listening party

A côtoyer des musiciens, des contacts privilégiés se tissent au fil du temps. Nous discutons de musique, de recherche de labels, de salles, nous nous rencontrons parfois et ce qui n’était au départ qu’une relation virtuelle, devient plus personnelle.

Inévitablement, l’objectivité du chroniqueur s’en trouve faussée mais il y a plus délicat encore. Lorsque vous connaissez bien un musicien, il aime vous faire écouter ce sur quoi il travaille, il demande votre avis, et là les choses se corsent.

Bien entendu, il est très agréable de découvrir en avant première ce qui devrait être le prochain album du groupe, d’écouter des morceaux qui peut-être ne verront  jamais le jour. Mais lorsque l’on parle de maquette, on touche au travail de création de l’artiste, processus pendant lequel nous ne devrions jamais intervenir, de peur d’influer sur son déroulement.

Imaginez que votre opinion soit écoutée, que votre avis change, un temps soit peu, la direction que prendra la musique, comment pourrez-vous ensuite évaluer cet album en toute rigueur, sachant qu’il y a un peu de vous en lui ?

Mais comment refuser ? Refuser c’est éventuellement vexer quelqu’un que l’on apprécie. Dans la mesure du possible, lorsque cela m’arrive, j’essaye de rester factuel, de parler de la qualité du son, de la structure des morceaux sans rentrer dans le “j’aime ou je n’aime pas” et surtout, j’essaye de ne rien dire qui pourrait amener l’artiste à modifier ses morceaux.

Le musicien, même connu, redoute toujours les réactions de son public à la sortie d’une nouvelle création. Certains organisent des “listening party” pour jauger l’audience, d’autres envoient des maquettes et attendent des retours avant d’aller plus loin, enfin certains s’en foutent et ne se fient qu’à leur envie musicale du moment. Je pense que les musiciens devraient plus se fier à leur instinct, leurs pulsions, et laisser la musique parler, sans s’inquiéter de la réaction future du public. C’est là que sont nés les plus grands chefs d’œuvres.

Ne vous privez pas, continuez à m’envoyer vos drafts, je les écouteraient avec plaisir tout en tachant de rester le plus neutre possible. Mais ne me demandez pas ensuite de chroniquer l’album dont j’aurai découvert la genèse, ce serait trop compliqué à gérer.

Dans mon iPhone n°50

Dans l’avion, sur la route, dans les tours de contrôle, sur les pistes, dans les salles de classe, je n’ai guère eu de temps pour écouter de la musique depuis une quinzaine. Des journées de onze heures, des kilomètres engloutis, des péages d’autoroute, des stations essence, des hôtels minables et des restaurants bon marchés n’ont pas laissé beaucoup de place à la musique. Le soir, épuisé, j’essayais bien d’écouter un peu le Dave Kerzner avant de m’endormir, mais l’écoute n’arrivait jamais à son terme. J’ai pu enfin me poser vendredi et terminer sa chronique sur la chaîne, à la maison.

Je viens de commencer la découverte de Vier de Perfect Beings que je me gardais au chaud et que j’ai commandé en vinyle tellement c’est bon. La principale sortie que je n’ai pas encore eu le temps d’écouter c’est le troisième opus de Operation Mindcrime, sorti début décembre. La politique de Frontiers est de nous envoyer la version Streaming un mois avant (celle que je n’écoute jamais) et la version numérique après la sortie, c’est ainsi… Il faudra que je m’attaque également au catalogue très fourni en cette fin d’année de Progressive Promotion Records avec Clouds Can et les deux Starsabout, Lolo se chargeant du très prometteur Atlantropa Project.

Outre le Perfect Beings, je me suis offert (c’est de saison) le prochain Monnaie de Singe, la réédition de The Visitor de Arena, des albums qui sortiront en 2018, alors je me demande bien ce que je vais pouvoir écouter en attendant… Toujours cette peur de manquer alors que je croule sous la musique, c’est grave docteur ?

