Live streaming

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Cette année, pas de fête de la musique, pas de concert, alors j’ai fait comme beaucoup, j’ai regardé des lives en streaming. Après TesseracT, Marc Atkinson, Franck Carducci, Melanie et Martin, Bruce Soord, Ray Wilson, Anneke et d’autres, j’ai craqué pour Leprous. Enfin Einar Solberg au piano accompagné sur quelques titres par Robin Ognedal.

Le samedi 19 juin, deux jours avant la fête de la musique qui serait annulée chez nous, Einar proposait un récital d’une heure et quart au piano où il réinterprétait quelques un des grands titres du groupe Leprous. Ca se passait sur nunin.live à 19h30. Le chanteur du groupe jouait quelques titres choisis au préalable par le public dans les soixante-quatorze de son répertoire. La veille du show, il paniquait un peu à l’idée de jouer sans filet au piano quelques morceaux sur lesquels il ne faisait que chanter d’ordinaire. Rassurez-vous, il s’en est bien sorti.

J’ignorais à quoi m’attendre avec cette formule acoustique. C’est vrai quoi, Leprous ramené à la voix d’Einar et aux notes d’un piano, cela peut sembler affreusement réducteur. Ici pas de chichi, d’effets numériques, de transitions. Einar nous livre un vrai live filmé d’une traite, avec un public et où le chanteur oublie même au début de parler en anglais pour les personnes connectées sur Internet. Quelques éclairages, draperies noires, rouges ou bleues, cercles de lumière sol, plusieurs caméras dont une un peu surexposée au bout du clavier, l’atmosphère du concert est cosy et nullement artificielle, tout à l’opposé du concert de TesseracT. J’ai l’impression d’assister à récital de Brahms dans un petit auditorium avec mon épouse.

J’avoue ne pas avoir reconnu tous les morceaux immédiatement, tellement ils se retrouvaient ainsi dépouillés. La voix d’Einar, parfois très haute, vraiment très haute, pique un peu les oreilles sans la grosse artillerie de basses du groupe. Elle reste cependant irréprochable tout au long du set mais l’accompagnement piano est vraiment minimaliste. Ce n’est pas Gleb Kolyadin qui joue si vous voyez ce que je veux dire. Einar est définitivement coincé en live et lorsqu’il s’adresse au public, cela tombe un peu à plat mais lorsqu’il chante, la magie opère. Robin qui l’accompagne, semble nettement plus dans son élément et sa contribution enrichit considérablement certains titres qui sinon auraient été trop dépouillés. Il a été pourtant appelé à la rescousse d’Einar seulement deux jours plus tôt.

Après une heure quinze de live, Einar repartira pour une seconde partie composée de reprises et réservée aux VIPs. Ne faisant pas partie de cette tribu, le billet était déjà à seize euros, j’ai laissé Einar avec ses fans. Cela ne m’a pas empêché de regarder une seconde fois le concert le lendemain, il faut bien rentabiliser le concert.

Je ne dirais pas que ce fut un grand live, mais toujours mieux que celui de TesseracT. La magie aurait certainement opéré bien plus, assis dans la salle, devant le piano, mais je n’allais pas non plus prendre l’avion pour une heure de musique, bilan carbone oblige. Peut-être y aura-t-il, comme pour Portals, un Blu-Ray ou des vinyles de ces concerts de Leprous au piano, nous verrons. En attendant ça fera ma fête de la musique.

gleb kolyadin / water movements

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Teeshirt : Galaad – Paradis Posthumes 2021

Je vous emmène au pays des poupées gigognes et des compositeurs romantiques, découvrir de la musique française du début du vingtième siècle.

Gleb Kolyadin est plus connu pour sa participation au groupe iamthemorning que pour son travail en solitaire.

Mais Gleb est avant tout un pianiste sorti du conservatoire de Saint-Pétersbourg. Sous le sobriquet de PoloniumCubes, il nous a livré quelques très belles pièces de piano.

Après un premier album solo sorti en 2018 bourré d’invités, Gleb signe sous son nom, de courtes improvisations au piano, enregistrées entre 2015 et 2019. Un disque qui porte le titre évocateur de water movements, à l’image des photographies qui ornent l’artwork et le livret. Des photographies de la mer et de l’horizon, des plages, des digues, des mouettes volant dans des ciels gris, au dessus des eaux vertes.

« Perhaps the main purpose of this music is not to be about something particular, so everyone could interpret it in their very now way. » Gleb.

L’album contient treize pièces instrumentales assez brèves. Et cette fois, un seul musicien invité joue aux côtés de Gleb sur cet album. Il s’agit de Vlad Avy à la guitare sur le titre ‘mirage’.

Classique, impressionniste, cinématique, ces trois adjectifs collent assez bien à cet album. Les connaisseurs y reconnaîtront sans doute un peu de l’esprit de Poulenc, de Ravel, de Debussy mais également des inspirations cinématographiques.

Le mélomane n’y trouvera sans doute pas totalement son compte, peut-être à cause du manque d’ambitions des morceaux joués. Pour ma part, j’aime l’écouter en musique de fond pour travailler ou pour me détendre. Si vous appréciez le piano comme l’artiste, faites-vous plaisir en le découvrant, vous pouvez l’écouter sur Bandcamp.

