Le jeu des mille bornes

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Dans le cadre de notre politique éco-responsable, nous électrifions notre parc automobile. Nous achetons des Zoe au rayon d’action réel inférieur à 300 km. 

Pour les recharger, nous avons commandé des bornes de recharge rapides deux fois 22 kVA. Avec de telles machines de guerre, une Zoe est chargée à 80% en trois heures ce qui permet d’aller sur un site en véhicule électrique et de repartir le jour même avec sans craindre la panne sèche ou la recharge en cours de route.

Mais pour installer ces bornes, il faut du courant triphasé et un abonnement adapté. Il y a également quelques petits travaux d’infra à prévoir, génie civil et électrique. Une poignée de milliers d’euros.

Cependant, souvent avant d’installer la borne, l’entreprise en charge des travaux, exige une pré-étude réalisée par un cabinet spécialisé. Encore quelques milliers d’euros à prévoir.

Pour alimenter un tel monstre, il faut un abonnement électrique à 72 kVA minimum, en fonction de la consommation du site où vous mettez en place la borne.

Il faut un tarif jaune ou C4, rien de comparable avec votre petit compteur électrique à domicile. Prévoyez des travaux lourds. Vous allez devoir changer la platine du compteur et installer un arrêt d’urgence en limite de propriété. 

Par chance, Enedis se charge de tout, moyennant quelques milliers d’euros.

Ce qu’Enedis ne vous dit pas forcément, c’est qu’il faudra également qu’un électricien pose un coupe circuit entre la platine C4 et le tableau électrique, un coupe circuit qui coûte lui aussi plusieurs milliers d’euros, sans parler de sa pose.

Ce qu’Enedis oublie également parfois, c’est que les câbles électriques qui alimentent la platine devront supporter 400 A et que ceux installés tiennent à peine le quart de l’intensité requise. Cinquante mètres de câbles enterrés à remplacer. Quelques milliers d’euros à ajouter sur la facture.

Le passage à 72 kVA va également mettre en défaut votre sécurité électrique. Les coupes-circuits présents dans le bâtiment seront bons pour être remplacés.

Pour finir, pour installer une borne, il faut une borne électrique, comptez quelques milliers d’euros également pour un modèle double 22 kVA.

Depuis sept mois, nous enchaînons les rendez-vous avec Enedis, Borne Solutions, des électriciens, des cabinets d’études, des réunions avec les services centraux, des déplacements au quatre coins de la France, tout cela pour tenter d’installer des bornes pour nos Zoe qui dorment sur les parkings depuis deux ans.

La première borne pourrait voir le jour au début de l’été. La seconde, peut-être en 2023, si le projet n’est pas purement et simplement abandonné. Dans la plupart des sites, nous allons renoncer aux bornes 22 kVA pour des 3.5 kVA, c’est à dire une grosse prise électrique qui charge une voiture en plus de huit heures.

En quelques mois la facture initiale a triplé, à croire que nous construisons un EPR. Et le plus drôle dans l’affaire, c’est que le ministère nous interdit d’acheter de nouveaux véhicules thermiques. Alors les Zoe patientent sagement, garées les unes à côté des autres, branchées pendant douze heures sur une prise électrique domestique et personne n’ose les conduire.

En attendant, nous prolongeons tant bien que mal la vie de vielles Clio diésel qui n’auront bientôt plus le droit de circuler, ZFE oblige. Espérons que d’ici là nous ayons des bornes ou des véhicules électriques à plus grand rayon d’action.

Je n’ai rien contre électrifier notre parc automobile, même si je me demande vraiment si ces véhicules sont si vertueux écologiquement parlant. Donnons-nous au moins les moyens de le faire correctement, achetons des voitures adaptées à nos besoins, trouvons des solutions raisonnables pour les recharges ou alors patientons encore un peu, en attendant que la technologie soit mature. Pour l’instant, nous perdons beaucoup de temps et nous gaspillons de l’argent pour rien.

Nancy Reims Troyes

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8:00-10:00 Strasbourg Nancy – 15:00 – 17:00 Nancy Strasbourg

7:30-09:00 Strasbourg Reims – 15:00-16:30 Reims Troyes

14:00-15:30 Troyes Reims – 17:30-19:00 Reims Strasbourg 

Trois journées d’une semaine ordinaire en plein réchauffement climatique et mille kilomètres pour gérer des sites sur lesquels plus personne ne s’occupe de rien. 

Après les années décentralisation voici les années restrictions. Les centres perdent leur autonomie et leur agents peu à peu. Ils restent tout de même ouverts avec personne à bord pour garder le cap.

