Malgré des années de photographie numérique, je n’avais jamais calibré mon écran. C’est vrai que à ne produire que des clichés en noir et blanc, l’exercice ne présentait pas beaucoup d’intérêt.
Cependant lorsque je publiais une photographie couleur, j’étais souvent déçu par son rendu en saturation lorsque l’image sortait du logiciel Lightroom. Mais bon, rien qui justifie l’achat d’une sonde de calibration d’écran.
Mais voilà, je viens de débuter une longue formation sur l’astro photo et dès la seconde leçon, le gars plaçait la calibration d’écran parmi les points les plus importants du traitement de l’image. Le formateur est bon, ses photographies sont magnifiques, ses conseils censés et pas partisans, donc je me suis doté d’une petite Spyder X pour calibrer mon gros 27 pouces rétina.
Je m’étais toujours imaginé qu’une sonde de calibration d’écran était hors de prix mais en réalité on en trouve à partir d’une certaine d’euros. L’opération prend moins d’une minute et à la sortie du processus le résultat est immédiatement palpable. Les couleurs entre dans une nouvelle dimension.
Bon ceci dit, ce n’est pas parce que j’ai une sonde de calibration que les astrophotos vont devenir meilleures tout de suite. Il faut d’abord que je fasse des photos et cette année je n’en ai réalisé que deux pour l’instant, il faut dire que cela prend plusieurs heures. Ensuite il faut que je maitrise un minimum le logiciel PixInsights que je viens d’installer sur le Mac et qui permet le traitement des images. Enfin il faut que je lise quelques bouquins comme Les secrets de l’Astrophoto écrit par Tierry Legault et que je visionne une trentaine d’heures de cours sur Youtube pour espérer m’améliorer. Au moins, je commence à maîtriser la partie acquisition avec la lunette, la monture et l’Asiair. C’est déjà ça. Y a plus qu’à attendre qu’il ne pleuve plus.
Autrefois je couvrais des concerts de rock, des festivals de métal et j’interviewais des figures de proue de la scène progressive. Drug, sex and rock’n roll.
L’âge aidant, doublé d’un certain désengagement de la scène médiatique, j’ai du mendier mes accréditations jusqu’au jour où je n’en ai plus eu du tout. Alors j’ai commencé à couvrir des concerts classiques, des harmonies locales pour finir au Printemps des Bretelles.
Le Printemps des Bretelles est le festival d’accordéon de la ville d’Illkirch-Graffenstaden. Dix jours de concerts et bals autour du piano à bretelles dans différents lieux de ma commune.
Cette année, je me suis porté volontaire pour couvrir l’événement malgré mon manque d’intérêt évident pour cet instrument et une météo calamiteuse. Volontaire mais sans contrainte. J’allais, en fonction de mon humeur, de mon emploi du temps et de ma fatigue, photographier ou non les artistes.
Avec des entrées libres mais aucune accréditation officielle de photographe, l’expérience était proche de l’improvisation totale et il fallait négocier en douceur avec la sécurité certains accès.
Tous les soirs sauf relâche, du vendredi 31 mai au dimanche 9 juin, je suis parti de la maison à pied ou à vélo vers 18h30 pour le concert amateur de 19h sous la tente devant l’Illiade. L’occasion de manger un burger frites avant d’attaquer le spectacle de 20h programmé en extérieurs lorsqu’il ne pleuvait pas, soit dans la grande salle de spectacle ou à la Vill’A un peu plus loin.
Au menu des soirées, Edith Piaf, Jacques Brel, Salsa, chanson française, danses créoles, musique celtique, folk des Balkan, le tout assaisonné d’accordéon, autant dire rien qui n’appartienne à mon répertoire de prédilection.
Ne nous mentons pas, les groupes n’ont pas mis le feu dans la foule. Le groupe Mes Souliers sont Rouges a été certainement le point d’orgue de ce festival avec la nuit brésilienne mais pas assez pour que je reste jusqu’au bout. En fait, le plus souvent j’ai photographié la première demi-heure avant de plier bagages par manque d’intérêt pour la musique. Musiciens statiques, musique moyenne, éclairages minimalistes, public maussade, pluie torrentielle, le festival n’avait pas grand chose de festif au bout du compte.