Dans mon iPhone n°45

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Une semaine bloqué à la maison à cause d’une angine et d’un dos en bouillie, cela laisse du temps pour écouter beaucoup beaucoup d’albums. J’ai chroniqué tout ce qui me tombait entre les oreilles. J’en ai profité pour trier les … Continue reading

Soyons brefs

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L’idée m’est venue lorsque j’ai écouté l’album solo de Daniel Cavanagh, monochrome. Je suis un fan d’Anathema, d’Anneke van Giersbergen et j’avais beaucoup apprécié un live acoustique qu’ils avaient fait tous les deux dans un bled paumé au delà du cercle polaire, il y a quelques années. Mais quand j’ai écouté monochrome, grosse déception. Il s’agissait d’un achat perso, pas d’une promotion et vu l’avalanche d’albums envoyés par les artistes, labels et promoteurs, je manque de temps pour chroniquer mes dernières acquisitions. La rançon du succès sans doute.

Mais comment ne pas parler de ce si décevant monochrome ? Je n’avais pas envie de me le repasser une dizaine de fois pour le chroniquer, le masochisme a ses limites, donc impossible de le décortiquer, de souligner les temps forts, les emprunts, les faiblesses. Alors que faire ? Une mini chronique ? Un texte de quelques lignes, donnant juste mon impression à chaud après deux écoutes sans creuser le sujet ? La brève était née.

Rangées parmi les chroniques, les brèves bénéficient d’un agencement légèrement différent pour qu’on ne les confonde pas avec des chroniques en bon et du forme. L’avantage, est bien entendu de couvrir plus d’albums, l’inconvénient, c’est de ne pas aller au fond de l’analyse, de survoler. Dans la mesure du possible, je ne le ferai qu’avec des promotions que l’on aurait pas chroniqué de toute façon, avec des achats perso et cela ne changera pas la fréquence des chroniques dites normales.

Crise de foie

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Crise foie ou crise de foi ? Après une overdose de Threshold, VUUR et Sons Of Apollo, je n’en peux plus du metal prog. Ecoeurement, dépression post metal, post coïtale, burn out musical, je l’ignore, ce qui est certain c’est que mes oreilles réclament de nouvelles sensations.

Mon unique religion se nomme la musique, mon alimentation, des morceaux de quinze minutes. Dès que je dispose de quelques minutes, j’allume la chaîne, le baladeur, branche le casque et écoute un album de progressif. Entre les promotions, les achats, et les anciens albums, je peux tenir une centaine jours en continu sans écouter deux fois le même morceaux.

Mais de temps en temps, je perds la foi, mon foie, ne supportant plus cette alimentation trop chargée. D’ordinaire la médicamentation était simple, après une forte dose de néo-progressif, une cuillerée de metal, un sachet de rétro prog et je repartais pour trois albums. Cette fois, foie, foi, l’heure est grave. La purge metal n’a pas réussi, la mono-diète catenbury non plus et pas question d’arrêter de m’alimenter de prog, il faut que le webzine tourne.

J’ai connu un gars qui traversait la même crise existentielle. Il polluait les forums consacrés au rock progressif, dénigrant systématiquement le métal prog, le rétro prog, le néo-prog, louant des groupes inconnus ayant sorti un seul EP avant de sombrer dans l’oubli. J’en suis presque là, mais pas encore. Plutôt que de tirer sur l’ambulance comme lui, j’essaye de nouvelles drogues, de nouveaux dieux et mon oreille se complet de plus en plus dans le prog fusion instrumental, m’entraînant vers des contrées dans lesquelles je n’osais guère m’aventurer il y a encore peu.

Si vous voyez fleurir des groupes improbables prochainement dans nos chroniques, ne prenez pas peur, je mange juste du radis noir afin de pouvoir à nouveau m’asseoir au banquet gargantuesque du rock progressif pour les fêtes.