Alamut

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J’ignorais en m’embarquant dans ce roman, je m’attaquais à un classique du genre. Entre Les Mille et Une Nuits, Fanatisme mode d’emploi et Comment s’emparer du pouvoir, Vladimir Bartol livre ici un roman captivant que j’ai dégusté avec un immense plaisir.

Le maître Hasan-Ibn Sabbâh, au nom de l’Ismaélisme, fédère autour de lui des croyants fanatisés pour rendre l’Iran à son peuple. A travers l’histoire d’un jeune homme, Avani ibn Tahir, qui deviendra un fedayin et d’une esclave, Halima, transformée en houri, l’auteur nous dévoile l’implacable machination que Hassan va ourdir pendant vingt ans pour transformer la forteresse d’Alamut en centre du pouvoir des Ismaéliens.

Le roman mélange histoire (il est partiellement basé sur des faits historiques), politique (vous apprendrez tout sur les sultans, les émirs, les dais et les vizirs), religion (le fameux Paradis et ses houris), fanatisme (la transformation de soldats d’élite en tueurs suicidaires) et les contes des Mille et Une Nuits.

Les intrigues politiques sont les parties les plus difficiles du livre. Les justifications philosophiques de Hasan sont intéressantes même si elles sont plus que discutables et pour le reste, il s’agit presque d’un roman d’aventure avec de jeunes protagonistes à peine sortis de l’innocence, manipulés par un homme retord et solitaire.

Le roman parle surtout du pouvoir absolu et de l’endoctrinement des hommes autour d’une idée et d’un leader. Un excellent livre, distrayant, exotique et intelligent offrant plusieurs niveaux de lecture à conserver dans sa bibliothèque.

FIFA

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Je n’ai rien contre les footeux, enfin si un peu quand même mais ce sont des traumatismes venus de la petite enfance. Je n’ai rien contre le football même si c’est un sport qui ne m’intéresse pas.

Mais quand je vois une femme en bikini au milieu de la route avec un drapeau français sur le dos, ses enfants totalement agités sur le bord du trottoir  et son époux en slip avec une perruque bleue, un verre à la main arrêtant les voitures,  pour fêter la victoire, j’ai peur.

Pourquoi le foot ? Pourquoi pas le tennis de table, le marathon, la voile ? Pourquoi ce sport mobilise autant et divise d’autant ? Pourquoi la télévision, la publicité, les politiques s’en sont emparés aussi avidement ? Machine à fric, du pain et des jeux ? Je conçois la liesse populaire. Moi même je m’y adonne dans les concerts de rock, mais aucun groupe ne déchaînera jamais des passions comme le fait le ballon rond, pas même les Beatles en leur temps. Manipulation de masse, endoctrinement depuis le plus jeune âge, exutoire à toutes les frustrations, le foot est devenu la grande messe du pauvre, la communion prolétaire, la liesse populiste.

Non fatigués d’un 14 juillet où ils étaient plus discrets, ils remettaient le couvert le 15. Pourtant ce ne fut pas un feu d’artifice, juste une baballe passant d’un côté à l’autre, poussée par des pieds, des têtes et parfois des mains même si c’est mal les mains à ce qu’il paraît.

Ces idoles gagnent des millions quand ceux qui les adulent peinent à boucler leur fin de mois en mangeant une marque de pâtes fournisseur officiel de la Fifa. Panem Circenses.

Ce qu’il y a de sûr, c’est que les clubs amateurs vont refuser des marmots à la rentrée et que des vocations de pousseur de ballon à quelques millions d’euros vont fleurir sur les pelouses des jardinets cet été.

Et si tout l’argent dépensé dans le foot, joueurs, publicité, objets dérivés, stades, nos politiques le réutilisaient à bon escient ? Et si à la place des créneaux TV de deux heures réservés aux matchs de foot, les chaînes proposaient un peu de culture ? Et si nous devenions moins cons tout simplement ?

D’accord c’est un discours facho pseudo intello intolérant que je livre là, je l’avoue. Mais si j’avais gueulé autant que mes voisins quinze jours durant, mis le même bordel que eux le soir du dimanche 15 juillet dans la rue, vomis sur les trottoirs et couru en slip dans la rue en stoppant les bus, peut-être auriez-vous eu la même réaction que moi.