J’ai quand même ramené quelques clichés sympas de ces soirées. Ils sont temporairement disponibles sur Flickr avant que je ne les efface. Je n’ai pas mitraillé comme un fou non plus, ne voulant pas trier et traiter des centaines d’images chaque soir. L’objectif pour moi était d’illustrer l’accordéon en live, un instrument qui possède un certain cachet et que j’ai rarement photographié.
Neuf soirées, dix-huit concerts, soixante-onze photo publiées dont une oscarisée, finalement j’aurai presque couvert tout le festival, grignotant le soir une tranche de pain de mie et tomate avant partir à pied vers 18h30 photographier le premier groupe pour revenir trois heures plus tard trier les images avant de me coucher.
Je me pose la question du bien fondé de la gratuité du festival. D’après les anciens, lorsque le billet d’entrée était de vingt ou trente euros, les salles étaient combles et les artistes qui se produisaient avaient un certain renom. « C’était mieux avant… ».
J’avais rêvé de tango argentin au soleil, de folk irlandais sous les étoiles, de bal musette entre les arbres, pas de danse créole dépressive en salle ou de Piaf sous bâche plastique noire.
Je suis parti avec une bande de petits vieux un samedi après-midi ensoleillé à la pêche aux macros. Comme la mer est à plus de quatre cent kilomètres, nous nous sommes contenté des plans d’eau près du Rhin ou aucun macro ne survivrait.
Équipés de chaussures de marche ou de bottes pour les plus braves, de couvres chef et de K Way en prévision des orages annoncés, nous nous sommes enfoncés dans les sous-bois en bordure du Rhin.
En guise de cannes à pêche nous trimbalions des boîtiers Sony, Canon et Nikon ainsi que des objectifs allant du 85 au 600 mm.
Je ne fais pas de macro photographie, tout au plus, accidentellement de la proxy, tout simplement parce que les petites bébêtes ne me passionnent pas vraiment.
Évidemment je n’ai aucun objectif dédié à la macro. Alors le matin, avant de partir, j’ai sélectionné un caillou avec zoom puissant et surtout la distance minimale de mise au point la plus courte possible. Un 24-200 m en monture Z que j’emmène souvent pendant mes vacances. J’ai pris également un flash Godox pour figer les insectes après avoir visionné le travail d’un photographe professionnel qui shoote au flash lors de ses sessions macro.
Douze vieillards braillards perclus d’arthrose avançaient dans la nature, armés de leurs appareils, se penchant sur les orties et les ronces, pointant leur gros objectif vers les feuilles. Crépitement du flash, mitraille de déclencheurs, bourdonnements d’insectes, gueulantes de petits vieux, blagues idiotes, les promeneurs solitaires en quête de quiétude ont certainement goûté à sa juste valeur notre petit groupe très bruyant.
Je n’ai pas le coup d’œil aiguisé pour trouver les insectes. Je suis plus habitué à voir les gros oiseaux et les galaxies. Du coup, lorsque des petits vieux se penchaient au bord du chemin pour faire autre chose que pisser, je m’approchais pour examiner ce qu’ils photographiaient. Bien souvent, il a fallu qu’ils me montrent l’endroit ou se tenait l’insecte convoité et une fois sur deux, en m’approchant, celui-ci s’est envolé.
N’empêche qu’avec le Z8, le 24-200 et le flash, j’ai réalisé plus de 150 clichés dont une grosse dizaine a survécu à mon tri sélectif. Le choix du flash était vraiment judicieux, d’ailleurs je l’ai prêté à plusieurs reprises pour que mes compagnons d’Ehpad voient la différence. J’ai aussi joué avec le 200-600 en monture Z du seul petit jeune du groupe. Un joli caillou bien équilibré et assez léger avec lequel j’ai fait une photo sympathique. Par contre je n’ai pas une seule fois utilisé mon pied photo. Heureusement que j’avais embarqué le plus léger des deux.
J’ai arpenté les chemins, me suis accroupi un nombre incalculable de fois, j’ai rampé dans les hautes herbes, descendu des talus, marché dans l’eau, failli tomber dans le Rhin, j’ai glissé dans la boue et sali mes vêtements du dimanche.
