Green Carnation – Sanguis

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L’an passé, j’avais redécouvert Green Carnation avec la première partie de la trilogie A Dark Poem. Voici sa suite intitulée ‘Sanguis’, trois quarts d’heure de musique en sept morceaux dont une reprise.

Sanguis est dans la continuation naturelle de The Shores of Melancolia, ce qui est plutôt rassurant, puisque l’on parle ici d’une continuation.

Il y a un peu de growl dans ‘Sanguis’ et beaucoup d’Arena dans le reste. Mais, il y a également un titre acoustique, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’ et une pièce jouée au piano intitulée ‘Lunar Tale’. Du coup, Sanguis est un peu différent de The Shores of Melancolia. En plus cette fois, je trouve la pochette vraiment sympa, contrairement au premier opus.

Les claviers vintages, telle une tempête, ouvrent l’album sur un titre de plus de neuf minutes. Ils reprennent la puissance dévastatrice qui préside au premier opus. Il s’agit de la pièce maîtresse de l’album dans laquelle un fils pardonne à ses parents, mais ne les excuse pas.

J’ai une petite faiblesse pour le morceau suivant, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’, une pièce jouée à la guitare électro acoustique et à l’orgue qui débute par ce qui doit être un extrait de film. On retrouve d’ailleurs un autre enregistrement, au début du titre ‘Fire in Ice’, celui du Professeur Julius Sumner Miller en 1964 , réalisant une expérience pour le programme télé de ABC. Une expérience qui ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le titre central ‘I Am Time’ semble sorti tout droit de la discographie du groupe Arena, tout particulièrement pendant son refrain où les claviers de Endre font penser  à du Clive Nolan et où les guitares sonnent comme celles de John Mitchel.

Que vous dire d’autre sur Sanguis ? L’album est dans la continuité de The Shores of Melancolia sans pour autant le copier.

Je vous recommande d’écouter les deux parties d’une traite car elles sont très cohérentes et pas si longues que ça au final. J’attends du coup avec impatience le troisième et dernier opus.

S’il est du même tonneau, j’espère qu’ils auront la bonne idée d’éditer un coffret regroupant les trois disques. Ça ferait un bel objet.

Iotunn au Grillen

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Mercredi 15 avril, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.

Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.

Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.

Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.

Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.

Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés. 

In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.

Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.

Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.

Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.

Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.

Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard. 

Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.

Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.

Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.

Monosphere – Amnesia

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Ces temps-ci, je regarde souvent du côté de l’Allemagne et tout particulièrement vers la ville de Mainz.

Après The Aesthetic Voyager et son album Selfless, je vais vous présenter le groupe Monosphere et leur dernier bébé, Amnesia. Je suis tombé dessus par hasard en recherchant de nouvelles sorties de métal progressif. La pochette a attiré mon regard et la violence du growl combiné à une musique très progressive m’a tout de suite donné envie d’aller plus loin avec eux.

D’ordinaire, je fais toujours une première écoute de l’album sur Bandcamp avant de me décider à l’acheter. Dès le cinquième morceau d’Amnesia, j’ai commandé la galette.

Alors oui, je vous l’accorde, Kevin ne fait pas dans la dentelle avec son growl vomito mais il est également capable de chant clair comme dans ‘Idiomorph’ et cela combiné à une musique des plus mélodique, cela donne un album très dynamique et varié.

L’album est riche en claviers, avec même du grand piano dans ‘Allusion’. Il joue également de rythmique travaillée à la basse (‘Dissolve’) et la batterie et les guitares donnent amplement le change. Bref c’est de la bonne musique.

Amnesia avec neuf titres de une à dix minutes, propose de furieux contrastes vocaux et musicaux. Cerise sur le gâteau, l’album raconte une histoire d’amour et d’amnésie, si vous n’aviez pas compris le titre.

Deux invités, Jei Doublerice et Mark Garrett, prêtent leurs voix sur les titres ‘Nadir’ et ‘Dissolve’ et Justin Felder, qui a travaillé au mixage de l’album, joue également de quelques instruments.

