Les Miracles du Bazar Namiya

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À deux heures de Tokyo, dans une petite ville, des personnes déposent des lettres dans la boîte d’un bazar à l’abandon. L’adresse est connue de quelques uns. Lorsque que vous rédigez une question à Namiya le soir, vous recevez une réponse manuscrite à votre nom le lendemain matin, dans la boîte à lait à l’arrière de la boutique.

Un trio de bons à rien, sortant d’un cambriolage qui ne sait pas passé comme prévu, trouvent refuge le 12 septembre au soir dans le bazar abandonné. Et brusquement alors qu’ils s’installent pour la nuit, une lettre tombe dans la boîte à lettres, intrigant nos trois malfaiteurs. C’est là que démarre le livre de Keigo Higashino, un auteur de romans policiers japonais à succès. 

L’histoire des lettres a commencé des dizaines d’années plus tôt et le récit voyage dans le temps comme les lettres écrites par leurs auteurs qui demandent de conseil à Namiya.

Une sportive amoureuse, une future mère célibataire, un enfant désespéré, des gamins farceurs, tous reçoivent une réponse à leur demande.

Une fois encore, le roman de Keigo Higashino est écrit comme une suite de nouvelles reliées entre elles, une sorte de palindrome littéraire qui voyage de Tokyo à la petite ville de province, du présent au passé, d’un personnage à l’autre avec beaucoup d’humanité.

Le livre montre la société japonaise avec ses codes d’honneur, présente des personnes face à leurs dilemmes et aux choix de vie qu’ils feront en suivant ou non les conseils de la personne qui leur répond. Car évidemment, nos trois compères finissent par découvrir l’histoire du bazar et décident de répondre à la lettre.

Les Miracles du Bazar Namiya prend alors une tournure fantastique inattendue, mais ça vous le découvrirez uniquement en lisant ce merveilleux roman de Keigo Higashino.

Les sept Divinités du bonheur

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Ce livre est le troisième roman de Keigo Higashino que je lis. Un auteur japonais de  policiers traduit chez Acte Sud. Pourquoi ai-je porté mon dévolu sur ce poche plutôt qu’un autre ? A cause du petit carton accroché à la couverture du livre et qui saluait d’une jolie écriture manuscrite cette nouvelle histoire de l’auteur. J’adore lorsque les libraires donnent leur avis sur un bouquin.

Les Sept Divinités du bonheur raconte le meurtre de Aoyagi Takeaki, un homme d’affaires assassiné au couteau dans un passage souterrain à Tokyo. Un coupable présumé est rapidement appréhendé, après s’être fait renverser par un camion. Plongé dans le coma suite à l’accident, celui-ci ne peut hélas livrer sa version des faits.

Mais l’inspecteur Kaga, arpentant inlassablement à pied le quartier qui a été le théâtre du crime, se forge lentement une opinion sur ce fait divers déjà classé par les médias. Le coupable que tout accuse ne serait pas le meurtrier.

J’ai peiné à rentrer dans le roman en partie à cause de la profusion de personnages aux noms difficiles à retenir. J’ai également été déçu par l’apparente froideur du récit. Et puis tout a basculé lorsque j’ai découvert la vie secrète de cet homme d’affaires poignardé, sa famille et celle de l’accusé. L’histoire devient un pèlerinage des sept divinités du bonheur, des visites dans des cafés, restaurants et boutiques du quartier où Aoyagi Takeaki se rendait en secret de sa famille.

Finalement Les Sept Divinités du bonheur est une très belle histoire pleine d’humanité mais je lui préfère Le Nouveau du même auteur et que j’avais lu en premier. Mais manifestement le libraire n’était pas de mon avis.

Mondes parallèles une histoire d’amour 

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J’ai découvert Keigo Higashino avec bonheur dans Le Nouveau. Alors lorsque Babelio m’a proposé de lire son dernier roman, je n’ai pas hésité une seconde même si j’avais deux autres livres en route.

Je n’ai pas reconnu tout de suite l’auteur japonais dans cet intrigant trio amoureux. Dès le second chapitre, le lecteur découvre l’étrangeté du récit. Au fil des pages, il se raccroche à quelques mots pour se souvenir où il se trouve et petit à petit, il perd prise avec la réalité. 

Tomohiko et Takashi, deux amis d’enfance, travaillent dans un laboratoire de réalité virtuelle. Tous deux rencontrent la délicieuse Mayuko et en tombent immédiatement amoureux. 

Les mondes parallèles s’embrouillent dans le roman. Un jour Takashi se réveille au côté de Mayuko, le lendemain il rêve de la voler à son ami. Etait-il dans ce parc d’attractions avec elle ? Vit-il seul, est-il en couple ? Tomohiko est-il parti travailler à Los Angeles sur un projet secret ? 

Ecrit à la fois comme un récit fantastique, une histoire d’amour et un policier, le roman de Keigo Higashino se dévore de la première page jusqu’à la dernière.

Magnifique !

Le Nouveau

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Un polar écrit par un auteur japonais représentait pour moi une expérience littéraire très exotique. C’est ce qui m’a principalement décidé à me plonger dans Le Nouveau de Keigo Higashino outre le fait qu’il soit édité dans la collection Babel noir que j’apprécie beaucoup.

Une dame seule, est assassinée à son domicile et le policier Kaga Kyõichirõ, nouvellement muté dans le vieux Tokyo est chargé d’aider la préfecture sur cette enquête.

Une enquête qui commence comme une succession de nouvelles, des chapitres où le lecteur pénètre dans des commerces du quartier de Ningyõchõ, découvre les vendeurs (souvent de jeunes apprentis) et dénoue le fil des événements à la manière d’un roman d’Agatha Christie.

Une manière pour le moins originale de raconter l’histoire, de présenter le policier, la victime et sa famille, une immersion dans la vie d’un quartier du vieux Tokyo avec ses traditions, ses commerces, ses rues, son artisanat et ses spécialités culinaires. Un pur dépaysement où l’enquête devient secondaire, cédant la place à de multiples petites intrigues du quotidien de ce quartier nippon.

Comme dans les vieux polars, chaque personnage est soupçonné avant d’être innocenté par la révélation d’un secret ou d’un détail. Un enfant que chacun des parents voient en secret, une belle mère et sa bru qui s’apprécient sans oser se l’avouer, un père qui a une fille cachée, un apprenti qui fait des courses en secret pour son patron…

Vers le milieu du roman, l’auteur rentre dans le vif de l’enquête, commençant à dérouler la chronologie des événements et les soupçons se resserrent peu à peu autour d’un des personnages de l’histoire.

Qui a tué Mineko, pour quelle raison, où trouve-t-on des gaufres à la pâte de haricots rouge, quel est ce mystérieux chiot, vous le saurez uniquement en lisant cet excellent policier atypique pleins n d’humanité.