Ce fut l’occasion d’échanger des conseils techniques, des choix de réglages, des blagues débiles, des noms d’insectes que j’ai déjà oublié, de se balader dans la nature et de passer une après-midi qui a eu un avant goût de pré retraite.
A la suite de la sortie, nous devions livrer six photographies à notre guide pour qu’il réalise un diaporama de nos exploits. Ce sont les images qui illustrent ce billet. Ne me demandez pas de quelle bébête il s’agit, je n’en sais rien, par contre grillées, c’est croustillant et plein de protéines.
Nous sommes partis une semaine dans les Alpes de Haute Provence entre avril et mai. Une semaine de pluie, de vent, de nuages et quelques rares éclaircies.
Armé d’un appareil photo j’ai immortalisé les villages, les paysages, les champs de lavande, les ocres, les prieurés, les gouttes et les sommets enneigées. Une collection d’une centaine d’images dont une soixantaine a survécu à un tri impitoyable.
A commencé alors le laborieux travail de développement puisque je photographie en RAW. Laborieux parce que les belles lumières se faisaient rares et que les cieux étaient gris uniforme. Des conditions qui me poussent généralement à fabriquer des images monochromes très contrastées.
Pourtant cette fois, peut-être par manque de vitamine D, j’ai très majoritairement développé en couleurs, usant de nombreux masques pour sauver le ciel, déboucher les ombres, mettre en avant un sujet et j’ai régulièrement inversé les curseurs de texture et clarté pour adoucir les images. Tout l’inverse de ma démarche ‘artistique’ habituelle.
Comme souvent lorsque je photographie, certains sujets deviennent obsessionnels. Une ferme située près de notre gite en a fait les frais et j’ai demandé à mon épouse l’autorisation de faire un détour d’une heure en voiture pour nous rendre sur le plateau de Vallensole afin de photographier les champs de lavande sous la pluie. Je me suis également levé très tôt pour capturer les rares lumières du soleil à l’horizon, et si j’avais tout l’équipement pour photographier la nuit provençale, il est resté sagement dans ses cartons pendant une semaine.
Mes followers habituels sur Flickr risquent d’être déstabilisés par cette abondance de saturation, de douceur et de paysages mais ce sont les images que j’ai voulu ramener du Sud Est cette fois.
Le samedi 11 mai 2024 vers 1h locale, l’indice Kp atteignait sa valeur maximale théorique à savoir 9.0. Le soir même, grace au médias, les routes des Vosges, les parkings situés en altitude connurent une affluence record pour un jour sans neige.
Coïncidence du calendrier, c’est ce même soir qu’avait choisi la SAFGA pour monter au Champ du Feu pour sa rencontre astronomique annuelle. Pour la première fois, la nouvelle équipe de chauffeurs sortait le télescope de 600 mm de son garage pour une nuit d’observation.
Au volant du 25 m3 de 3.5 tonnes je n’en menait pas large sur les routes tortueuses et étroites conduisant aux sommets vosgiens. Les ruelles des villages, les ralentisseurs, les chicanes, les tracteurs et quelques mauvais choix d’itinéraire transformèrent une heure de route en une épopée épique.
A notre arrivée, de nombreux instruments astronomiques se dressaient sur le parking, déjà pointés vers un soleil radieux particulièrement en forme. De nombreux bados s’étaient également confortablement installées près des astronomes amateurs avec leur picnic, assis sur des chaises pliantes pointées vers le Nord.
Une fois la camionnette stationnée sur le parking déjà bien rempli et le six cent sorti et assemblé, les choses sérieuses purent débuter : l’apéritif organisé par l’association…
Le temps de boire une bière agrémentée de quelques cacahuètes (il est dit que les arachides sont des protéines incomplètes parfaitement équilibrée par la présence du houblon), la nuit tombait et commençait alors un étrange spectacle.
Des centaines de voitures, tout feux allumés, musique à fond, arrivaient par grappes, tentant de trouver une place de stationnement sur un parking bondé. Cela donnait une impression de fête foraine ou de bord de plage en plein été avec tous ces gens absolument pas équipés pour une nuit d’observation débarquant dans notre havre astronomique.