‘Limbic’ est certainement un des titres les plus violents de la galette malgré sa courte durée. La musique part en dissonance quand le chant est du plus pur deathcore et la rythmique des plus saccadée. Les paroles ne font pas non plus dans la dentelle écoutez plutôt : “Le silence hurle, une cacophonie assourdissante, un vestige”.

Amnesia est bon, très bon, contrasté, écartelé, beau, grandiose. Oui tout ça à la fois !

Il rentre dans ma petite liste de mes coups de coeurs de l’année, alors foncez l’écouter d’urgence, enfin si vous aimez le métal.

Omnium Gatherum – May the bridges We Burn Light the Way

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Mardi dernier, je suis allé shooter Omnium Gatherum et Fallujah au Grillen à Colmar.

Fallujah je les connaissais grace à leur dernier album Xenotaph. Par contre, pour Omnium Gatherum, j’étais sec même si l’ami Stéphane a souvent parlé du groupe sur son blog. Le plus simple pour moi était d’écouter leur dernier album May The Bridges We Burn Light The Way pour me faire une idée, et tant qu’à l’écouter, pourquoi ne pas en faire une chronique ici.

Omnium Gatherum est un groupe finlandais qui sévit depuis 2002 dans les sphères du death metal mélodique. Moi je parlerais plutôt de heavy hard rock avec du growl. Un metal à growl et chant clair à trois voix des plus rythmé qui joue un peu à la guitar hero.

Honnêtement leur musique n’est clairement pas ma came, enfin, disons pas ce que j’écoute d’habitude. Le côté trépidant du duo basse batterie doublé d’une grosse voix démoniaque pendant quatre-vingt dix pourcent de l’album, ce n’est pas ce que je préfère. Mais un peu de changement n’a jamais fait de mal à personne.

May The Bridges We Burn Light The Way délivre neuf titres de une à presque sept minutes pour moins de trois quarts d’heure de musique à l’écriture presque pop métal.

Il y a un côté dinosaure du rock dans leur musique : ces voix claires très 80’s et ces chœurs qui rencontrent un growl caverneux à souhait sur des traits de guitares d’un autre temps. La batterie de Atte est galopante et les guitares de Markus en font des tonnes. Mais au milieu de tout cela vous allez entendre Aapo se défoncer aux claviers pour donner un air de metal symphonique à l’ensemble.

Les chœurs et les voix les claires de Markus et Mikko comme dans ‘My Pain’ nous feraient presque oublier qu’ici on écoute du métal. Évidemment, le growl brutal de Jukka, qui ne cherche jamais à être mélodique, nous rappelle tout le temps le contraire.

Il s’agit bien de death metal et ça dépote. Mais figurez-vous que passée la première surprise, j’ai pris goût à ce mélange improbable.

Il n’y aurait pas Jukka qui s’arrache les cordes vocales, Omnium Gatherum pourrait presque passer pour du bon vieux hard rock un peu kitch. En fait, May The Bridge We Burn Light The Way est un album assez fun.

N’empêche, les deux titres instrumentaux, intitulés respectivement ‘May The Bridges We Burn Light The Way’ et  ‘Road Closed Ahead’, qui ouvrent et concluent l’album sur des instrumentaux qui nous offre un répit salutaire au growl caverneux.

Lorsque vous arriverez à la fin de l’album et que résonneront les premières notes de ‘Road Closed Ahead’, vous aurez l’impression d’écouter le plus beau morceaux de tous les temps.

Je peux me coucher moins bête maintenant que j’ai écouté le groupe Omnium Gatherum en studio et en live. Je ne vous promets pas pour autant de recommencer l’expérience de si tôt car leur musique est à la frontière de ma zone de tolérance.

Arch voices

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Imaginez quatre blondes platines plus vraiment toutes jeunes jouant du manche sur la scène du Grillen. Je suis certain que ça vous émoustillerait.

