Monkeys On Mars – Monkeys On Mars

Image

Après le voyage sans retour de la chienne Laïka dans l’espace, ce sont maintenant des singes que l’on va envoyer sur Mars. Ils ne savent plus quoi inventer.

C’est Stéphane Gallay qui m’a fait découvrir Monkeys On Mars, la compression de deux groupes de stoner, Mars Red Sky et Monkey 3.

Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un inconditionnel de ces deux formations françaises et suisses. Pourtant, lorsque j’ai écouté cet EP, symbiose de leurs deux démarches musicales, j’ai immédiatement accroché.

L’EP Monkeys On Mars ne comprend que trois titres pour vingt-huit minutes de musique, deux grands formats et un petit morceau de trois minutes qui n’est autre que la version edit du premier morceau. Les pièces empruntent principalement au psychédélique et au space rock avec des sonorités vintages pour faire bonne figure. Un EP majoritairement instrumental chantées par Julien Pras du groupe Mars Red Sky.

Le premier titre, long de dix minutes, s’intitule ‘Seasonal Pyres’, les bûchers saisonniers. Un long texte empreint de multiples connotations religieuses, qui reste, après plusieurs lectures, relativement ésotérique. Libre à vous de l’interpréter comme il vous plaira. La pièce prend son temps pour se mettre en place sur des claviers space rock avant l’arrivée de la basse et de la guitare. Le chant quasi féminin de Julien, prend alors la relève sur un rock progressif où les guitares ont le beau rôle.

‘Hear The Call’, le titre le plus long de l’EP du haut de ses treize minutes instrumentales,  baigne dans de fortes influences orientales. Un titre en trois grandes parties qui débute par une longue section space rock cinématique avant de nous guider en Orient puis de nous plonger dans du psychédélique au solo de guitare hallucinogène.

Bien évidemment, vingt-huit minutes, c’est bien trop court, surtout lorsque trois de ces minutes reprennent le premier morceau en version edit. Mais voilà, c’est très bon, alors pourquoi bouder notre plaisir ?

Le groupe passera au P8 à Karlsruhe en Allemagne le 25 avril, la dernière date d’une longue tournée européenne, je vais essayer d’en être.

Je vous engage fortement à découvrir cet excellent EP, il est à petit prix sur Bandcamp, alors ne vous privez pas.

Psychonaut – World Maker

Image

Le groupe Psychonaut n’est pas totalement un inconnu pour moi. Je lui ai déjà tourné autour avec l’album Violate Consensus Reality sans pour autant conclure. Le trio belge de prog psyché né en 2011 vient de sortir World Maker le 24 octobre dernier, un album dix titres d’un peu moins d’une heure, qui me donnait l’occasion de me rattraper.

Le groupe Psychonaut bascule avec déroutante aisance des hurlements à la douceur, du violon à la guitare saturée. Leur musique est autant stoner, psychédélique que progressive, avec un ancrage marqué dans les seventies. Un mélange totalement explosif qui ne laisse pas une seconde pour s’ennuyer. Vous entendrez des influences venues de Tool, Led Zep, Mastodon ou encore Pink Floyd avec tout de même nettement plus de poussées d’adrénaline que les groupes précités.

Stefan De Graef, le chanteur et guitariste du groupe, joue de taping assez halluciné avec sa six cordes comme dans le titre ‘Endless Currents’. Cette technique est clairement pour moi la signature du groupe Psychonaut en plus du côté grandiloquent des compositions. Car en plus de partir dans le chant hurlé assez souvent, Psychonaut donne dans le grand spectacle cinématique, comme dans le morceau ‘… Everything Else Is Just The Weather’.

En plus du trio guitare, basse, batterie, World Maker regorge d’arrangements, voix, claviers, percussions et orchestrations comme dans l’instrumental orientalisant ‘Origins’. La musique s’en trouve fortement enrichie, lui donnant un aspect nettement moins brut de décoffrage que le stoner de base tout en la rapprochant fortement de la mouvance progressive.

