The Silent Sea

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Pour la première fois de ma vie, j’ai regardé une série TV sud-coréenne. Une série de science-fiction se déroulant sur la Lune.

Une équipe se rend sur une base lunaire abandonnée suite à une fuite d’un réacteur nucléaire, pour y récupérer de mystérieux échantillons.

Vaisseaux, scaphandres, technologies, militaires, scientifiques, cadavres, paysages lunaires, couloirs gris dignes du jeu Space Hulk, la série en huit épisodes de quarante à cinquante minutes use et abuse des clichés du genre.

Mon épouse s’est moqué de moi en passant chaque soir devant l’écran qui montrait des personnes en scaphandres arpentant toujours les mêmes couloirs plongés dans la quasi obscurité. C’est vrai que chaque épisode se ressemble visuellement sorti du très aquatique final et du premier épisode. Il y a tout de même quelques flashbacks terrestres, une planète devenue aride avec le réchauffement climatique, où l’eau est devenue un produit de luxe.

C’est justement l’eau le coeur de cette histoire, spoil de l’eau lunaire et les expériences secrètes menées dans cette base abandonnée. Une série qui hésite entre horreur, suspense et fable scientifique cataclysmique.

Les personnages sont relativement caricaturaux, le capitaine inflexible et héroïque, le traître (oui il y a toujours un traître), le soldat rigolo bougon, la scientifique rebelle, la doc rapidement débordée et nouveau spoil, la petite fille sauvage.

L’intrigue est relativement bien mené ce qui sauve des décors rébarbatifs façon Comos 1999 si vous avez connus. Au bout du compte la série est pas mal pour les amateurs du genre et possède un coté indéniablement exotique, non parce qu’elle se déroule sur la Lune, mais parce qu’il s’agit du fiction Coréenne. Contrairement aux séries made in U.S., ici personne ne mange, ne dort, ne se change, n’aime, ou place des produits débiles dans de gros plans appuyés. C’est clairement exotique.

Stranger Things

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Comme tout le monde en parle, je n’ai pas voulu mourir bête. Netflix vient de mettre un terme à sa série phare débutée il y a dix ans avec une ultime saison 5 qui a déçu les fans et fait sauter les serveurs Netflix à cause la fausse rumeur sur la diffusion d’un épisode neuf qui n’a jamais été filmé, celui de la révélation ultime.

Moi, je n’ai regardé que la première saison et je n’irai pas plus loin, à la moitié je m’ennuyais déjà. Stranger Things se déroule dans une petite ville de l’Amérique profonde. La série suit les aventures de quatre gamins geeks à la manière de Spielberg qui jouent au jeu de rôle, se baladent à vélo et adorent les sciences. En gros mon adolescence boutonneuse sauf que j’écoutais Genesis, pas The Clash.

 Will Byers, un des copains de la bande, disparaît un soir, au retour d’une partie de jeu de rôle. Son vélo est retrouvé dans la forêt que les gosses appellent Mirkwood. Oui il y a du lourd dans les références de la série. La mère de Will, un tantinet hystérique à la base, devient complètement cinglée à la disparition de son gamin et croit communiquer avec lui via des guirlandes lumineuses. Grave quoi !

Toute la ville se met à la recherche de Will, comme ses trois copains et même le chérif du bled, mais sans résultat. Jusqu’à qu’une gamine débarquant de nulle part, rasée et tatouée d’un onze, change le cours de l’enquête. La disparition va se transformer en complot impliquant un centre de recherche pour lutter contre les russes. Rien de bien étonnant à ça de la part de nos amis ricains.

La série joue sur la paranoïa et la peur des spectateurs pour tirer ses grosses ficelles. Pendant les deux premiers épisodes, je me suis légèrement agrippé au canapé et dès le quatrième je m’ennuyais fermement. Les interactions entre les trois gosses (qui ont tous des têtes de monstres) m’a vite horripilé et Wionna Ryder dans le rôle de la mère de Will m’a tout de suite tapé sur les nerfs.

Autour de nous pas mal de personnes ont suivi la série avec intérêt et se sont révoltés lors de la saison 5 accusée de sabordage. Personnellement je n’ai pas compris cet engouement, peut-être parce que nous avons commencé la série alors quelle s’achevait et que nous avions dix ans de décalage temporel.

La galaxie vue du sol

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La galaxie vue du ciel a retenu mon attention chez le libraire parce qu’il avait reçu le prestigieux prix Hugo, une référence dans l’univers de la science-fiction. 

C’était le premier roman que de Becky Chambers que je lisais, une jeune écrivaine américaine, enfin, plus jeune que moi. Et oui, j’ai découvert son univers en commençant par le dernier des romans de sa trilogie Les Voyageurs.

