Cris Luna – 2014 – 2018 – A crown of pain

Image

Cris Luna est de retour avec un nouvel album, A crown of pain. Ok il est lorrain et ce n’est sans doute pas un artiste majeur de la scène progressive ni même métal. Son univers est clairement plus orienté rock même s’il reste toujours à la frontière du progressif, un peu comme Deep Purple.

A crown of pain est le cinquième album studio de Cris depuis Babylon Child en 2011. Dix morceaux pour presque une heure de musique et une pièce de quinze minutes en trois parties. Des titres ancrés dans le rock, le blues et le psychédélique composés entre 2014 et 2018.

L’album débute avec la première partie du titre ‘Crown of pain’ sur un extrait biblique. Genèse 1:20 : “Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel.”. Une excellente ouverture qui nous plonge directement dans l’univers de Cris Luna. 

Et je ne dis pas ça parce que j’ai été au catéchisme, (personne n’est parfait), car s’ils avaient pu, les curés m’auraient excommunié à cause de mes questions dérangeantes et de mon impertinence.

La pochette champignon nucléaire chrétien rose sur fond de ciel bleu texan annonce la couleur et donne le ton très US de la musique.

L’album A crown of pain continue de manière plutôt tranquille sur des sonorités américana avec les titres ‘Number 12’ et ‘Ivory Sky’. Quand je vous parlais des inspirations prog de Cris un peu plus haut, ben justement, les trois dernières minutes de ‘Ivory Sky’ possèdent un quelque chose de Pink Floyd, encore que l’on peut se demander si Pink Floyd c’est bien du prog, mais je laisse ce débat aux vieux barbus intégristes.

C’est sur une musique électro rock western que Cris nous parle ensuite de la révolution de Février à Kiev en 2014 dans la chanson ‘Maïdan’. Le titre, plus nerveux que les deux précédents, s’achève sur un chant traditionnel, probablement ukrainien.

La pression monte d’un cran avec le quasi punk ‘Torn’. Bon du punk bobo avec des guitares bien jouées parce que Cris n’a plus l’âge de tout casser et que la crête bleue et verte dans les cheveux gris, ça ferait tâche, même si No Future. 

Avec ‘Black Pearl’ on bascule dans l’univers du blues et ‘Morning sunbird’ nous surprend avec un poème de Bertolt Brecht, ‘Die Liebenden’, déclamé en allemand par Fritz Stavenhagen.

Mais c’est la seconde partie de ‘Crown of Pain’ qui a ma préférence. Le titre, de plus de onze minutes, oscille entre blues et psychédélique. Un morceau puissant, nettement plus dramatique que les autres, où le trio formé de Cris, de Nicolas Fageot et de Benoît Cazzulini donne tout ce qu’il a dans les tripes.

La dernière partie du triptyque calme le jeu un peu à la manière d’une repentance dans le style des floyds puis Cris conclut l’album sur ‘Not of this world’ joué par Jean Yves Jung au piano.

J’adore l’album A Crown of pain, mais j’avoue ne pas être totalement impartial parce que j’aime beaucoup Cris, l’homme qui se cache derrière l’artiste. Je l’album trouve plus personnel et plus accessible que son précédent disque The Musical War que j’avais pourtant beaucoup aimé.

Allez donc l’écouter et plus si affinités, vous le trouverez par exemple sur Bandcamp.

Halloween Party

Assis dans mon canapé, je découvre le nouvel album de MDS, The Story Of Rose Ola Seks. Il est 9h du matin et je suis rentré sous une pluie battante il y a six heures de Pagney Derrière Barine. 

C’est là que se déroulait le second concert organisé par ArpegiA depuis le début de la pandémie. Au menu cette fois, MDS et Lazuli. 

Pour rien au monde je n’aurais manqué ce rendez-vous. Déjà ce concert me permettait d’échapper aux sales gosses déguisés qui sonnent à votre porte en braillant un truc débile et qui me réclament ensuite des bonbons, mes bonbons. Pas question de partager avec des mioches. 

Ensuite, je n’ai jamais eu l’occasion de voir le groupe Monnaie de Singe en live et comment manquer un rendez-vous avec Lazuli, surtout pour découvrir leur concept sur scène.

Les yeux piquent un peu. Je n’ai eu que quatre heures trente de sommeil avant qu’un rigolo ne sonne à notre porte ce matin. Les cartes SD des appareils contiennent deux cent cinquante clichés mais comme ma Magic Mouse est déchargée, il va falloir patienter. Je suis totalement déshydraté mais la migraine ne s’est pas encore installé, à croire que mon traitement fonctionne. Un lendemain de concert en fait.

A Pagney j’ai retrouvé pas mal de connaissances comme à chaque fois, la grande famille du prog comme on l’appelle. Mais elle n’est pas si grande finalement, et la salle n’est pas bondée. Il y a un peu plus de monde pourtant que pour Esthesis et Galaad, nettement moins que pour Alex Henry Foster et The Pineapple Thief. On ne joue pas ici dans la même catégorie et Pagney Derrière Barine est quand même bien paumé et il n’y a pas de réseau.

Après un café, bien léger à mon goût, pris au comptoir de Chez Paulette, MDS se met en place et joue un set composé d’extraits de The Last Chance, The Story Of Rose Ola Seks et un titre d’Error 404 pour finir, leurs trois derniers albums.

