Les enfants de la télé

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Dans un coin du salon, j’ai installé une table ronde bancale. Dessus j’ai posé un écran plat, un clavier, une souris, une station d’accueil, plein de câbles, un smartphone et une calculette. 

L’ordinateur portable branché à la station d’accueil démarre mais avant de m’identifier, je passe en mode avion, sinon j’en ai pour un quart d’heure d’attente, le temps que je m’identifie sur les serveurs du travail. La calculette permet d’établir une connexion VPN sécurisée, et je peux alors pointer puis consulter ma messagerie. C’est l’heure de boire un café serré avant de me plonger dans les problèmes quotidiens insolubles.

Je travaille sur une copie de fichiers synchronisés depuis un serveur. Quand je reviens en présentiel, Windows les met à jour en gérant théoriquement les conflits de versions. En pratique c’est le bazar le plus total. 

Par chance les applications principales que j’utilise sont accessibles via le réseau en VPN, bon à petite vitesse et sur un seul écran mais c’est mieux que rien. 

Tous les appels du standard arrivent sur mon smartphone, même l’interphone de la porte d’entrée. Quand quelqu’un sonne à la porte du centre, à trois kilomètres de chez moi, je ne peux pas grand chose pour lui. 

Lorsque qu’il y a un problème à résoudre, je lance une conférence à deux ou trois, et c’est toujours à cet instant que le téléphone sonne. 

Il s’agit généralement d’une personne mécontente du temps qu’il fait. 

Nombre d’agents avec qui je dois travailler ont oublié de basculer leur fixe sur le numéro mobile et faute d’annuaire adapté, ils deviennent injoignables par téléphone et malheureusement aussi par mail. Le télétravail rend invisible, indisponible aussi.

La machine fonctionne au ralenti. Les documents papier attendent mon passage trois fois par semaine pour être gérés. Courrier, factures, devis, contraventions, formulaires administratifs, car si nous travaillons en dématérialisé le plus souvent, certains font de la résistance ou ne maîtrisent pas la signature électronique.

Tout prend du retard. Certains procrastinent. D’autres qui s’entassaient sans masque dans les bureaux réclament des mesures sanitaires plus strictes que celles misent en place. Les gens ont peur, en ont assez.

Les Mardi et Vendredi, je reste en robe de chambre jusqu’à point d’heure, traitant les problèmes à distance, chattant avec mes collègues, rageant de ne pouvoir accéder à certains documents. 

Les autres jours, j’emporte dans le sac à dos l’ordinateur portable pour rejoindre mon bureau et ses maquettes de fusées. Des couloirs désertés sans pause café, blagues débiles, où on gère au mieux la crise faute d’avancer. Ces jours là, je scanne tous les documents à fournir aux services administratifs et prie pour qu’il ne soient pas trop lourd pour nos outils informatiques.

Les factures de chauffage et d’électricité vont grimper en flèche et ma productivité s’effondrer. Mes collègues me manquent déjà. Pour l’instant ce n’est que pour trois semaines, mais souvenez-vous en 2020, ça ne devait durer qu’un mois…

Un bout de Mars

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C’est en regardant l’épisode Tombée du Ciel de Hugo Lisoir sur YouTube que j’ai entendu parler de Spacefox

Hugo Lisoir est une excellente chaîne YouTube qui parle d’espace. Technologies, couverture de lancements, astronomie, astrophysique et questions réponses se partagent ces vidéos geeks de vulgarisation plusieurs fois par semaine.

Depuis qu’un collègue m’en a parlé un jour au travail, je ne manque aucun épisode.

Donc dans l’épisode Tombées du Ciel, Hugo parlait des météorites et à la fin faisait la publicité d’un site commercialisant des bracelets avec des bouts de ces roches qui ont traversé l’espace. Bien évidemment, je suis allé sur leur site, ça va de soit, mais les tarifs m’ont dissuadés de commettre une nouvelle geekerie irresponsable. Car voila, je suis geek, mais assez raisonnable finalement, la preuve, je n’ai pas encore commandé le dernier Nikon Z9, c’est tout dire.

