Ce n’est pas la première fois que je vous parle du groupe Unprocessed ici. J’ai chroniqué leur précédent album …and everything in between et j’ai même vu le groupe en première partie de Tesseract l’an passé. Et, oui, j’aime ce métal progressif écartelé.
Le quatuor allemand vient de sortir Angel, leur sixième album en dix ans. Treize titres au format radio alternant growl caverneux, voix d’ange et même slam sur du djent électro qui frise parfois le gros poutrage et part dans toutes les directions. Et des fois, ça n’est pas facile à suivre.
Cette fois, j’ai eu du mal. J’ai acheté l’album à sa sortie fin octobre 2025 et ce n’est qu’aujourd’hui que j’ose m’y attaquer. Car attaquer est le bon terme.
Ne nous mentons pas, le quatuor ne s’est pas vraiment assagi sur Angel. Une musique cyberpunk où le growl vomito rencontre le djent tabassé sur de l’électro à haute tension dans laquelle se glissent régulièrement de courtes accalmies de chant clair. Et tout ça comprimé dans des morceaux de trois à cinq minutes.
Ça n’en reste pas moins excellent et épuisant à la fois. Si vous redoutez les hurlements comme de djent tabasseur, cet album n’est clairement pas pour vous, et si vous en doutez, écoutez ‘Terrrestrial’, un titre génialement terrifiant.
Par chance, tous les morceaux ne sont pas aussi extrêmes. Il y a quand même ‘Where I left My Soul’, ‘First Tongue’ ou ‘Perfume’ au démarrage anathémien qui lèvent le pied dans cet enfer métalcore, mais cela ne dure jamais très longtemps.
Sur Angel, vous trouverez des invités, comme c’est d’usage chez Unprocessed. Le plus marquant est certainement Jason Aalon Buttler du groupe de metal californien Fever 333 qui mélange punk et hip hop dans sa musique. Il prête sa voix à l’avant-dernier morceau ‘Head in the Clouds’. Le second se nomme Marc Zellweger alias Zelli du groupe de hardcore helvète Palace Swiss. Lui, il hurle son slam dans ‘Solara’.
Angel avec ses cinquante minutes au compteur est nettement plus long que …and everything in between et également plus écartelé ce qui le rend relativement indigeste. Disons que pour aller jusqu’au bout de Angel, il faut vraiment s’accrocher.
L’album est très bien, on y retrouve d’ailleurs les recettes qui m’ont séduites chez Unprocessed, mais je crois qu’il est un peu too much pour moi.
J’ai mis du temps pour vous parler du dernier album de Flaming Row parce que je n’ai tout d’abord pas su tout par quel bout le prendre.
Voyez vous-même, deux CD pour les versions anglaises et allemandes, une heure vingt pour chacune des versions, un audio book et douze titres dont un de plus de dix minutes.
Pour présenter Flaming Row, sachez qu’il s’agit d’une formation allemande que je suis depuis de longues années. Un groupe mené par Martin Schnella et Melanie Mau où l’on retrouve également Marek Arnold.
Et pour cet album Keeper Of The Scriptures, plein d’invités prestigieux. Je ne vais en citer que trois parce qu’ils sont très nombreux et que la chronique ne suffirait pas à les nommer tous. Vous entendrez entre autres Arjen Lucassen, Eric Gilette et Leo Margarit.
Keepers Of The Scriptures est bien entendu un concept album qui nous entraîne dans l’univers des Milles et Unes Nuits. C’est l’histoire de Nita et Meera qui vivent dans la ville de Gandhara, la capitale de Mithila. Lorsqu’une menace inconnue s’abat sur la cité et ses habitants, tous deux doivent se lancer dans un combat pour préserver l’histoire et les écritures de leur civilisation.
Une histoire folk metal progressive avec de nombreux personnages, un peu à la manière des opéras rock de Ayreon. Il s’agit d’ailleurs, d’après ses compositeurs, de l’album le plus métal de Flaming Row à ce jour. Mais ne prenez pas peur, c’est encore moins forgeron que le dernier Arjen Lucassen.
Par contre, c’est long, très long, ce qui m’a tout d’abord découragé de le chroniquer.. En plus, tous les morceaux ne sont pas forcément du même niveau, sans parler du fait que Flaming Row n’avait sans doute pas les moyens de s’offrir les plus belles voix de la scène métal progressive.
