Photo mattons – matériel – 8

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Vous avez plusieurs boîtiers, de nombreux objectifs, des pieds, des monopods, des filtres, de quoi remplir un coffre de voiture, alors que mettre dans votre sac à dos lorsque vous partez faire de la photographie ? (la question est purement rhétorique car si vous avez tout ce bazar hors de prix, vous savez sans doute déjà quoi faire)…

Lors des promenades dominicales, les ballades en ville, les voyages à l’étranger, si votre activité n’est pas purement photographique, je vous recommande de voyager léger. Je n’irai pas jusqu’à vous recommander l’usage exclusif du smartphone, car de belles photographies de vacances, comme un coucher de soleil sur la mer, cela fait de beaux souvenirs, mais si vous ne voulez pas pourrir la vie de vos proches avec 15 kilos de matériel et d’incessants changements d’objectifs, je vous recommande de voyager léger. Un boitier pas forcément plein format et un objectif généraliste feront amplement l’affaire. N’installez pas le grip, vous n’allez pas prendre 1000 photos en deux heures, vous voyagerez léger même si la prise en main s’en ressentira un peu. Ne prenez pas de pied, sauf si vous envisagez d’avance des poses B, à la rigueur un monopod. Pour l’objectif, un zoom à grande plage focale sera parfait, du grand angle au 200 mm maxi, pour ma part j’emmène un 18-140 mm même si ce n’est pas une bête de course. Il tient, avec mon boitier, dans mon topload avec le chargeur et le kit de nettoyage. Bien entendu, cela générera chez vous quelques frustrations parfois, comme louper la photo du siècle faute d’avoir le bon objectif. Mais soyons sérieux, si vous lisez ceci, c’est que vous ne vivez pas de la photographie…

La photographie animalière nécessite un tout autre équipement et se prévoit de préférence à l’avance. Pour ne pas effaroucher les petites bébêtes, prévoyez une grande focale, disons de 300 à 500 mm et si vous pouvez un doubleur tant qu’à faire. Bien évidement, ce genre d’équipement pèse très lourd, un monopod vous simplifiera la vie à moins que vous vouliez concilier chasse photo et musculation. Évitez la parqua rouge ou jaune, bizarrement, les animaux n’aiment pas ces couleurs. Mettez des vêtements qui se fondent dans la nature pour ne pas être repéré trop vite, prévoyez un siège pliant pour les longues attentes et ou un tapis de sol pour la sieste coquine. Là, vous aurez besoin d’un sac grand photo pour trimbaler tout le matériel, de préférence étanche, on n’est jamais à l’abri d’une galère dans les zones humides.

Les paysages nécessitent un grand angle. Si vous partez vous promener en montagne, au bord d’un lac, même en ville pour faire de belles photographies, prenez un zoom grand angle, genre 18-35 mm. S’il n’est pas à ouverture constante, il ne sera guère encombrant et vous permettra d’englober tout le paysage d’un seul regard.

Pour le portrait, l’affaire se corse. On tombe dans le domaine du professionnel. Il faut idéalement un studio équipé. Murs blancs, fond colorés, flashs, parapluies, réflecteurs, assistants, pieds, maquilleuse sans parler du matériel photo et du mannequin. C’est bête mais sans quelqu’un à photographier, votre portrait risque de ressembler à une nature morte. Je n’ai bien entendu, rien de tout ça, pas même un flash (encore moins de mannequin, de toute façon ma femme me tue sinon). J’utilise un projecteur LED de chantier pour l’éclairage, un pied photo et surtout un objectif ouvert à 1.8 pour limiter la profondeur de champ. Mais je ne fais presque jamais de portrait.

La photographie de concert entraîne également d’assez fortes contraintes. Vous allez photographier avec peu de lumière, qui plus est très changeantes, des rigolos qui bougent tout le temps. Il faudra être capable faire des gros plans comme des plans larges. Si vous ne voulez pas galérer, je vous recommande de prendre deux boîtiers avec deux objectifs. Deux objectifs avec une grande ouverture constante, 1.4, 1.8, 2.8, deux zooms pour varier les cadrages, un grand angle et un téléobjectif. Si vous avez un machin truc pour accrocher vos boîtiers à la ceinture c’est top, car il va falloir bouger vite sans cogner les gens avec votre matos et ne pas avoir les mains toujours encombrées pour applaudir de temps en temps. Dans une salle de concert normale, un 18-35 mm et un 70-200 mm me semblent de bons choix, même si à ouverture constante, vous trimbalez quelques kilos sur vous, sans parler des grips, indispensables pour l’autonomie et une bonne prise en main.

Pour le sport, tout dépendra de celui-ci. La photographie de sport nécessite des temps de pause très courts (1/200 maxi) donc de la lumière et souvent le sujet est éloigné ce qui implique d’avoir de grandes focales (course automobiles, football). C’est là que vous auriez besoin d’une bonne cadence de mitraillage, donc un boitier rapide fonctionnant miroir levé idéalement pour aller plus vite. Je me contente de photographier du tennis de table, parfois du kitesurf, l’idée étant à chaque fois de saisir le mouvement du sportif à l’arrêt avec la balle blanche bien nette ou les gouttes d’eau immobiles, des captures à grandes vitesses. Il vous faudra un objectif bien stabilisé (mode sport) pour suivre quelqu’un en mouvement rapide. Mais le sport cela peut-être des clichés multiples superposés, des poses longues, du grand angle, donc avant de partir pour une série photos sportives, réfléchissez bien au thème que vous voulez aborder, le mouvement, les visages, l’atmosphère et que sais-je, sinon vous devrez emmener tout votre matériel.