Oui, mais voilà, à la maison, il y a nettement plus geek irresponsable que moi j’en ai bien peur… Il y a mon fils aîné, celui qui a pourri mon avenir en m’offrant une Saturn V en Lego l’an passé. Un acte cruel qui m’oblige depuis à rester à quatre pattes sur le tapis à chercher des yeux de minuscules briques multicolores.

Noël est arrivé avec ses traditionnels cadeaux, que j’avais décrétés raisonnables et éco responsables cette année. Il semblerait que le mouvement n’ai pas été suivi par la majorité des protagonistes de la fête…

Bref, j’ai reçu en cadeau, un cube noir de 7 cm d’arrête, avec inscrites en lettres d’or Spacefox Collisions sur une face. Sur le côté opposé, un code barre surmonté d’un Mars donnait quelques indications supplémentaires. 

A l’intérieur de la boite, un bracelet plastique soutien un plaque de métal orangée dans laquelle est incrustée un minuscule fragment gris.

Une roche venue du manteau martien, éjectée un jour par un volcan, ayant erré des millions d’années dans l’espace avant d’être attiré un jour par la gravitation terrestre et de tomber en 2020 en Afrique du Sud.

Oui, j’ai autour du poignet, un fragment de roche martienne. Complètement dingue pour un geek spatial de mon genre.

J’ai reçu également un parfum qui m’accompagne depuis près de vingt ans et la saison 2 de Kamelot que je n’avais toujours pas visionnée.

Mais mon plus beau cadeau de Noël, je l’ai reçu le 25 décembre peu avant 14h, lorsque le télescope spatial James Webb s’est séparé du lanceur Ariane 5 pour voler de ses propres ailes. Depuis j’essaye de modéliser le télescope en Lego avec Studio mais je crois que j’ai été doublé encore une fois par Lego Rocket Collection.

Bonne année qu’ils disaient…

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En sortant du parking, ma femme a rayé le côté droit de la voiture et endommagé le rétroviseur. Le lave-linge fait dijoncter la maison à l’allumage et j’ai pas trouvé le problème, du coup, nouvelle machine commandée et linge sale sur la peau. En partant nous promener à vélo en Allemagne le premier de l’an, madame a crevé son pneu arrière, à cinq kilomètres de la maison. Sa roue arrière est morte, faut dire, elle roulait avec des pneus lisses, j’ai plus qu’à trouver une roue, réparer et me laver les mains ensuite. Les travaux de réfection des sols de la cuisine, prévus en décembre, ont été reportés aux calendes grecques faute de matériaux disponibles. Le télétravail est devenu obligatoire trois jours par semaine du coup je vais camper dans le salon. J’ai passé une dizaine d’heures à modéliser le télescope James Webb en Lego et me suis fait doubler par LegoRocketCollection, j’suis dégouté. L’iPhone de ma chérie a rendu l’âme peu avant les fêtes et depuis elle zone sur Androïd. Notre couple en a clairement souffert. Mon blogueur préféré a choppé la COVID-19 et j’oscille entre désespoir car son blog est bon, et espoir, car ça ferait moins de concurrence s’il passait l’arme à gauche. J’ai appris le 3 janvier que mon père était hospitalisé depuis le réveillon pour un problème rénal, merci la  maison de retraite pour la communication ! Il fait 26 degrés Celsius à Biarritz et nous sommes en plein hiver. Nous allons probablement changer de président de la république en mai et vu les cons en lisse, on n’est pas sorti du sable.

La bonne nouvelle c’est que je tolère mieux le chocolat et l’alcool grâce à mon traitement à base de bêta bloquants. Du coup je bois de la bière et mange des Mon Chéri pour oublier cette année de merde qui commence. Le pire c’est que je déteste les Mon Chéri mais qu’il ne reste plus que ça en stock après l’orgie des fêtes.

