Leur domaine

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C’est une étrange sensation que de lire un roman lorsque l’on en connaît toute l’intrigue mais pas les détails. 

J’avais dévoré la seconde partie du roman de Jo Nesbo, Les maîtres du domaine, en décembre dernier et me suis juré de lire la première partie dès que j’en aurais l’occasion, parce que l’histoire de ces deux frères est vraiment incroyable. 

Le problème, c’est que je connaissais les grandes lignes du récit. Aucun suspens n’était à espérer. Alors j’ai pris mon temps, chapitre après chapitre, tranquillement, j’ai découvert les détails des quatre meurtres perpétrés par Roy et Carl, les deux frères Opgard.

Os est une petite ville paumée en Norvège où tout le monde se connaît. Quelques touristes venus d’Oslo viennent s’y détendre le week-end, sinon le reste du temps, on y voit tout le temps les mêmes têtes. Le maire, le pompiste, le barman, la coiffeuse, le vendeur de voitures de seconde main et bien sûr le Lensman.

En contrebas du virage des chèvres, pas loin de la ferme des deux frères, les voitures ont une fâcheuse tendance à terminer leur course au fond du ravin et personne ne veut poser de barrière pour sécuriser la route.

Carl, le petit frère, est le beau gosse extraverti et intelligent. Roy, son aîné, est plus taciturne et c’est lui qui défend toujours Carl. Roy est pompiste, Carl fait des études. Deux orphelins qui vivent seuls dans la ferme familiale depuis que la Cadillac des parents a raté un jour le fameux virage des chèvres.

Le roman raconte pendant près de sept cent pages les relations complexes qui lient ces deux frères. Des relations qui les entraînent dans une spirale meurtrière infernale. 

C’est aussi la chronique d’un village de montagne isolé où le projet de construction d’un hôtel de luxe va bousculer l’ordre social bien établi.

Une histoire captivante à lire dans l’ordre ou dans le désordre.

Les maîtres du domaine

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Le roman Les maîtres du domaine fait suite à Leur domaine paru en 2021. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu ce dernier pour se plonger dans le nouveau livre noir de Jo Nesbø.

Os est une petite ville de la Norvège avec sa station service, son salon de coiffure, son pub, son équipe de foot, son camping et un hôtel cinq étoiles.

Roy et Carl Opgard en sont les maîtres. Roy possède la station service et le pub, Carl, l’hôtel. Mais ils ne sont pas devenus les personnages les plus puissants de Os sans quelques sacrifices. Pour y arriver, ils ont commis sept meurtres et ils sont prêts à poursuivre leur œuvre si personne ne les arrête. 

Mais voilà, Kurt, le lensmann, également entraîneur de l’équipe de foot, sponsorisée par Carl, soupçonne Roy d’être derrière le suicide de son père. Et il ne lâche rien. 

Roy est un tueur, un grand frère qui protège  Carl et répare ses bêtises, quitte à supprimer quelques vies. Il est aussi le personnage central de ce roman qui dévoile au fil des pages une étonnante humanité si l’on considère son morbide palmarès.

Le roman raconte les rapports complexes entre ces deux frères qui vivent ensemble dans la maison de leurs parents qu’ils ont assassinés, les intrigues qui relient entre eux tous les habitants de Os et l’ambition dévorante de Roy et Carl. L’un désire créer un parc d’attractions, l’autre agrandit son hôtel et bâtit une vaste demeure.

Le roman fonctionne à merveille jusqu’à sa moitié, ensuite il patine un peu, surtout lorsqu’il évoque la relation tumultueuse entre Roy et Nathalie. Heureusement, il repart de plus belle, nous surprenant jusqu’au dernier chapitre.

Une de mes prochaines lectures devrait être naturellement Leur domaine pour le plaisir de retrouver les personnages de cette saga.

Chasseur de têtes

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Il n’est pas aisé de lire un roman dont le héros principal représente tout ce que vous détestez chez une personne.

Roger Brown travaille dans un cabinet de recrutement et excelle dans son métier. Lorsqu’il propose un candidat pour un poste à une entreprise, celle-ci valide toujours son choix. Il fait partie des meilleurs. C’est un winner.

Il a épousé une femme sublime, possède une magnifique demeure et vit très largement au dessus de ses moyens. Il couvre son épouse de bijoux, lui offre une galerie d’art ruineuse, et pour arrondir ses fins de mois, il vole des œuvres d’art à ses clients. En plus, il ne veut pas d’enfants.

Mais un jour, Diana, l’épouse du chasseur de têtes, lui présente Clas Greve, le candidat parfait pour un poste de PDG d’une entreprise de pointe sur la technologie GPS, sans parler du fait qu’il possède dans sa collection d’œuvres d’art un Rubens perdu. Le pigeon parfait.

Sauf que le pigeon se révèle être un rapace et ce qui aurait dû devenir une affaire juteuse pour Roger devient un véritable enfer. Son univers s’effondre brutalement, de chasseur il devient la proie, et sa vie confortable devient une mortelle chasse à l’homme dont il est la cible. 

Commencé comme un insupportable roman à la gloire d’un Golden Boy, l’auteur poursuit avec un thriller passionnant et violent où, brutalement, alors que je le détestais cordialement, le chasseur de têtes, devient un personnage presque sympathique.

Jo Nesbo maîtrise sa narration avec brio, gère magistralement les rebondissements de l’histoire, dose la violence et toute l’horreur du récit et réussit à nous surprendre pendant plus de trois cent pages. 

Je n’ai cependant un regret, qu’il n’aie pas arrêté son livre juste avant l’interview du policier persuadé d’avoir résolu une vaste affaire de vol d’œuvre d’art avec huit meurtres à la clé. Ce dernier rebondissement était à mon avis inutile.

Enfin dans cette édition de poche, il y a un petit détail qui m’a agacé, certains mots contiennent de mystérieuses substitutions de caractères remplacés par des ‘-‘.  Cela ne gêne pas la lecture mais ce n’est pas très agréable.