Et bien non, désolé de vous décevoir pour les photos, je ne suis pas allé shooter un spectacle burlesque à Colmar mais le groupe filandais Omnium Gatherum.

En vérité j’y allais surtout pour écouter les ricains de Fallujah que je connais un peu mieux, mais au final, le groupe qui m’a fait forte impression venait de Finlande.

Je ne vous cache pas que je n’étais pas au mieux de ma forme. La veille je photographiais les étoiles près de  Grendelbruch avec les copains et nous sommes rentrés tard. Qu’importe, je suis parti à Colmar un peu avant 18h, le réservoir et le ventre vide, avec quelques heures de sommeil depuis la veille.

L’association Headbang m’avait accrédité pour la soirée, donc c’est avec mon lourd attirail photo que je suis allé écouter In Mourning, Fallujah et Omnium Gatherum. Une soirée placée sous le signe du growl, car si ces trois groupes usent également de chant clair en studio, en live, ils gueulent, et fort.

La salle du Grillen est bien remplie et il faut jouer des coudes pour se déplacer. Le public va de vingt à soixante-dix ans, du coup je me situe dans la moyenne haute. Des métalleux embourgeoisés qui boivent encore des bières, mais avec modération.

Pas de cervoise pour moi, je suis fatigué, je fais des photos et surtout je conduis.

In Mourning, que j’avais déjà eu l’occasion d’écouter avec l’album The Immortal, est un groupe de métal progressif suédois. Pour une première partie, ce fut plutôt une bonne surprise même s’ils n’ont pas joué très longtemps. Un quatuor de métal prog très mélodique avec chant clair (enfin en studio) et du growl caverneux. N’ayant pas vraiment d’attente, j’ai été agréablement surpris par leur musique comme leur présence sur scène.

Pour Fallujah ce fut l’exact opposé. J’avais de grosses attentes et j’ai été déçu. Les hurlements du chanteur ont dominé leur set et franchement la prestation scénique était des plus pauvres. Je n’ai pas réussi à faire une seule photo un temps soit peu sexy. C’est sans doute les frappes en Iran qui les perturbaient.

Et puis les six gars de Omnium Gatherum sont arrivés et là il y a eu du spectacle. J’avais écouté leur dernier album avant de venir (je vous en parlerai mardi), et surprise, j’avais bien accroché.

En live, ça fonctionne également plutôt bien. Quatre guitares au premier rang tenues par des blondes platines secouant leur crinière, un batteur métronomique à la moustache genre Village People et enfin un claviériste (le premier de la soirée, Fallujah jouait au click), la petite scène du Grillen était bien remplie comme la salle.

Les quatre blondes jouent à tour de rôle à Guitar Hero, enchainant les soli démonstratifs, secouant leur crinière platine et hurlant dans les micros. 

Moi qui suis le plus souvent près des caissons de basses, je suis pris de violents spasmes provoqués par la batterie de Atte et la basse de Mikko. Ça fait mal ! Lorsque je m’éloigne pour réaliser des plans d’ensemble je respire un peu plus. Mais ça cogne quand même très fort !

Après trois morceaux de rappel (c’est leur dernier soir alors ils se lâchent), les finlandais nous abandonnent abasourdis, surtout sourdis en fait. Cela fait tout de même quatre heures que la fête bat son plein, j’ai cinq cents photos principalement ratés dans les boîtiers photos, il n’y a plus qu’à rentrer à la maison trier tout ça.

Je reviendrai certainement le 15 avril pour écouter Iotunn, In Vain et Nephylim histoire de changer du métal. Un grand merci encore à l’association Headbang pour son accueil.

Le prochain concert de mon agenda 2026 bien chargé sera le 3 avril pour un tout autre genre de musique puisque j’irai écouter Lazuli Chez Paulette.

Textures – Genotype

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Je connais de groupe néerlandais Textures depuis pas mal de temps, mais je les avais un peu perdus de vue, il faut dire qu’ils n’ont rien composé depuis 2018.