Et de trois

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Je suis assis dans le vaccinodrome avec une nouvelle dose dans le bras gauche. Je pensais qu’avec 90% de piqués en France on finirait par avoir la peau de cette saloperie, mais non. C’est sans compter tous les pays à 3% d’immunisés et ceux qui ne respectent pas les gestes barrières. C’est beau la mondialisation et la connerie !

J’avais repris les concerts, plein d’espoir, et voilà que je m’enferme à nouveau dans le salon avec de la musique, des livres et des Lego.

Oui j’en ai marre, mais qui blâmer si ce n’est notre libre circulation planétaire, la surpopulation et l’irresponsabilité de certains ? 

Les personnels soignants sont à bout, pourtant ils gardent le sourire et continuent à lutter pour sauver des vies. Pendant ce temps Boris organise des pique-niques et les jeunes des raves en Bretagne. 

Alfa, Beta, Gamma, Omicron, aurons-nous assez de lettres dans l’alphabet grec pour tous ces variants. Masques, pass sanitaire, pass vaccinal, couvre feu, confinement, nos libertés ont fortement régressé ces derniers mois. Mais faut-il blâmer nos gouvernants pour autant ? Je ne pense pas. Je pense que les anti tout, adeptes des théories du complot, ceux qui refusent de se faire vacciner, ceux qui font semblant de porter un masque sous le nez, ceux qui se font tester tous les trois jours afin d’aller encore au cinéma et au restaurant, portent une lourde part de responsabilité dans cette catastrophe. 

Les cas contacts se multiplient autour de nous. L’étau se resserre. Pour l’instant malgré trois concerts, quelques pauses cafés imprudentes et trajets dans les transports en commun, je suis passé sous les radars. Tant mieux car je ne donnerai pas cher de ma peau avec mon rein défectueux en cas d’infection.

A la maison, l’écran, la station d’accueil, le clavier et la souris attendent l’ordre de télétravail obligatoire longtemps reporté. L’ordinateur portable et le smartphone restent dans mon sac à dos, rentrant à la maison tous les soirs en cas d’alerte rouge. Un masque neuf m’attend chaque matin sur ma chaise, la réserve de savon est remplie, le gel hydro patiente dans son flacon, le pass frétille dans le téléphone, nous sommes parés pour affronter 2022.

Questions écolos

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Qui a le plus mauvais bilan carbone ? Ce vieux diésel rouillé ou la voiture sans plomb flambant neuve du concessionnaire ? 

Quel est l’impact de votre animal de compagnie sur la planète ?

Faut-il se faire livrer les achats ou bien aller les acheter dans des boutiques ?

La vente en vrac est-elle si vertueuse en emballage ?

Vaut-il mieux consommer du bio produit au Maroc sous serre ou une production locale de saison ?

Quel est le vrai bilan carbone d’une éolienne, d’un parc photovoltaïque, d’une centrale nucléaire ?

Quels sont les pollueurs ? Ceux qui produisent pour vivre ou ceux qui achètent pour se distraire ?

Quel est le pourcentage d’énergie perdu de sa production dans la centrale nucléaire jusque l’alimentation électrique du moteur de la Tesla ? 

Qu’est-ce qui est le pire ? Des EPR, des mini centrales nucléaires ou plein d’éoliennes ?

Qui émet le plus de méthane, un bovin dans un pré ou un toulousain dans sa voiture après un bon cassoulet ?

Quels sont les effets d’un degré d’augmentation de la température moyenne du globe sur le climat ? Et deux, trois, quatre, cinq ?

Qu’est-ce qui consomme le plus d’énergie ? Une recherche sur Google, l’envoi d’un email, regarder une vidéo de chat sur YouTube ou lire ce blog débile ?

Quelle mesure concrète notre gouvernement a-t-il pris en vingt ans pour endiguer le désastre climatique à venir ?