La route se transforma vite en parking improvisé et le parking en voie de délestage. Les curieux commencèrent, telle une marée humaine à nous envahir et poser des questions : vous avez vu une aurore, dans quelle direction faut-il regarder, ça commence à quelle heure, c’est quoi une aurore exactement, vous faites quoi avec vos appareils ? Bref un chaos bon enfant mais guère propice à l’observation du ciel.
Malgré un indice Kp de 8.4, nous n’avons vu que de timides draperies presque incolores dans le ciel. De guerre lasse, les touristes auroristes désabusés sont redescendus vers minuit rêver d’ours polaires en extinction et de banquise fondue.
Nous, nous avons pu débuter les observations plus sereinement : la lune, la galaxie du tourbillon, le sombrero, la comète Tsushichan-ATLAS, l’aiguille et plein d’autres objets magnifiques dans l’oculaire d’un télescope exceptionnel.
Nous n’étions plus qu’une poignée vers quatre heure du matin quand sagement nous avons décidé de remballer le matériel. Le soleil se levait juste lorsque nous sommes rentrés à Strasbourg après avoir rangé l’obsmobile dans son hangar. Après je ne sais plus. J’ai dû m’endormir heureux. L’indice Kp n’était plus que de 1.67 lorsque je me suis réveillé.
Je suis parti dans les Alpes de Haute Provence avec mon épouse, un piano, une lunette, une monture équatoriale et un appareil photo. Objectif passer des vacances, voir la belle famille, le fiston à Lyon mais également faire de l’astronomie.
Car la région de Saint Michel de l’Observatoire est réputée pour ses cieux limpides. A l’Observatoire de Haute Provence où j’ai pu admirer le T193 sous sa coupole (comprenez le télescope de 193 cm), celui qui a détecté la première exoplanète, 51 Pegasi b en 1995, on annonce fièrement pas moins de 300 nuits d’observation par an contre une vingtaine à Strasbourg.
Avec une location en pleine campagne non loin de Mane et donc tout près de l’OHP, un setup astro lumineux, plein de temps libre et pas de contraintes de réveil, j’allais pouvoir m’en donner à coeur joie avec les étoiles.
C’était sans compter sur les prévisions météorologiques. Clairement nous n’étions pas dans les fameux 300 nuits de ciel clair. Pas même dans les 30 jours avec éclaircies ni même dans les 20 jours de temps incertain. Nous étions plutôt dans les quinze jours annuels de pluies diluviennes.
Bon d’accord, j’exagère un peu, nous avons eu quelques brèves et éphémères éclaircies et même un coucher de soleil nuageux même si à Lyon il est tombé quatre vingt dix huit litres de pluie par mètre carré en vingt-quatre heures (un record absolu soit dit en passant). En gros le même temps qu’en Alsace depuis le mois d’Octobre.
Le dernier jour de nos vacances, nous avons eu droit tout de même à un lever de soleil et une belle matinée venteuse avant que le ciel ne s’ennuage à nouveau. Nous nous sommes promenés à pied dans la nature autour de l’observatoire de Haute Provence et la coupole du télescope de 1.93 m, par contre ma lunette de 72 mm est restée sagement dans sa valise toute la semaine.
C’est une semaine après notre retour en Alsace que j’ai pu enfin sortir mon setup astro et monter au Champ du Feu pour photographier M 51 et étrenner la fameuse lunette toute neuve. Comme quoi, pas besoin de traverser la France pour trouver le ciel bleu.
M. Le Président. Comme nombre de vos prédécesseurs, vous prônez l’allègement des normes et la simplification des règles administratives.
Bien des technocrates se sont attelés au problème depuis le début de la cinquième république et ils n’ont réussi qu’à rajouter de nouvelles règles à l’édifice.
Par exemple, au travail, pour commander un Bic, il faut demander un devis, un extrait de Kbis, un RIB, produire un bon de commande, faire signer le devis, établir un certificat administratif attestant que le RIB est bien celui du commerçant, trouver la famille homogène du crayon, ventiler la dépense dans une enveloppe budgétaire, dégager des AE, produire un engagement juridique, noter sur le bon de commande cet engagement ainsi que le code service et le SIRET, envoyer le bon de commande au fournisseur, lui rappeler qu’il devra déposer la facture sous Chorus Pro avec ces informations, effectuer l’attestation de service fait lorsque le Bic arrive sur votre bureau après avoir vérifié qu’il écrit bien, mettre en paiement la commande puis décaisser les CP, à condition bien entendu que la facture soit conforme aux règles en vigueur des marchés publics.