Ils signent leur nouvel album Genotype chez Kscope. Huit titres longs de trois à sept minutes qui alternent chant clair et growl. Car oui, c’est un album de metal progressif.

Genotype donne la parole aux introvertis, à ceux qui ne s’expriment jamais, à ceux qui vivent dans leurs univers invisibles. Une sorte de renaissance après leur album Phenotype sorti en 2016.

Le groupe Textures joue d’un metal progressif caméléon qui emprunte autant à Tesseract qu’à Devin Townsend, Threshold ou encore Evergrey, allant jusqu’à inviter Charlotte Wessels (ancienne chanteuse de Delain) sur le second titre de l’album, pour ajouter une touche féminine.

Le rythme est soutenu, le chant souvent hurlé avec du growl et du scream, avec des refrains accrocheurs et quelques accalmies pour reposer les tympans.

Franchement, c’est très bien foutu, guitares, basse, claviers comme la batterie assurent et le chant de Daniel est à la hauteur du reste, offrant une impressionnante palette tout au long des morceaux.

Genotype est un superbe album, pas de doute, mais… Oui, il y a un mais, que je n’arrive pas vraiment à toucher du doigt. Disons qu’il ne rentrera sans doute pas dans mon top de l’année. Peut-être parce qu’il manque de vraie personnalité, de caractère bien tranché. Et je suis assez d’accord avec mon ami Alias, les deux premiers morceaux de l’album annoncent un truc énorme, mais le soufflé au fromage se dégonfle sitôt sorti du four.

Les six titres suivants, même s’ils fonctionnent à merveille, ne sont pas à la hauteur du début de l’album.

Mon titre préféré est bien évidemment ‘At The Edge Of Winter’. La voix de Charlotte offre un magnifique contraste avec celle relativement éraillée de Daniel. Et l’ouverture aux notes électros sur feu de bois qui se conclut par un hurlement est du plus bel effet.

Après la forme est tout de même des plus classique, mais ça fonctionne toujours. Mais j’aime beaucoup également le titre ‘Wanishing Twin’, sans doute en partie pour son ouverture vocodée. La musique, écrite à la guitare mandoline, installe une attente et une tension renforcée par la répétition des paroles. Et cerise sur le gâteau, son final de pur poutrage est particulièrement réussi.

Genotype manque d’aspérités et joue trop souvent la carte du easy metal listening pour sortir vraiment du lot. Mais, comme dit plus haut, c’est un superbe album qui mérite la découverte, alors faites-vous plaisir.

Unprocessed – Angel

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Ce n’est pas la première fois que je vous parle du groupe Unprocessed ici. J’ai chroniqué leur précédent album …and everything in between et j’ai même vu le groupe en première partie de Tesseract l’an passé. Et, oui, j’aime ce métal progressif écartelé.

Le quatuor allemand vient de sortir Angel, leur sixième album en dix ans. Treize titres au format radio alternant growl caverneux, voix d’ange et même slam sur du djent électro qui frise parfois le gros poutrage et part dans toutes les directions. Et des fois, ça n’est pas facile à suivre.

Cette fois, j’ai eu du mal. J’ai acheté l’album à sa sortie fin octobre 2025 et ce n’est qu’aujourd’hui que j’ose m’y attaquer. Car attaquer est le bon terme.

Ne nous mentons pas, le quatuor ne s’est pas vraiment assagi sur Angel. Une musique cyberpunk où le growl vomito rencontre le djent tabassé sur de l’électro à haute tension dans laquelle se glissent régulièrement de courtes accalmies de chant clair. Et tout ça comprimé dans des morceaux de trois à cinq minutes.

Ça n’en reste pas moins excellent et épuisant à la fois. Si vous redoutez les hurlements comme de djent tabasseur, cet album n’est clairement pas pour vous, et si vous en doutez, écoutez ‘Terrrestrial’, un titre génialement terrifiant.

Par chance, tous les morceaux ne sont pas aussi extrêmes. Il y a quand même ‘Where I left My Soul’, ‘First Tongue’ ou ‘Perfume’ au démarrage anathémien qui lèvent le pied dans cet enfer métalcore, mais cela ne dure jamais très longtemps.

