Odd Logic – Mortal Heirloom

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En me promenant sur Bandcamp, je suis tombé complètement par hasard sur le groupe Odd Logic et son dernier album Mortal Heirloom.

Je n’avais jamais entendu parler de ce duo de Tacoma qui depuis 2004 a sorti neuf albums, mais en les écoutant, j’ai tout de suite pensé au groupe québécois Mystery.

Plusieurs de leurs disques sont téléchargement gratuit sur la plateforme numérique et pour les autres, vous pouvez décider du montant à donner.

Odd Logic joue d’un rock progressif qui vire parfois au métal sur un chant qui n’est pas sans rappeler celui de Jean Pageau et même celui de James Labrie comme dans le premier morceau ‘Critical Minutiae’.

Sean Thompson chante et joue de tous les instruments sauf la batterie tenue par Pete Hanson. Et si le duo ne réinvente pas la poudre, leur album fait tout de même de belles étincelles.

En six morceaux de six à dix minutes Sean et Pete construisent un album de trois quarts d’heure à la frontière du métal progressif à la Dream Theater et du néo-progressif de Mystery.

L’album comporte des passages très mélodiques comme dans ‘Unequal Lies’ et du metal prog djent à la manière de ‘Permanent Guest’. Et tout cela fonctionne très bien ensemble.

Je ne sais pas vraiment de quoi parle l’album, ni même s’il s’agit d’un concept. Les textes sont suffisamment énigmatiques pour qu’à la fin de leur lecture, je n’en sorte pas plus avancé qu’au début. Ils possèdent clairement des inspirations fantastiques, mais ils semblent également évoquer des personnes du monde réel.

Dans les morceaux que j’adore il y a ‘Droid’ parsemé de bruitages et qui est l’exemple le plus réussi du mariage du mélodique et du métal progressif. Le titre s’articule autour d’un refrain des plus vendeur et d’éléments plus épais qui racontent les questionnements d’un androïde de compagnie sur sa raison d’être.

Lorsque j’ai commencé à écouter Mortal Heirloom, je me suis dit, tiens voilà un album sympa à chroniquer. Après un nombre incalculable d’écoutes, je me dit qu’il pourrait s’agir finalement d’un sérieux candidat au titre d’album de l’année.

Alors n’hésitez pas à y jeter une oreille ou deux et à me dire ce que vous en pensez vous aussi.

Ok Good Night – stop/go

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Décidément, j’ai vraiment du mal à écouter des albums ‘normaux’ en ce moment. Pour preuve, aujourd’hui je vais vous parler de stop/go du groupe Ok Goodnight.

Je l’ai trouvé en naviguant au petit bonheur sur Bandcamp. Mais je n’étais pas totalement en territoire inconnu puisque Stéphane Gallay, oui encore lui, avait présenté l’album The Fox And The Bird en 2023.

Ok Goodnight est un formation de Boston née en 2018 qui peut être classée dans la famille du rock progressif au sens large. Le groupe joue d’art rock fusion trip hop metal électro progressif décomplexé.

Autant dire que c’est pour le moins déstabilisant, d’autant que la chanteuse, Casey Lee Williams, ne calme pas le jeu.

stop/go est un album qui dure quarante-sept minutes avec dix titres au format radio. Cela ne le rend pas forcément plus facile à écouter, car la musique et le chant partent dans toutes les directions.

Le seul morceau qui ne soit pas complètement barré s’intitule ‘Call Me Away’. Un petit texte mélancolique, limite désespéré sur une musique des années trente. Le reste est nettement plus exotique.

C’est ce qui rend stop/go assez génial mais également difficile à écouter. Disons que ça n’est pas vraiment reposant.

La voix de Casey est assez bluffante. Sa tessiture lui permet de partir dans les aiguës pour revenir à des médiums puissantes, changeant sans cesse de direction.

Même si le titre ‘Top of the Bottom’ flirte avec le métal progressif, l’ensemble de l’album est clairement plus art rock, il n’y a qu’à écouter le saxophone fou dans le morceau suivant pour s’en persuader.

Les claviers de Martin produisent des petites notes étranges, la basse de Peter rebondit comme une balle de ping pong, la batterie ciselée d’Augusto est sans cesse en mouvement et les guitares caméléons, parfois pliniesque, parfois jazzy, parfois djent, parfois pop nous déstabilisent en permanence.

