Ma carte noire

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Ma banque m’a envoyé une nouvelle carte de crédit avant Noël. Elle est toute noire. Pour être précis, ce n’est pas ma banque, enfin pas celle où résident mes comptes. C’est un organisme qui propose des cartes de crédit Visa à débit différé pour dix euros par an. Et grâce à ces cartes, nous recevons des bons de réduction de cinq euros plusieurs fois par an. Bref, elle ne nous coûtent rien contrairement à celle de ma banque qui est facturée plus d’une centaine d’euros par an. Et je déteste donner de l’argent à un banquier.

J’ai donc reçu ma nouvelle carte noire à puce avec un petit code pour l’activer sur l’application de la banque. Mais voilà, sur l’application, impossible d’activer ma carte. Donc, j’ai envoyé un mail au service client qui m’a aimablement répondu complètement à côté de la plaque. Alors j’ai appelé le service client qui a promis de s’occuper du problème. Ça c’était mi décembre.

Depuis j’ai envoyé deux mails par semaines et je leur ai téléphoné au moins autant pour faire avancer le dossier. Cela fait pas mal de messages et d’appels. Mais la réponse était toujours la même, « nous allons vous rappeler » ou « nous allons vous envoyer un mail pour réinitialiser votre compte ».

Le problème était pourtant identifié. Nous avons deux espaces clients, celui de mon épouse et le mien. Depuis plusieurs années, je gèrais tout depuis l’espace client de mon épouse (c’est moi qui fait les comptes, paye les impôts, vide les poubelles…). Et cet espace client ne me permettait plus de gérer ma carte. Il fallait que j’aille sur le mien. Hélas, je ne pouvais m’y connecter à cause d’une ancienne adresse mail depuis longtemps disparue. 

Un soir, en rentrant du travail, j’ai enfin reçu enfin le message contenant le fameux lien de réinitialisation valable 24h. J’ai cliqué dessus, plein d’espoir, avant de découvrir le terrible message en rouge affiché à l’écran. Le lien avait expiré ! J’ai contacté le service client qui m’a demandé de supprimer mon application, de patienter une demi-heure et de tenter une nouvelle connexion. J’ai supprimé l’application, patienté une heure, installé l’application, et j’ai vu s’afficher le message de bienvenue : « Une erreur est survenue. Merci de réessayer ultérieurement. ». J’ai donc à nouveau contacté le service client qui m’a proposé de, devinez quoi, supprimer l’application et de la réinstaller. Après plus de trente minutes d’explications, de mises à jours et de tentatives infructueuses en suivant minutieusement les procédures dictées par mon interlocuteur, le conseiller a fait remonter un ticket d’anomalie (le deuxième depuis le début de cette aventure).

Le bon coté des choses, c’est que grâce à la banque, je faisais des économies. Ma carte était gratuite et je ne pouvais pas réaliser de paiement sans contact ni sur internet, et ça depuis plus d’un mois. Heureusement que certains sites acceptent les virements bancaires et Paypal pour régler les achats.

Et puis un jour enfin, j’ai reçu un message me demandant de me connecter avec mon email et non plus l’identifiant à six chiffres, de demander un nouveau mot de passe et de me reconnecter. Et ça a marché, plus d’un mois après le début de mon enfer. Victoire !

Je ne vous cache pas que si tout cela m’a énervé, c’est parce que je voulais précommander le nouvel album de Lazuli qui sortait le 30 janvier. Malheureusement, sur leur site, les moyens de paiement disponibles étaient Apple Pay, Google Pay et un truc exotique dont je n’avais jamais entendu parler. Bref des systèmes que je ne pouvais pas utiliser avec mon problème de carte bancaire. Rageant ! 

Mais figurez-vous que le jour où j’ai enfin pu accéder à l’espace client de ma banque, Lazuli venait d’ajouter PayPal comme moyen de paiement sur leur site !

Le monde est vraiment trop injuste…

L’énigme

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Écrire ne nourrit pas son homme, dit-on, même lorsque l’auteur connaît le succès. Joël Dicker, fort de quatre romans dont deux best-sellers, semble victime de ce dicton.

Dans l’Enigme de la Chambre 622, l’auteur suisse nous dépeint la haute société de la ville de Genève, ses banquiers, ses palaces, ses espions, ses restaurants, ses millionnaires, ses acteurs, ses belles femmes et l’Ecrivain. Et cette fois Joël assume, l’écrivain c’est lui.

Une fois encore dans l’oeuvre de Dicker, il s’agit d’un roman dans le roman. Joël y parle de lui, de son éditeur et ami Bernard de Fallois décédé le 2 janvier 2018 et du livre qu’il écrit, poussé par Scarlett, une femme qu’il rencontre dans un palace alors qu’il y profite de vacances. L’histoire d’un meurtre commis dans ce même palace au bord du lac, dans la chambre 622. 

Qui est mort ? On ne sait pas. Mais Dicker va enquêter pour nous.

Rolex, diamants, avoirs, rubis, soirées mondaines, pouvoir, nous voici plongé dans un univers d’une laideur sans pareille avec des personnages sans grande consistance ni psychologie auxquels le commun des mortels ne pourra s’identifier. 

Le récit sautant du coq à l’âne, en privilégiant ce dernier, tente tant bien que mal de rebondir sans succès. Aller retour dans le temps, trois mois, quinze ans, cinq jours, incessants changements de décors, de personnages, j’ai l’impression que Dicker masque la pauvreté du récit avec des non coups de théâtre.

Mais que s’est-il passé dans la chambre 622 dans la nuit fu 15 au 16 décembre ? La police ne le sait pas et j’avoue que je m’en moque un peu. 

Je suis allé au bout du livre parce que je n’avais rien d’autre à lire. Ne faites pas comme moi. Pourquoi Joël Dicker est-il tombé si bas après deux excellents romans ? Voilà la véritable énigme.