Paysages de Sardaigne – le phare

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J’ai toujours été fasciné par les phares et la Sardaigne n’en manque pas. Celui-c- se situe sur la Punta Sardegna, une promenade que nous avons faite au coucher du soleil. Je voulais prendre le phare en photo, mais vu du bord de la mer je n’avais pas le bon angle. C’est en explorant les lieux que j’ai trouvé un chemin qui remontait vers le sommet de la pointe, me conduisant aux ruines d’un ancien phare à partir desquelles j’avais une vue imprenable sur le phare et la mer.

Je n’ai pas pu attendre que la lumière soit parfaite pour prendre la photo car mon épouse m’attendais plus bas depuis un petit moment et que j’étais venu pour faire des photos de coucher de soleil. Il n’empêche que c’est cette image que je garderais de la promenade.

Nikon Z8, Niikor Z 24-200 mm, 1/30 s, f/11, ISO 100, 25,5 mm

Un marché public

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Les ouvriers s’installent pour deux semaines de travaux avec leur Senseo dans la cuisine.

Après un premier café le camion arrive. 750 kilos sur une palette oscillent dangereusement de droite à gauche, le livreur nous donne quelques sueurs froides mais tout arrive à bon port.

La grue ne tarde pas à faire son entrée dans la danse, un énorme camion grue qui agrippe la chaudière par deux petits crochets situés à son sommet. Les câbles soulèvent la machine mais les crochets lâchent et l’ensemble tombe brutalement par terre. Une chaudière neuve à vingt mille euros.

Avec des sangles cette fois, le lourd cylindre est approché de la porte de la chaufferie, la manœuvre est délicate et dangereuse, trois techniciens s’activent, mais rien à faire, il ne rentre pas, le cylindre est deux centimètres trop large.

La chaudière est déposée et désossée pour une troisième tentative, cette fois-ci réussie. Reste à faire rentrer le ballon de mille litres maintenant.

Mais qu’est-ce donc que ces deux traits circulaires parallèles espacés de cinquante centimètres sur le cylindre du ballon ? Un employé s’approche avec une meule et commence à le découper en suivant les traits. Le ballon est trop haut pour la pièce. On lui ampute deux cent cinquante litres au passage pour le souder à l’arrache sur le macadam du chantier.

En relisant les préconisations du bureau d’études, on trouve bien un ballon tampon de mille litres mais le chauffagiste assure que tout ira bien. Et la garantie sur le ballon ?

Pour un premier jour de chantier, nous avons eu droit à la totale, d’autant qu’aucun plan de prévention n’avait été signé par l’entreprise. La chaudière est tombée pendant son grutage, le ballon a été amputé d’un bon quart de sa capacité.

Quinze jours plus tard, je suis revenu pour la mise en service de la machine.

La société vérifiant l’installation de la chaudière a tout d’abord constaté quelques problèmes : il manquait une sonde sur le ballon tampon, un capteur était branché sur le mauvais contacteur et quatre vis sans fin manquaient dans le corps de chauffe.

A l’allumage, le disjoncteur de la chaufferie à sauté un nombre incalculable de fois. Il y avait quelque part un court circuit. L’expert a tout décâblé et testé les circuits un par un. C’est là qu’il a découvert que la pompe principale du circuit ne fonctionnait pas. Les plombs de celle-ci étaient grillés. A la fin, la chaudière s’est remise en route et on ne sait toujours pas ce qui s’est vraiment passé.

Une fois la chaudière en chauffe, une pompe aurait dû s’actionner pour remplir le abllon tampon de mille, non pardon, sept cent cinquante litres, mais après bien des recherches, il est apparut qu’une valve anti retour avait été monté à l’envers. L’opération de mise en service aura duré près de cinq heures et le lendemain, un des radiateurs du centre ne fonctionnait toujours pas, tout cela parce que le circuit n’avait pas été correctement purgé.

On appelle cela un marché public à soixante dix mille euros. C’est ce que nous payons avec vos impôts.

Paysages de Sardaigne – l’arbre

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Au cour de nos promenades nurahiques, nous avons parcouru la campagne de Sardaigne dans des paysages très différents, des prairies, le bord de mer et la montagne. Nous sommes ici près d’Arzachena, pays des chênes liège, sur un chemin conduisant à une tombe de géant.

Cet arbre au sommet d’une Coline, manifestement courbé pas le vent, m’a tout de suite inspiré. Hélas, je me trouvais derrière une haie assez dense et infranchssable qui ne me permettait pas d’avoir, du moins sous cet angle, un champ dégagé. Alors j’ai pris le parti d’utiliser la haie comme cadre pour cet arbre faute de pouvoir faire autrement.

J’ai longtemps hésité entre un traitement noir et blanc ou couleurs saturées pour développer la photographie. Finalement j’ai opté pour la couleur même si cela révèle des flairs sur la gauche de l’image.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-200 mm, 1/125s, f/6.3, ISO 72, 89 mm

Ahsoka

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Difficile d’échapper à la nouvelle série Star Wars Ahsoka. Huit épisodes qui appellent une suite bien évidemment dans l’univers inventé par Georges Lucas, il y a très longtemps dans une lointaine galaxie.

