Leur domaine

Image

C’est une étrange sensation que de lire un roman lorsque l’on en connaît toute l’intrigue mais pas les détails. 

J’avais dévoré la seconde partie du roman de Jo Nesbo, Les maîtres du domaine, en décembre dernier et me suis juré de lire la première partie dès que j’en aurais l’occasion, parce que l’histoire de ces deux frères est vraiment incroyable. 

Le problème, c’est que je connaissais les grandes lignes du récit. Aucun suspens n’était à espérer. Alors j’ai pris mon temps, chapitre après chapitre, tranquillement, j’ai découvert les détails des quatre meurtres perpétrés par Roy et Carl, les deux frères Opgard.

Os est une petite ville paumée en Norvège où tout le monde se connaît. Quelques touristes venus d’Oslo viennent s’y détendre le week-end, sinon le reste du temps, on y voit tout le temps les mêmes têtes. Le maire, le pompiste, le barman, la coiffeuse, le vendeur de voitures de seconde main et bien sûr le Lensman.

En contrebas du virage des chèvres, pas loin de la ferme des deux frères, les voitures ont une fâcheuse tendance à terminer leur course au fond du ravin et personne ne veut poser de barrière pour sécuriser la route.

Carl, le petit frère, est le beau gosse extraverti et intelligent. Roy, son aîné, est plus taciturne et c’est lui qui défend toujours Carl. Roy est pompiste, Carl fait des études. Deux orphelins qui vivent seuls dans la ferme familiale depuis que la Cadillac des parents a raté un jour le fameux virage des chèvres.

Le roman raconte pendant près de sept cent pages les relations complexes qui lient ces deux frères. Des relations qui les entraînent dans une spirale meurtrière infernale. 

C’est aussi la chronique d’un village de montagne isolé où le projet de construction d’un hôtel de luxe va bousculer l’ordre social bien établi.

Une histoire captivante à lire dans l’ordre ou dans le désordre.