MOC

Image

Depuis quelques semaines, la fébrilité Lego m’a repris, sans doute à cause du mauvais temps. Mon petit dernier dit qu’il est temps que le beau temps revienne pour que je fasse de l’astronomie, sinon je vais épuiser ma réserve de briques.

Tout a commencé avec le Faucon Millenium puis l’annonce officieuse du plus gros set Seigneur des Anneaux avec l’arrivée de Minas Tirith.

Je le suis dit, et pourquoi pas me lancer dans l’aventure. Certes pas à la même échelle (plus de 8000 briques paraît-il) mais avec les moyens du bord. J’ai trouvé plusieurs modèles sur internet mais aucun que je puisse construire avec mon stock.

Alors j’ai improvisé, vidant les boites de briques autour de moi, des briques blanches pour la ville, grises pour la montagne. J’ai commencé par le rempart extérieur, qui malgré son apparente simplicité, posait plusieurs problèmes. Ensuite j’ai attaqué l’éperon rocheux sur lequel est bâti le palais et où pousse le dernier arbre blanc des Terres du Milieu. J’ai assemblé les briques blanches formant l’un des cotés de l’arrête rocheuse, construit l’autre face du rocher et me suis arraché les cheveux pour les rassembler.

J’avais les remparts, le rocher et le palais, restait à construire la ville contenue dans les remparts et accrochée au rocher. Ça n’a pas été le plus difficile finalement et en plaçant ici où la des petites pièces, j’ai obtenu un visuel acceptable. Pour parfaire le décor, j’ai ajouté le mur formé par la montagne à laquelle s’adosse la ville. J’avais terminé ma Mini Tirith comme une personne l’a surnommé sur un RedIt.

Mais un grand vide s’est emparé de moi. Comme un poids autour du coup, un oeil de feu m’observant depuis le Mordor. Il fallait que je construise Barad-dûr, la tour noire avec l’oeil de Sauron. Le set Lego ne m’avait pas du tout emballé, ressemblant plus à un jeu d’enfants Playmobil malgré sa complexité, du coup je ne l’avais pas acheté.

J’ai cherché des illustrations sur le net et lorsque j’ai trouvé mon bonheur, j’ai trié tous mes briques pour mettre de coté les pièces noires. Oui, parce que Barad-dûr, signifie  la tour noire, alors il faut des Lego noirs. Un travail harassant mais qui me simplifierait la construction ensuite. Car fouiller neufs bacs remplis de briques multicolores, même grossièrement triées par genre, c’est épuisant.

La conception et la construction, deux étapes menées conjointement en suivant les principes de la méthode agile, ont été assez rapide, cinq ou six heures seulement là où le Faucon Millenium m’en avait demandé cinq fois plus. 

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Il me restait la tour blanche à réaliser. Vous savez la tour de Saruman qui n’a rien de blanc et où Gandalf reste emprisonné. 

Le problème c’est que cette tour possède une forme très particulière, quatre piliers carrés formant une croix et allant en s’amenuisant en s’élevant. Le genre de chose très difficile à réaliser avec des Lego, enfin pour moi. En plus, je n’avais plus de briques grises ou noires. Du coup j’ai du bricoler et le résultat n’ai pas franchement satisfaisant. J’ai construit une tour, et j’ai installé à ses pieds des fosses avec des machines, des cheminées, histoire de montrer les machines de Saruman.

J’ai posté une photo des trois ‘oeuvres’ sur Redit et le moins que l’on puisse dire, c’est que je me suis fait taquiner. Autant Minas Tirith a eu un certain succès, autant les deux tours pas du tout. Je trouvais pourtant Barad-dûr plutôt sympa… Mais c’est vrai, lorsque je vois les réalisations de certains passionnés de Lego, je comprends leur réaction.

Le troisième âge

Image

Le jour de mes soixante ans, le ciel a décidé de m’offrir un beau cadeau : du soleil ! C’est vrai qu’en février en Alsace, nous avons toujours un ou deux jours de douceur ensoleillée avant le retour du grand froid grisâtre et humide qui persiste jusqu’au mois de mai.

