooka. Et comble de malheur, j’ai utilisé la carte adhérent de mon épouse, qui a reçu la facture de ma folie au travail, alors que j’étais encore dans les transports en communs, ramenant le bazooka à la maison. J’ai reçu quelques SMS, et j’ai du me justifier…