Ça encore j’ai l’habitude, je m’y suis résigné.
Par contre, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il est si compliqué de fixer un boîtier photo sur un instrument d’astronomie. Parce que là pour le coup, nous avons affaire à des scientifiques, pas des ronds de cuir !
Un Nikon Z6 possède une monture Z pour accrocher les objectifs. Il faut donc lui fixer un adaptateur T propriétaire qui se visse sur une bague T2 au filetage femelle M42.
Vous suivez jusque là ? Mais voilà, le correcteur optique de ma nouvelle lunette – je vous en reparlerai – lui possède un filetage mâle M48 en sortie. Pour relier les deux vous aurez donc besoin d’une bague M48 vers M42.
Ça va toujours ? Parce que le correcteur de champ possède en entrée un pas de vis M56 femelle et que la lunette elle a un pas de vis M54 femelle. Il est donc nécessaire d’intercaler une nouvelle bague M56 mâle vers M54 mâle.
Mais ça n’est pas tout. Entre le capteur du Nikon et la dernière lentille du correcteur de champ, il faut respecter une distance précise, ce que certains appellent le back focus, en l’occurrence ici 55 mm. Donc vous êtes obligé d’ajouter aux bagues et adaptateurs en place des tubes d’allonge de longueur précise au mm près en M48 ou M42 selon l’endroit où vous les installez.
Le back focus du Nikon Z6 est de 16 mm, reste donc 38 mm à trouver. J’ai donc commandé un jeu de huit tubes d’allonge M48 de 3 à 30 mm pour jouer au mécano. Normalement avec un 3 plus un 5 et un 30 mm je devrais atteindre la longueur requise pour respecter le back focus.
Et comble de malheur, selon les pièces mises bout à bout, le boîtier photo peut se trouver dans des orientations peu pratiques. Pour retrouver l’angle souhaité en fonction de l’objet à photographier, il est nécessaire de placer une bague rotative, en l’occurrence ici une M56 vers M54 qui va remplacer la précédente bague d’adaptation.
Du coup, entre le tube de la lunette et le boîtier photo, je vais aligner pas loin de cinq éléments les un derrière les autres. Merci aux différentes normes, marques, focales et optiques de nous simplifier la vie tous les jours.
Finalement c’est presque plus simple de commander un Bic dans l’administration…
Un samedi ensoleillé, le club photo d’Illkirch est parti visiter l’exploitation d’un vigneron. Il ne s’agissait pas d’une journée de picole mais d’un projet photographique très sérieux autour du travail du vigneron. Et en Alsace, pas besoin d’aller très loin pour trouver de la vigne, en l’occurrence, nous nous sommes rendu à Bourgheim chez Rémy Lutz.
L’objectif est de réaliser, d’ici à l’été, une série de photographies sur le travail de ce vigneron, clichés qu’il exposera dans son exploitation lors de la saison touristique. Rémy, un vigneron indépendant qui est en conversion au bio, nous a fait visiter sa cave, une partie du vignoble, nous a parlé de son métier pendant qu’une dizaine de photographes assoiffés le mitraillaient.
J’ai rarement connu une personne aussi à l’aise face à tant d’objectifs. Il nous a parlé de son métier avec passion, du vin qu’il préfère rouge et pas trop sucré, du terroir, de la biodiversité et des saisons qui rythment son travail. Car le métier de vigneron ne se limite pas aux vendanges, même s’il s’agit d’un des points d’orgue de l’année.
D’ici l’été nous devrions revenir à plusieurs reprises dans son exploitation pour capturer des scènes de son travail et il est probable que nus poursuivrons l’aventure avec lui pour les vendanges et pendant l’hiver. Un nouveau projet photographique qui demande beaucoup de disponibilité mais auquel je vais essayer de participer le plus possible.
Certains se souviennent peut-être que je me suis remis à l’astronomie l’an passé à cause du passage d’une comète. Cette année, Pons-Brooks 12P, la comète du diable, revenait après 71 ans d’absence nous rendre visite au mois d’avril.