Mais vous savez ce que j’ai vraiment adoré sur stop/go ? Ben c’est la pochette et la photo du groupe. Oui c’est ça qui m’a décidé à écouter l’album…

Au final, il m’aura fallu de nombreuses écoutes pour apprivoiser leur musique.

C’est n’est sans doute pas ce que j’écouterai tous les matins en me brossant les dents où le soir sous la douche, mais l’album mérite tout de même la découverte.

Elder – Through Zero

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Stéphane Gallay et moi sommes en phase en ce moment. Je me retrouve régulièrement à parler d’albums qu’il a déjà chroniqué.

Stéphane à souvent parlé du groupe Elder sur son blog, depuis 2015 en fait avec Lore, et ce n’est pas pour autant que j’ai acheté Lore, Omens et Innate Passage. Peut-être parce que j’écoutais déjà d’autres groupes de psychédélique à ce moment-là et que c’est quand même une musique que je goûte à dose homéopathique.

Quoiqu’il en soit l’album Through Zero est arrivé à point nommé dans un profond gouffre d’inspiration et une crise existentielle relative à mes habituels groupes de référence. Le groupe allait se produire dans une de mes salles préférées, le 24 juin alors j’ai foncé.

Elder est une formation de Berlin née en 2008 dans le Massachusset, un quatuor de rock progressif psychédélique avec quatorze albums et EPs à leur actif.

Through Zero, leur dernier bébé, pèse une heure et six morceaux dont trois de plus de neuf minutes.

N’attendez pas un disque de fumeurs de moquette. Through Zero trouve son équilibre entre progressif, stoner et psychédélique. Les transes sont légères, le prog est énervé et la musique variée. Ils sont nettement moins barrés que King Buffalo pour ne citer qu’eux.

Through Zero est un terme technique emprunté aux ingénieurs du son mais c’est ici, et je cite le groupe, “un point médian sur un chemin en grande partie invisible, où le voyage est la destination et où la réalité est moins linéaire que la plupart d’entre nous ne le concevons.”.

Ce qui m’a tout de suite plu dans cet album, en plus de sa pochette, c’est la proximité entre le rock progressif et le psychédélique sur les six morceaux. Vous aurez du mal à trouver le point de bascule entre les deux mondes tant leur musique réussit à la perfection cette étonnante symbiose. 

Lorsque l’on se laisse porter par les notes, on découvre soudain que le groupe à basculé de l’autre bord, sans vraiment comprendre comment il l’a fait. Même le titre ‘Strada’, qui abuse par moment de champignons, retombe à chaque fois sur la forme progressive.

Et le seul instrumental de l’album, ‘Sight Unseen’, long de presque neuf minutes quand même, joue plus du space rock que du space cake.

Through Zero est un excellent album hautement recommandable, et si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à aller les écouter au P8 à Karlsruhe demain soir, ça devrait être un très beau concert.

Crown Lands – Apocalypse

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Comme beaucoup des sorties très attendues n’arrivaient pas à éveiller mon intérêt, je veux parler de Port Noir, Bruce Soord ou Devin Townsend par exemple, j’ai décidé d’écouter un album assez éloigné de ma zone de confort. Je veux parler du groupe de heavy prog vintage canadien Crown Lands qui se réclame de Led Zep et de Rush. Une grosse prise de risque pour moi qui n’aime pas Rush et ne connais que quelques tubes de Led Zepplin.

Apocalypse est un album sept titres dont un de presque vingt minutes. Il sonne des plus seventies et est joué par le duo formé de Cody et Kevin. Cody chante très haut à la manière de Rush en jouant de la batterie et de la flûte quand Kevin fait tout le reste, basse, guitare et claviers.

On ne va pas se mentir, l’album possède un côté enthousiaste, approximatif, brut d’enregistrement et un peu à côté du diapason, comme si le passage en studio s’était fait dans une cuisine. Cela lui donne aussi une certaine fraîcheur que certains artistes semblent avoir perdu au fil des années.

Apocalypse donne dans le rétro prog à la frontière des sixtes et seventies sans la moindre recherche de modernité ce qui me l’a rendu immédiatement sympathique. Par moment, c’est même à la limite du kitch.

La musique de Crown Lands est rock, dynamique et rythmée avec force de guitares. Il faut attendre l’avant dernier titre, ‘The Revenants’ pour que l’album se calme un peu avec un morceau quasi acoustique.