Comment décorer la maison ? Avec un sapin synthétique ou un sapin venu des Vosges ?

Faut-il voter pour un écolo aux déclarations crétines, une catin de droite, un facho médiatique, un populiste nombriliste, une blondasse skinhead ?

Je n’ai la réponse à aucune de ces interrogations pourtant essentielles lorsque l’on débat d’écologie, juste quelques idées préconçues et peut-être fausses. Et pour cause, tout le monde dit tout et son contraire, soit par bêtise, soit pour fausser le débat. Tout je dont je suis certain, c’est que notre planète se réchauffe et qu’il nous reste quelques années pour endiguer cette embolie monstrueuse. Alors réfléchissez au lieu de gober toutes les conneries dont on nous abreuve en permanence. Et faites le bon choix, celui de la planète.

La dinde

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Comme Valérie je partage les valeurs françaises : le pâté de volaille aux organes anormalement développés qui mangent sans faim, les arbres déracinés qui perdent leurs aiguilles, les fausses idiotes en maillot de bain et les pédales bourrées de produits illicites.

Bon j’avoue, je n’ai pas ma carte du LR que je n’ai jamais regardé le concours Miss France ni celui de l’Eurovision. Sans doute parce que je ne regarde pas le petit écran. 

Si j’adore le foie gras, particulièrement en croute de sel avec un Sauterne, je n’en mange plus, parce que honnêtement le gavage est une pratique assez révoltante. D’ailleurs sans devenir vegan ou végétarien, je commence à limiter fortement ma consommation de viande et de poisson.

Pour le pinpin c’est plus compliqué. Tous les ans je décore la maison, guirlandes, bouboules, étoiles et sapin. Ça fait fêtes et en Alsace entre grisaille et journées courtes -il fait nuit à 17h – on a bien besoin de ça pour ne pas déprimer. 

Pour les éclairages, d’ailleurs peu nombreux (deux guirlandes LED), je veille à ne les allumer que le Week-End quand il fait nuit et encore juste le soir de 17h à 22h.

Pour le sapin, je pourrais opter pour une version synthétique mais je ne suis pas certain que ce soit plus éco responsable. En plus, c’est très moche. Mon sapin pousse, absorbe du CO2 et après les fêtes je le broie pour en faire du paillage dans le jardin. Comme ça je me sens moins coupable.

Pour les cadeaux, on essaye également d’être raisonnable, un par personne, un truc utile de préférence, plutôt éco truc machin, acheté le plus localement possible et à un prix raisonnable. Bon j’avoue que les LEGO pour le fiston et le bidule à musique pour ma chérie ne remplissent pas toutes les cases. Par contre le sweat-shirt du petit dernier lui a presque tout bon, et croyez-moi, c’est pas évident.

Bref, sur les quatre symboles français selon sainte Valérie, je ne coche qu’une case. Je dois être un sang mêlé ou un de ces putains d’intellos bobos gauchos arnarchos débilos car je ne me reconnais pas dans sa France et ses valeurs. Je parlerai bien d’un pays d’accueil, de libertés, de tolérance, mais j’ai l’impression que ça n’est plus à l’ordre du jour. 

J’aimerais bien que la France soit un pays exemplaire pour son bilan carbone, l’accueil des migrants, la décroissance énergétique, la défense des droits sociaux, l’égalité mais faudrait pas croire au Père Noël non plus.

C’est l’arbre qui cache Laforêt

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A l’époque où nous parlons de la protection de la vie privée, certains se foutent littéralement du droit. 

Imaginez un jeune, commençant dans la vie, rêvant d’indépendance, décidant enfin que le prénom Tanguy ne lui convenait plus. 

Le garçon décide de quitter le nid et se met en quête d’un appartement. Après bien des recherches il trouve une annonce qui pourrait lui correspondre et se rend dans l’agence pour le visiter.

