Halloween Party

Assis dans mon canapé, je découvre le nouvel album de MDS, The Story Of Rose Ola Seks. Il est 9h du matin et je suis rentré sous une pluie battante il y a six heures de Pagney Derrière Barine. 

C’est là que se déroulait le second concert organisé par ArpegiA depuis le début de la pandémie. Au menu cette fois, MDS et Lazuli. 

Pour rien au monde je n’aurais manqué ce rendez-vous. Déjà ce concert me permettait d’échapper aux sales gosses déguisés qui sonnent à votre porte en braillant un truc débile et qui me réclament ensuite des bonbons, mes bonbons. Pas question de partager avec des mioches. 

Ensuite, je n’ai jamais eu l’occasion de voir le groupe Monnaie de Singe en live et comment manquer un rendez-vous avec Lazuli, surtout pour découvrir leur concept sur scène.

Les yeux piquent un peu. Je n’ai eu que quatre heures trente de sommeil avant qu’un rigolo ne sonne à notre porte ce matin. Les cartes SD des appareils contiennent deux cent cinquante clichés mais comme ma Magic Mouse est déchargée, il va falloir patienter. Je suis totalement déshydraté mais la migraine ne s’est pas encore installé, à croire que mon traitement fonctionne. Un lendemain de concert en fait.

A Pagney j’ai retrouvé pas mal de connaissances comme à chaque fois, la grande famille du prog comme on l’appelle. Mais elle n’est pas si grande finalement, et la salle n’est pas bondée. Il y a un peu plus de monde pourtant que pour Esthesis et Galaad, nettement moins que pour Alex Henry Foster et The Pineapple Thief. On ne joue pas ici dans la même catégorie et Pagney Derrière Barine est quand même bien paumé et il n’y a pas de réseau.

Après un café, bien léger à mon goût, pris au comptoir de Chez Paulette, MDS se met en place et joue un set composé d’extraits de The Last Chance, The Story Of Rose Ola Seks et un titre d’Error 404 pour finir, leurs trois derniers albums.

Anne Gaelle, la chanteuse, n’a pas le coffre pour le live mais elle compense largement par son énergie débordante. Jean-Philippe résume les histoires de manière un peu trop débonnaire pour accrocher l’auditoire avant d’attaquer les morceaux à la guitare. On sent que c’est un peu joué à la bonne franquette, un groupe amateur éclairé qui se fait plaisir avec ce concert. Je ne suis pas certain qu’ils aient totalement convaincu l’auditoire de Chez Paulette mais eux semblent très contents d’être là ce soir.

Ayant participé au crowdfunding de leur nouvel album, je me pointe au stand pour voir s’ils distribuent les lots. Le CD et le teeshirt sont là en effet. Anne Gaelle parcourt la liste des participants mais ne me trouve pas. Elle semble sincèrement désolée et moi soudain je doute. Ai-je bien contribué à leur album ? Puis soudain, éclair de génie, je lui propose de chercher à Neoprog au lieu de mon nom. Et bingo, oui Neoprog a bien contribué pour un CD, vinyle et teeshirt. C’était encore du temps du webzine. Le vinyle devrait arriver en janvier mais en attendant, je repars avec un nouveau teeshirt et le CD que j’écoute en écrivant ces mots.

Lazuli prend la suite, le temps d’installer tout leur bazar. Ils achèvent ici leur première tournée depuis longtemps avec Arnaud, leur nouveau guitariste. Une tournée qui est l’occasion pour eux d’étrenner leur dernier album, Le Fantastique Envol de Dieter Bohn.

C’est d’ailleurs avec ce concept, joué intégralement, que Lazuli commence la soirée avant de rejouer des classiques de leur répertoire. En fond de scène, ils projettent des images, une nouveauté chez Lazuli, mais ce n’est pas la seule.

Arnaud, le petit nouveau se la pète un peu, ce qui ne ressemble guère à l’esprit de Lazuli, du moins pas l’idée que je m’en fait. S’il joue très bien, il aura du mal à détrôner le sage Ged dans mon coeur. 