La pièce de choix est le tout dernier morceau de l’album, une pièce de presque vingt minutes intitulée ‘Apocalypse’. On y retrouve de nombreuses inspirations allant du néo-progressif à la Marillion au prog symphonique à King Crimson et Yes. Certes, le titre ne réinvente pas la poudre, il ressemble presque d’ailleurs à un medley de best of des seventies, mais cela s’écoute quand même avec bonheur. En plus Cody torture un peu moins sa voix dans les dernières minutes du titre ce qui repose mon oreille qui a été bien malnenée pendant tout l’album.

Je ne vais pas vous sur vendre Apocalypse ni le placer dans mon top de l’année. Mais si comme moi, vous aviez une envie soudaine de prog vintage, vous pouvez y jeter une oreille, on ne sait jamais, sur un malentendu.

RPWL – World Through My Eyes Live

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Je sais, j’ai dit que je ne chroniquerai plus les promotions venant des artistes ou des labels. D’ailleurs j’ai largement communiqué dans ce sens depuis la fin du magazine auprès des intéressés, jusqu’à me rendre injoignable sur les réseaux sociaux.

Mais Gentle Art Of Music ne veut rien entendre et je reçois toujours leurs albums par la poste. Par chance, il n’y en a pas souvent. Du coup, je considère ces disques comme des cadeaux, et plus des promotions, c’est main n’est-ce pas ? Ne prenez pas ce prétexte pour m’envoyer des disques, de toute façon je ne vous donnerai pas mon adresse postale.

Bref, tout ça pour dire que je vais vous parler aujourd’hui du double live de RPWL, World Through My Eyes Live. Oui encore un live, on aurait préféré un nouvel album studio. Mais bon, c’était un cadeau.

World Through My Eyes Live reprend en live l’album World Through My Eyes sorti en 2005 et revisité l’an passé. Deux CDs et dix-huit morceaux, largement de quoi occuper vos longues soirées d’hiver d’autant qu’il y a pas mal de titres à rallonge. Le premier disque reprend l’intégralité de l’album et le second reprend des tubes de RPWL comme ‘Hole In The Sky’ ou ‘What I Really Need’.

En 2005 Ray Wilson chantait dans RPWL au côté de Yogi Lang, on se souvient tous de ‘Roses’ que l’ex chanteur de Genesis joue régulièrement en live. Personnellement, dans les anciens albums du groupe allemand, j’ai une préférence pour Trying To Kiss The Sun sorti en 2002, mais bon, puisque c’était gratuit…

Un live reste un live, donc je ne vais pas vous faire la retape des morceaux. Par contre je vais vous parler du son et du jeu des musiciens et pas forcément pour être très gentil.

Commençons par le jeu. Je trouve que tout ça manque de mordant. D’accord, les musiciens ne sont plus tout jeunes mais on s’ennuie un peu par moment. Il y a bien quelques digressions à la guitares ou aux claviers mais franchement rien de vraiment tripant.

Pour le son, ben c’est un peu le même problème, ça manque de relief. La captation est pourtant précise, limite ciselée, mais il faut pousser les potentiomètres pour profiter pleinement de l’ambiance live.  Après c’est un live, ce n’est pas toujours facile de bien faire ressortir le son.

World Through My Eyes Live n’est pas mon live préféré de RPWL. Il n’arrive pas à la hauteur du magnifique A New Dawn ou de God Has Failed Live & Personnal, mais bon, c’était cadeau, alors je ne vais pas me plaindre.

Karmamoi – Eternal Mistake

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Karmamoi est un groupe italien que je suis l’album Odd Trip en 2013. J’ai même leur premier album éponyme que vous aurez peut-être du mal à trouver aujourd’hui.

Il s’agit d’une de ces multiples formations que j’ai découvert du temps du magazine Neoprog et que j’ai continué à suivre alors que je ne faisais plus la promotion des groupes. Car Karmamoi a tout d’un grand, même s’il n’a toujours pas rencontré le succès qu’il mérite.

Le groupe est né de la rencontre entre le batteur Daniele Giovanni et le guitariste Alex Massari autour desquels se sont greffés plusieurs chanteurs et musiciens au gré des albums. Il y a beaucoup de turn over derrière le micro mais depuis 2021, Valerio Sgargi impose sa voix et son style à la musique de Karmamoi.

L’album Eternal Mistake parle d’une histoire d’amour entre un humain et une machine dans un monde au bord de l’effondrement, la rencontre entre l’amour et la raison, la chair et le code. Un concept album qui joue avec les frontières floues du rock progressif, hésitant entre symphonique et rock.

