N’importe quoi

Pendant mes longues heures passées dans les salles d’attente des médecins, radiologues et laboratoires, j’ai un peu de temps pour me cultiver en me plongeant dans de passionnants romans.

Je ne sais plus où j’ai lu du bien de cet ouvrage, Le Grand N’Importe Quoi de J.M. Erre, mais force est de constater, arrivé à la moitié de l’ouvrage en question, que je ne suis pas du tout de l’avis du chroniqueur. Vous me direz, « tu n’as pas encore fini le livre », c’est vrai, et d’ailleurs, je me demande si je vais le finir, mais avec un peu de chance, ce soir mon rendez-vous chez le gastro entérologue va me fournir deux heures pour boucler l’affaire.

Pour l’instant,  Le Grand N’Importe Quoi, est à mi chemin du Guide Du Routard Galactique et d’Un Jour Sans Fin. Génial non ? Non… J.M. Erre ne manie pas l’humour comme Douglas Adams et les ficelles de l’histoire sont tellement grosses que l’on ricane avant même que la chute arrive. Le style n’étant pas des plus élégants non plus malgré de nombreuses citations littéraires niveau première scientifique, le récit d’une fête culturiste dans un village paumé de France où d’étranges événements se produisent, manque cruellement de sel. Bref pour l’instant, l’ennui est complet.

Deux heures de retard chez le spécialiste m’ont permis d’achever l’oeuvre. Si comme moi vous n’accrochez pas sur les deux premières pages, n’allez pas plus loin.

Où est le bec ?

Michel HouellebecqJ’ai un collègue qui ressemble à Michel. Certes il est plus enveloppé, sent très fort le clochard, ne travaille pas, mange du Mac Do à l’heure du goûter et semble posséder la même vision du monde qui l’entoure.

Cet écrivain français très médiatisé, particulièrement choyé chez France 2, m’a toujours déconcerté par sa façon de s’exprimer, ses non réponses et son aspect repoussant. Mais il a tout de même reçu le prix Goncourt en 2010. Comme pour Amélie Nothomb, il fallait que je me fasse une idée, que je lise un livre du bonhomme pour ne pas mourir totalement idiot.

C’est avec son premier roman, Extension du domaine de la lutte (1994) que je me lançais dans la découverte de Michel Houellebecq. Un ingénieur bossant pour une SSII part en missions avec un de ses collègues moche, juif, obsédé et puceau en province pour former les agents d’antennes du ministère de l’agriculture à un nouveau pro-logiciel. Au fil des chapitres, un récit décousu, propose une vision désabusée et cynique des comportements humains, de la sexualité, du monde du travail et du sens à donner à la vie. Une plongé malsaine dans la dépression d’un cadre moyen, dans ses pulsions suicidaires et son dégoût pour la vie. Je dois reconnaître, à mon corps défendant, que j’ai dévoré le livre malgré les nombreuses digressions assez perturbantes comme ces essais animaliers sur la sexualité humaine.

Mon collègue me fait de plus en plus penser à Michel, et après la lecture de  Extension du domaine de la lutte, j’en arrive presque à avoir de l’empathie pour lui, mais de loin, il sent vraiment trop mauvais et se comporte toujours comme un con. J’imagine juste la souffrance qui le ronge. Le jour où je le vois arriver avec un couteau de cuisine au travail, je m’enfuie.

La question qui reste en suspens est la suivante : lirai-je un nouveau Houellebecq ? Avec Amélie, j’ai fait le tour en un seul livre, je n’irai pas plus loin. Avec Michel, même si son univers est malsain, ou peut-être parce que son univers est malsain et ses réflexions poussées à l’extrême, je serais bien tenté d’aller plus loin, d’autant que ce roman n’était que son premier essai publié. Alors qui sait ?