Sur Angel, vous trouverez des invités, comme c’est d’usage chez Unprocessed. Le plus marquant est certainement Jason Aalon Buttler du groupe de metal californien Fever 333 qui mélange punk et hip hop dans sa musique. Il prête sa voix à l’avant-dernier morceau ‘Head in the Clouds’. Le second se nomme Marc Zellweger alias Zelli du groupe de hardcore helvète Palace Swiss. Lui, il hurle son slam dans ‘Solara’.

Angel avec ses cinquante minutes au compteur est nettement plus long que …and everything in between et également plus écartelé ce qui le rend relativement indigeste. Disons que pour aller jusqu’au bout de Angel, il faut vraiment s’accrocher.

L’album est très bien, on y retrouve d’ailleurs les recettes qui m’ont séduites chez Unprocessed, mais je crois qu’il est un peu too much pour moi.

Feather Mountain – A Liminal Step

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L’album que je vais vous présenter aujourd’hui aurait pu figurer dans mon top 2025. J’ai même hésité à repousser d’une semaine la publication de mon classement pour vous le faire découvrir. Mais j’avais envie de plus de temps pour l’écouter. 

Le groupe s’appelle Feather Mountain, vient de Copenhague et sort ici, avec Liminal Step, son troisième album depuis 2019. 

Huit titres de métal progressif de deux à sept minutes qui ne sont pas sans rappeler les cadors du genre comme Leprous ou Vola.

Dans Liminal Step le growl et la voix claire se partagent les parties chantées d’agréable manière. Lorsque l’on commence à saturer de sucreries, la râpe amère vient nettoyer les papilles et relancer l’envie de douceurs. Un très bon équilibre pour les personnes qui craignent les hurlements.

L’album nous guide pendant trente-neuf minutes vers la compréhension de nous-même alors que le monde qui nous entoure sombre dans le chaos. Une invitation à plonger dans l’abîme de la vie, dans nos traumatismes et les structures sociales qui nous paralysent, à l’image de la magnifique pochette signée Arie Fasant, cet homme qui fait un pas en avant dans le vide. 

Je vous l’avoue, c’est cette couverture, façon tatouage, qui m’a tout d’abord interpellé. Un personnage sur un éperon rocheux, les cheveux au vent, qui s’apprête à se jeter dans le vide. Cela ne ressemble pourtant pas à un acte désespéré, bien au contraire. 

Le côté enragé de l’album est particulièrement frappant sur les deux premiers morceaux, ‘Sigil’ et ‘Rope Me In’. Dans ‘Lantern’, même si Mikkel Lohmann lève le pied sur growl, il pousse ses cordes vocales dans ses retranchements à la manière d’un Einar Solberg tordu de douleur.

La musique, elle emprunte beaucoup à du cinématique tabassé de djent avec souvent des éléments électroniques. Certains y entendront du Porcupine Tree, du Oceansize, personnellement, je les trouve plus près des danois de Vola, en plus pêchus. 

J’aime beaucoup la grandiloquence du titre ‘Prayer Wall’, un des titres les plus longs avec l’excellent ‘Lantern’ et le final ‘The Hedonist’. Un titre qui mélange B.O. façon Interstellar, électronique et chant clair, choeurs et voix très haute le tout avec une puissance émotionnelle rarement atteinte.

Le bref ‘Grid’ rappelle inévitablement l’ami Wilson dans ‘Arriving Somewhere But Not Here’ avec sa guitare acoustique, ses effets vocaux, cette guitare électrique en second plan ainsi que les sonorités choisies pour les claviers. Le titre semble presque à un hommage au travail de Porcupine Tree.

Si j’avais eu plus de temps, j’aurais chroniqué A Liminal Step en 2025 et il aurait certainement figuré dans mon top de l’année, car je ne m’en lasse pas. Il possède sans doute le défaut de ressembler à beaucoup d’autres albums dans la veine de Vola et Leprous mais c’est tellement bon qu’on leur pardonne.

