Unprocessed – Angel

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Ce n’est pas la première fois que je vous parle du groupe Unprocessed ici. J’ai chroniqué leur précédent album …and everything in between et j’ai même vu le groupe en première partie de Tesseract l’an passé. Et, oui, j’aime ce métal progressif écartelé.

Le quatuor allemand vient de sortir Angel, leur sixième album en dix ans. Treize titres au format radio alternant growl caverneux, voix d’ange et même slam sur du djent électro qui frise parfois le gros poutrage et part dans toutes les directions. Et des fois, ça n’est pas facile à suivre.

Cette fois, j’ai eu du mal. J’ai acheté l’album à sa sortie fin octobre 2025 et ce n’est qu’aujourd’hui que j’ose m’y attaquer. Car attaquer est le bon terme.

Ne nous mentons pas, le quatuor ne s’est pas vraiment assagi sur Angel. Une musique cyberpunk où le growl vomito rencontre le djent tabassé sur de l’électro à haute tension dans laquelle se glissent régulièrement de courtes accalmies de chant clair. Et tout ça comprimé dans des morceaux de trois à cinq minutes.

Ça n’en reste pas moins excellent et épuisant à la fois. Si vous redoutez les hurlements comme de djent tabasseur, cet album n’est clairement pas pour vous, et si vous en doutez, écoutez ‘Terrrestrial’, un titre génialement terrifiant.

Par chance, tous les morceaux ne sont pas aussi extrêmes. Il y a quand même ‘Where I left My Soul’, ‘First Tongue’ ou ‘Perfume’ au démarrage anathémien qui lèvent le pied dans cet enfer métalcore, mais cela ne dure jamais très longtemps.

Sur Angel, vous trouverez des invités, comme c’est d’usage chez Unprocessed. Le plus marquant est certainement Jason Aalon Buttler du groupe de metal californien Fever 333 qui mélange punk et hip hop dans sa musique. Il prête sa voix à l’avant-dernier morceau ‘Head in the Clouds’. Le second se nomme Marc Zellweger alias Zelli du groupe de hardcore helvète Palace Swiss. Lui, il hurle son slam dans ‘Solara’.

Angel avec ses cinquante minutes au compteur est nettement plus long que …and everything in between et également plus écartelé ce qui le rend relativement indigeste. Disons que pour aller jusqu’au bout de Angel, il faut vraiment s’accrocher.

L’album est très bien, on y retrouve d’ailleurs les recettes qui m’ont séduites chez Unprocessed, mais je crois qu’il est un peu too much pour moi.

Feather Mountain – A Liminal Step

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L’album que je vais vous présenter aujourd’hui aurait pu figurer dans mon top 2025. J’ai même hésité à repousser d’une semaine la publication de mon classement pour vous le faire découvrir. Mais j’avais envie de plus de temps pour l’écouter. 

Le groupe s’appelle Feather Mountain, vient de Copenhague et sort ici, avec Liminal Step, son troisième album depuis 2019. 

Huit titres de métal progressif de deux à sept minutes qui ne sont pas sans rappeler les cadors du genre comme Leprous ou Vola.

Dans Liminal Step le growl et la voix claire se partagent les parties chantées d’agréable manière. Lorsque l’on commence à saturer de sucreries, la râpe amère vient nettoyer les papilles et relancer l’envie de douceurs. Un très bon équilibre pour les personnes qui craignent les hurlements.

L’album nous guide pendant trente-neuf minutes vers la compréhension de nous-même alors que le monde qui nous entoure sombre dans le chaos. Une invitation à plonger dans l’abîme de la vie, dans nos traumatismes et les structures sociales qui nous paralysent, à l’image de la magnifique pochette signée Arie Fasant, cet homme qui fait un pas en avant dans le vide. 

Je vous l’avoue, c’est cette couverture, façon tatouage, qui m’a tout d’abord interpellé. Un personnage sur un éperon rocheux, les cheveux au vent, qui s’apprête à se jeter dans le vide. Cela ne ressemble pourtant pas à un acte désespéré, bien au contraire. 