Il y a tout de même celle de Josie Ann Mau qui sort du lot. C’est elle qui ouvre l’album avec ce timbre femme enfant légèrement voilé auquel j’ai accroché immédiatement. Il y a également la voix nettement plus puissante de Mélanie Mau qui arrive dès le deuxième titre et qui ravira les fans de la chanteuse.
Parmi mes morceaux favoris, il y a ‘Gandhara’s Legacy’ à l’ouverture orientale sur laquelle la voix innocente de Josie se pose. Un peu plus de quatre minutes principalement acoustiques qui posent le décor de notre histoire, ce royaume où les légendes et traditions sont sacrées.
Le contraste avec ‘The Mesh’, où Glyn Morgan de Threshold joue la méchante créature, est saisissant. Cette fois le métal progressif s’invite pour de bon dans l’histoire, tempéré par les voix de Melanie et Sally Minnear de Celestial Fire. Ce titre de plus de douze minutes tient parfaitement la route de bout en bout, virant même au métal symphonique après avoir joué de l’acoustique.
Malgré la fabuleuse présence Magali Luyten dans ‘An Invisible Bond’, je commence déjà à décrocher, un peu à cause du chant trop haut de Josie sur quelques passages et de l’aspect, hélas très convenu, des soli de guitares de Martin sur ce titre.
Et le morceau suivant ‘Nita – The Keeper’ enfonce le clou même s’il sonne furieusement métal par moment.
‘Meera – The Guardian’ et ‘Mithila’s End’ relancent mon envie même s’ils ressemblent trop à mon goût à du Iron Maiden ou du Ayeron pour faire la différence. Mais soudain, le court instrumental ‘Between Words’, joué à la harpe par Harriet Earis, et qui reprend le thème principal de l’histoire, relance la machine. Il était temps me direz-vous.
‘Hope For A Miracle’ où Melanie chante avec Andrew Colyer (Circuline) fonctionne à merveille mais c’est le morceau suivant, ‘The Last Stand’ qui va imprimer une nouvelle dynamique à l’histoire. Du métal progressif épique et inventif servi par quatre voix dont celle de Mathias Ruck qui chante souvent avec Martin et Melanie.
Le titre acoustique ‘More Than Words’ arrive juste à point pour alléger la choucroute. Au bout de cinq minutes trente, il vous embarque soudain dans une gigue endiablée au son du violon et du whistle pour laisser place au titre final ‘An Old Legend’ où vous entendrez enfin Arjen Lucassen sur un solo de guitare. Ok, c’est clairement anecdotique mais ça peut faire vendre un album, alors pourquoi s’en priver ?
Keeper Of The Scriptures me semble trop long et souffre d’un ventre mou de plus d’un quart d’heure. Les premières écoutes de l’album ont été relativement laborieuses, n’arrivant pas toujours au bout à chaque essai.
Une fois mémorisé les thèmes musicaux et identifié chacun des personnages présents dans cette histoire, l’écoute est plus aisée et on peut se concentrer sur les passages qui nous plaisent le plus.
Keeper Of The Scriptures est sans doute un album trop ambitieux à la base mais il mérite la découverte, histoire de changer d’Ayeron et cie.
Aujourd’hui je vais vous présenter le groupe Everon et son dernier album Shells. Everon est une formation allemande de rock progressif née dans les années quatre-vingt dix qui n’avait pas donné de nouvelles depuis l’album North sorti en 2008. Du rock progressif symphonique à tendance grandiloquente chanté en anglais.
Shells, sorti seize ans après North, compte pas moins de douze titres dont un grand format final de presque quinze minutes. Alors asseyez-vous confortablement devant votre hifi avec une bonne bière pour l’écouter, car vous allez rester assis pendant soixante onze minutes.
Certaines mauvaises langues disent que je vis trop près de la frontière allemande et que cela a une mauvaise influence sur mes goûts musicaux. C’est vrai, j’avoue, j’aime beaucoup le rock progressif d’Outre Rhin, et ça depuis des années.