Aux côtés de Danielle, Alex, Valerio et Alessandro vous entendrez également les contributions de célébrités du prog comme Adam Holzman et Randy McStine ainsi que deux voix moins connues, celles de Susanna Brigatti et de Gabriele Giovannoni.

L’album est ambitieux avec ses dix morceaux sans parler du titre bonus offert à ceux qui ont précommandé Eternal Mistake. Plus d’une heure de musique, avec trois titres dépassant joyeusement les huit minutes.

Mais croyez-moi, il n’y a aucune longueur dans Eternal Mistake. L’album est varié tout en restant d’une grande cohérence, bref un concept album très bien composé.

Eternal Mistake est un savant mélange de Blade Runner, de Pink Floyd, de prog, de symphonique et de rock.

Par exemple ‘The Question – We Are Going Home’ rappellent Vangelis et Pink Floyd alors que ‘No Fucking Way’ est presque punk et que ‘The Mirror – No Soul‘ donnent dans le symphonique sans parler de ‘HERO’ qui joue d’un prog alambiqué et de ‘I’m Not On Your Side’ qui démarre de manière très rock.

Si je ne devais retenir qu’un titre de l’album, ce qui serait bien réducteur, ce serait ‘We Are Going Home’, où la voix de Susanna rencontre celle de Valerio dans une ambiance de film de science-fiction.

Après Woodcut et Amnesia, Eternal Mistake est mon troisième coup de cœur de l’année et le second compact disk que je m’offre en 2026.

Je ne peux que vous le recommander chaudement, que ce soit pour la musique, les voix et les paroles. Et si vous aimez, allez donc écouter les précédents disques de Karmamoi, ils méritent plus qu’un détour.

Green Carnation – Sanguis

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L’an passé, j’avais redécouvert Green Carnation avec la première partie de la trilogie A Dark Poem. Voici sa suite intitulée ‘Sanguis’, trois quarts d’heure de musique en sept morceaux dont une reprise.

Sanguis est dans la continuation naturelle de The Shores of Melancolia, ce qui est plutôt rassurant, puisque l’on parle ici d’une continuation.

Il y a un peu de growl dans ‘Sanguis’ et beaucoup d’Arena dans le reste. Mais, il y a également un titre acoustique, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’ et une pièce jouée au piano intitulée ‘Lunar Tale’. Du coup, Sanguis est un peu différent de The Shores of Melancolia. En plus cette fois, je trouve la pochette vraiment sympa, contrairement au premier opus.

Les claviers vintages, telle une tempête, ouvrent l’album sur un titre de plus de neuf minutes. Ils reprennent la puissance dévastatrice qui préside au premier opus. Il s’agit de la pièce maîtresse de l’album dans laquelle un fils pardonne à ses parents, mais ne les excuse pas.

J’ai une petite faiblesse pour le morceau suivant, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’, une pièce jouée à la guitare électro acoustique et à l’orgue qui débute par ce qui doit être un extrait de film. On retrouve d’ailleurs un autre enregistrement, au début du titre ‘Fire in Ice’, celui du Professeur Julius Sumner Miller en 1964 , réalisant une expérience pour le programme télé de ABC. Une expérience qui ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le titre central ‘I Am Time’ semble sorti tout droit de la discographie du groupe Arena, tout particulièrement pendant son refrain où les claviers de Endre font penser  à du Clive Nolan et où les guitares sonnent comme celles de John Mitchel.

Que vous dire d’autre sur Sanguis ? L’album est dans la continuité de The Shores of Melancolia sans pour autant le copier.

Je vous recommande d’écouter les deux parties d’une traite car elles sont très cohérentes et pas si longues que ça au final. J’attends du coup avec impatience le troisième et dernier opus.

S’il est du même tonneau, j’espère qu’ils auront la bonne idée d’éditer un coffret regroupant les trois disques. Ça ferait un bel objet.

Ancestors – Suspended in Reflections

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un groupe qui n’est plus. Il s’est éteint en 2019, un an après avoir sorti Suspended in Reflections, son dernier album que j’ai découvert par hasard.

Ancestors est né à Los Angeles sous forme d’un trio en 2006 qui est devenu plus tard quintet et qui a composé quatre albums et un EP en douze années d’existence. Leur musique a exploré les univers du rock progressif, du psychédélique, du doom, du stoner voire même de l’expérimental et du jazz comme dans le morceau ‘Release’.

Suspended in Reflections est un petit album de six titres qui dure moins de quarante minutes et je ne vous cache pas que c’est trop peu. Trop peu parce que j’aime beaucoup leur univers.

