Des diables et des saints

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C’est avec le souvenir de Veiller sur elle et les larmes de mon épouse après avoir refermé ce nouveau livre de Jean-Baptiste Andrea, que j’ai ouvert Des diables et des saints.

J’ai tout de suite retrouvé avec bonheur la plume de cet écrivain dans l’histoire de Joseph, le petit orphelin. N’importe qui d’autre aurait pu écrire cette histoire un peu facile, mais rares sont ceux qui auraient su lui donner vie.

Joseph est un pianiste talentueux mais il ne  joue que dans les lieux publics, les gares et les aéroports, jamais dans les salles de concerts. Il l’attend.

Enfant, il perd sa petite soeur et ses parents dans un accident d’avion. Il est alors placé dans l’orphelinat des Confins, à la frontière espagnole, où se déroule presque toute l’histoire.

Un orphelinat catholique géré par l’abbé Senac, Grenouille le surveillant tortionnaire, Rachid, le prof de sport et quelques bonnes soeurs.

Le roman tire sur des ficelles connues, l’enfance, l’amour, l’amitié, l’emprisonnement et les méchants adultes. Mais raconté par Jean-Baptiste Andrea, la facilité de l’intrigue devient une belle histoire. Un roman que j’aurais certainement dévoré en quelques heures si mon agenda l’avait permis.

Veiller sur Elle

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Le roman de Jean-Baptiste Andrea est une fresque historique des deux grandes guerres, une saga familiale, une histoire d’une pieta et la vie d’un enfant devenu sculpteur. C’est un peu Les Piliers de la Terre racontant le début du vingtième siècle.

Le sculpteur Michelangelo Vitaliani aussi surnommé Mimo, se meurt dans une abbaye, emportant avec lui le secret de son chef oeuvre, une pieta que le vatican cache jalousement tant elle trouble ceux qui l’ont admiré.

Mimo a été pauvre, nain de cirque, dépravé, mondain, sculpteur convoité, jouet d’une grande famille et par dessus tout l’ami de sa muse, l’indomptable Viola Orsini.

L’histoire débute vraiment dans le village de Pietra d’Alba par l’enfance de l’artiste en tant qu’apprenti sculpteur, la rencontre avec la puissante famille Orsini et Viola leur fille rebelle. Elle se poursuit à Florence, Rome mais revient toujours dans ce petit village isolé où la famille Orsini règne presque sans partage. 

Le roman se lit à la première personne comme une fresque historique et familiale italienne où les destins croisés du couple Mimo et Viola nouent et dénouent les intrigues politiques et religieuses de la famille Orsini de 1904 à 1986. 

Une lecture distrayante pour un prix Goncourt même s’il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre contrairement à la pieta dont on apprend le secret prévisible dans les dernières pages du roman.