Les musiciens de Everon ne sont plus tout jeunes tout comme leur musique qui ne va pas insuffler une nouvelle dynamique à un genre passé de mode. Mais, sans se vautrer dans la nostalgie des seventies, le groupe propose un rock progressif symphonique qui emprunte de nombreux éléments au folk et même du métal.
Les morceaux dégoulinent d’orchestrations symphoniques avec force de violons, de piano, de flûtes, rien de franchement épuré et même parfois limite pompier.
C’est ‘No Embrace’, le premier morceau de l’album qui m’a donné envie de découvrir Everon. Des guitares lumineuses posées sur des claviers symphoniques propulsent un chant solaire. La musique emprunte autant au prog symphonique qu’au folk, le tout avec beaucoup d’emphase, rappelant souvent The Ancestry Program et Neal Morse.
Par contre le ‘Broken Angels’ m’a fait très vite douter avec son style lent à la frontière d’une complainte chantée par Demis Roussos vers la fin de sa carrière. Disons que le contraste est saisissant jusqu’au refrain façon oriental qui remet les pendules à l’heure. Maintenant, je l’écoute sans sourciller.
Une fois que l’on est prévenu que Shells ose le kitsch, le pompier et le symphonique programmé, on peut continuer à écouter l’album beaucoup plus sereinement.
En fait, avec Everon je retrouve un peu l’esprit de ASIA, TOTO et des super groupes du même tonneau. Il y a quand même ‘Grace’ qui atteint la limite de ce que je suis capable d’endurer, surtout à cause du chant féminin qui me met mal à l’aise avec son approche quasi lyrique.
Du folk à la musique médiévale il n’y a qu’un pas que le groupe franchit allègrement avec ‘Pinocchio’s Noise’ chanté à deux voix. Une fois encore le symphonique rencontre la musique traditionnelle et c’est assez bluffant de voir comme tout cela est parfaitement arrangé.
Et lorsque l’on découvre ‘Flesh’ et ses quatorze minutes et vingt-cinq secondes, on ne peut que constater que Everon est très à l’aise avec les compositions, même dans leur forme longue. Le titre est une machine de guerre prog symphonique qui vous vole quinze minutes de votre vie sans que vous vous en rendiez compte. Un morceau absolument magistral à la manière de Transatlantic.
Malgré quelques petits dérapages ici où là, Shells est un album qui renoue avec le prog fleuve à grand spectacle. Donc si vous aimez le genre, allez l’écouter, vous ne serez pas déçu.
Vous avez déjà assisté à une messe en matin ? Moi oui, de nombreuses fois en fait, et je ne m’en suis toujours pas totalement remis.
Ben justement, aujourd’hui je vous propose d’en écouter une avec Requiem du groupe allemand Laudare.
Requiem est un album de metal progressif en dix titres qui est écrit comme une messe d’enterrement avec un ‘Introitus’, un ‘Dies Irae’, un ‘Offertorium’, un ‘Sanctus’ un ‘Agnus Dei’ etc etc… Il se termine même par “Amen”.
Growl, chant clair en latin, instruments acoustiques et électriques font de ce requiem quelque chose d’assez unique en son genre parce que ça n’en reste pas moins du metal.
Alors, j’ignore si le quatuor de Leipzig est catho intégriste, d’ailleurs, je m’en moque un peu, toujours est-il que Requiem est un album impressionnant même si par moment, comme dans ‘Rex Tramendae’, le chant clair souffre quelques faiblessesalors que dans le ‘Lacrimosa’ il est bluffant.
Les transitions d’un genre à l’autre sont parfaitement menées, comme s’il était naturel de passer de la messe au growl écartelé. Le titre ‘Introitus’ par exemple est franchement bluffant.
L’album ne manque pas de rythme du fait des changements stylistiques et des différentes voix qui se succèdent, du growl vomito à la soprano en passant par un chant médium masculin.
J’ai l’impression que tout le monde chante sur Requiem, en chœur ou en solo. Les sections de violoncelle au style très baroque, comme dans le ‘Dies Irae’ ou ‘Rex Tramendae’, sont parfaitement en place faute d’être virtuoses. Une guitare acoustique vient également apporter sa touche de douceur à la partition avant que le poutrage ne reprenne en force.
Bref, l’album Requiem pourrait réjouir les métalleux qui aiment aller à la messe.
