Black Bird

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Larry, un petit gros affublé de rouflaquettes, passionné de reconstitutions de la guerre de sécession, avoue le meurtre d’une adolescente puis se rétracte. Il est emprisonné dans un service carcéral de sureté pour violeurs, tueurs et autres détraqués. Le genre de personne que l’on espère ne jamais voir sortir de derrière les barreaux mais la demande en appel qu’il a déposé risque d’aboutir si la police n’apporte pas de nouvelles preuves de sa culpabilité.

James, un beau gosse malin, qui mène la grande vie, est arrêté pour trafic de drogue. Il est condamné à purger une lourde peine de cent-vingt mois de prison.

Le flic Brian Miller et l’agent du FBI Lauren McCaule sont persuadés que Larry est un tueur en série qui a étranglé, violé et enterré plusieurs fillettes depuis des années. Sauf qu’aucun corps n’a été retrouvé à ce jour. Ensemble ils joignent leurs efforts, reprennent l’enquête à zéro et tentent de suivre les traces du tueur présumé.

C’est alors que l’agent du FBI Lauren propose un James Keene un deal. En échange d’une remise de peine, James doit se lier avec Larry et découvrir où sont enterrées les corps, ceci afin que la demande d’appel soit rejetée.

Nous voilà plongé pour six épisodes dans un univers carcéral violent ou un trafiquant de drogue se retrouve entouré de tueurs, violeurs, mafieux et gardiens ripous. 

La série Black Bird alterne souvenirs d’enfance de Larry et James, les enquêtes sur des meurtres de fillettes, la vie en prison et les histoires de ces fillettes disparues.

Larry est un personnage complexe, prisonnier exemplaire et solitaire, qui ne se livre pas mais qui prend plaisir à raconter ses rêves, des fantasmes de meurtres ou les assassinats qu’il a réellement commis à la police. 

James, à peine sorti de sa luxueuse vie, descend aux enfers, dans une prison de fous. Il approche, pas à pas de Larry, devenu homme à tout faire du centre carcéral et persuadé de sortir bientôt de prison. Peu à peu, les deux personnages se lient, se confient l’un à l’autre et forment alors un duo inséparable. Mais le temps presse, dans la prison un gardien fait chanter James alors qu’il doit rapidement obtenir des preuves de la culpabilité de Larry avant le jugement en appel qui approche à grands pas.

Black Bird est une excellente série Apple basée sur une histoire vraie, glauque et prenante, qui tient en haleine jusqu’à son dénouement, esquissant le portrait d’un tueur en série et la rédemption d’un trafiquant de drogue.

C’est l’arbre qui cache Laforêt

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A l’époque où nous parlons de la protection de la vie privée, certains se foutent littéralement du droit. 

Imaginez un jeune, commençant dans la vie, rêvant d’indépendance, décidant enfin que le prénom Tanguy ne lui convenait plus. 

Le garçon décide de quitter le nid et se met en quête d’un appartement. Après bien des recherches il trouve une annonce qui pourrait lui correspondre et se rend dans l’agence pour le visiter.

La gentille dame ne reçoit que sur rendez-vous. Ben voyons… Le jour du rendez-vous, elle lui tend un imprimé de quatre pages à compléter. Un dossier de candidature locataire à remplir AVANT de visiter le bien.

Nom, prénom, date de naissance, nationalité, adresse, téléphones, email, profession, contrat, employeur, revenus, logement actuel à renseigner par le candidat locataire et par les éventuels cautions. 

Non contents de tout ces renseignements, ils demandent des preuves avant de visiter l’appartement : copie de la carte d’identité, de la taxe foncière, du justificatif de domicile, un contrat de travail, trois fiches de paye, un avis d’imposition, une attestation employeur et pourquoi pas un test COVID-19 négatif et un passe sanitaire. Ils demandent même au fonctionnaire que je suis un arrêté de titularisation, moi qui bosse depuis 32 ans pour l’état. Mais sérieusement ? 

De notre côté, nous recherchons également un nouveau nid d’amour plus calme, mais à acheter. Lorsque que nous trouvons une annonce prometteuse, il nous suffit d’un coup de téléphone à l’agence pour visiter le bien. Pas de papier à signer, pas de documents à fournir, juste une prise de rendez-vous devant la maison suivie d’une visite agréable. 

Délit de gueule ? C’est vrai que le garçon a les cheveux long, la barbe hirsute et s’habille comme un sac.