Le côté enragé de l’album est particulièrement frappant sur les deux premiers morceaux, ‘Sigil’ et ‘Rope Me In’. Dans ‘Lantern’, même si Mikkel Lohmann lève le pied sur growl, il pousse ses cordes vocales dans ses retranchements à la manière d’un Einar Solberg tordu de douleur.

La musique, elle emprunte beaucoup à du cinématique tabassé de djent avec souvent des éléments électroniques. Certains y entendront du Porcupine Tree, du Oceansize, personnellement, je les trouve plus près des danois de Vola, en plus pêchus. 

J’aime beaucoup la grandiloquence du titre ‘Prayer Wall’, un des titres les plus longs avec l’excellent ‘Lantern’ et le final ‘The Hedonist’. Un titre qui mélange B.O. façon Interstellar, électronique et chant clair, choeurs et voix très haute le tout avec une puissance émotionnelle rarement atteinte.

Le bref ‘Grid’ rappelle inévitablement l’ami Wilson dans ‘Arriving Somewhere But Not Here’ avec sa guitare acoustique, ses effets vocaux, cette guitare électrique en second plan ainsi que les sonorités choisies pour les claviers. Le titre semble presque à un hommage au travail de Porcupine Tree.

Si j’avais eu plus de temps, j’aurais chroniqué A Liminal Step en 2025 et il aurait certainement figuré dans mon top de l’année, car je ne m’en lasse pas. Il possède sans doute le défaut de ressembler à beaucoup d’autres albums dans la veine de Vola et Leprous mais c’est tellement bon qu’on leur pardonne.

Je vais essayer de trouver du temps pour écouter ‘Nidus’ sorti en 2019 et ‘To Exit A Maelstrom’ arrivé trois ans plus tard pour voir si j’accroche autant et découvrir l’évolution du groupe depuis ses débuts.

En attendant, je vous recommande chaudement A Liminal Step. A consommer sans modération.

RO1 – Sunder

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Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous ennuyer avec mes avis douteux sur les cordes vocales. Aujourd’hui, nous allons parler d’un album instrumental, le dernier bébé de Rohan Sharma, intitulé Sunder.

Rohan est un producteur australien qui joue également des claviers et si Sunder ressemble parfois à du Plini, ce sont les synthés qui dominent sur l’album. Des claviers qui jouent du djent, du jazz, de l’oriental, du symphonique pendant un peu plus de quarante minutes et huit morceaux.

Des claviers omniprésents avec toutefois les participations de deux guitaristes (Lulu De La Rosa et Rohan Stevenson) et d’un bassiste (Toby Peterson-Stewart). Et même si vous ne l’entendrez pas forcément, la batterie est programmée par notre claviériste australien.

Sunder qui signifie séparer, à ne pas confondre avec thunder, le tonnerre, est un album festif, solaire, bondissant et relativement varié pour un instrumental.

De temps en temps la musique se pose comme dans le titre ‘Wind Eye’ pour mieux repartir juste après. ‘Polar Opposites’ sonne comme une musique de jeu de plateforme Nintendo sans l’échantillonnage du son en huit bits, bien heureusement. ‘Riveted’ pourrait faire songer à du Dream Theater s’il ne manquait les bêlements de James Labrie et le poutrage inimitable de Mike Portnoy. Quant à ‘Aros’, il possède un côté Vangelis comme dans les quatre-dix premières secondes avant de partir sur une fusion virtuose qui se marie à merveille avec du métal progressif.

Rohan n’en est pas à son coup d’essai puisque depuis 2020 il a sorti trois albums avec Eighteen et Errorist en 2022. C’est d’ailleurs avec ce dernier que j’ai dû connaître RO1 sur les recommandations de je ne sais plus qui, et non, ce n’est pas Stéphane pour une fois, j’ai vérifié.

La pochette m’a également tapé dans l’œil même si j’ai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. Un décor gothique avec une créature inquiétante debout devant un portail dressé sur un rocher en lévitation, le tout sur fond de ciel rouge. Un graphisme que me fait songer à une excellente BD.