Après One 2 Zero et Control, Marco Gluhmann sort son premier album solo A Fragile Present. Le chanteur de Sylvan à la voix inimitable se lance en solitaire ou presque.
Il est accompagné tout de même de Steve Rothery, Billy Sherwood, Kalle Wallner, Johny Beck, Yogi Lang, Markus Grützner et Tommy Eberhardt pour douze morceaux pop rock avec quelques touches progressives.
J’avoue que dès l’annonce de l’album, j’ai précommandé la galette, me doutant bien que le label Gentle Art Of Music me l’enverrait quand même. Parce que oui, je suis un peu fan de Marco et de sa voix.
Marco, habitué des concepts albums avec Sylvan, nous livre ici une heure de musique sans histoire, des titres très différents les uns des autres, servis par d’excellents musiciens. L’album a toutefois un thème souligné dans le titre : la fragilité de notre existence, ce cadeau qu’est la vie.
J’aime tout particulièrement ‘Hear Our Voice’ où deux voix que j’adore se rencontrent, celle de Marco et de Billy Sherwood même si ce dernier ne fait que les chœurs. ‘Look At Me’ figure également parmi mes morceaux préférés, déjà parce qu’il dépasse les cinq minutes et que son écriture en deux temps se rapproche beaucoup de cette forme progressive que j’affectionne tant. ‘Black The Shade Out’ fonctionne également assez bien. Un parfait single pour ce premier album solo du chanteur de Sylvan où la voix vocodée, les claviers et les guitares miaulantes donnent une belle hargne à la musique.
Hélas, il reste de nombreux titres qui passent sans même chatouiller mes oreilles. Des petites choses insipides, pas développées, qui ne laissent aucune saveur après leur écoute et qui cassent le rythme de l’album.
Vous voulez une liste exhaustive ? ‘Reach Out’, ‘Faceless’, ‘At Home’, ‘For A While’ ou ‘Running Out of Time’. Cinq sur douze. Oui ça fait beaucoup !
A Fragile Present ne m’a pas touché comme One 2 Zero de Sylvan ou bien Control de Violent Jasper. Déjà parce que Marco exploite nettement moins la particularité de son timbre assez unique, sauf peut-être sur ‘My Eyes Are Wide Open’ qui est au passage et pour des raisons évidentes, mon morceau préféré. Ensuite parce que la musique manque d’unité avec tous ces guitaristes et bassistes présents. Enfin parce que la sortie de ce disque après celui de Violent Jasper pourrait sonner le glas d’un groupe que je vénère depuis des années, à savoir Sylvan.
Donc voila, A Fragile Present m’a déçu, sans doute aussi parce que j’en espérai trop.
Peter Gabriel, Massive Attack et Iron Maiden possèdent au moins un point commun. Vous allez tous les retrouver sur The Rainbow Tree, le nouvel album de reprises de Melanie et Martin.
Je ne suis pas vraiment du genre à écouter des morceaux de seconde main. Je préfère les versions originales, même au cinéma. Mais j’ai une tendresse toute particulière pour ces deux allemands rencontrés lors de nombreux concerts et présents dans beaucoup de groupes que j’adore comme Frequency Drift ou Seven Steps To The Green Door.
The Rainbow Tree propose quatorze reprises acoustiques tirées aussi bien du répertoire folk que du metal.
Il s’agit du quatrième disque du genre pour le duo sans parler de leurs lives et albums solos.Au fil des années, Melanie et Martin se sont entourés de plus en plus d’artistes et amis.Cette fois, ils jouent à cinq et avec autant d’invités dont le célèbre Dave Meros de Spock’s Beard.
Flûte, pipes, bouzouk, violoncelle, whistle, bodhran accompagnent le quintet sur quelques titres, parant de couleurs inattendues certaines des reprises, notamment celle de Iron Maiden.
Comme dans tous les albums du genre, certains titres me parlent plus que d’autres. Ici, se sont ‘Something Happened On The Way To Heaven’ de Phil Collins, ‘Teardrop’ de Massive Attack, ‘Secret World’ de Peter Gabriel et ‘Blackest Eyes/The Sound Of Muzak’ de Porcupine Tree. Mais tous ne se prêtent pas aussi bien à une transcription acoustique, notamment ‘Alleviate’ de Leprous que je n’aurai probablement pas reconnu à la première écoute.