J’ai appelé l’agence pour comprendre. La gentille dame au téléphone m’a expliqué que c’était comme ça. Qu’avant de faire visiter, ils étudiaient la recevabilité de la candidature du locataire potentiel, pour gagner du temps, que c’était la procédure depuis l’épidémie de COVID-19.

COVID-19 ? Mon cul ! C’est le fric qui décide ici. Pourquoi se faire chier à faire visiter pour une commission minable si on peut gagner 40 000 euros de pourcentage sur la vente d’une belle maison ? 

Je lui ai alors répondu que si l’appartement ne lui plaisait pas, j’aurai imprimé une vingtaine de feuilles A4 et exposé une belle partie de ma vie privée pour des prunes et qu’ils auraient perdu leur temps, eux comme moi.

Je suis furax, révolté. J’ai une furieuse envie de les envoyer se faire foutre, eux, leur dossier et leur putain d’appartement. 

Mais c’est ça ou garder Tanguy à la maison. A ma place, vous feriez quoi ?

Truth to Be Told

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Poppy, une journaliste noire américaine diffuse sur le net des podcasts traitant de divers sujets comme sa série sur les femmes de pouvoir.

Vingt ans auparavant, elle avait contribué à l’incarcération d’un adolescent de 17 ans pour le meurtre d’un célèbre écrivain vivant près de chez lui.

Mais vingt ans après, alors que l’adolescent devenu homme croupit en prison, et qu’une demande de révision de procès vient d’être rejetée, Poppy a soudain des doutes sur la culpabilité du tueur.

Elle se lance alors dans une enquête pour comprendre ce qui s’est vraiment passé au cours de cette nuit de Halloween, débutant en parallèle un nouveau podcast sur son enquête.

Les huit enregistrements du podcast donnent naissance aux huit épisodes de la série Truth to be told, une immersion dans une famille noire borderline, une famille blanche ravagée, les couloirs d’une prison où un groupuscule nazi règne en maître et une enquête haletante.

Poppy jouée par Octavia Spencer est fabuleuse, un personnage complexe, torturé par son enfance, une femme ronde, au visage lunaIre, souriante et terriblement déterminée qui va réveiller avec ses podcasts bien des souffrances enfouies. Warren Cave, le prisonnier, est joué avec talent par Aaron Paul, dévoilant peu à peu l’adolescent détruit sous son costume de prisonnier. Les soeurs jumelles Burhman sont interprétées par Lizzy Caplan, et jusqu’au bout de l’enquête, on se demandera laquelle des deux est la plus folle.

Une nouvelle série Apple TV qui propose une réflexion sur la justice, le pouvoir des médias et raconte un drame familial, un fait divers bouleversant. Une série qui devrait connaître une saison 2 avec Kate Hudson.

[IMG_1334.jpg / 26 juillet 2020 / 18 h37 / Illkirch-Graffenstaden ]

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La capitale du Groendland, forte de de dix-huit-mille habitants s’appelle Nuuk. Nous sommes au pays des nuits de vingt-quatre heures, du blizzard, de la neige et des phoques. 

C’est là qu’enquête Qaanaaq, le chef de la police de Nuuk, inventé par l’écrivain Mo Malo. Pour sa troisième aventure, le commandant Qaamaaq Adriensen, en faisant le tour des postes de police sous sa responsabilité, découvre des suicides de jeunes femmes en relation avec la tradition inuit.  

Avec Nuuk, le lecteur survole le Groenland en hélicoptère, trace sur la glace en motoneige, découvre les traditions inuit et la spécialité locale: la tourte au foie et abats de phoque.

Friand de récits se déroulant à proximité du cercle polaire, je me faisais une joie de lire Mo Malo, un nouvel auteur arctique. 

Si l’histoire est complexe et bien menée, j’ai compris l’essentiel de l’intrigue plus d’une centaine de pages avant la fin. Pourtant, lorsque je joue au Cluédo, je perds à chaque fois. 

J’ai été surtout frustré par le manque de profondeur des personnages et des descriptions à peine esquissées des paysages. Pour les personnages, peut-être faut-il commencer par lire Qaanaaq puis Disco pour leur trouver de la profondeur. Pour le décor, Mo Malo, qui vit en France, devrait peut-être aller quelques mois chasser le phoque en motoneige sur la banquise et nous ramener des images prises avec le téléphone portable du commandant Adriensen.