Après, est-ce que Sunder raconte une histoire, je n’en ai aucune idée, parce que sans paroles ni même une courte présentation, il est difficile de se faire un avis tranché.

Sunder est un album de métal progressif instrumental centré sur les claviers avec des inspirations très diverses qui pourra vous faire songer à Plini et que je vous recommande chaudement.

Green Carnation – A Dark Poem Part I : The Shores of Melancolia

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C’est Stéphane Gallay de Radio Erdorin qui m’a fait découvrir le groupe Green Carnation avec l’album Leaves of Yesteryear il y a cinq ans. Je ne l’avais pourtant pas chroniqué ici, je ne sais plus pour quelle raison, peut-être simplement parce que je n’avais rien à apporter de plus à la chronique de Stéphane. Mais avec la sortie du premier album du triptyque A Dark Poem, j’ai décidé de prendre ma plus belle plume pour vous en parler.

Déjà commençons par les présentations : Green Carnation est un groupe de métal progressif norvégien né en 1990 donne tout d’abord dans le death. La formation actuelle date de 2014, car l’histoire de Green Carnation a été quelque peu mouvementée. 

D’ailleurs je me suis aperçu, en effectuant des recherches pour cette chronique, que j’avais un de leurs albums de la première période, Light of Day, Day in Darkness, sorti en 2001, deux titres épiques respectivement long de trente-deux et vingt sept minutes. Aujourd’hui, leur univers musical me fait penser à celui du groupe Arena avec un son musclé chargé de claviers et un chant théâtral proche de celui de Paul Manzi. 

En parlant de chant, Grutle Kjellson de Enslaved vient hurler sur ‘The Slave That You Are’, cassant la routine tranquille de Kjetill Nordhus. Et puisque l’on en est aux artistes invités, vous entendrez également Ingrid Ose à la flûte sur deux titres et les percussions de Henning Seldal dans le dernier morceau ‘Too Close to the flame’.

J’ai parlé des claviers et du chant mais il serait cruel de passer sous silence l’incroyable jeu de Tommy qui opère derrière les fûts. Une batterie aux rebondissements fabuleusement progressifs comme dans ‘In Your Paradise’.

L’album de quarante-deux minutes contient six morceaux de cinq à neuf minutes. C’est court, mais à ce rythme là, si les gars arrivent au bout de la trilogie, celà donnera un concept album de plus de deux heures quand même.

Avec ce premier opus intitulé The Shores of Melancolia, Le groupe nous embarque pour un voyage fantastique dans la noirceur de l’âme humaine.

The Shores of Melancolia est sombre, violent, progressif, épique. Tout en gardant une belle unité narrative, il alterne les atmosphères musicales avec des tonalités orientales comme dans le titre album ou du heavy dans le titre final.

Comme dit juste au dessus, le thème de l’album n’est pas franchement bisounours. Si vous faites l’effort de lire les paroles, vous verrez que ça ne rigole pas. Voyez vous-même  : “La fin est proche, les victimes, les adversités sont là …  les accidents, les décès, les calamités sont là… le destin, la misère, l’exigence sont là… l’effondrement est proche, l’urgence, le cataclysme est là”.

Je n’ai trouvé qu’un seul reproche à faire A Dark Poem Part I, son illustration. Franchement, elle ne me plait pas, disons qu’elle ne me donne pas envie d’acheter l’édition vinyle. Il y a de l’idée pourtant, cette cape étoilée, ce ciel doré et le motif des vagues que l’on retrouve un peu partout sauf dans le ciel. Mais bon, je n’aime pas.

Bref, sorti de ce petit détail, le dernier Green Carnation pourrait réconcilier les progeux et les métalleux sous une même bannière, celle de The Shores of Melancolia.

Je ne peux que vous le recommander chaudement.

Fallujah – Xenotaph

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Je vous propose un voyage en Irak dans la tristement célèbre ville de Fallujah. Bon, je ne suis pas ici pour vous parler de la chute de Saddam Hussein ou bien des supposées armes de destruction massives inventées par Colin Powell.