Pour la photographie de rue, voyagez léger, un boitier, pas de grip, un objectif 35 ou 50 mm et le tour est joué. Le but est de se faire discret, furtif, invisible, d’être à l’affût, rapide et saisir l’instantané. Autre avantage de voyager avec peu de matériel, vous courrez plus vite si la personne ne voulait pas être photographiée.

Il neige à Strasbourg

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Il m’arrive parfois d’être content de moi, ce n’est souvent, mais ça arrive. J’allais prendre l’air à Strasbourg, histoire de changer du décollage de papier peint, histoire de voir si je pouvais ramener un disque ou deux à la maison par la même occasion. Comme j’étais seul, j’embarquais avec moi moi Nikon et le 85 mm que j’affectionne particulièrement pour la photo de rue (ni trop près, ni trop loin).

J’ai mes petites habitudes, au lieu de descendre en plein centre ville, je m’arrête place de l’Etoile et je continue par le Pont des Corbeaux, remonte vers la cathédrale et bifurque ensuite vers la place Kléber. Il s’agit de l’itinéraire des groupes de touristes visitant notre belle capitale européenne. Eux continuent ensuite le plus souvent vers la Petite France, cette fois je ne les ai pas suivi.

C’est place du Château, au pied de la cathédrale, que j’ai trouvé mon sujet ce jour là. La place est vaste, déserte et minérale, avec des jets d’eau au raz du sol. Côté cathédrale, des échafaudages, je décidai donc d’orienter mon objectif vers le sud, côté Palais Rohan. Entre moi et l’édifice, les jets d’eaux. J’approche au plus près des gouttes, au niveau du sol, ouverture 1.8, mise au point intermédiaire entre les gouttes et les passants, le tout au 1/1600 de seconde et voila. Un peu de vibrance, de clarté et de noir et j’ai une photo qui me plait. Ni réaliste, ni truquée et pourtant étrange. J’ai l’impression qu’il neige.

Streetbourg

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Samedi dernier, j’ai voulu mettre en pratique le stage de photographie de rue, cette fois en solitaire. Il faisait une température agréable après les derniers pics à plus de 30°C et je devais aller en ville de toute façon. C’est muni d’un 85 mm (mon objectif fétiche du moment), permettant de photographier d’un peu plus loin les sujets, que je me suis rendu en centre ville de Strasbourg en quête de sujets dans un cadre urbain.

Je commençais sur la place Kleber avec un homme qui remplissait le ciel de bulles de savon pour le plus plaisir des enfants. J’ai tourné autour jusqu’à trouver le meilleur angle de vu selon moi, l’homme de dos à contre jour avec la mère et sa fille en second plan. J’ai choisi une ouverture de 1.8 pour flouter tout ce qui n’était pas en premier plan et mettre en valeurs les irisations des bulles.

Quelques mètres plus loin, je tombais sur un couple dans une ruelle étroite, le jeune homme portait sa copine hilare dans les bras comme une mariée. L’image était tentante mais je n’ai pas osé, le gars était balaise et je ne cours pas vite.

Je suis arrivé sur la place de la cathédrale bondée de touristes où un violoncelliste tentait de gagner quelques euros en jouant sur le parvis. J’ai commencé par une photo du musicien seul puis ai attendu que des personnes passent devant ou derrière lui, ne prêtant de préférence aucune attention à sa musique. J’aime le décalage entre l’artiste jouant concentré et cette touriste qui passe devant lui. Lui net, elle floutée par le mouvement et la profondeur de champ.

J’ai continué ma ballade le long des quais et avant de passer sous un pont qui enjambe l’île. Soudain je vois ce groupe qui surgit sous l’arche, dans la lumière. La photo fait un peu film d’horreur avec le traitement extrême des hautes et basses lumières que j’ai ajouté ensuite à l’aide de Lightroom.

Je suis resté encore un peu au même endroit, essayant le même genre de clichés avec différents passants. Un autre photographe m’a copié, le vilain… Voici une seconde version avec un couple cette fois et un noir et blanc plus académique pour rendre la douceur de la scène.

Enfin, toujours le long des quais, j’ai pris en photo cette personne en haut d’un pont, plus pour la composition et les couleurs qu’autre chose. J’ai encore du chemin à faire, être plus rapide, moins timide, courir vite, trouver le bon cadrage du premier coup, mais je suis content d’y être allé tout seul et d’oser un peu plus.