Malgré l’évidente fatigue des musiciens, leurs sourires sont communicatifs et leur musique soigne toutes les blessures de l’âme. Comme à chaque fois la magie opère, je suis sous le charme.

Les trois petites boulottes latino et leur copain géant on failli gâcher ma soirée. Leur enthousiasme bruyant, leur forte consommation de bière et la propension qu’avait l’une d’entre elle à me coller en se trémoussant a mis en péril la qualité des clichés sans me procurer de plaisir. Je n’ai jamais eu autant de bougés sur la pellicule, je ne shoote pourtant pas au vingtième comme mon ami Laurent. Bon ceci dit je n’arborais pas de pass presse comme à l’époque de Neoprog, mais seulement un pass sanitaire, je ne suis pas certain que cela aurait changé grand chose.

A la fin du concert, pour fêter Halloween, ma copine Pierrette distribue des bonbons, chic des frites Haribo ! En voilà encore que les mômes ne mangeront pas. Je discute quelques minutes avec Music In Belgium, Laurent et quelques connaissances avant de reprendre la direction de l’Alsace sous des trombes d’eau. 

Ce fut une belle soirée, comme toujours Chez Paulette. Le prochain concert sera à la Maison Bleue à Strasbourg avec Soen, le sept décembre. D’ici là je vais essayer de me réhydrater et de dormir un peu.

Live streaming

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Cette année, pas de fête de la musique, pas de concert, alors j’ai fait comme beaucoup, j’ai regardé des lives en streaming. Après TesseracT, Marc Atkinson, Franck Carducci, Melanie et Martin, Bruce Soord, Ray Wilson, Anneke et d’autres, j’ai craqué pour Leprous. Enfin Einar Solberg au piano accompagné sur quelques titres par Robin Ognedal.

Le samedi 19 juin, deux jours avant la fête de la musique qui serait annulée chez nous, Einar proposait un récital d’une heure et quart au piano où il réinterprétait quelques un des grands titres du groupe Leprous. Ca se passait sur nunin.live à 19h30. Le chanteur du groupe jouait quelques titres choisis au préalable par le public dans les soixante-quatorze de son répertoire. La veille du show, il paniquait un peu à l’idée de jouer sans filet au piano quelques morceaux sur lesquels il ne faisait que chanter d’ordinaire. Rassurez-vous, il s’en est bien sorti.

J’ignorais à quoi m’attendre avec cette formule acoustique. C’est vrai quoi, Leprous ramené à la voix d’Einar et aux notes d’un piano, cela peut sembler affreusement réducteur. Ici pas de chichi, d’effets numériques, de transitions. Einar nous livre un vrai live filmé d’une traite, avec un public et où le chanteur oublie même au début de parler en anglais pour les personnes connectées sur Internet. Quelques éclairages, draperies noires, rouges ou bleues, cercles de lumière sol, plusieurs caméras dont une un peu surexposée au bout du clavier, l’atmosphère du concert est cosy et nullement artificielle, tout à l’opposé du concert de TesseracT. J’ai l’impression d’assister à récital de Brahms dans un petit auditorium avec mon épouse.

J’avoue ne pas avoir reconnu tous les morceaux immédiatement, tellement ils se retrouvaient ainsi dépouillés. La voix d’Einar, parfois très haute, vraiment très haute, pique un peu les oreilles sans la grosse artillerie de basses du groupe. Elle reste cependant irréprochable tout au long du set mais l’accompagnement piano est vraiment minimaliste. Ce n’est pas Gleb Kolyadin qui joue si vous voyez ce que je veux dire. Einar est définitivement coincé en live et lorsqu’il s’adresse au public, cela tombe un peu à plat mais lorsqu’il chante, la magie opère. Robin qui l’accompagne, semble nettement plus dans son élément et sa contribution enrichit considérablement certains titres qui sinon auraient été trop dépouillés. Il a été pourtant appelé à la rescousse d’Einar seulement deux jours plus tôt.

Après une heure quinze de live, Einar repartira pour une seconde partie composée de reprises et réservée aux VIPs. Ne faisant pas partie de cette tribu, le billet était déjà à seize euros, j’ai laissé Einar avec ses fans. Cela ne m’a pas empêché de regarder une seconde fois le concert le lendemain, il faut bien rentabiliser le concert.