Les bonus, au nombre de douze, téléchargeable au format wave, sont peut-être les plus intéressants au final, des versions a capella et instrumentales comme le medley vocal absolument génial de Porcupine Tree ou le Neal Morse instrumental façon musique irlandaise.
Avec The Rainbow Tree, le groupe dépasse le simple album de reprises acoustiques pour réinventer des titres célèbres avec une grande richesse instrumentale et des idées souvent brillantes. Au-delà des adaptation de tubes, il y a un réel travail de composition réalisé par nos amis allemands.
Lorsque j’ai ouvert le digipack pour poser le CD sur la platine, j’ai eu l’agréable surprise de découvrir une de mes photographies noir et blanc réalisée pendant un de leurs concerts. Il y avait même mon nom dans les crédits. C’est vrai que je leur avais envoyé les clichés pour qu’ils puissent les utiliser. Une raison supplémentaire pour que vous-vous offriez cet album. Vous pourrez écouter quatorze très belles reprises en admirant ma superbe photographie.
Mais au choix, contemplez plutôt la magnifique couverture réalisée par Anish Jewel Mau, cet arbre multicolore, The Rainbow Tree.
Allez les découvrir sur Bandcamp et si vous habitez à proximité de l’Allemagne, allez les écouter en live à l’occasion, on passe toujours une belle soirée en leur compagnie.
Si vous aimez les baleines, j’ai un truc pour vous. Une sorte de cyber cachalot nageant dans un ciel jaune au-dessus d’un monde rouge.
Et une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de deux albums d’un obscur groupe munichois, The Ancestry Program. Lorsque j’ai écouté Of Silent Mammalia Part II, j’ai aussitôt voulu découvrir la première partie Mysticeti Ambassadors Part I.
Pourquoi un tel enthousiasme ? Sans doute parce que The Ancestry Program rassemble le meilleur de Transatlantic, UPF et Pink Floyd sous la même bannière. Oui, la barre est haute aujourd’hui, même très haute.
La voix du chanteur me fait un peu penser à celle de Mark Trueack et à Ian Anderson, la forme musicale ressemble souvent à celle de The Neal Morse Band et de Transatlantic, certains instruments rappellent la diversité de UPF et les guitares se font parfois gilmouriennes. Mais je suis certain que vous trouverez d’autres ressemblances comme dans ce titre country qui termine le second opus. Et tout ça est parfaitement exécuté par cinq artistes et quelques invités.
Vous embarquez pour un voyage de plus deux heures et quart mais vous n’êtes pas forcé de tout écouter d’une traite. Après tout il s’agit de deux albums même si stylistiquement parlant le groupe navigue dans les mêmes eaux peuplées de cétacés.
Les deux albums résonnent de claviers vintages, de saxophones, de clarinette, de trompette, de violon, de violoncelle, de steel guitar, de fretless bass sans parler des instruments propres à un groupe de rock progressif.
Tout cela pour dire que la musique de The Ancestry Program est d’une très grande richesse et que l’on ne s’ennuie pas une seconde pendant plus de deux heures.
Le premier opus est constitué de plusieurs titres fleuves dont l’épique ‘Dark To Overcome’ qui dépasse les dix sept minutes et contient un passage bien déjanté, alors que la seconde partie propose dix morceaux de deux à huit minutes.
J’ai l’impression que le deuxième album, peut-être parce que ses pièces sont plus nombreuses et plus brèves, propose nettement plus d’ambiances musicales comme dans ‘Create Our Sins’.
TAP est comme un gros roman de mille pages dans lesquelles il ne se passe au final pas grand chose. Deux albums très contemplatifs où la musique ne joue pas de rebondissements ni d’éclats et qui cependant m’ont vraiment bien accroché.
De là à le classer dans la liste des albums de l’année, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas même si j’aime beaucoup les deux disques.
Tout d’abord parce qu’il y a deux albums dont un qui date de 2021, d’autre part parce que la musique de The Ancestry Program n’est pas non plus révolutionnaire. Ceci dit, j’adore leur musique.
Elle est disponible sur Bandcamp et maintenant que je connais par coeur leur deux derniers opus, je vais découvrir leur tout premier bébé intitulé Tomorrow.