Dès le réveil, j’ai déballé mon premier cadeau. Je suis parti au bord du Rhin chasser la galinette avec un téléobjectif. J’avais manifestement perdu la main car mes approches furtives des volatiles se sont toutes soldées par l’envol de la cible avant même que je ne puisse appuyer sur l’obturateur. 

Alors j’ai sorti la grosse artillerie, le doubleur couplé au 500 mm et le passage du capteur plein format en mode APS-C pour obtenir une focale équivalente à 1500 mm à f/d 11. Pas facile à manier, surtout avec peu de lumière. C’est avec ce bazooka que j’ai photographié une aigrette en plein décollage à plus de 150 m de distance. Quatre images de l’échassier les pied dans l’eau jusqu’au cliché en noir et blanc de don envol que j’ai finalement sélectionné. 

Pourquoi en noir et blanc ? D’abord parce que j’aime le monochrome, ensuite parce ce que cela change des habituelles photos animalières, enfin parce que l’oiseau était blanc et les arbres plutôt sombres. Ça me semblait être le bon choix.

De retour à la maison, j’ai découvert mon improbable gâteau d’anniversaire fait avec amour avant de partir me promener avec mon épouse à la campagne, sous les rayons d’un soleil quasi printanier.

Une fois rentré, comme la marque Lego n’avait toujours pas sorti le set Minas Tirith à 650 € qui aurait fait un joli cadeau d’anniversaire, je me suis lancé dans la construction de la cité blanche, capitale du Gondor. A l’aide de gravures d’époque et de photographies de Peter Jackson, bref Google Images, j’ai empilé les briques, commençant par les remparts pour continuer par le rocher et enfin assembler toutes les parties.

C’est pendant ces heures laborieuses que j’ai été interrompu par un message Whatsapp d’un copain astronome. Il me proposait de sortir en plaine. Le ciel était toujours clair, défiant toutes les prévisions alors qu’en montagne de nombreux nuages décourageaient une quelconque expédition nocturne.

J’ai laissé là la construction inachevée, j’ai chargé le chariot, rempli le coffre, abandonné femme et enfants, et je suis parti retrouver mon observateur étoilé sur une coline, à un quart d’heure de la maison. Et j’ai pointé la nébuleuse d’Orion que je m’étais juré de refaire cette année. De toute manière, c’était l’une des rares constellations épargnée par la pollution lumineuse de Strasbourg, de l’aéroport d’Entzheim et d’Obernai.

Lorsque la lunette fut prête à shooter, je l’ai laissé travailler toute seule comme une grande et j’ai chassé les amas d’étoiles et les galaxies avec la lunette de mon compagnon d’un soir. Ne croyant pas que le ciel clair se maintiendrait (j’avais pourtant étudié les prévisions et consulté les modèles consciencieusement), je n’avais pas pris la peine de m’équiper pour une longue nuit. Résultat, à 23h, j’étais frigorifié.

J’avais déjà emmagasiné plus de 160 images (avec la nébuleuse d’Orion les photos unitaires ne dépassent pas 30s sous peine de surexposer le coeur de la nébuleuse), alors j’ai remballé le matériel trempé par l’humidité et je suis rentré à la maison me réchauffer.

Mon épouse m’avait abandonné pour aller manger avec une copine, oui, le jour de mes soixante ans, une honte ! Alors j’ai mangé la dernière part de gâteau expérimental et j’ai attendu que ma chérie rentre pour me glisser sous la couette avec une bouillotte vivante.

Je venais de rentrer dans le troisième âge des Terres du Milieu comme dans celui de mon existence. A soixante ans je jouais encore au Lego, chassais les canards et rêvais de poussières d’étoiles.

Les anneaux de pouvoir

Image

Ça y est, j’ai enfin pu regarder la série télévisée consacrée au monde de Tolkien sur Amazon Prime. Huit épisodes qui se déroulent avant la création des anneaux par Sauron. 

On y retrouve Galadriel, Elrond, Durin, Elendil, Isildur, Gandalf, Sauron et les pieds velus. Certes, ce ne sont pas les mêmes acteurs que dans les films, c’est d’ailleurs assez déroutant au début, mais on finit par se faire une raison.