Les effectifs baissent et la zone de responsabilité augmente, dix bâtiments dans un rayon de 450 kilomètres. C’est la tournée des grands ducs, il faut visiter nos implantations une par une pour vérifier que tout va bien. Les chefs de service travaillent à Strasbourg, Paris ou Toulouse et les agents à plus de 500 kms d’eux.

Changer une ampoule devient un casse tête, prendre rendez-vous avec un entrepreneur une mission impossible. 

Les agents sur place ne sont plus de notre responsabilité contrairement aux locaux qu’ils occupent. Sur place, personne ne veut se charger de rien. « Je travaille pour Toulouse moi, ce n’est pas mon problème. », « Machin ne fait rien alors je ne vois pas pourquoi j’aiderai. », « C’est votre problème, pas le mien. ». 

N’empêche que ces personnes là sont dans nos locaux et se plaignent lorsque quelque chose va de travers.

Il faut alors prendre la voiture, le train, l’avion pour un rendez-vous avec un électricien, un plombier, un serrurier puisque personne sur place ne veut aider et que souvent les bureaux sont vides.

Nancy 10:00, la femme de ménage prend peur lorsque je déboule dans le centre désert. 

Reims 09:00, l’équipe au grand complet (trois personnes pour 120 m2) m’accueille en sauveur.

Troyes 16:30, deux agents assez spéciaux s’inquiètent de ma présence dans leur bâtiment bordélique où rien n’a été rangé depuis ma dernière visite.

Il faut vérifier les extincteurs, changer les ampoules, commander des détecteurs de fumée, jeter les meubles hors d’usage, vérifier le ménage, écouter les doléances, prendre rendez-vous avec des entreprises, étudier l’installation de bornes de recharge, livrer du gel hydroalcoolique, vérifier le parc automobile et essayer de responsabiliser les locataires. Mission Impossible.

On se veut exemplaire au bilan carbone en achetant des véhicules électriques et, grace aux réductions d’effectifs on doit traverser la moitié de la France en véhicule thermique pour effectuer un travail qu’une personne sur place pourrait effectuer. Joli calcul ! Officiellement la masse salariale baisse et on électrifie le parc automobile, économie, écologie, officieusement on dépense plus en prestations externes et déplacements et on pollue plus car les voitures qui disposent encore d’une autonomie suffisante, sont de vieux diesel Crit’Air 3 ou 4.

Nous avons tout compris.

C’est la crise

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Je lis partout que le marché du vinyle est en pleine crise et que les prix flambent. La faute à une trop forte demande à ce qu’il paraît. 

Ma faute ? C’est vrai que j’achète beaucoup de vinyles depuis quelques temps et que cela me pose de sérieux problèmes de stockage. D’autant plus que j’essaye de me procurer le CD en même temps pour des écoutes moins studieuses. 

Je n’ai pas encore constaté de flambée du prix de la galette noire chez mes fournisseurs habituels. Par contre j’ai été horrifié par l’explosion des frais de port, que ce soit pour les CDs ou les vinyles. 

Il y a peu j’ai renoncé à faire venir une galette depuis les U.S.A. à cause du transport qui doublait la facture. Un simple vinyle à soixante-dix euros, cela devient franchement dissuasif. 

J’ai commandé un CD au Brésil, le second album d’un obscur duo que j’aime beaucoup, le genre d’album tout simplement introuvable en Europe. Je l’ai payé plus de quatre fois son prix à cause du transport.

Autrefois je trouvais que faire venir un vinyle d’Allemagne était hors de prix, aujourd’hui je trouve ça très abordable en comparaison du Royaume-Uni et du continent américain. 

Etrangement, le double vinyle Aphelion, le dernier album de Leprous, ne m’a coûté que deux euros de frais de port. Sans doute venait-il de France.

Je me suis résigné à contre coeur à acheter de la musique sans support physique pour éviter de plomber mon budget pourtant généreux en ce qui concerne la musique.

Pourquoi de tels tarifs ? La crise sanitaire, des accords économiques, des taxes douanières, le prix du pétrole, du carton, du scotch ? Je n’en sais rien, je ne m’intéresse pas du tout à l’économie mondiale. Je sais juste que les prix des transports ont augmenté.

Les frais de ports flambent et après tout c’est une bonne chose. Cela me sensibilise d’autant plus au bilan carbone de les achats. Du coup, avant de commander depuis n’importe quel pays, un produit que je peux trouver plus près, je réfléchis un peu. 

La tentation est hélas grande d’acheter sur amatruc où les frais d’expédition sont offerts et où le colis arrive le lendemain, même le dimanche. Heureusement je résiste mais c’est la crise.