World Maker est un concept album empreint de mysticisme. Il parle avec émotion et violence d’une divinité faiseuse de mondes, le « world maker » si vous ne parlez pas anglais. Après, j’avoue ne pas avoir tout compris aux textes qui ne donnent pas vraiment dans l’explicite. Par contre, ils sont magnifiques et écrits comme des poèmes.

Si je devais mettre en avant un seul titre de Psychonaut, ce serait sans doute ‘Stargazer’ qui alterne avec brio poutrage et fragilité pendant pas loin de huit minutes. Il y a du growl, du chant clair à la manière d’Anathema, un refrain à la Steven Wilson, du bon gros metal,de la guitare acoustique limite folk, bref un véritable bento métal progressif.

World Maker est un album tout en puissance mais également d’une grande subtilité avec des passages fragiles et explosifs. Je n’ai pas grand chose de plus à en dire, sorti du fait qu’il rentre de ce pas dans ma petite sélection d’albums de l’année qui a des chances d’arriver dans le trio de tête 2025. Allez l’écouter d’urgence, vous le trouverez sur Bandcamp.

Pothamus – Abur

Image

Dans ma liste de courses, j’avais noté le groupe de post-metal belge Pothamus et son nouvel album Abur. Alice l’avait encensé et Alias en pensait du bien sans parler des extraits qui m’avaient séduits. 

Donc après m’être endormi sur Steven Wilson, je me suis dit, pourquoi ne pas tenter un post-metal mystiquo shamanique. 

Abur compte six morceaux très homogènes de trois à quinze minutes pour un peu plus de trois quart d’heure de transe. En fait, en guise de post-métal, Abur propose un shoegaze doom psychédélique. Une musique relativement lente, complètement fumée, ponctuée de scream et de transes au chant clair sur une batterie plus proche des percussions que de la double pédale.

Au début, je me suis demandé si j’accrocherais pendant les quarante sept minutes que durent l’album ou si le titre d’un quart d’heure n’aurait pas raison de ma patience. Après trois écoutes consécutives, je ne me posais plus la question.

Bonheur suprême, le groupe passait en Allemagne, non loin de Strasbourg au mois d’avril. Du coup j’ai eu l’occasion de les écouter le live et d’acheter l’édition vinyle et tant qu’à faire, un tee shirt. Un très beau vinyle accompagné d’un poster au format A2 sur lequel sont imprimées les paroles de l’album.

Abur est un album atypique que je ne recommanderais pas forcément à tout le monde. Ma femme classe la musique de Pothamus dans les trucs horribles que j’écoute tout le temps. Mon chat lui, reste sur mes genoux, même pas inquiet. Alors qui croire ? Bon, le chat avait peut-être faim.

‘Ravus’, qui dure près de six minutes,  superpose des claviers cinématiques sur des tam-tam indiens, des cris, des chants évanescents et de la batterie métal. Ce mélange improbable, assez répétitif, même s’il est en constante évolution, vous  entraîne dans un trip sous acides sans vous prévenir.

Le court ‘De-Varium’ s’ouvre sur les sons d’un instrument indien appelé shruti box et des chants incantatoires avec pour simple rythmique les notes d’une guitare. 

Un bref interlude qui laisse place à ‘Svartuum Abur’, un morceau de huit minutes, mystiquo métal des plus inquiétant.

Quant au titre album qui conclut le vinyle, il durcit clairement le ton après une première partie relativement planante. Disons qu’il y a un passage hurlé torturé qui fait froid dans le dos.

Les paroles des morceaux sont à l’image de la musique, complètement fumées, un concept album. Un mélange de quête de la connaissance, de philosophie, d’ésotérisme, de champignons hallucinogènes et de paillasson fumé. Pas vraiment ma tasse de thé à priori, sauf peut-être en musique.

N’hésitez pas à aller découvrir cet album sur Bandcamp, il fait partie de mes rares coups de cœur 2025.