En science-fiction, je ne goûte pas vraiment les aliens bizarroïdes et les mondes exotiques. D’ordinaire, je suis plutôt amateur de hard-science. Alors, dès les premières pages du roman j’ai pris peur avec les descriptions de ces quatre espèces extraterrestres des plus étranges. Mais Becky Chambers a suffisamment piqué ma curiosité pour que je continue ma lecture.

Ouloo et son enfant Tupo tiennent une auberge sur la planète Gora. Elle accueille des voyageurs venus de toute l’Union Galactique en transit vers d’autres planètes. Et ce jour là justement, trois extraterrestres devaient passer quelques heures à l’auberge des Cinq-Sauts dans l’attente de leur prochain saut spatial. Sauf que ce jour là, un dramatique incident cloua au sol tous les vaisseaux.

Ce jour là Haut-Parleuse, Roveg, Pei, Ouloo et Tupo durent rester confinés sous le dôme de l’auberge, isolés du reste du monde, le temps que la tempête de débris spatiaux ne se calme.

Des aliens que tout opposait, morphologie, culture, mode de vie, communication, alimentation, et qui allaient devoir cohabiter ensemble, le temps que la panne du réseau satellitaire ne soit résolue.

Le roman raconte ce confinement forcé entre quatre races extraterrestres que tout oppose. Chacun des voyageurs arrive avec son passé et une histoire qui l’a conduit jusque la planète Gora. Tous sont pressés de repartir, mais ils vont devoir prendre leur mal en patience et apprendre à mieux se connaître grace aux bons soins de leurs deux hôtes pelucheux. 

C’est là où réside le génie de l’écriture de Chambers, cette humanité qu’elle donne à chacun de ses personnages pour le moins exotiques. Au fil des pages, le lecteur découvre le caractère, la morphologie, le mode de vie, les blessures, les goûts et les motivations de ces créatures que tout oppose. Un huis-clos sous un dôme, alors que le chaos semble régner à l’extérieur, pendant lequel quatre races vont apprendre à mieux se connaître. Une véritable ode à la tolérance.

J’ai adoré ce roman et je suis impatient de lire les deux premiers livres de la trilogie. Becky Chambers est une écrivaine talentueuse qui offre un regard ce qui constitue nos différences et ce qui nous rapproche.

Resident Alien

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Un extraterrestre venu exterminer l’humanité se crash avec son vaisseau non loin d’un bled paumé aux États-Unis.

C’est ainsi que démarre la série en deux saisons et dix huit épisodes Resident Alien.

Si j’ai commencé cette série de 2021 avec mon épouse c’est pour l’acteur Alan Tudick qui jouait le pilote dans Firefly. 

Le ton grinçant burlesque sociopathe du premier épisode nous a tout de suite séduit (allez savoir pourquoi) et nous avons regardé Resident Alien au rythme effréné de deux à trois épisodes par soirée  lorsque je n’avais pas concert et mon épouse musique.

Notre alien débarque dans la petite ville de Plaisance dans le Colorado, dans le corps de Harry, un médecin à qui il a fait la peau. Et vu que Sam, le médecin du patelin vient de mourir, le maire demande à Harry de le remplacer au pied levé.

Voilà, le ton est donné. La série raconte la vie de Plaisance et les aventures d’un alien sociopathe coincé sur terre, incapable d’accomplir sa mission, à savoir, détruire l’humanité…

J’ai adoré la première saison très caustique, un peu moins la seconde qui sombre dans les bons sentiments à l’américaine. Mais j’ai été jusqu’au bout, ne serait-ce que pour connaître le dénouement de cette histoire.

Mais si vous avez aimé Terminator et la série Firefly, vous vous devez de regarder Resident Alien.

Away

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Away est une série en dix épisodes qui raconte, pour la énième fois, le voyage vers la planète Mars. Une fusée, des scaphandres, autant d’arguments qui à chaque fois me font replonger dans mon addiction.

Un équipage international de cinq personnes, trois hommes et deux femmes (mais sans un seul européen) part de la Lune pour une mission de trois années à destination de Mars. Somme toute, rien de très original.

Pendant dix épisodes vous aurez droit aux problèmes techniques, aux tensions entre les membres de l’équipage, à la vie de ceux qu’ils laissent sur terre et aux prouesses techniques des équipes de la NASA, tout particulièrement le mari de la commandante de bord.

Moi s’il y a des scaphandres et des fusées, je suis content, même si l’équipage est une caricature de caricature d’équipage. Il y a le russe bourru, la froide chinoise, le botaniste rabbin, l’indien traumatisé et amoureux ainsla commandante qui doute.