Fallujah est aussi le nom d’un groupe de métal progressif américain qui existe depuis une dizaine d’années et qui possède quatre albums à son actif. 

Alias a chroniqué leur travail à maintes reprises, mais c’est le moteur de recherche de Bandcamp qui m’a fait découvrir leur dernier album Xenotaph sorti le 13 juin dernier.

Xenotaph ce sont huit titres de trois à sept minutes pour près de trois quarts d’heure de metal progressif à deux voix où le growl est très présent.

La pochette n’est pas étrangère à mon choix, elle m’a tout de suite tapé dans l’œil. Un artwork qui reprend les codes du précédent album Empyrean, que j’ai également écouté par curiosité.

Fallujah joue d’un metal prog très technique qui part dans toutes les directions et où chant clair et growl se disputent le temps de parole. Cela n’empêche pas leur musique d’être ciselée et extrêmement mélodique contrairement à Empyrean qui était nettement plus brutal. Mais clairement, c’est la grosse voix qui l’emporte ici et c’est peut-être ce qui m’a rebuté la première fois. Xenotaph, écartelé entre une bonne dose de violence et de mélodie, convenait assez bien à mes humeurs caniculaires.

La musique se construit sur des guitares à la Plini, des claviers à la Jordan Rudess et une rythmique djent qui part dans toutes les directions. Les rivages paisibles de cet album ressemblent plus au Cap Horn en pleine tempête et les quarante-deux minutes de traversée pourront sembler très longues à qui soufre du mal de mer.

Les ouvertures sont souvent mélodiques, rapidement submergées par le growl, et de temps en temps, la batterie s’apaise et du chant clair vient tempérer les ardeurs du métal. Mais soyons honnête, cela ne dure jamais très longtemps. Ici, pas de pièce acoustique entre deux charges de djent pour souffler quelques minutes avant de se faire à nouveau tabasser. Du coup, au bout de trois quarts d’heure de ce traitement, je suis à chaque fois lessivé et essoré.

Pour un album court, je le trouve vraiment très long., sauf les jours où je suis survolté. N’empêche, Xenotaph est une belle machine de guerre, un monstre d’énergie débridée, le tout servi par une technique chirurgicale et des contrastes vocaux impressionnants.

Je le recommande au plus métalleux d’entre vous ou bien pour les jours où vos voisins vous tapent sur les nerfs.

Et si vous voulez écouter du metal, vendredi 18 juillet à Selestat, il y aura une nuit consacrée au Pagan avec à l’affiche Primordial, Saor, Can Bardd et d’autres. D’ailleurs, si quelqu’un y va depuis Strasbourg, je cherche un covoiturage…

Hail Spirit Noir – Fossil Gardens

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Aujourd’hui, nous allons parler métal progressif avec un groupe venu de Grèce, Hail Spirit Noir. Je suis tombé dessus grâce au moteur de recherche de Bandcamp. Sa pochette a attiré mon regard et le prix m’a décidé à acheter l’album.

Fossil Gardens est un concept album sorti en juin 2024 qui fait suite à Eden in Reverse et qui explore les secrets de l’univers. Pour paraphraser le groupe, il s’agit d’un combat philosophique et scientifique pour percer les secrets de l’univers et atteindre de nouveaux états de conscience qui défient les limites de l’espace et du temps.

La pochette représente un écorché humain fait de nacre, de corail rouge, de coquillages et d’une perle, avec, en arrière-plan, ce qui ressemble à une nébuleuse.

L’album lui livre sept morceaux de deux à dix minutes pour trois quarts d’heure de musique ou chant clair et growl se partagent la parole. La musique quant à elle scille agréablement entre BO de science-fiction et métal parfois bien appuyé.

Les claviers et le chant clair qui ouvrent ‘Starfront Promenade’, annonceraient presque un album de prog cinématique avant que la double pédale et le scream n’écrasent tout sur leur passage. De temps en temps le côté progressif reprend du poil de la bête, mais ne nous mentons pas, dans Fossil Gardens le métal domine largement.