Marek Arnold, amateur de mini Cooper, de bonnets sans pompons, de petites lunettes rectangulaires, claviériste, clarinettiste et saxophoniste allemand mais aussi musicien dans de nombreux groupes comme seven steps to the green door, Cyril, Toxic Smile, Flaming Row ou UPF, vient de sortir son premier album solo. Bon solo, c’est beaucoup dire étant donné l’impressionnant nombre d’invités présents comme Craig Blundell, Kalle Wallner, Steve Unruh, Marco Minnemann, Luke Machin ou Derek Sherinian.
ArtRock Project se présente sous forme d’un double vinyle bleu d’une heure et quart contenant sept morceaux.
Oui cela donne une moyenne de plus de dix minutes par titre. Il faut dire que l’album débute par une pièce de plus de seize minutes et s’achève par six pistes qui forment le morceau ‘Berlin 2049’, long de près d’une demie heure tout de même.
Avec les vinyles, sont arrivés plein de goodies, un chocolat au lait que j’ai mangé, des dessous de verre rangés dans le bar avec ceux de Wakeman vs Wilson, John Reed, Suidakra et Burning Shed, un stylo bic classos qui a servi à écrire cette chronique, une carte de téléchargement pour la version digitale et une autre avec un petit mot manuscrit en allemand signé par Marek que je range avec mes autres dédicaces. C’était une édition limitée assez coûteuse mais je suis fan de l’artiste depuis que j’ai découvert le groupe seven steps to the green door il y a une vingtaine d’années grâce à mon amie Suze Merlin.
Bon, c’est sympa tout ça, mais, il est comment cet album au fait ? La réponse ne va pas être simple. ArtRock Project est un patchwork musical pour de nombreuses raisons.
Il y a tout d’abord la multitude des voix et musiciens qui se rencontrent ici. Au passage on y retrouve Melanie Mau et Martin Schnella mais également Ulf Reinhart ou Anne Trautmann, des artistes que je connais depuis assez longtemps.
Ensuite l’album oscille entre art rock, prog et metal progressif sans trouver une réelle direction musicale. Du coup on passe du coq à l’âne un peu comme chez UPF ou seven steps to the green door. Cela exige un bel effort de concentration sur la durée, croyez-moi.
Les six pistes de ‘Berlin 2049’ sont plus cohérentes. Ceci dit, c’est normal puisqu’il s’agit d’un mini concept de vingt-six minutes. C’est aussi mon morceau favori avec le premier en trois parties, ‘A Story Of Separation and Lost’. Ce dernier, fort de plus seize minutes d’écoute, de claviers metal progressif, de violon, de guitares déchaînées et de piano jazzy, est un feu d’artifice instrumental avec la voix de Larry sur quelques couplets et refrains. De la grandiloquence certes, mais suffisamment bien dosée pour que l’on ne soit pas submergé avec en prime deux instrumentaux cinématiques pour emballer le tout.
Avec ‘Stay’, je retrouve mes deux amis Melanie et Martin en compagnie de nombreux autres artistes comme le guitariste de RPWL. Même s’il y a quelques belles envolées et malgré le violon de Steve et le saxo de Marek, je trouve le titre relativement convenu après le premier triptyque.
‘A Time of Mystery’ est un délicat interlude acoustique où Manuel Schmid pose sa voix sur les instruments à vent de Marek. J’adore le morceau mais j’avoue qu’il arrive un peu comme un cheveux sur la soupe au milieu de cet album.
Le ‘Papillion’ de dix minutes est dans la veine d’une seven steps to the green door, débutant au piano et saxophone avec la voix du chanteur de Subsignal pour s’électrifier vers la moitié.
‘Come Away with Me’ chanté par Zeynah est une agréable guimauve qui ne marquera pas les esprits et si ‘Cold Run’ semble prendre le même chemin, le titre épouse rapidement une forme orchestrale tumultueuse qui nous extirpe d’un début de torpeur.