Mais Away parle surtout de l’éloignement de ceux que l’on aime, la distance qui ne cesse d’augmenter entre la terre et le vaisseau, de l’impuissance à apporter son aide à des proches à travers le vide spatial, de la difficulté de communiquer entre les êtres humains.

Si vous êtes comme Mars addict, allez voir cette première saison de Away, sinon, ce n’est pas franchement indispensable.

Le problème à trois corps

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Après avoir abandonné la lecture du premier roman de Liu Cixin au premier tiers, j’ai quand même voulu regarder la série télévisée sortie sur Netflix.

Oui parce que tout le monde parle de ces romans avec enthousiasme tout en reconnaissant qu’il n’est pas aisé de rentrer dans l’univers de son auteure. J’avoue pour ma part que la découverte de la Chine en pleine révolue culturelle m’a carrément découragé.

La série a le bon goût de ne pas trop s’attarder sur le sujet pour aborder le thème principal, ces étranges perturbations de la physique fondamentale observées par les chercheurs de tous les pays.

La série met en scène des chercheurs, des entrepreneurs de la high tech, des agents des services secrets et des fanatiques religieux.

Les extraterrestres arrivent bientôt sur terre, enfin dans 400 ans, et l’humanité risque de prendre cher. Une partie de la population se prépare à les accueillir comme des dieux quand l’autre cherche un moyen de se protéger des envahisseurs.

Si j’ai beaucoup aimé cette première saison, je dois reconnaître tout de même que les passages de jeux vidéo immersif qui émaillent les épisodes m’ont ennuyé. Le récit dans le monde réel est suffisamment riche pour suffire à la série. Mais peut-être que les prochains épisodes donneront une bonne justification à ce casque de réalité virtuelle doré distribué au compte goutte.

La saison une m’a tellement plue que j’envisage sérieusement de reprendre la lecture du premier tome du roman, sachant maintenant qu’après la Chine de Mao il se passe encore quelques chose d’autre.

Zem

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À sa sortie, Chien 51 m’avait déçu. Un roman policier futuriste que ne collait pas bien à la magnifique plume de Laurent Gaudé. Et puis l’auteur a écrit une suite, Zem, que mon épouse a adoré, alors je m’y suis plongé, avec toutefois une petite pointe d’appréhension.

Zem est un ancien policier grec exilé travaillant aujourd’hui pour GoldTex. Il est devenu, après une tentative de suicide, garde du corps d’un des deux puissants de l’état société. Mais lors d’une de ses missions, il se retrouve embarqué dans une enquête avec son ancienne collègue. Cinq cadavres sont retrouvés dans un container sur le port, lors de l’arrivée très médiatisée d’un cargo. Son enquête va le ramener là où jamais il ne pensait retourner.

Laurent Gaudé dépeint dans Chien 51 et plus encore dans Zem une société cynique, totalement tournée vers le profit, en pleine crise climatique, où les êtres humains sont traités comme des esclaves. Un monde pas si éloigné du nôtre et dans lequel personne ne voudrait vivre.

J’ai préféré Zem à Chien 51, peut-être parce que j’étais mieux préparé à son univers et pas surpris par cette incursion timide dans le monde de la science-fiction. Ce n’est certainement pas le meilleur Laurent Gaudé, mais il se lit bien.

Dark Matter

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Jason, prof de science dans une faculté à Chicago, est marié à Daniela avec qui ils ont eu un enfant aujourd’hui adolescent.

Un soir d’automne, en rentrant d’une soirée organisée en l’honneur de son ancien colocataire de fac qui vient de recevoir un prix, Jadon se fait kidnapper et droguer par un inconnu dont la voix lui est familière. Lorsqu’il se réveille, avec une belle gueule de bois, il n’est plus dans le même monde.

Dans Dark Matter, Wiliam Blake Crouch réinvente le thème de l’amour et des univers parallèles en posant la question des choix que tout un chacun fait au cours de sa vie.

Je ne serai pas surpris que quelqu’un me dise que l’écrivain américain a quitté la femme de sa vie un jour pour suivre d’autres chimères et regrette maintenant ses choix. 

Car dans Dark Matter, Jason, son personnage principal, ne cherche qu’une seule chose : retrouver sa vie d’avant, celle qu’il avait avant de se faire kidnapper. Il veut juste retrouver sa femme et son fils. Sauf que c’est compliqué.

Le roman s’apparente à La Machine à Remonter Le Temps, Un Jour Sans Fin, Edge Of Tomorrow et un thriller haletant. 

Il parle de ce qui aurait pu arriver en faisant d’autres choix dans la vie, quel aurait été la vie de Jason s’il s’était consacré à la recherche au lieu d’épouser Daniela, il parle des infinités de conséquence qu’une simple décision peut entraîner dans une vie, ces infimes petits battements d’ailes de papillon qui déclenchent une tempête à l’autre bout de la Terre.