La gentille dame ne reçoit que sur rendez-vous. Ben voyons… Le jour du rendez-vous, elle lui tend un imprimé de quatre pages à compléter. Un dossier de candidature locataire à remplir AVANT de visiter le bien.

Nom, prénom, date de naissance, nationalité, adresse, téléphones, email, profession, contrat, employeur, revenus, logement actuel à renseigner par le candidat locataire et par les éventuels cautions. 

Non contents de tout ces renseignements, ils demandent des preuves avant de visiter l’appartement : copie de la carte d’identité, de la taxe foncière, du justificatif de domicile, un contrat de travail, trois fiches de paye, un avis d’imposition, une attestation employeur et pourquoi pas un test COVID-19 négatif et un passe sanitaire. Ils demandent même au fonctionnaire que je suis un arrêté de titularisation, moi qui bosse depuis 32 ans pour l’état. Mais sérieusement ? 

De notre côté, nous recherchons également un nouveau nid d’amour plus calme, mais à acheter. Lorsque que nous trouvons une annonce prometteuse, il nous suffit d’un coup de téléphone à l’agence pour visiter le bien. Pas de papier à signer, pas de documents à fournir, juste une prise de rendez-vous devant la maison suivie d’une visite agréable. 

Délit de gueule ? C’est vrai que le garçon a les cheveux long, la barbe hirsute et s’habille comme un sac.

J’ai appelé l’agence pour comprendre. La gentille dame au téléphone m’a expliqué que c’était comme ça. Qu’avant de faire visiter, ils étudiaient la recevabilité de la candidature du locataire potentiel, pour gagner du temps, que c’était la procédure depuis l’épidémie de COVID-19.

COVID-19 ? Mon cul ! C’est le fric qui décide ici. Pourquoi se faire chier à faire visiter pour une commission minable si on peut gagner 40 000 euros de pourcentage sur la vente d’une belle maison ? 

Je lui ai alors répondu que si l’appartement ne lui plaisait pas, j’aurai imprimé une vingtaine de feuilles A4 et exposé une belle partie de ma vie privée pour des prunes et qu’ils auraient perdu leur temps, eux comme moi.

Je suis furax, révolté. J’ai une furieuse envie de les envoyer se faire foutre, eux, leur dossier et leur putain d’appartement. 

Mais c’est ça ou garder Tanguy à la maison. A ma place, vous feriez quoi ?

Nancy Reims Troyes

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8:00-10:00 Strasbourg Nancy – 15:00 – 17:00 Nancy Strasbourg

7:30-09:00 Strasbourg Reims – 15:00-16:30 Reims Troyes

14:00-15:30 Troyes Reims – 17:30-19:00 Reims Strasbourg 

Trois journées d’une semaine ordinaire en plein réchauffement climatique et mille kilomètres pour gérer des sites sur lesquels plus personne ne s’occupe de rien. 

Après les années décentralisation voici les années restrictions. Les centres perdent leur autonomie et leur agents peu à peu. Ils restent tout de même ouverts avec personne à bord pour garder le cap.

Les effectifs baissent et la zone de responsabilité augmente, dix bâtiments dans un rayon de 450 kilomètres. C’est la tournée des grands ducs, il faut visiter nos implantations une par une pour vérifier que tout va bien. Les chefs de service travaillent à Strasbourg, Paris ou Toulouse et les agents à plus de 500 kms d’eux.

Changer une ampoule devient un casse tête, prendre rendez-vous avec un entrepreneur une mission impossible. 

Les agents sur place ne sont plus de notre responsabilité contrairement aux locaux qu’ils occupent. Sur place, personne ne veut se charger de rien. « Je travaille pour Toulouse moi, ce n’est pas mon problème. », « Machin ne fait rien alors je ne vois pas pourquoi j’aiderai. », « C’est votre problème, pas le mien. ». 

N’empêche que ces personnes là sont dans nos locaux et se plaignent lorsque quelque chose va de travers.