Reste ‘Berlin 2049’. Le titre aurait pu constituer un mini album à lui seul. En fait Artrock Project mérite la découverte rien que pour ce morceau. Marek y raconte une histoire futuriste et le visuel du vinyle est très probablement celui du titre. Un vaisseau qui vole près des gratte-ciel avec Marek Arnold aux commandes devant sa table de mixage. Pour couronner le tout, il y a un solo de trompette sur ‘Rain will fall 1’. Et j’adore la trompette.
‘Rain will fall 2’ est sans doute ma partie favorite avec Anne au chant. J’aime également beaucoup ‘Berlin’ et ‘Riding the line’ où une voix off décrit le monde en 2049. Je suis un peu moins fan toutefois de la troisième partie funk électro rock ‘Leave well enough alone’.
Ne nous mentons pas. Il faut quelques écoutes pour apprivoiser l’album. Les morceaux faibles prennent peu à peu leur place entre les deux géants. ArtRock Project finit par devenir un tout, certes un peu hétérogène, mais très plaisant à écouter avec de grands temps forts. Dommage qu’on ne puisse pas l’écouter sur Bandcamp.
En Allemagne, sur les pentes d’un volcan éteint depuis longtemps, des oiseaux multicolores viennent se reproduire chaque année.
Il s’agit d’un événement incontournable pour les photographes animaliers, incontournable certes, mais pour ma part, je n’en avais jamais entendu parler. Ça en dit long sur le photographe que je prétends être…
C’est mon épouse qui m’a parlé la première fous de ce site. Une association de petits vieux proposait une promenade pour découvrir ces oiseaux magnifiques. Mais comme les retraités ne travaillent pas, ils se promènent souvent en semaine.
La seconde fois, c’est mon ami Robert du club photo que je fréquente qui m’a proposé d’aller un samedi après-midi sur ce spot qu’il connaît bien. Hélas, je couvrais ce jour là un concert en Lorraine donc j’ai dû décliner l’offre alléchante.
La seconde proposition fut la bonne. Le jeudi en soirée, juste après le travail et le quatorze juillet, nous sommes partis à trois direction le Kaiserstuhl, chargés de bazookas et déguisés comme des combattants.
A bien y réfléchir, j’étais dans une voiture avec deux retraités. Cela n’aurait pas beaucoup changé de la promenade proposée par mon épouse au final.
Les guêpiers d’Europe, les oiseaux que nous étions venus photographier, nichent dans des trous dans la roche, sur les parois verticales. Ils se nourrissent d’insectes comme les guêpes (d’où leur nom) qu’ils attrapent au vol.
Des oiseaux très agiles qui virevoltent, manœuvrent et s’accrochent à la pierre pour rentrer dans le nids, nourrir leurs oisillons et repartir aussitôt à la chasse.
Tout va très vite entre le moment où le guêpier approche du trou et où il en repart. Il faut être rapide, réactif et prêt pour réussir une photographie. Avec un 200-500 mm à bout de bras et des réflexes de tortue, l’exercice est des plus difficiles pour moi.
Avec une focale de 500 mm en DX au 4000eme de seconde, 5.6 d’ouverture, un autofocus à détection d’animaux et une cadence infernale de 20 images par seconde, j’avais bon espoir de réussir quelques images.
Les débuts furent pathétiques. Capturer un oiseau virevoltant dans le ciel avec 4,5 kilogrammes à bout de bras, un oeil dans le viseur, l’autre pour guider la manœuvre, c’est assez sportif. Quand je cadrais l’oiseau, l’autofocus était en panique et sinon je chopais du ciel bleu. La moitié des photos prises ce jour là montrent des feuilles, des murs et du ciel bleu. Rien d’autre.
J’ai fini par attraper quelques chose en plein vol. Un ULM en fait, puis je me suis concentré sur les guêpiers sortant des trous. Là encore, j’ai souvent visé le mauvais nid et malgré un déclenchement au 4000 eme j’ai loupé les instants cruciaux faute d’une rafale adaptée.
Après quelques réglages, choix de spots, j’ai enfin eu quelques petites victoires histoire de ne pas rentrer bredouille. Il faut dire qu’avec plus de 700 déclenchement, je pouvais espérer obtenir quatre ou cinq clichés acceptables.
Outre les guêpiers, nous sommes tombés sur un faucon, un machin huppé (que je n’ai pas vu) et des petits piafs. J’ai photographié également un chasseur d’images camouflé et planqué qui nous a bien fait comprendre que si nous approchions, son 600 mm servirait de massue au lieu d’objectif.