De quel manière j’écoute de la musique

J’écoute beaucoup de musique. Je dis bien écouter et non entendre, car dès qu’il y a de la musique, quelle qu’elle soit, mon cerveau ne peut s’empêcher d’écouter. La musique est présente tout au long de ma journée, de différentes manières, sous différentes formes.

Il y a tout d’abord la musique zapping streaming. Je ne suis pas abonné à des plateformes de streaming qui exploitent les artistes. Apple Music, Deezer, Spotify, non merci. Le streaming c’est pour moi une poignée de secondes sur Youtube, Haulix ou Bandcamp pour juger de la pertinence de tel ou tel groupe ou album. Du travail en vérité. Car les promotions arrivent, venant de tous les horizons musicaux et il faut faire le tri entre le grain et l’ivraie avant de télécharger le matériel proposé.

Toujours en streaming, vient la musique découverte, lorsqu’un confrère recommande chaudement un disque. Le plus souvent ce sont plusieurs minutes consacrées à l’écoute attentive de quelques titres encore une fois sur YouTube ou Bandcamp.

Le streaming prend fin ici car je n’aime pas le streaming. Arrive la musique en boite de conserve. Je veux parler de mp3 promotionnel stocké dans mon smartphone afin de faire des choix pour la prochaine chronique. Un zapping plus approfondi, casque sur les oreilles pour ne pas rendre fous mes proches voisins.

Vient la musique chronique, celle que je vais écouter en boucle des heures durant. Elle commence souvent en boite de conserve, dans les transports, en ville et pendant ma pause déjeuner au travail. Elle se poursuit avec un ouvre boite, partant de l’ordinateur, elle se dépixellise dans le DAC, s’amplifie dans le Marantz et explose dans les Triangles. Elle se poursuit souvent en immersion dans le casque pour une exploration approfondie.

Il y a la musique atmosphère, celle qui m’accompagne pendant la lecture, le ménage, la cuisine, le développement de photos, la rédaction finale d’une chronique ou d’un billet de blog, une musique facile et connue qui donne un rythme à mon travail sans trop solliciter mon oreille.

Vient la meilleure musique, la plus rare aussi, la musique plaisir, celle que je m’offre souvent les dimanches pluvieux ou les jours de canicule. Cette musique se joue exclusivement sur chaîne hi-fi, à partir d’un CD ou bien d’un vinyle. Le plus souvent il s’agit d’un disque de la discothèque idéale ou des dernières acquisitions. Une écoute religieuse, assis dans le canapé avec le livret ou debout en mode air guitar selon l’humeur.

Il y a également la musique vivante, celle qui se fait de plus en plus rare. Une musique exigeante puisqu’elle demande ne nombreux kilomètres de voiture et souvent une nuit courte suivie de sa punition céphalée. Les concerts au son incertain, à la performance aléatoire et qui donnent un autre éclairage sur la version propre que propose celle de l’album studio. Parfois ce sont des concerts curiosité, parfois des concerts travail et plus rarement des concerts plaisir encore qu’il arrive qu’un live couvre les trois domaines en une soirée.

La musique jouée dans les pièces de la maison sollicite également beaucoup mes oreilles, le piano quart de queue qui s’entend jusque dans le jardin, le piano numérique dont seul le martèlement des touches résonne dans les couloirs, le violoncelle qui habille de ses basses vibrantes le plancher de l’étage.

Il ne faut pas oublier la musique pollution, celle du voisin, celle de l’attente téléphonique, celle de l’ascenseur, celle du restaurant, celle des voitures passant devant la maison fenêtres ouvertes. Cette musique là est insupportable mais je n’arrive pas à l’en extraire.

Enfin, plus rare, il y a la musique voiture, celle que j’écoute sur de longs trajets. La radio avec France-Musique si la programmation me plaît, sinon une fréquence au hasard, et quand il n’y a rien, je branche le smartphone pour m’accompagner sur la route.

En écrivant ces mots j’écoute une musique zapping devenue plaisir et atmosphère, un album écouté et réécouté, chroniqué, devenu un classique de la discothèque idéale, Satur9 & Indigo de My Arrival. Comme quoi la musique peut avoir plusieurs destins.

Le chien

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Nous vivons dans une maison de fou.

Au rez-de-chaussée, lorsque le piano ne résonne pas, la Hi-Fi prend la relève et si ce n’est pas la Hi-Fi, c’est le home cinéma. La machine à laver le linge, même en plein essorage, peine à couvrir le vacarme.

A l’étage la mini chaîne rivalise de puissance avec le piano numérique et le violoncelle.

Pour contrer ces nuisances sonores, notre fils aîné met un casque sur ses oreilles pour discuter avec ses amis. Ses éclats de rires et hurlements lorsqu’il joue en ligne couvrent parfois les notes du violoncelle.

Le petit dernier, qui n’aime pas la musique, son frère et ses parents, lorsqu’il n’en peut plus de cet enfer sonore, se défoule sur son sac de frappe, faisant vibrer les poutres de la vénérable habitation.