Il faut alors prendre la voiture, le train, l’avion pour un rendez-vous avec un électricien, un plombier, un serrurier puisque personne sur place ne veut aider et que souvent les bureaux sont vides.

Nancy 10:00, la femme de ménage prend peur lorsque je déboule dans le centre désert. 

Reims 09:00, l’équipe au grand complet (trois personnes pour 120 m2) m’accueille en sauveur.

Troyes 16:30, deux agents assez spéciaux s’inquiètent de ma présence dans leur bâtiment bordélique où rien n’a été rangé depuis ma dernière visite.

Il faut vérifier les extincteurs, changer les ampoules, commander des détecteurs de fumée, jeter les meubles hors d’usage, vérifier le ménage, écouter les doléances, prendre rendez-vous avec des entreprises, étudier l’installation de bornes de recharge, livrer du gel hydroalcoolique, vérifier le parc automobile et essayer de responsabiliser les locataires. Mission Impossible.

On se veut exemplaire au bilan carbone en achetant des véhicules électriques et, grace aux réductions d’effectifs on doit traverser la moitié de la France en véhicule thermique pour effectuer un travail qu’une personne sur place pourrait effectuer. Joli calcul ! Officiellement la masse salariale baisse et on électrifie le parc automobile, économie, écologie, officieusement on dépense plus en prestations externes et déplacements et on pollue plus car les voitures qui disposent encore d’une autonomie suffisante, sont de vieux diesel Crit’Air 3 ou 4.

Nous avons tout compris.

Une semaine pluvieuse

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Je sais maintenant pourquoi personne ne prend de congés en Novembre. Les journées sont brèves et il fait un temps de chiotte. A moins de partir pour une destination exotique dans l’hémisphère sud en explosant son bilan carbone déjà guère glorieux, passer une semaine de vacances par 48 degrés de latitude nord en Novembre est une véritable sinistrose.

Mais voilà, il me restait plein de jours de congés à prendre en 2021 et la belle saison avait été bien trop chargée en travail pour que je puisse quitter le navire en perdition. Et non, je n’en suis pourtant pas le capitaine, mais les femmes et les enfants d’abord, n’est-ce pas ?

Bref me voilà à la maison, seul avec le chat, fin Novembre, à regarder la pluie et la neige tomber par les fenêtres. Ne goûtant guère les sports de glisse, la randonnée dans la poudreuse, la course sur chaussée glissante, je suis resté au chaud, à me disputer les meilleures places avec le chat.

Bien sûr j’aurais pu faire des choses, le bricolage sans cesse reporté (j’ai quand même recollé deux bouts de papier peint), des achats pour les fêtes (deux pantalons car mon vieux jean s’est déchiré en deux), trier le bazar, nettoyer la maison de fond en combles, au lieu de quoi, je n’ai rien fait, enfin rien…

La nature a horreur du vide, surtout moi en fait, alors j’ai écouté de la musique, beaucoup et fort, de vieux disques trop longtemps oubliés, j’ai bouquiné, regardé des films et des séries, enregistrés quelques épisodes de Chroniques en Images. Bref je me suis occupé. 

En réalité j’attendais des LEGO, la Soyouz WO et les pièces pour le North American X 15. Du coup, chaque jour, je guettais le passage du facteur plein d’espoirs. Le X 15 arrivait en trois livraisons, deux germaniques et une thaïlandaise. La fusée Soyouz en un seul envoi, mais via Mondial Relay, ce qui peut prendre une bonne semaine parfois.

La Soyouz est arrivée mercredi midi, ce qui a fait le bonheur de mon après-midi.  Le soir, la fusée russe était parée pour son lancement. Une magnifique réalisation que l’on doit à LegoRocketCollection.

Le jeudi, il pleuvait encore comme vache qui pisse. J’ai sorti d’anciens albums de IQ et me suis lancé dans la construction d’un appareil photo. J’avais déjà réalisé le Nikon D810 à l’échelle 1:1 et le boîtier LEGO réservé aux VIP me faisait envie. Mais faute des deux mille points nécessaires, je ne pouvais le commander. Alors je me suis lancé dans le Panasonic Lumix GX9 que j’ai à la maison en recyclant les briques à ma disposition dans les jouets des enfants.