Il faut dire que les trois français sont arrivés avec leurs gros sabots sur le terrain de chasse des photographes déjà installés. Bizarrement, les guêpiers se sont fait particulièrement discrets après notre débarquement tout en finesse et le déploiement de l’artillerie lourde. Les oiseaux ont attendu une bonne demi-heure avant de reprendre leur va et vient jusqu’aux nids. Mais nos voisins d’outre Rhin, sans doute habitués aux gauloiseries, ne nous en ont pas trop tenu rigueur et l’un d’entre eux nous a même désigné du doigt un guêpier posé sur la vigne tout près de nous.
Au final je repartirai avec quelques photos dont je suis relativement content. La balade valait le coup, même si j’ai dû attendre 22h pour remplir mon estomac après la salade verte du midi.
C’est Sébastien qui m’a rappelé à temps que King Buffalo jouait au P8 jeudi 8 juin. Un groupe que j’avais déjà écouté au Rock Your Brain Fest, mais dans de mauvaises conditions et que nous avions manqué, quelques mois auparavant, pour de bonnes raisons médicales.
Cette fois pas d’excuses. J’avais pris mon vendredi, Seb était en forme et mon accréditation photo venait d’être validée par le tour manager.
Après deux pizzas pour le prix d’une grace aux beaux yeux de tombeur de mon chauffeur, nous prenions la route de Karlsruhe en Allemagne. Cette fois il conduisait et moi je buvais. Il faut bien inverser les rôles de temps en temps.
Avec les beaux jours, le bar se tenait en extérieur, rendant le lieu encore plus convivial que la fois précédente. Hélas, la bière était tiède, et une blanche tiédasse, bref…
J’étais ‘Le Photographe’ de la soirée comme l’avait annoncé la personne à l’accueil , c’est à dire le seul en fait, alors je l’en suis donné à coeur joie.
Lucid Dream ouvrait la soirée à 20h30, un quatuor de rock psychédélique instrumental avec un clavier saxophoniste des îles, un grand guitariste tout maigre, un batteur virtuose et un bassiste caché dans l’ombre. Le groupe m’est totalement inconnu ce qui ne l’empêche pas de me séduire très vite avec sa musique d’un autre temps. Des titres très long, planants, pas forcément d’une grande richesse, mais qui installent une atmosphère seventies dans cette salle de Karlsruhe.
Le batteur étant pour une fois près du public, je me suis lâché sur lui car ce genre d’opportunité est assez rare. Le saxo, même si ce fut trop court, a apporté une jolie diversion au psyché ambiant dominé par la batterie et la guitare.
Après ce mise en bouche fort plaisante, King Buffalo se met en place. Trois musiciens sur la grande scène du P8 ça fait un peu vide d’autant que le guitariste et le bassiste occupent chacun un côté du plateau et que le batteur se trouve tout au fond. Le blondinet vit son trip chamanique à quatre cordes dans don coin, esquissant d’étrange danses bondissantes. Le batteur tatoué transpire à grosses gouttes sous les projecteurs et le chanteur guitariste claudiquant reste accroché à son micro et sa six cordes toutes la soirée, concentré sur la musique. Pour le show, on repassera, par contre la musique est au rendez-vous, revisitant les derniers albums du groupe.
Le son P8 est toujours bien équilibré, un poil trop fort sans doute, les lumières variés mais l’ingé lumières ayant l’habitude d’avoir un frontman au milieu de la scène à tendance à braquer les projecteurs au mauvais endroit. Malgré un public au rendez-vous, il est encore possible de bouger dans la salle et si les fans bougent beaucoup, quand je me pointe avec mon appareil, ils me laissent de la place et cessent de s’agiter, le temps de la photo. J’aime bien les allemands.
A la fin du concert, je m’offre enfin le vinyle de The Burden of Restlessness auquel j’avais renoncé à cause des frais habituels pour les imports U.S. un très beau pressage rouge qui tourne en ce moment sur ma platine.
Ce fut un très bon concert malgré une blanche tiédasse. Décidément le P8 propose une belle programmation, la salle est sympa et un son de qualité. Je ne peux que vous la recommander.