Je vais essayer de trouver du temps pour écouter ‘Nidus’ sorti en 2019 et ‘To Exit A Maelstrom’ arrivé trois ans plus tard pour voir si j’accroche autant et découvrir l’évolution du groupe depuis ses débuts.

En attendant, je vous recommande chaudement A Liminal Step. A consommer sans modération.

Flaming Row – Keeper Of The Scriptures

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J’ai mis du temps pour vous parler du dernier album de Flaming Row parce que je n’ai tout d’abord pas su tout par quel bout le prendre.

Voyez vous-même, deux CD pour les versions anglaises et allemandes, une heure vingt pour chacune des versions, un audio book et douze titres dont un de plus de dix minutes.

Pour présenter Flaming Row, sachez qu’il s’agit d’une formation allemande que je suis depuis de longues années. Un groupe mené par Martin Schnella et Melanie Mau où l’on retrouve également Marek Arnold.

Et pour cet album Keeper Of The Scriptures, plein d’invités prestigieux. Je ne vais en citer que trois parce qu’ils sont très nombreux et que la chronique ne suffirait pas à les nommer tous. Vous entendrez entre autres Arjen Lucassen, Eric Gilette et Leo Margarit.

Keepers Of The Scriptures est bien entendu un concept album qui nous entraîne dans l’univers des Milles et Unes Nuits. C’est l’histoire de Nita et Meera qui vivent dans la ville de Gandhara, la capitale de Mithila. Lorsqu’une menace inconnue s’abat sur la cité et ses habitants, tous deux doivent se lancer dans un combat pour préserver l’histoire et les écritures de leur civilisation.

Une histoire folk metal progressive avec de nombreux personnages, un peu à la manière des opéras rock de Ayreon. Il s’agit d’ailleurs, d’après ses compositeurs, de l’album le plus métal de Flaming Row à ce jour. Mais ne prenez pas peur, c’est encore moins forgeron que le dernier Arjen Lucassen.

Par contre, c’est long, très long, ce qui m’a tout d’abord découragé de le chroniquer.. En plus, tous les morceaux ne sont pas forcément du même niveau, sans parler du fait que Flaming Row n’avait sans doute pas les moyens de s’offrir les plus belles voix de la scène métal progressive.

Il y a tout de même celle de Josie Ann Mau qui sort du lot. C’est elle qui ouvre l’album avec ce timbre femme enfant légèrement voilé auquel j’ai accroché immédiatement. Il y a également la voix nettement plus puissante de Mélanie Mau qui arrive dès le deuxième titre et qui ravira les fans de la chanteuse.

Parmi mes morceaux favoris, il y a ‘Gandhara’s Legacy’ à l’ouverture orientale sur laquelle la voix innocente de Josie se pose. Un peu plus de quatre minutes principalement acoustiques qui posent le décor de notre histoire, ce royaume où les légendes et traditions sont sacrées.

Le contraste avec ‘The Mesh’, où Glyn Morgan de Threshold joue la méchante créature, est saisissant. Cette fois le métal progressif s’invite pour de bon dans l’histoire, tempéré par les voix de Melanie et Sally Minnear de Celestial Fire. Ce titre de plus de douze minutes tient parfaitement la route de bout en bout, virant même au métal symphonique après avoir joué de l’acoustique.

Malgré la fabuleuse présence Magali Luyten dans ‘An Invisible Bond’, je commence déjà à décrocher, un peu à cause du chant trop haut de Josie sur quelques passages et de l’aspect, hélas très convenu, des soli de guitares de Martin sur ce titre.

Et le morceau suivant ‘Nita – The Keeper’ enfonce le clou même s’il sonne furieusement métal par moment.

‘Meera – The Guardian’ et ‘Mithila’s End’ relancent mon envie même s’ils ressemblent trop à mon goût à du Iron Maiden ou du Ayeron pour faire la différence. Mais soudain, le court instrumental ‘Between Words’, joué à la harpe par Harriet Earis, et qui reprend le thème principal de l’histoire, relance la machine. Il était temps me direz-vous. 

