Crown Lands – Apocalypse

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Comme beaucoup des sorties très attendues n’arrivaient pas à éveiller mon intérêt, je veux parler de Port Noir, Bruce Soord ou Devin Townsend par exemple, j’ai décidé d’écouter un album assez éloigné de ma zone de confort. Je veux parler du groupe de heavy prog vintage canadien Crown Lands qui se réclame de Led Zep et de Rush. Une grosse prise de risque pour moi qui n’aime pas Rush et ne connais que quelques tubes de Led Zepplin.

Apocalypse est un album sept titres dont un de presque vingt minutes. Il sonne des plus seventies et est joué par le duo formé de Cody et Kevin. Cody chante très haut à la manière de Rush en jouant de la batterie et de la flûte quand Kevin fait tout le reste, basse, guitare et claviers.

On ne va pas se mentir, l’album possède un côté enthousiaste, approximatif, brut d’enregistrement et un peu à côté du diapason, comme si le passage en studio s’était fait dans une cuisine. Cela lui donne aussi une certaine fraîcheur que certains artistes semblent avoir perdu au fil des années.

Apocalypse donne dans le rétro prog à la frontière des sixtes et seventies sans la moindre recherche de modernité ce qui me l’a rendu immédiatement sympathique. Par moment, c’est même à la limite du kitch.

La musique de Crown Lands est rock, dynamique et rythmée avec force de guitares. Il faut attendre l’avant dernier titre, ‘The Revenants’ pour que l’album se calme un peu avec un morceau quasi acoustique.

La pièce de choix est le tout dernier morceau de l’album, une pièce de presque vingt minutes intitulée ‘Apocalypse’. On y retrouve de nombreuses inspirations allant du néo-progressif à la Marillion au prog symphonique à King Crimson et Yes. Certes, le titre ne réinvente pas la poudre, il ressemble presque d’ailleurs à un medley de best of des seventies, mais cela s’écoute quand même avec bonheur. En plus Cody torture un peu moins sa voix dans les dernières minutes du titre ce qui repose mon oreille qui a été bien malnenée pendant tout l’album.

Je ne vais pas vous sur vendre Apocalypse ni le placer dans mon top de l’année. Mais si comme moi, vous aviez une envie soudaine de prog vintage, vous pouvez y jeter une oreille, on ne sait jamais, sur un malentendu.

Leviathan – Heartquake/Redux

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Je râle souvent contre les vieux progheads nostalgiques qui se vautrent dans la fange du rétro prog ou les cover Pink Floyd. Mais à bien y réfléchir, je suis un vieux proghead qui écoute de temps en temps du métal pour faire bonne figure. Et quand Alias à parlé de l’album de Leviathan dans son blog, j’y ai naturellement jeté une oreille curieuse.

A la fin du second titre, ‘Hellishade of Heavenue’ je commandais Heartquake/Redux sans écouter le reste.

Avec trois des membres de la formation d’origine, le chanteur Alex Brunori, le batteur Andrea Moneta et le claviériste Andrea Amici rejoints par le bassiste Andrea Castelli et le guitariste Fabio Serra, ils ont ré enregistré cette année l’album Heartquake sorti en 1988, donnant naissance à ce Heartquake/Redux. 

Dès l’écoute du premier titre ‘The Waterproof Grave’ j’ai eu l’impression de plonger dans un album de The Watch, vous savez ce groupe italien qui reprend Genesis en live. Le titre délivre un bon gros son rétro prog seventies magnifiquement amené alors qu’à l’époque, en 1988, le genre était plutôt morribon.

‘Only Visiting This Planet’ m’a tout de suite fait songer au néoprog de IQ avec ses choix rythmiques et le phrasé haché du chant d’Alex quand ‘Up We Go!’ fait penser aux débuts de Marillion et que le titre final ‘Hearthquake’ donne dans les glorieuses années de Genesis.

Les guitares de Fabio sonnent furieusement comme celles de Steve Hackett et les claviers vintages ne sont pas loin du travail d’orfèvre de Tony Banks, tout particulièrement dans ‘The Waterproof Grave’ et ‘Heartquake’.

Mais des six morceaux, mon préféré est incontestablement le ‘Hellishade of Heavenue’ qui jette un pont entre le rétro prog et le néoprog. Il joue une partition mélo crooner digne des plus belles ballades de In The Court Of The Crimson King et le solo de guitare à la quatrième minute est à tomber par terre.

J’ai un peu plus de mal avec ‘Only Visiting This Planet’ qui ressemble également aux premières années de Arena, non pas que je n’aime pas l’album The Pride loin de là, mais sa musique n’est pas trop raccord avec les deux premiers morceaux.

Au bout du compte, j’ai un gros coup de cœur pour les deux premiers titres de l’album ainsi que pour son final. Coincés entre ces trois pièces ‘Only Visiting This Planet’ et ‘Up We Go!’ m’emballent un peu moins.

Mais replonger de temps en temps et à dose homéopathique dans le rétro prog ne fait jamais de mal, c’est même assez plaisant et cet album est un bon choix pour une cure de jouvence.

Crise de foie

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Crise foie ou crise de foi ? Après une overdose de Threshold, VUUR et Sons Of Apollo, je n’en peux plus du metal prog. Ecoeurement, dépression post metal, post coïtale, burn out musical, je l’ignore, ce qui est certain c’est que mes oreilles réclament de nouvelles sensations.

Mon unique religion se nomme la musique, mon alimentation, des morceaux de quinze minutes. Dès que je dispose de quelques minutes, j’allume la chaîne, le baladeur, branche le casque et écoute un album de progressif. Entre les promotions, les achats, et les anciens albums, je peux tenir une centaine jours en continu sans écouter deux fois le même morceaux.

Mais de temps en temps, je perds la foi, mon foie, ne supportant plus cette alimentation trop chargée. D’ordinaire la médicamentation était simple, après une forte dose de néo-progressif, une cuillerée de metal, un sachet de rétro prog et je repartais pour trois albums. Cette fois, foie, foi, l’heure est grave. La purge metal n’a pas réussi, la mono-diète catenbury non plus et pas question d’arrêter de m’alimenter de prog, il faut que le webzine tourne.

J’ai connu un gars qui traversait la même crise existentielle. Il polluait les forums consacrés au rock progressif, dénigrant systématiquement le métal prog, le rétro prog, le néo-prog, louant des groupes inconnus ayant sorti un seul EP avant de sombrer dans l’oubli. J’en suis presque là, mais pas encore. Plutôt que de tirer sur l’ambulance comme lui, j’essaye de nouvelles drogues, de nouveaux dieux et mon oreille se complet de plus en plus dans le prog fusion instrumental, m’entraînant vers des contrées dans lesquelles je n’osais guère m’aventurer il y a encore peu.

Si vous voyez fleurir des groupes improbables prochainement dans nos chroniques, ne prenez pas peur, je mange juste du radis noir afin de pouvoir à nouveau m’asseoir au banquet gargantuesque du rock progressif pour les fêtes.