La chose a bien occupé mon temps libre, car plusieurs parties sont mobiles sur le boîtier, comme l’écran arrière, le flash et le viseur orientable. Pour les arrondis, j’avais perfectionné la technique avec le Nikon donc c’était plus simple, mais ce qui a été redoutable, c’est de le travailler qu’avec le stock de pièces disponibles, certes important, mais limité tout de même, surtout en slope et tiles. (Je parle comme un pro du pot là). Bref voilà le GX9, assez ressemblant mais perfectible à condition de passer commande de nouvelles briques.

Le samedi j’ai reçu le propulseur arrière du X 15. Le lundi une partie du fuselage. C’est le vendredi suivant que le reste de l’avion fusée, après avoir payé huit euros de frais de douane, est arrivé à bon port. En tout plus de six-cent briquettes noires à assembler avec le plan de montage assez foireux livré par le logiciel Studio. J’aurai pu enfin me lancer dans son montage mais j’ai attendu le soir. En effet, pour la première fois en sept jours, le temps était enfin sec et je suis allé marché dans la neige, en montagne, histoire de ne pas trop sentir le renfermé.

Assembler ailes, ailerons, nez et cockpit n’a pas posé de grosse difficulté. Les problèmes ont commencé avec la dérive qui devait être orientable sur la modélisation Studio et qui, confrontée aux théories de Newton, s’est révélée fragile.

Ensuite, la carlingue, que studio n’avait pas réussi à décrire correctement sur le plan d’assemblage, m’a donné du fil à retordre. Elle est constituée de deux demis cylindres de cinquante centimètres de long pas facile à assembler et quasiment impossible à relier l’un à l’autre, d’autant qu’il fallait en même temps fixer le propulseur à l’arrière. Ce qui, en théorie semblait réalisable avec le logiciel, s’est avéré très complexe à mettre en oeuvre sous 1 G.

Après quelques galères et erreurs, j’ai pu fixer les ailes, la verrière, le nez, les ailerons, les dérives et le réacteur au fuselage. Yes ! Restaient trois détails importants à terminer. Les marquages sur la carlingue, les skis arrières que je n’avais pas modélisé et l’équipement de l’habitacle que j’avais totalement zappé.

Pour les marquages, j’ai fait avec des autocollants de Discovery histoire de mettre quelque chose. On trouve des sites qui impriment ça sur Internet, dingue !

Pour les skis, j’ai bidouillé un truc sans savoir réellement comment ils étaient fixés sur l’avion fusée. Et pour l’habitacle, j’ai fais avec une photo et les moyens du bord. 

Samedi, n’ayant plus rien à brique olé !, j’ai rangé les caisses de LEGO, installé les projecteurs et le vrai Nikon D810 pour photographier mes bêtises.

Tout se complique

Hier, en payant mes courses à une caisse automatique, je me suis fait la réflection suivante : le monde devient bien compliqué.

Passez du gel hydroalcoolique sur vos mains.

Les étiquettes des produits alimentaires devient illisible : bio, circuit court, avec ou sans OGM, nutriscore, additifs, colorants, quantité nette, origine, AOC, ingrédients, date de fabrication, date limite de consommation…

Appuyez sur l’écran avant de scanner votre premier article.

Inviter des amis au restaurant consiste aujourd’hui à choisir entre boucherie, vegan, bio, végétarien, végétalien, japonais, indien, marocain, fromage ou mal bouffe.

Scannez votre article.

Avant de déclarer sa flamme à l’élu(e) de son coeur, il est plus prudent d’avoir réussi à déterminer si : il, ile, elle est marié(e), casé(e), hétérosexuel(le), bisexuel(le), homosexuel(le), troisième genre, abstinent(e) ou transgenre.