L’unique instrumental ‘Ludwig in Orbit’, long de seulement deux minutes, et qui allie classique et synthwave, fait exception. Un intermède vocal numérique toujours bienvenu avec de replonger dans la tourmente de ‘Fossil Gardens’.

‘The Blue Dot’ est certainement le morceau le plus hurlé des sept. Après une très brève note éthérée, le groupe rentre dans le vif du sujet et ne redescend plus jusqu’à sa conclusion aux claviers cinématiques. C’est assez dense, surtout avec ce scream grave et la guitare mandoline saturée qui l’accompagne même si quelques choeurs tabassés par la double pédale donne une vague impression aérienne à mi chemin.

La pièce la plus longue de l’album s’intitule ‘The Road to Awe’. Vous lui trouverez probablement un côté Pink Floyd assumé façon The Division Bell. Mais comme pour ‘Starfront Promenade’, très rapidement le growl s’insinue dans une mélodie planante et le titre finit rapidement par s’énerver et virer au western spaghetti.

C’est évidemment cette dualité musicale, le thème science fictionnesque, la pochette sans parler du prix de vente au mois de mars qui m’ont séduits dans Fossil Gardens.

Il va falloir que je me penche à l’occasion sur leurs autres productions comme Mayhen in Blue sorti en 2016 ou bien Pneuma de 2012 pour voir si j’accroche autant.

Mais si vous n’avez pas peur des mélanges, allez jeter une oreille sur le Bandcamp de Agonia Records où j’ai déniché l’album.

rioghan – KEPT

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Rioghan est une formation finlandaise de métal progressif présentée par Alias dernièrement. Du métal progressif à chanteuse qui sur son dernier album Kept varie beaucoup les genres, du métal symphonique en passant par l’électro et la ballade pop au piano.

Contrairement à Stéphane, j’adore le métal progressif à chanteuse. Cela me change de ces métallos qui torturent leurs cordes vocales pour atteindre les hautes notes de la gamme en studio et se plantent magistralement en live.

Rioghan Darcy possède une belle voix, pas forcément exceptionnelle comme Marcela, Anneke ou Floor, mais suffisamment maîtrisée pour que j’y trouve mon compte. Une voix capable de scream démoniaque comme dans ‘Edge’ et de chaleur à la manière de ‘Grief’.

Kept est un album dix titres d’une cinquantaine de minutes. Ici pas de grand format sorti de ‘Red’ qui reste d’une longueur très raisonnable. Par contre, vous allez entendre une grande variété de styles, histoire de ne pas vous ennuyer une seconde.

Les titres alternent douceur et scream, pop et métal, électro et symphonique, voire folk et ce pendant un peu moins d’une heure, si bien que tout le monde y trouvera son bonheur, à moins d’être vraiment difficile.

Si ‘Hands’, ‘Edge’, ‘Motion’ ou ‘Red’ déboitent bien les cervicales, ‘Skin’, ‘Distance’ et surtout ‘Grief’ jouent plutôt l’apaisement. ‘Motion’ donne dans le symphonique, ‘Skin’ n’est pas loin de l’électro, ‘Hopes’ emprunte beaucoup d’éléments au folk avec accordéon et violon quand ‘Grief’ propose une ballade au piano.

Lorsque Stéphane a sorti sa chronique, je suis allé écouter l’album sur Bandcamp et juste après, j’ai commandé le CD dans la foulée. Kept fera certainement partie des albums sur lesquels j’aurai beaucoup de plaisir à revenir, donc tant qu’à faire, autant l’avoir sous la main dans ma discothèque idéale.

Le seul reproche que je ferais à cet album concerne sa production qui manque de ciselé. Sur des enceintes de PC ou au AirPod cela passe assez bien, mais lorsque le digital passe sur mes enceintes colonnes, la finesse du master révèle ses faiblesses. On verra ce que donnera le CD lorsqu’il arrivera à la maison.

Kept ne sera pas l’album de l’année mais j’y reviendrai certainement de temps en temps parce qu’il est très agréable à écouter sans être trop typé. Je vous invite donc à y jeter une oreille et plus si affinités.