J’avoue que je me suis un peu forcé au début d’autant que le personnage central de Galadriel ne m’a pas vraiment convaincu. Le second épisode qu’elle passe dans l’eau a failli avoir raison de ma patience mais arrivé à Numénor mon intérêt a été relancé.

Si la série met beaucoup de temps à décoller, il faut attendre l’avant dernier épisode, visuellement elle est vraiment réussie. On pourra s’agacer du coté niais des pieds velus mais cela reste quand même très raccord avec le monde des hobbits.

Finalement je ne regrette pas d’être allé jusqu’au bout de l’histoire et j’attends la suite avec impatience. 

En attendant je regarde Le Maitre du Haut Château tiré d’un roman de Philippe K Dick et qui s’annonce comme un pur chez d’œuvre.

Les longues veillées de Noël

Image

J’étais adolescent.

Lors d’une des fêtes mémorables qu’organisait régulièrement mon grand frère et auquel il ne manquait jamais de me convier, je fis la connaissance d’une délicieuse femme d’une trentaine d’année, délaissée par son époux. Les bouteilles de vin aidant, la glace fondit et si j’avais été moins niais… Mais tout cela n’est que fantasme et notre relation ce soir là fut purement littéraire. Je lui parlais de Frank Herbert, de celtisme, de progressif elle me parla de The Hobbit. Dans les vapeurs de Monbazillac et de Beaujolais, tout ce qui me resta de cette fabuleuse soirée fut un beau visage et le titre d’un livre, The Hobbit.

Je me rendis dans une librairie, l’unique de ma petite ville, et demandais s’ils avaient The Hobbit (Internet n’existait pas à l’époque si bien que l’association titre auteur était beaucoup plus complexe que maintenant). Le libraire m’informa que le bouquin était de J.R.R. Tolkien mais qu’il ne l’avait plus en stock. A la lettre T, dans le rayonnage des auteurs, il y avait bien du Tolkien en livre de poche, il s’agissait du Simarillion. Oui mais attention le tome 2, s’eût été trop simple sinon. Ne sachant à quoi m’attendre, j’achetais le précieux et plongeait avec étonnement et émerveillement dans les légendes de Terre du Milieu sans tout comprendre. Après avoir dévoré le second livre, je commandais le tome 1 et découvrais enfin la genèse de ce monde fantastique qui servira plus tard de base à nombre de mes parties de jeux de rôle. Une fois avalé les récits inachevés de Tolkien, je trouvais Le Seigneur des Anneaux, dans l’ordre cette fois, une aventure fabuleuse, d’autant plus belle que je connaissais bien les fondations de l’univers de Tolkien maintenant. Enfin, un jour, bien plus tard en réalité, je tombais par hasard sur The Hobbit et me souvins de la belle dame qui m’avait conseillé l’ouvrage. La boucle était bouclée.

Depuis j’ai lu les Comtes et Légendes inachevés, Faéries, le Rois Arthur et bien d’autre brouillons laissés par Tolkien à sa mort et repris par son fils Christopher. Nombre de réalisateurs ont rêvé de mettre en images Le Seigneurs Des Anneaux comme Ralph Bashi en 1978 mais le seul qui arriva au bout du projet colossal, ce fut Peter Jackson en 2001.

Non content du fabuleux succès de sa trilogie, le barbu décida de se lancer dans The Hobbit, là encore sous forme de trois films, sans doute un peu moins respectueux de l’histoire cette fois.

Mais tout ça vous le savez sans doute déjà. Ce que vous ignorez probablement, c’est que tous les ans, quand le ciel s’assombrit, que les neiges blanchissent les sommets des Vosges et que le chauffage tourne à plein régime dans la maison, je me pelotonne dans mon salon, et me replonge dans la saga cinématographique de Tolkien. Au début je n’avais que la Communauté de l’Anneau version longue, soit 3h30 de film, ça allait. Aujourd’hui je possède les deux trilogies, fatalement c’est plus long à visionner. Je viens de regarder des deux premiers ‘épisodes’ de The Hobbit avec mon petit dernier, encore un et nous attaquerons le plat de résistance, Le Seigneur Des Anneaux en version longue. Par chance, je suis en vacances… Je vous laisse, un nain vient de frapper à ma porte et j’ai perdu mon anneau quelque part dans le salon.