Le début du livre est vraiment époustouflant, l’intrigue comme la narration. Puis viennent les séjours dans ce couloir infini avec toutes ses portes qui s’ouvrent sur des mondes possibles. Cette seconde partie, qui devient assez répétitive, finit par porter ses fruits et mieux nous faire comprendre qui est Jason et ce qu’il désire avant tout, en explorant des thèmes classiques des univers parallèles. 

Au bout de ce voyage, il y a le dernier monde avec la surprise qui ressemble tout d’abord à une grande farce, pour finir par convaincre le lecteur de toute sa raison d’être.

Lorsque l’on se plonge dans Dark Matter, il est impossible de lâcher ses pages, une lecture addictive malgré son petit ventre mou dans la seconde partie du roman. Je l’ai dévoré en quelques jours (un exploit pour moi) et je vous le recommande vivement.

Astrevise

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Après avoir dévoré le premier tome de Skyward, je n’ai pu résister à attaquer sa suite, Astrevise.

Pour rappel, Skyward raconte l’histoire de Spensa, une jeune fille vivant sur la planète Détritus, qui dans le premier volet de la saga, devenait pilote de chasseur spatial. Un roman façon Top Gun dans l’espace.

Spensa a gagné ses ailes de pilote et grâce à ses talents cytoniques, elle est capable de se mouvoir dans l’hyperespace, même si elle ne sait pas trop comment faire. C’est ce qui va la conduire sur la planète Astrevise, le repère des Krell, déguisée en extraterrestre, pour découvrir les secrets des hyper propulseurs.

Comment les méchants Krell voyagent-ils donc dans l’hyperespace ? Vous le saurez en lisant le premier livre de la saga… Oui parce que la grande révélation de Astrevise, saute aux yeux au début du premier roman. Un vrai pétard mouillé.

Spensa revêtue d’un hologramme pour se faire passer pour l’extraterrestre Alanik, cela ne tient vraiment pas la route. Son infiltration dans la société Krell encore moins, alors 661 pages où Brandon Sanderson nous raconte la société Krell, les manigances politiques de deux factions (Winzik contre Cuna) et son entraînement (encore) au combat spatial avec d’autres aliens, a eu beaucoup de mal à me convaincre cette fois.

Sur Astrevise vous allez rencontrer de nombreuses races extraterrestres. Certaines sont originales comme ce nuage de vapeur invisible qui produit des odeurs pour exprimer ses émotions ou bien le mode de reproduction sélectif des Krell qui permet de tester ses futurs enfants et de les améliorer avant qu’ils ne naissent (j’en ai rêvé mais c’est trop tard). Il y a aussi les Fouilleur, ces énormes entités venu de l’espace et qui dévorent les mondes. Sorti de cela, le roman manque cruellement d’intérêt. Ah si j’oubliais, la morale de se pavé, le monde n’est pas noir ou blanc.

Je ne lirai pas la suite de la saga, je vais revenir à des romans qui sont plus de mon âge. Parce à presque 60 ans, il est tout de même difficile de penser comme un pré ado.

Vers les étoiles (encore)

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Les écrivains manquent d’inspiration et les lecteurs d’originalité. C’est la seconde fois que je lis un roman intitulé Vers les étoiles et tous deux parlent de vaisseaux spatiaux.

Brandon Sanderson est plus connu pour ses romans de fantasy pour adolescents que comme auteur de science-fiction. 

Vers les étoiles est le premier tome d’une saga de SF qui cible clairement un jeune public. C’est un roman initiatique où la jeune Spensa va se battre pour devenir pilote pendant sept cent pages et quatre mois. Une sorte de Top Gun dans un univers pour le moins original : l’humanité vit sur Détritus, une planète entourée de débris spatiaux gigantesques. Et derrière ces débris se cachent les Krell qui descendent régulièrement en vaisseaux, lors des pluies de métal, attaquer ce qui reste des humains.

La majeure partie de la population vit dans des cavernes, les plus riches dans les cavités les plus éloignées de la surface. Et dans ce monde, les pilotes constituent une toute petite caste privilégiée tenue en haute estime.

Spensa est la fille d’un pilote mort au combat en lâche, d’après la version officielle. En représailles, l’amirale interdit à Spensa l’entrée à l’académie de pilotage, malgré sa motivation évidente. Jeune fille entêtée et bagarreuse, contre vents et marées, elle va tout faire pour essayer de devenir pilote et laver l’honneur de son père.

Malgré une narration assez naïve – n’oublions pas que c’est un roman pour ados – Vers les étoiles s’en sort avec les honneurs grâce à son univers original et des descriptions de combats de vaisseaux à couper le souffle.

Je vais probablement mettre une option sur le tome deux.