Dream Theater – Parasomnia

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C’est à chaque fois la même histoire. Je me dis que je ne vais pas acheter le nouveau Dream Theater parce qu’il y en a marre de ce métal prog démonstratif et pompier chanté par une chèvre et finalement, je craque.

Le premier extrait de Parasomnia, en l’occurrence ‘Night Terror’, ne m’avait pas convaincu malgré le grand retour de Barbe Bleue à la batterie. Trop technique, trop sec, trop ricain.

‘Midnight Messiah’ ne m’avait pas emballé non plus avec son refrain qui arrive comme un cheveu sur la soupe, mais quand la galette est sortie le 7 février, j’ai quand même cliqué sur le bouton acheter.

J’ai écouté les titres sans réel entrain et j’ai décroché au bout d’une heure, laissant ‘Shadow Man Incident’ pour plus tard. Le titre final de près de vingt minutes m’a alors scotché comme presque à chaque fois que le groupe sort un grand format.

Vous l’aurez compris, Parasomnia est le dernier album de Dream Theater et Mike Portnoy est de retour derrière les fûts. Soixante et onze minutes divisées en huit morceaux qui nous plongent dans une débauche de guitares, basses, batterie et claviers, sans parler de la Chèvre de monsieur Seguin.

Les mecs sont vraiment très forts, mais ne prennent pas beaucoup de risques avec cet album. Il faut dire que la seule fois où ils ont essayé d’innover, ils se sont plantés en beauté.

Quand je dis que Dream Theater ne prend aucun risque, ce n’est pas totalement vrai. Avec ‘Dead Asleep’ ils donnent presque dans le rock, surtout avec le solo de guitare de notre ami Petrucci toujours au top de sa forme.

Le ton de Parasomnia est plus sec que d’ordinaire, en grande partie à cause du jeu ciselé de Portnoy. Cela ne l’empêche pas d’être pompier à souhait, sinon ça ne serait pas drôle. Et au top de cet exercice, on trouve le titre ‘A Broken Man’.

Comme dans quasiment chaque album de Dream Theater se glisse une bluette dans laquelle la voie sirupeuse de James atteint des sommets. C’est l’avant-dernier titre ‘Bend de Clock’ qui hérite de ce rôle ingrat. Et pour une fois, c’est plutôt réussi avec en prime un superbe solo de guitare, alors ne boudons pas notre plaisir.

‘The Shadow Man Incident’, que j’avais gardé pour le dessert, est un grand classique de Dream Theater, une pièce épique qui renoue avec les sonorités de ‘Octavarium’. Un titre prog pompier très instrumental, le genre de truc dont je raffole même si il n’est pas d’une grande inventivité. J’ai toujours trouvé que Dream Theater excellait sur les longs formats et ‘The Shadow Man Incident’ ne déroge pas à la règle.

Parasomnia ne figurera certainement pas dans mon top 2025, encore moins dans mon top Dream Theater, même s’il s’agit de mon premier achat de l’année. L’album s’écoute sans fausse note ni passion. Le genre de galette rapidement oubliée même si le dernier titre mérite tout de même le détour.

Vola – Friend of a Phantom

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J’ai toujours connu des hauts et des bas avec Vola. Je n’ai pas accroché avec Immazes, j’adore toujours autant Applause Of A Distant Crowds, j’ai boudé Witness, j’ai adoré leur Live From The Pool (sauf les images) et maintenant il me faut vous parler de Friend of a Phantom sorti l’an passé. Il le faut car je n’ai rien d’autre sous la dent.

Le court album de neuf titres ne va pas bouleverser le paysage musical du groupe de Copenhague. Vola joue de métal prog électro cinématique et invite comme à son habitude un chanteur pour varier les plaisirs. Cette fois il s’agit de Anders Friden qui chante dans In Flames et Passengers. Comme souvent, le titre où apparaît le chanteur invité se détache nettement des autres morceaux de l’album. Ici, il s’agit de la première pièce ‘Cannibal’ où le growl de Anders fait clairement la différence.