La médiathèque Malraux

C’est devant la médiathèque Malraux que nous avions rendez-vous samedi matin pour le troisième atelier de streetphotography. Un lieu de passage avec ses deux grues et ses nouveaux immeubles, une ancienne friche industrielle que la ville de Strasbourg a admirablement bien réhabilité. Un samedi matin, froid et gris, qui n’incitait guère les alsaciens à lézarder sur l’esplanade. Excepté quelques cygnes, pigeons et agents de voiries nettoyant la place, pas âme qui vive. Pour de la streetphotography, l’affaire semblait mal emmanchée.

Vous ne verrez pas la médiathèque, ni les grues, car nous nous sommes déplacés rapidement vers la gare routière pour trouver quelques bipèdes conciliants.


Cette fois, j’étais venu avec un pied photo et un déclencheur à distance, histoire de pouvoir enfin m’essayer aux pauses longues et aux doubles expositions. Pour l’objectif, j’ai triché (comme beaucoup), me munissant d’un 18/140 mm afin de ne pas avoir à courir partout, la zone de jeu étant très grande avec de vastes espaces vides (très vides).

Arrivé avec un peu d’avance, je m’essaye à la double exposition sur des cygnes, totalement hors sujet, mais faute d’autre modèle… C’est un petit chien, traversant une passerelle, derrière son maître, qui me donnera mon premier cliché. C’est également ma photographie préférée.

La piste cyclable sera une source d’inspiration comme la gare routière avec ses murs miroirs. J’ai essayé des poses longues devant l’entrée d’un centre commercial mais sans grand succès. Le miroir reflétant les murs miroirs de la gare, c’est une idée que j’ai volée à un des autres photographes du stage. Pas de la streetphotographie à proprement parler mais la composition m’a amusé.

Nous allons nous retrouver en mai, en studio, pour une seconde soirée débriefing et développement où j’espère bien explorer un peu plus en profondeur les arcanes de Lightroom.

Martine prend le train

Samedi dernier, nouvelle matinée de photographie de rue, le stage photo que je suis actuellement pour devenir, avec un peu de chance, moins mauvais. Cette fois, Pierre, notre formateur, nous emmenait à la gare pour que nous nous exercions. Déjà l’aventure du marché m’avait quelque peu effrayé, alors aller dans une grande gare, armé d’un appareil photo, en période de paranoïa urbaine, me semblait terrifiant.

C’est pourtant dans une grande indifférence que nous avons pu photographier au milieu de la foule. Dans la gare, les gens semblaient ne pas nous voir, ne pas être dérangés par les onze objectifs braqués sur eux. Je me suis posé, accroupi, à de nombreuses reprises au milieu des allées grouillant de monde, afin de prendre la foule courant après son train, sans subir un seul regard de travers ou une remarque désobligeante. Bien au contraire, nous avons eu même droit à quelques sourires encourageants.

J’ai passé une bonne partie du temps devant l’escalator, m’essayant à des superpositions d’images ratées hélas (pas de pied photo contrairement à d’autres ce matin là), puis je me suis aventuré dans les couloirs grouillant de monde. Un vrai bonheur ! Cette fois, même si le résultat final n’est pas à la hauteur de mes espérances, je me suis réellement amusé et les deux retardataires, courant après leur train dans les couloirs, sont mes images préférées.

Jeudi soir prochain, après Pain of Salvation au Z7, ce sera, séance en labo avec Lightroom, pour choisir les clichés et les retravailler.

Street Photography

Déambuler au marché, équipé d’un 35 mm et saisir des personnes dans leurs quotidien, tel était mon challenge photographique ce dernier samedi.

Je venais de signer pour le premier stage photo de ma courte existence. Après quelques bases sur l’utilisation d’un reflex, de rapides notions sur le triangle infernal (iso, vitesse, ouverture), nous étions onze stagiaires lâchés dans la nature avec pour mission de ramener cinq images de street photo. L’exercice pourra paraître simple à certains, pour moi ce fut l’enfer. J’ai toujours photographié avec le consentement implicite et tout relatif des sujets (concerts, sport, famille) ou d’autres, qui, s’ils ne sont pas d’accord, n’ont jamais réussi à l’exprimer clairement (lune, ruines, lampadaires, oiseaux).

Dans ce genre d’exercice, il faut saisir l’instant et essuyer des refus. Au milieu d’une foule dense occupée à choisir un kilo de pommes, un poulet rôti ou deux poireaux, rodaient onze photographes amateurs de tout poils, cherchant à capter la bonne image, l’idée, les couleurs, l’instantané, devant des passants pas toujours très réceptifs à l’exercice. Il y a eu des refus directs (bien compréhensibles), des fuites et des poseurs, il y a eu surtout un beau gâchis de pellicule de mon côté.

Le soleil était au rendez-vous, offrant contre-jour et ombres que je n’ai su exploiter. Je me croyais à l’aise dans une foule avec un appareil photo, je m’aperçois que ça n’est pas du tout le cas, que je reste coincé et timide dans cet exercice et que le matériel ne m’est d’aucun secours quand il s’agit de faire de la photographie de rue. Il s’agissait d’un premier jour de stage, il y en aura d’autres, dans différents lieux, ainsi que des séances de post traitement, alors je garde espoir, mais je n’ai pas hâte d’être confronté aux photographies inspirées des dix autres personnes qui se sont promenées avec moi au marché samedi dernier.