A droite vous entendez le zonzon des cordes frottées, à gauche la rythmique de la boxe et au milieu des hurlements de ténor.

Pour répondre à cela, le chat miaule d’une pièce à l’autre, grattant les portes si besoin est, afin de trouver un peu de réconfort dans une chambre calme et chaude.

Car en bas la chaîne passe du death metal au psychédélique en quelques secondes, se stabilisant une minute sur du krautrock et repartant de plus belle sur du punk.

La machine essore à mille-deux-cent tours minutes et se déplace en vibrant dans l’entrée. La cocotte minute siffle toute sa vapeur accumulée dans la cuisine, le bus de 19h fait trembler les poutres de la maison avant que les cloches du temple ne se mettent à carillonner et que le chien des voisins ne se lance soudain dans une série de hurlements démoniaques.

Alors furieux du dérangement, j’ouvre la fenêtre, le heavy rock jaillit hors de la maison comme une explosion de haine et je hurle au roquet de la fermer.

C’est vrai quoi, j’ai besoin de calme pour chroniquer.

Ma femme est musicienne

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J’écris ces mots pour tous les artistes que je côtoie et qui ne se rendent pas compte de ce qu’il sont réellement.

Ma femme est musicienne, elle joue de la musique. Sa vie tourne exclusivement autour de ses deux instruments, le piano et le violoncelle, les deux amours de sa vie. J’arrive en sixième position, après nos deux enfants et le chat.

Quoi de plus normal, ma femme est musicienne. Une pièce pour le piano quart de queue, une pièce pour le violoncelle, sans parler du piano numérique qui accepte de partager sa vie avec le violoncelle, gentil piano électrique…

Ma femme est musicienne et va toujours à l’école des musiciens, pour apprendre, pour rencontrer d’autres artistes, pour jouer. Elle use un professeur tous les trois ans en moyenne; un professeur de piano, un professeur de violoncelle, un professeur de musique d’ensemble. Le premier mois il est toujours formidable puis progressivement, dès la seconde année le plus souvent, il ne lui apporte plus rien, il est trop scolaire, il veut lui faire jouer des œuvres qu’elle n’aime pas. Des professeurs Kleenex.

J’ai de la chance car ma femme est musicienne. J’écoute tout plein de musique classique et elle m’apaise. Le piano et le violoncelle résonnent à toute heure dans la maison, avec en bonus la voix de l’artiste qui s’énerve toute seule, qui donne des ordres aux mains, qui peste contre la partition.

Ma femme est musicienne et a besoin d’amour, besoin qu’on la rassure sur son interprétation de Debussy, sur la transcription de ‘We Are The Champions’ de Queen pour piano et hurlements.

Ma femme est musicienne, elle passe son temps sur YouTube à écouter toutes les versions d’une oeuvre, même les pires, ça la rassure.

Ma femme est musicienne, ses humeurs sont comme la musique, certains jours wagnériennes, d’autres jours semblables à du Schumann. Allegro, adagio, pianissimo, double forte, en sol ou en fa, elle est imprévisible. Au plus fort de la tempête, soudain le vent se calme et le soleil brille quelques secondes avant l’averse de grêle.

Ma femme est musicienne, elle aime la musique d’ensemble. Mais pour la musique d’ensemble il faut être au moins deux. Et avec qui jouer, lorsque l’on consacre sa vie à la musique ? Des amateurs éclairés qui consacrent deux heures par jour minimum à leur instrument ? Soit ils n’ont pas le niveau, soit ils sont trop forts, soit il ne sont pas assez disponibles ou bien ne s’intéressent pas à la musique française du début du vingtième siècle. Ma femme aime la musique d’ensemble mais joue le plus souvent seule ou accompagne au piano des enfants en première année de violon.

Ma femme est musicienne mais n’aime pas se produire devant un public. Chaque audition est une torture, un peu pour elle, énormément pour nous, surtout durant les quinze jours qui précèdent l’exercice.

Ma femme est musicienne, elle joue avec d’autres musiciens. Des artistes fragiles, sensibles, un peu fous, qui sacrifient à leur art, travail, temps libre, richesse et famille. Tout l’opposé de mon épouse.

Ma femme est musicienne et je ne pourrais vivre sans ma musicienne.

Vaches maigres ?

Les derniers albums arrivés à la maison cette semaine se comptent sur un doigt et les promotions sur deux mains, ce qui équilibre.

Il y a deux jours, j’ai reçu Unprecedented – The Piano Sessions de Marcela Bovio.

Comme son nom l’indique, il s’agit des versions piano de son premier album Unprecedented, alors enregistrées avec un quatuor à cordes. Un live studio, avec des arrangements piano de Erik van Ittersum, qui reflètent les concerts que la dame a donné lors de la sortie de son premier album. S’il n’est pas du même niveau que le précédent (pourtant j’aime le piano), ce nouvel album propose quatre inédits : ‘Hope Is Never Lost’, ‘Pure Imagination’, ‘Nature Boy’ et ‘The One’ version espagnole.

Pour les fans de l’ex chanteuse de Stream of Passion.