Je crois que l’on découvre Ahsoka pour la première fois dans le dessin animé Clone Wars. Elle apparaît ensuite de temps en temps comme dans les séries Star Wars de Disney et j’imagine dans la série animée Clone Wars que je n’ai jamais visionnée.

Pour tout vous dire, j’ai adoré trois personnages : l’amiral Thrawn, absolument grandiose dans son calme olympien même face à la défaite, Ahsoka, pleine de sagesse et de contradictions et son robot Huyang assez savoureux. Sabine, la padawan d’Ahsoka m’a immédiatement agacée et plus j’avançais dans les épisodes, plus elle me tapait sur le système.

L’histoire ne m’a pas franchement emballé mais je regarderai la série une seconde fois pour me faire une nouvelle opinion car j’ai remarqué qu’avec Star Wars Disney, la première n’était pas souvent la bonne. Ahsoka et Sabine partent à la recherche du maître Jedi Ezra à l’aide d’une carte tombée entre les mains des méchants, vagues résurgences de l’Empire effondré.

Par contre, visuellement, comme souvent dans l’univers Star Wars, ça le fait vraiment. Bon on n’échappe pas aux inévitables petites bestioles destinées à vendre du merch mais on a connu pire dans le genre, surtout que pour une fois, elles sont amusantes ces tortues ninja.

Ahsoka est donc regardante contrairement à d’autres séries de la saga, on verra ce que donnera la suite.

Paysages de Sardaigne – la cité fantôme

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La Sardaigne, outre les levers de soleils et les mégalithes, ce sont aussi d’incroyables paysages. Ici nous sommes à Porto Mannu, notre lieu de villégiature, un lotissement de vacances au bord de la mer, construit d’une multitude petites maisons mitoyennes deux pièces. Il semblerait qu’un promoteur ai eu les yeux plus gros que le ventre ou qu’il lui manquait quelques autorisations pour bâtir au bord de la mer, car plusieurs projets immobiliers dans cette région sont restés à l’état de chantier.

La photographie a été prise le premier matin de notre arrivée, après le lever du soleil alors que j’explorai notre nouveau terrain de jeu. J’ai tout de suite repéré ces maisons en chantier au bord de la mer et me suis juré d’aller les explorer ce que je n’ai pas eu le temps de faire finalement. Contrairement aux apparences, il fait encore assez sombre, il est sept heure et l’atmosphère était relativement limpide. J’ai agit sur la correction du voile, mais en négatif, pour accentuer la brume à l’horizon et mettre en valeur le premier plan. Le choix du noir et blanc s’imposait à moi dès que j’ai pensé la photographie, sans doute pour mettre en valeur les éléments d’architecture.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-200 mm, 1/30s, f/6.0, ISO 2000, 75 mm

TAP – Of Silent Mammalia Part II

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Si vous aimez les baleines, j’ai un truc pour vous. Une sorte de cyber cachalot nageant dans un ciel jaune au-dessus d’un monde rouge. 

Et une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de deux albums d’un obscur groupe munichois, The Ancestry Program. Lorsque j’ai écouté Of Silent Mammalia Part II, j’ai aussitôt voulu découvrir la première partie Mysticeti Ambassadors Part I. 

Pourquoi un tel enthousiasme ? Sans doute parce que The Ancestry Program rassemble le meilleur de Transatlantic, UPF et Pink Floyd sous la même bannière. Oui, la barre est haute aujourd’hui, même très haute.

La voix du chanteur me fait un peu penser à celle de Mark Trueack et à Ian Anderson, la forme musicale ressemble souvent à celle de The Neal Morse Band et de Transatlantic, certains instruments rappellent la diversité de UPF et les guitares se font parfois gilmouriennes. Mais je suis certain que vous trouverez d’autres ressemblances comme dans ce titre country qui termine le second opus. Et tout ça est parfaitement exécuté par cinq artistes et quelques invités. 

Vous embarquez pour un voyage de plus deux heures et quart mais vous n’êtes pas forcé de tout écouter d’une traite. Après tout il s’agit de deux albums même si stylistiquement parlant le groupe navigue dans les mêmes eaux peuplées de cétacés.

Les deux albums résonnent de claviers vintages, de saxophones, de clarinette, de trompette, de violon, de violoncelle, de steel guitar, de fretless bass sans parler des instruments propres à un groupe de rock progressif. 

Tout cela pour dire que la musique de The Ancestry Program est d’une très grande richesse et que l’on ne s’ennuie pas une seconde pendant plus de deux heures.

Le premier opus est constitué de plusieurs titres fleuves dont l’épique ‘Dark To Overcome’ qui dépasse les dix sept minutes et contient un passage bien déjanté, alors que la seconde partie propose dix morceaux de deux à huit minutes.