Depuis qu’elle est est visible l’horizon, il n’y a eu que deux nuits où le ciel était clair en Alsace et plus les jours avançait, plus la comète se retrouvait basse sur l’horizon, de plus en plus près du soleil couchant.
Jeudi dernier, le ciel est devenu limpide comme rarement en Alsace, même en plaine. A 17h30, équipé de la monture ZWO AM5, de ma nouvelle lunette Sky Watcher 72ED et du Nikon Z6 II, je suis parti pour le Champ du Feu en voiture.
Pas de chance, la route habituelle était coupée et j’ai dû faire un détour par Grendelbruch pour monter au sommet. Si j’avais su que ce ne serait que le premier des déboires de la soirée, je serai sans doute allé me coucher.
Là haut un astronome amateur installait déjà son télescope pour une longue nuit d’observation. J’ai fait de même un peu plus loin après avoir discuté quelques minutes avec lui. Mise en station de la monture, fixation de la lunette, du correcteur de focales, des bagues et de la batterie. C’est au moment d’installer l’appareil photo que je me suis apperçu que la bague T2 permettant de relier l’appareil photo à la lunette n’était pas dans le sac. Damned !
Mon voisin avait bien une bague T2 mais pour Canon, par pour Nikon Z. Du coup j’ai tout remballé et suis redescendu vers la maison.
Mon épouse surprise m’a vu rentrer comme une trombe à 20h, lui faire un bisou, courir à l’étage chercher la bague T2 et repartir avant qu’il ne fasse nuit. La comète était visible jusque 21h30, pas question de trainer. Pas question non plus de retourner au Champ du Feu, je n’avais plus le temps, alors je me suis installé en plaine, sur une butte près du village de Innenheim.
Le soleil se couchait à peine lorsque je fus prêt. La lune, Jupiter et la comète Pons-Brooks formaient un triangle parfait à l’horizon. Le ciel était limpide, sans turbulences, même à l’horizon, même si je n’étais pas en altitude, j’avais des chances de réussir quelques belles images.
J’ai allumé la batterie, l’iPad, la monture et l’Asiair, ce petit ordinateur qui me permet de piloter la monture, de la pointer vers les objets, de la guider pendant les photographies et de récupérer les images réalisées par l’appareil photo.
C’est là que le logiciel à lancé une nouvelle mise à jour manifestement pas suffisamment testée. Si le logiciel semblait fonctionner correctement, il ne dialoguait de manière optimale plus avec mon Nikon Z6 II. Impossible de faire du plate solving, c’est à dire de la reconnaissance d’étoiles pour bien se positionner, impossible de photographier sans déclencher un message d’erreur bloquant, bref la cata. Et vu que je suis sur iOS, impossible de revenir sur la version précédente du logiciel.
Seule solution, travailler à l’ancienne. J’ai débranché l’appareil photo de l’Asiair, et j’ai pointé la cible au jugé par tâtonnements. J’ai tout de même fini par tomber sur la comète et u lancer quelques photographies, mais de 30 secondes de pause maximum.
J’ai tout de même réussi à faire quelques photographies de la lune et la comète (Jupiter ne tenait pas dans le champ de la lunette avec ses deux voisines) avant que Pons-Brooks ne se cache derrière les Vosges.
C’était la première sortie de la lunette Sky Watcher, celle que je vais emmener dans le sud de la France pour les vacances. Malgré quelques problèmes, j’ai quand même pu la photographier cette fois. Reste le problème de l’Asiair qui n’est pas résolu. Je travaille actuellement sur des solutions de contournement comme utiliser la lunette guide comme caméra pour le plate solving et j’envisage sérieusement l’achat d’une tablette Androïd pour m’affranchir du problème des versions logicielles.
Je prépare une nouvelle série de quatre photographies pour l’exposition du mois d’octobre.
Et sans trahir mes goûts, j’aimerais présenter un travail qui rencontre un peu plus de succès que les ruines de Pompéi qui ont fait un bide.
Des photographies en noir et blanc très contrastées sur un thème qui me tient à coeur : la musique.