Ancestors propose ici une musique confortable et mélancolique où les références au rock progressif sont omniprésentes. D’accord, de temps en temps, c’est un peu torturé quand même, sinon ça ne serait pas drôle, comme dans le titre final ‘The Warm Glow’, mais comparé au dernier album que je vous ai présenté mardi dernier, Suspended in Reflections est une promenade de santé.

La production est vraiment le gros défaut de cet album. Le son manque cruellement de dynamique et possède un côté noisy pas très recolleur. Les guitares ressortent bien mais tout le reste semble noyé dans le smog londonien.

Je pourrais reprocher également à Ancestors de manquer de personnalité, c’est d’ailleurs peut-être ce qui à sonné le glas de la carrière du groupe. La musique post-rock, doom, progressive, jazzy peine à trouver sa propre identité. Ceci posé, Suspended in Reflections est un album très agréable à écouter même s’il n’est pas révolutionnaire.

J’aime tout particulièrement ‘Into The Fall’ qui joue du violon et violoncelle sur une écriture post-rock et ‘Lying To The Grass’ qui débute sur du champ vocodé. Deux morceaux qui sortent clairement du lot sur cet album.

Après avoir écouté Suspended in Reflections, je me suis penché sur In Dreams and Time sorti six ans plus tôt, et j’ai été assez déçu. Les albums n’ont pas grand-chose de commun entre eux et on se demande même s’il s’agit du même groupe qui joue.

Que dire d’autre ? Pas grand-chose, Suspended in Reflections m’a bien plus et je vous y conseille d’y jeter une oreille ou deux à l’occasion.

Demain soir, je serai au Grillen à Colmar pour écouter Iotunn, In Vain et Nephylim, un concert à ne pas manquer.

Marillion à Strasbourg

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Photo Laurent Regnard pour le magazine Neoprog

Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.

Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.

Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.

En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.

J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli

Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.

Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.

Donc Marillion…

The Aesthetic Voyager – Selfless

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Revenons en 2025 si vous le voulez bien même si 2026 s’annonce bien chargée.

Je suis tombé sur un trio allemand pas franchement connu en parcourant les achats de Gerlinde Roth que je suis sur Bandcamp. Il s’agit du groupe The Aesthetic Voyager né en 2013 et qui sortait en mai dernier son troisième album, Selfless.

Selfless ce sont huit titres de trois à six minutes pour moins de trois quarts d’heure dans la lignée de Porcupine Tree, The Pineapple Thief, The Urbane et même de Marillion. Du rock alternatif mâtiné de post-rock et de prog.

Il est évident que la pochette aurait dû attirer mon regard. Elle représente un astronaute en EVA tournant le dos à ce qui pourrait être la planète Mars. Difficile de faire plus accrocheur pour quelqu’un comme moi.

Mais en réalité, c’est le premier morceau, ‘The Holdout’ qui m’a donné envie de vous parler de l’album Selfless. Un titre qui commence sur un texte déclamé accompagné de quelques notes de guitare et qui se poursuit plus nerveusement en mode alternatif pour se terminer sur une écriture très progressive aux claviers vintages. Et tout ça en moins de cinq minutes.

Le ton de l’album est donné. Quelque chose entre Porcupine Tree et The Pineapple Thief.

Mais pourquoi vous ai-je parlé de Marillion alors ? La réponse se trouve dans l’instrumental ‘Moon Halo’. J’y retrouve quelque chose du titre ‘Lavender’ de l’album Misplaced Childhood. Mais je l’avoue, c’est un peu tiré par les cheveux.

Pour The Urbane (un projet de John Mitchell) écoutez le titre ‘Medecine’ par exemple. Une pièce rythmée au format radio, limite pop/rock, qui ne s’embarrasse pas de fioritures du prog ou du rock alternatif pour délivrer son message.

Mais je vous parlais également de post-rock au début. Vous allez pouvoir en entendre des éléments dans le troisième morceau, ‘Of Wonders and Horrors’ même si le titre est chanté.

Les seules informations que j’ai trouvé pour décrire cet album, ce sont deux  phrases lacunaires présentent sur le site du groupe : « L’album vous emmène dans un voyage au cœur du dépassement, des crises et de la découverte de soi. « , « Des titres qui explorent les différentes facettes de l’angoisse existentielle et de l’espoir retrouvé. ».

Selfless n’est sans doute pas l’album du siècle mais c’est une jolie découverte et je serai heureux de voir le trio en action sur scène s’ils ne passent pas trop loin de la maison.