Je ne dirais pas que ce fut un grand live, mais toujours mieux que celui de TesseracT. La magie aurait certainement opéré bien plus, assis dans la salle, devant le piano, mais je n’allais pas non plus prendre l’avion pour une heure de musique, bilan carbone oblige. Peut-être y aura-t-il, comme pour Portals, un Blu-Ray ou des vinyles de ces concerts de Leprous au piano, nous verrons. En attendant ça fera ma fête de la musique.

Les ratées

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La photo de concert est sport de combat, mélange de tir de précision, de musculation et de rugby. Il faut se frayer un chemin dans la foule remuante muni d’un matériel lourd et fragile et se placer judicieusement pour capturer l’instant sans se faire piétiner, en tenant trois kilos à bout de bras sans trembler. En plus, il faut essayer de cadrer, de sélectionner la vitesse, l’ouverture, la sensibilité, mémoriser l’éclairage, choisir son point de focus et tout ça dans la seconde où le guitariste se décide enfin à venir faire un solo devant votre objectif. L’enfer !

A mes débuts, le doigt sur la rafale, je remplissais une carte SD 32 Go en un concert, 1500 clichés pour 30 retenus au final, un gros gâchis de pixels. Avec le temps, le ratio de déchet à baissé et aujourd’hui je suis plus près du 1/5eme que du 1/50eme. Mais 250 photos pour 50 retenues, cela veut dire 200 mauvaises, redondantes ou franchement inintéressantes. Une fois un premier tri effectué, restent encore une centaine d’images qu’il va falloir sélectionner, regarder de près, noter, puis, pour les meilleures, développer.

Si les premiers mois je shootais en jpeg, je suis rapidement passé au RAW et aux logiciels infernaux qui exigent de vous des heures devant l’écran de l’ordinateur. Les choix se font en fonction du cadrage, de la lumière, des bougés, des mises au point douteuses, et également de l’expression des visages. Dans la mesure du possible, j’essaye de donner une image flatteuse des artistes que je photographie, surtout lorsqu’il s’agit de gros plans. Quand on joue et que la concentration est indispensable, des petites langues, des tocs, des tics, des mimiques ne rendent pas toujours honneur à la personne et sa musique.

Généralement, les premières parties font les frais des mauvaises photos, la faute à l’éclairage, au photographe qui n’a pas encore trouvé ses marques et aux apprentis rockeurs en mode panique.

Voici une petite sélection de ces photgraphies qui n’illustreront pas le webzine ou le Flickr, rien de bien catastrophique parfois, mais des images que je considère comme non publiables (d’avance pardon aux artistes).

Le Max Portnoy qui se déchaîne sur sa batterie, iso trop élévés, lumière merdique, expression affreuse et bougé, faut dire que le gars joue très vite, irrécupérable et pourtant je l’ai publié à l’époque. (Next To None)

Claviériste éclairé par derrière, une expression étrange sur le visage, iso trop élevés, que faire ? (Haken)

Mary Reynaud mal cadrée. L’idée était de prendre public et artiste, le résultat n’est pas convainquant mais il faut bien essayer. (Franck Carducci Band)

Le look du gars au premier plan me plaisait bien avec son galurin, l’idée était là, photographier le public qui assiste à Rock au Château. Mais bon, bof quoi. (Light Damage)

Dominique Leoneti (Lazuli) qui passe chez le dentiste (pardon Domi).

Un Pete Trewavas dans le rôle d’un Bilbo Saquet pas franchement à son avantage, dommage c’était la seule photographie nette de lui. (Marillion)

Elle pleure ou elle rit ? Envie de faire pipi ?  (Verity White)

Flou, bougé, lumières épouvantables, une personne devant à gauche, on jette. (Pendragon)

Elle est bonne la pizza ? (Family Affair)

Les fumigènes c’est sympa, mais quand il y en a à trop… (Trick Of The Tail).

Image brûlée, petite langounette, on jette (Foggy Stuff).

Quelqu’un peu allumer, je ne vois plus mes cordes ? Sous exposition irrécupérable. (Foggy Stuff)