Scannez le bon code barre.

Le choix d’une casserole ne dépend pas de ce que l’on va cuire dedans mais sur quel type de feu on va la poser : gaz, plaque électrique, induction ou vitrocéramique.

Posez votre article scanné sur le côté.

Pour manger dehors il faut porter un masque et emporter son passe sanitaire sans oublier de prendre de quoi payer son repas.

Appelez une hôtesse.

Avant de mettre la main aux fesses d’une fille, il est plus raisonnable de s’assurer qu’elle est consentante, voire lui faire signer un formulaire d’agrément au préalable. Quelques personnes ont oublié cette formalité et s’en mordent les couilles.

Scannez l’article suivant.

De nos jours il est plus prudent de lire la notice d’un appareil avant de filmer ses vacances avec une perceuse électrique comme Gaston.

Appuyez ici si vous avez une carte de fidélité.

Pour démarrer une voiture, il n’y a plus de clef de contact, plus de pédale d’embrayage, plus de levier de vitesse, plus de frein à main. Il faut appuyer sur start, presser le frein, appuyer sur parking, passer la boite en mode D et sans un bruit le véhicule bondit en avant.

Insérez votre carte de fidélité.

Pour effectuer un virement bancaire, il faut une empreinte digitale, un code envoyé par SMS, un numéro tiré d’une grille de bataille navale, un nouveau code et une dernière confirmation digitale.

Scannez votre coupon de réduction.

Pour discuter avec une personne, il faut d’abord décider avec quel logiciel le faire, ce qui implique de lui envoyer un message, oui mais avec quel outil ?

Choisissez votre moyen de paiement.

Prendre une personne en photo dans la rue obéit à de nouvelles règles complexes et floues : cette personne est-elle dans une foule, est-elle le sujet de la photo, a-t-elle signée au préalable une décharge ?

Insérez votre carte de paiement.

Pour faire le plein de son réservoir, il faut trouver une borne de recharge électrique. Une borne compatible avec votre système de paiement, votre câble de raccordement, une borne qui n’est pas occupée et qui fonctionne.

Choisissez votre débit : immédiat, en trois fois, à crédit.

Sur les routes françaises, la vitesse est limitée à 30, 50, 70, 80, 90, 110, 130 km/h. Le GPS affiche toujours une autre indication que celle des panneaux. En Allemagne on passe à 30, 50, 100, 120 km/h et l’infini au delà. Les radars ont une tolérance de 5 km/h sous les 100 km/h et de 5% au-dessus. Alors, à quelle vitesse faut-il rouler ?

Confirmez votre choix.

Nous avons des codes pour tout, la carte bleue, le code PIN de la carte SIM, le déverrouillage du téléphone, le code de virement bancaire, le code d’accès en ligne à votre mutuelle, le 3D secure de la Visa.

Saisissez votre code.

Avant, il y avait le Super et le Diésel. Aujourd’hui à la pompe, il y a le GPL, le E10, le E5, le 85, le B7, le B10, le XTL, le LNG, le H2, le CNG, le LPG. Et où est-ce que je branche ma voiture électrique ?

Code erroné. Saisissez votre code.

Les pompes à essences sont encore plus compliquées que les caisses enregistreuses automatiques. Il faut choisir sa langue et son carburant en plus.

Retirez votre carte.

Pour traverser la France en voiture, il faut en plus du départ et la destination, sélectionner un trajet en fonction de la vignette Crit’Air de son véhicule et si elle est par bonheur électrique, en trouver un itinéraire avec des bornes compatibles avec votre voiture tous les 250 km.

Prenez vos courses et n’oubliez rien sur la balance.

Pour faire ses courses, il ne faut pas oublier d’emmener des sacs, afin de pouvoir les transporter jusque la voiture qui est garée sur le parking, pas loin de la borne de recharge électrique sur laquelle est branchée un gros SUV.