5%

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Cinq pourcent, c’est le pourcentage de bénévoles qui s’impliquent réellement dans une association.

Dans chaque association, on retrouve les mêmes classes de personnage, comme dans le jeu Donjons & Dragons.

Il y a le président qui s’occupe de tout, contrôle tout et ne délègue rien. Tous les ans il annonce son départ, mais à chaque élection il se présente à sa succession parce que les autres sont des incapables. Son manège dure depuis vingt ans et va se poursuivre jusqu’à sa mort qui signera également la fin de l’association.

Il y a le yakafautkon, grande gueule dans les réunions qui se débine dès qu’il y a du travail.

Il y a l’inspecteur des travaux finis que l’on ne voit jamais lorsque l’association aurait besoin de lui et qui critique lorsque tout est terminé. Il est souvent copain avec le yakafautkon et parfois c’est la même personne.

L’absentéiste enthousiaste est le membre le plus courant. Il s’inscrit à l’association en septembre, vient à la première réunion et disparaît à jamais. Il représente jusqu’à cinquante pourcent de l’effectif total.

Le consommateur vient juste derrière. Lui ne fait rien mais consomme beaucoup. C’est un membre actif par sa présence. Par contre il ne faut rien lui demander. Il a payé sa cotisation annuelle, il attend qu’on le serve en retour.

Il y a le passionné absent. Il est membre depuis des années, se voue corps et âme à son hobby mais depuis chez lui et ne partage pas avec les autres.

Il y a également une espèce plus rare, celle du grand ancien. C’est un passionné, non pratiquant aujourd’hui, mais qui a été un membre actif du bureau pendant des années, impliqué dans de hautes instances, il est devenu un politicien associatif. Il aime prendre la parole et prendre le temps pour évoquer l’ancien temps, il goûte les réunions, les repas, les cocktails et les conférences pour parler ses heures de gloire.

Et puis il y a le noyau dur, les fameux cinq pourcents, passionnés, motivés, toujours à fond, sur tous les fronts, partants pour organiser les manifestations, les expositions, tenir le bar, démonter après la fête et recommencer le lendemain.

Des membres qui s’impliquent jusqu’au dégout et qui finissent par rejoindre la petite minorité des aigris, ceux qui finissent par partir avec de la rancœur dans les yeux parce que les autres ne font rien et critiquent tout.

Je suis certain que vous vous retrouverez dans ces portraits. Mais bizarrement, la majorité d’entre vous pensera appartenir à ces fameux 5% ce qui arithmétiquement parlant est peu conciliable.

À quoi ça sert que Ducros se décarcasse ?

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Sérieusement, je suis en colère.

À quoi ça sert que Ducros se décarcasse ?

Samedi dernier j’étais à un concert, à 200 km de la maison, pour voir un groupe de rock qui ne faisait qu’une seule date en France au cours de leur tournée.

Trois passionnés de musique, consacrent leur temps libre à organiser des concerts, faire venir des groupes, qui sinon ne joueraient jamais dans l’hexagone. Ils se démènent, ne comptent pas leurs heures, prennent d’importants risques financiers et le public n’est pas souvent au rendez-vous.

Une centaine de personnes seulement, dans une salle qui peut en contenir plus du triple. Une perte financière sèche pour leur association, une perte qui pourrait mettre en péril leurs prochains événements.

Ils ne gagnent rien, si ce n’est le plaisir d’accueillir les artistes qu’ils aiment dans une petite salle de concert conviviale mais les gens ne viennent pas.

Après ça j’entends les amateurs de rock se plaindre que les groupes ne se produisent pas en France, qu’il n’y a pas de concert près de chez eux, qu’en France, le rock c’est la misère.

Oui c’est la misère, le public ne vient pas aux concerts. Elle est là la misère… Le français va au concert comme à la messe, pour aduler son dieu, pas pour découvrir de nouvelles musiques, pas pour passer un moment convivial entre amis en écoutant un groupe et en buvant une bière comme en Allemagne. Si les artistes ne sont pas de leur paroisse, les français frileux restent au chaud chez eux à regarder la télévision ou à zombifier sur Facebook au lieu de découvrir de nouveaux horizons musicaux.

Ceux qui ne sont pas venus samedi aurait mieux fait de bouger leurs fesses. Le concert était fabuleux, même avec une audience réduite, le groupe a fait le show. Nous nous sommes retrouvés entre amis et passionnés de rock, fous furieux émerveillés, à écouter un groupe qui ne repassera probablement de sitôt en France, préférant d’autres contrées où le public répond présent.

Et ne me dites pas qu’un concert c’est cher. Au lieu de vous rendre un fois par an au Zénith écouter un Johnny ou un Polnareff en fin de vie, vous pourriez vous rendre cinq fois, pour le même prix, dans une petite salle afin de découvrir un jeune groupe talentueux.

Lorsqu’il arrive que des artistes me contactent pour organiser une tournée, je leur conseille des salles en Allemagne, en Suisse, en Belgique et très rarement en France. Pourquoi pas en France ? Parce qu’il est très compliqué, voir impossible, sans passer par un réseau professionnel, de réussir organiser un concert, et lorsque l’on y arrive, le public ne se déplace pas.

L’unique option, ce sont justement ces associations, celles qui louent les salles pour organiser des événements. Elles sont très sollicitées. Mais si personne ne vient à leurs concerts, elle finiront pas jeter l’éponge. Nous n’aurons plus qu’à nous rendre à l’étranger pour assister à des concerts ou bien nous convertir à la chanson française et au bal musette.