‘Hope For A Miracle’ où Melanie chante avec Andrew Colyer (Circuline) fonctionne à merveille mais c’est le morceau suivant, ‘The Last Stand’ qui va imprimer une nouvelle dynamique à l’histoire. Du métal progressif épique et inventif servi par quatre voix dont celle de Mathias Ruck qui chante souvent avec Martin et Melanie.

Le titre acoustique ‘More Than Words’ arrive juste à point pour alléger la choucroute. Au bout de cinq minutes trente, il vous embarque soudain dans une gigue endiablée au son du violon et du whistle pour laisser place au titre final ‘An Old Legend’ où vous entendrez enfin Arjen Lucassen sur un solo de guitare. Ok, c’est clairement anecdotique mais ça peut faire vendre un album, alors pourquoi s’en priver ?

Keeper Of The Scriptures me semble trop long et souffre d’un ventre mou de plus d’un quart d’heure. Les premières écoutes de l’album ont été relativement laborieuses, n’arrivant pas toujours au bout à chaque essai.

Une fois mémorisé les thèmes musicaux et identifié chacun des personnages présents dans cette histoire, l’écoute est plus aisée et on peut se concentrer sur les passages qui nous plaisent le plus.

Keeper Of The Scriptures est sans doute un album trop ambitieux à la base mais il mérite la découverte, histoire de changer d’Ayeron et cie.

RO1 – Sunder

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Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous ennuyer avec mes avis douteux sur les cordes vocales. Aujourd’hui, nous allons parler d’un album instrumental, le dernier bébé de Rohan Sharma, intitulé Sunder.

Rohan est un producteur australien qui joue également des claviers et si Sunder ressemble parfois à du Plini, ce sont les synthés qui dominent sur l’album. Des claviers qui jouent du djent, du jazz, de l’oriental, du symphonique pendant un peu plus de quarante minutes et huit morceaux.

Des claviers omniprésents avec toutefois les participations de deux guitaristes (Lulu De La Rosa et Rohan Stevenson) et d’un bassiste (Toby Peterson-Stewart). Et même si vous ne l’entendrez pas forcément, la batterie est programmée par notre claviériste australien.

Sunder qui signifie séparer, à ne pas confondre avec thunder, le tonnerre, est un album festif, solaire, bondissant et relativement varié pour un instrumental.

De temps en temps la musique se pose comme dans le titre ‘Wind Eye’ pour mieux repartir juste après. ‘Polar Opposites’ sonne comme une musique de jeu de plateforme Nintendo sans l’échantillonnage du son en huit bits, bien heureusement. ‘Riveted’ pourrait faire songer à du Dream Theater s’il ne manquait les bêlements de James Labrie et le poutrage inimitable de Mike Portnoy. Quant à ‘Aros’, il possède un côté Vangelis comme dans les quatre-dix premières secondes avant de partir sur une fusion virtuose qui se marie à merveille avec du métal progressif.

Rohan n’en est pas à son coup d’essai puisque depuis 2020 il a sorti trois albums avec Eighteen et Errorist en 2022. C’est d’ailleurs avec ce dernier que j’ai dû connaître RO1 sur les recommandations de je ne sais plus qui, et non, ce n’est pas Stéphane pour une fois, j’ai vérifié.

La pochette m’a également tapé dans l’œil même si j’ai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. Un décor gothique avec une créature inquiétante debout devant un portail dressé sur un rocher en lévitation, le tout sur fond de ciel rouge. Un graphisme que me fait songer à une excellente BD.

Après, est-ce que Sunder raconte une histoire, je n’en ai aucune idée, parce que sans paroles ni même une courte présentation, il est difficile de se faire un avis tranché.

Sunder est un album de métal progressif instrumental centré sur les claviers avec des inspirations très diverses qui pourra vous faire songer à Plini et que je vous recommande chaudement.