Anne Gaelle, la chanteuse, n’a pas le coffre pour le live mais elle compense largement par son énergie débordante. Jean-Philippe résume les histoires de manière un peu trop débonnaire pour accrocher l’auditoire avant d’attaquer les morceaux à la guitare. On sent que c’est un peu joué à la bonne franquette, un groupe amateur éclairé qui se fait plaisir avec ce concert. Je ne suis pas certain qu’ils aient totalement convaincu l’auditoire de Chez Paulette mais eux semblent très contents d’être là ce soir.

Ayant participé au crowdfunding de leur nouvel album, je me pointe au stand pour voir s’ils distribuent les lots. Le CD et le teeshirt sont là en effet. Anne Gaelle parcourt la liste des participants mais ne me trouve pas. Elle semble sincèrement désolée et moi soudain je doute. Ai-je bien contribué à leur album ? Puis soudain, éclair de génie, je lui propose de chercher à Neoprog au lieu de mon nom. Et bingo, oui Neoprog a bien contribué pour un CD, vinyle et teeshirt. C’était encore du temps du webzine. Le vinyle devrait arriver en janvier mais en attendant, je repars avec un nouveau teeshirt et le CD que j’écoute en écrivant ces mots.

Lazuli prend la suite, le temps d’installer tout leur bazar. Ils achèvent ici leur première tournée depuis longtemps avec Arnaud, leur nouveau guitariste. Une tournée qui est l’occasion pour eux d’étrenner leur dernier album, Le Fantastique Envol de Dieter Bohn.

C’est d’ailleurs avec ce concept, joué intégralement, que Lazuli commence la soirée avant de rejouer des classiques de leur répertoire. En fond de scène, ils projettent des images, une nouveauté chez Lazuli, mais ce n’est pas la seule.

Arnaud, le petit nouveau se la pète un peu, ce qui ne ressemble guère à l’esprit de Lazuli, du moins pas l’idée que je m’en fait. S’il joue très bien, il aura du mal à détrôner le sage Ged dans mon coeur. 

Malgré l’évidente fatigue des musiciens, leurs sourires sont communicatifs et leur musique soigne toutes les blessures de l’âme. Comme à chaque fois la magie opère, je suis sous le charme.

Les trois petites boulottes latino et leur copain géant on failli gâcher ma soirée. Leur enthousiasme bruyant, leur forte consommation de bière et la propension qu’avait l’une d’entre elle à me coller en se trémoussant a mis en péril la qualité des clichés sans me procurer de plaisir. Je n’ai jamais eu autant de bougés sur la pellicule, je ne shoote pourtant pas au vingtième comme mon ami Laurent. Bon ceci dit je n’arborais pas de pass presse comme à l’époque de Neoprog, mais seulement un pass sanitaire, je ne suis pas certain que cela aurait changé grand chose.

A la fin du concert, pour fêter Halloween, ma copine Pierrette distribue des bonbons, chic des frites Haribo ! En voilà encore que les mômes ne mangeront pas. Je discute quelques minutes avec Music In Belgium, Laurent et quelques connaissances avant de reprendre la direction de l’Alsace sous des trombes d’eau. 

Ce fut une belle soirée, comme toujours Chez Paulette. Le prochain concert sera à la Maison Bleue à Strasbourg avec Soen, le sept décembre. D’ici là je vais essayer de me réhydrater et de dormir un peu.

Daktari

A l’heure où des imbéciles heureux posent sur Facebook avec leur trophées de chasse, je me suis dit qu’un safari s’imposait. L’Afrique est trop loin et il y fait trop chaud. Les zoos sont des lieux sordides, surpeuplés, où les animaux dépriment. Entre les deux, il y a le parc animalier de Ste Croix en Lorraine. Un vaste espace dans lequel, des animaux, principalement originaires d’Europe, disposent de vastes enclos, et les humains, principalement venus de Lorraine, disposent de grandes allées ombragées.

Depuis quelques temps, je nourrissais l’idée de me lancer dans ce safari photographique à une heure trente de chez moi. Équipé d’un 70-300 mm et d’un 500 mm, nous partîmes en famille, à la rencontre de faune sauvage parquée en Lorraine. Rien de très exotique, mais pour profiter du soleil printanier et s’exercer à la photo animalière, le lieux me semblait adapté et agréable. Ours, loups, cerfs, bisons, ratons laveurs, renards, lynx, cigognes, vautours, oies, sangliers, moutons, maki kata, pandas roux, humains, le parc de 120 hectares recèle plus de 1500 animaux et 100 espèces. Comptez six heures pour l’explorer en totalité et assister à quelques nourrissages pour approcher au plus près les animaux.

La journée fut chaude pour un début avril, 25°C, et le public nombreux, mais le site est assez vaste pour que l’on ne se marche pas sur les pieds. Des photographes du dimanche comme moi,  avec une débauche de matériel scandaleuse n’étaient pas rare non plus, même si j’ai découvert plus tard que le parc organise des journées spéciales pour les chausseurs d’images.

Une petite partie des photos que j’ai faites sont ici, sur Flickr. Rien de bien extraordinaire, mais un bon exercice d’utilisation du Samyang 500 sans pied, l’objectif dont je me suis servi assez souvent au cours de la journée. J’ai raté de Lynx, le pélican attrapant un poisson au vol, le renard sous son rocher et bien d’autres. Je suis assez content des ours s’ébattant dans l’eau, photo prise à travers une vitre au 500 mm. Pour les Maki kata, l’exercice était trop facile, ils sont à deux mètres de vous, vous regardent, se prélassent, aucun mérite, mais « ils sont trop mignons » (disait la petite fille avant de se faire sauter dessus).