Le reste m’a tout d’abord semblé un peu fade. Friend of a Phantom manquait à mon avis de caractère pour vraiment décoller même si le  titre très lent et cinématique ‘Glass Mannequin’ me fait frissonner à chaque écoute. Mais malgré ce constat, je retournais souvent écouter Friend of Phantom. Se pouvait-il que l’album ne soit pas si mal ?

En réalité il est bien, même très bien, et quelques morceaux comme ‘Bleed Out’ ou ‘Paper Wolf’ relancent bien la machine. Mais force est de constater qu’il ne réinvente pas la poudre. J’irai jusqu’à dire que Vola fait dans la facilité. L’avantage, c’est qu’il est particulièrement confortable à écouter si on connaît déjà un peu le groupe. Voilà sans doute pourquoi je le passe régulièrement sur ma chaîne pour souffler dans le canapé ou bien dans la voiture lorsque je fais de longs trajets.

En plus il contient des trucs assez géniaux où l’électro prend le pas sur tout, je veux parler de ‘Break My Lying Tongue’ avec son explosion de claviers synthwave qui en fait un titre hyper commercial et metal à la fois quand soudain rugit le growl final.

Après avoir été tout d’abord un peu déçu par Friend of a Phantom comme mon ami Alias, j’ai commencé à écouter l’album en musique de fond et maintenant j’en arrive à la considérer comme un disque suffisamment intéressant pour que j’envisage sérieusement de l’acheter en vinyle.

Comme quoi la musique est une question d’humeur et de moment et qu’il ne faut surtout pas s’arrêter à l’opinion d’un chroniqueur pour décider quoi écouter. Donc écoutez-le si ce n’est pas encore fait et donnez-lui sa chance comme je l’ai fait.

Jason Bieler – Postcards From The Asylum

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En butinant sur Bandcamp dans la catégorie métal progressif, je suis tombé sur une pochette sur laquelle trône un gars bizarre en scaphandre spatial. Le genre de truc qui me donne toujours envie d’écouter de la musique. 

Le morceau en question s’appelle ‘Savior’. Il s’agit du premier single du prochain album de Jason Bieler, The Escapologist, qui sortira le 21 février. 

Comme le truc m’a semblé suffisamment barré pour me titiller, je suis allé écouter sa précédente création, Postcards From The Asylum, sorti en avril 2003. 

Alors voilà, c’est parti pour une heure et quart de musique très barrée déclinée en quinze morceaux.

Jason Bieler est un ricain qui se définit comme un troubadour post-apocalyptique avec un fort penchant pour les sonorités étranges. Personnellement, je trouve qu’il n’est pas très loin de l’univers totalement barré de Devin Townsend.

Musicalement, il y a un peu de tout dans Poscards From The Asylum, du metal, du hard rock, de la pop, de l’americana, du rock et plein d’idées zarbies.

Une première écoute complète de l’album peut dérouter par son côté un peu foutraque, mais pas pire qu’un Ziltoid de Devin Townsend. Pour l’avoir écouté en boucle pendant plusieurs jours, je le trouve assez génial.

L’album regorge de titres aux sonorités complètement barrées comme ‘Flying Monkeys’, ‘Sic Riff’ ou ‘Feel Just Like Love’. À côté de cela, il y a du folk americana comme dans ‘Human Dead’, ‘The Depths’ ou ‘Mexico’ qui au passage possède un petit air de Bob Dylan, The Beatles et David Bowie. Il y a aussi du bon vieux hard rock dans ‘Heathens’ et puis bien entendu du métal progressif dès l’ouverture de l’album avec ‘Bombay’.

Si le chant est très présent avec des tonnes de refrains furieusement accrocheurs, la musique n’est pas en reste et les guitares sont tout particulièrement à l’honneur. Pas des choses très démonstratives, mais efficaces, agrémentées de plein de sonorités bizarres et de rythmiques totalement barrées.

Postcards From The Asylum est une très belle découverte et je ne vous cache pas que je suis impatient de découvrir le prochain album de Jason. En attendant sa sortie, vous pouvez découvrir ses autres productions sur Bandcamp.