L’an passé j’avais proposé une série sur des concerts de rock à l’association mais elle n’avait pas été retenue. Cette année je vais tenter des portraits de chefs d’orchestre.
Depuis que je fais de la photo de concert, j’ai eu l’occasion de photographier des ensembles amateurs ou professionnels et je dispose d’une petite collection de portraits de chefs en pleine action.
Il y a des clichés d’ensemble avec l’orchestre, des gros plans académiques à la baguette mais aussi des portraits nettement moins politiquement corrects.
Au bout du compte, je dispose d’une dizaine d’images exploitables pour réaliser une série de quatre : un vieux chef vénérable, un jeune huluberlu, un coincé de la baguette, j’ai pas dit braguette, un chef d’harmonie jovial et un dernier plus enrobé.
Mais comme l’a fait remarquer mon épouse qui a participé à la sélection (je ne fais plus du tout confiance à mes goûts), je n’a pas de femme chef d’orchestre. Il faut dire que ce n’est pas courant en fait.
Ma chérie m’a alors dit qu’elle connaissait une chef qui se produisait une semaine plus tard avec un orchestre amateur pas très loin de Strasbourg. Il suffisait juste de la contacter et de lui demander l’autorisation de venir photographier le concert.
J’ai l’habitude de contacter les salles de concert ou les tourneurs pour obtenir des accréditations dans le monde impitoyable du rock. Moins de contacter les chefs d’orchestre.
J’ai envoyé un message à la dame, présentant mon travail et expliquant ma démarche sans toutefois mentionner que je cherchais à réaliser un portrait féminin de chef d’orchestre, ceci afin d’éviter de l’effrayer. Il ne faut pas oublier que mes voisins me prennent pour un pervers. Si elle faisait une enquête de voisinage, j’étais très mal.
Après quelques échanges, « que ferez-vous des photos, demandez-vous une rémunération, droit à l’image » etc, la chef a donné son accord de principe et je pouvais même assister au filage histoire de prendre les marques. C’était plutôt cool.
Le jour J, je suis parti avec mon épouse (qui me surveille) équipé du set standard de concerts : Nikkor 24-70 mm 2.8 s, Tamron 70-200 mm 2.8 avec la bague FTZ, Samyang 14 mm 2.7, Nikon Z6 II, Nikon Z8, un flash Godox, trois batteries, un sac photo et un harnais. Une focale de 24 à 200 mm couverte avec deux boîtiers et un flash au cas où les musiciens désireraient avoir une photo de groupe.
Tout ça dans un sac Flipside 400AW de chez Lower pro. Par contre, c’est lourd.
Le concert se passait dans une belle église de Saverne avec un magnifique cloitre. Le régisseur m’a accueilli et montré les endroits auxquels je pourrais accéder pendant le récital sans déranger les musiciens. Royal. Je pouvais shooter du haut de la chaire ou bien du fond de l’église, là où l’organiste s’installe comme dans les travées. J’ai pris mes marques pendant le filage en profitant pour réaliser des images qui seraient impossibles une fois le public installé.
Ce fut pendant ce filage que j’ai eu mon petit bonheur photographique. La violoniste soliste invitée profitait d’une pause pour se recentrer avec son instrument dans le cloitre alors désert où je faisais moi même une pause au soleil. Difficile de résister au sujet. Un belle violoniste répétant son solo dans un cloitre où le soleil jouait avec les colonnes. Alors j’ai osé, osé demander l’autorisation de la photographier, chose qui d’ordinaire me paralyse. Et la jeune fille a dit oui, avec le sourire en plus. Alors je me suis lâché, sans être trop lourdingue tout de même. Je tiens sans doute ici mon plus beau portrait de musicien.
Pour la chef d’orchestre, l’affaire s’est révélée plus compliquée que prévue. L’agencement des musiciens et la proximité avec le public ne me permettait pas d’avoir un champ dégagé sur la chef tant et si bien que je ne suis pas certain d’avoir le cliché que je cherchais.
Par contre j’ai réalisé pas mal de photos d’ensemble, quelques portraits de musiciens et de choristes que l’orchestre pourra utiliser pour son book. Environ quatre cent images dont je ne devrais conserver qu’une petite quarantaine entre les redites et les loupés, mon fameux Dix pour-cent.