J’ai l’impression que le deuxième album, peut-être parce que ses pièces sont plus nombreuses et plus brèves, propose nettement plus d’ambiances musicales comme dans ‘Create Our Sins’.

TAP est comme un gros roman de mille pages dans lesquelles il ne se passe au final pas grand chose. Deux albums très contemplatifs où la musique ne joue pas de rebondissements ni d’éclats et qui cependant m’ont vraiment bien accroché. 

De là à le classer dans la liste des albums de l’année, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas même si j’aime beaucoup les deux disques.

Tout d’abord parce qu’il y a deux albums dont un qui date de 2021, d’autre part parce que la musique de The Ancestry Program n’est pas non plus révolutionnaire. Ceci dit, j’adore leur musique. 

Elle est disponible sur Bandcamp et maintenant que je connais par coeur leur deux derniers opus, je vais découvrir leur tout premier bébé intitulé Tomorrow.

Nuraghique – le temple

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Outre les célèbres nuraghes, les tombes de géants on trouve également en Sardaigne des temples datant de la période nuraghique. Depuis que nous arpentons cette île (c’est la quatrième ou cinquième fois que nous y venons), nous n’avons visité que deux temples dont le dernier di Malchittu, près d’Arzachena. C’est peut-être lié à leur localisation, souvent au sommet de la montagne. Ils sont également moins sexy que d’autres monuments car un temple ressemble à peu de choses près à une maison en pierres sèches.

Pour accéder à ce temple, nous avons marché dans la montagne sur un chemin au milieu des pâturages et parfois à l’ombre des arbres. Une magnifique grimpette au milieu des pierres dans la campagne sarde.

Un Chêne liège poussait dans le temple avec ses deux branches en V ce qui m’a donné l’idée de cette photographie noir et blanc. Le ciel est un peu cramé mais il était difficile de trouver le bon équilibre entre le ciel lumineux, la pierre et le tronc très sombre en contre jour.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-200 mm, 1/30s, f/7.1, ISO 64, 24 mm

Eden17

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Je ne suis pas de la génération Club Dorothée et la culture manga comme anime n’est pas la mienne. Il m’arrive regarder toutefois un Miyazaki parce que bon voilà, mais c’est plutôt rare.

Pourtant, lorsque je suis tombé sur la série Eden17, j’ai immédiatement accroché. Il s’agit d’un anime japonais d’une saison en quatre épisodes d’une demi-heure que j’ai dévorée en deux soirées.

Un couple de terriens part coloniser un monde aride et désert avec leur fusée. L’homme meurt rapidement, abandonnant Romi, sa compagne enceinte, à un triste destin. 

Le graphisme non numérique frôle le naïf et l’animation est simpliste parfois pourtant les sujets abordés sont très adultes. La narration semble partir dans tous les sens pour finalement trouver une cohérence dans le dernier épisode. Extraterrestres, voyage dans le temps, culte, décadence d’une société, tous ces thèmes sont abordés en moins de deux heures avec des personnages amusants et émouvants.

Une petite perle à découvrir sur Disney+.

Nuraghique – la stèle

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Nous sommes près d’Arzachena en Sardaigne, devant la tombe de géant de Coddu Vecchiu, un monument particulièrement exceptionnel. La stèle se compose ici de deux pierres superposées et sculptées. Les menhirs formant les cornes de taureaux sont particulièrement bien préservées ainsi que l’allée couverte qui a conservée quasiment toutes ses dalles.

Le choix du noir et blanc s’est imposé pour quasiment toutes les photographies de monuments nuraghiques afin de bien faire ressortir les détail de la roche malgré un soleil très haut et des lumières dures.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-200 mm, 1/320s, f/7.1, ISO 72, 69 mm

The last nuraghe

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Vendredi 22 septembre

Le vol Volotea V72712 décollait à 16h50. Contre toute attente il partit à l’heure et arriva même avec dix minutes d’avance. Après avoir récupéré les clés du notre hybride, il ne nous restait plus de quarante kilomètres à parcourir pour rejoindre la location située à 250 mètres de la plage. Quarante kilomètres à l’heure car nous sommes en Sardaigne dans une Fiat Panda et que la nuit est déjà tombée sur l’île lorsque nous quittons Olbia. 

Je n’imaginais même pas qu’une Fiat Panda puisse posséder une motorisation hybride à six vitesses. Même dans les descentes elle peine à atteindre les quatre-vingt kilomètres heures. 

Après quelques errements dans l’obscurité, nous avons trouvé l’appartement, et malgré un loyer de plus de cent euros la nuit, il n’avait ni four, ni micro-ondes, ni cafetière. Le matelas king size dont on sentait les ressorts rouillés et des draps usés jusque la corne nous promettaient des nuits délicieuses. 

Bonus, les seuls voisins à cinq cents mètres à la ronde faisaient la fête juste contre notre chambre ce soir là sans parler de l’orage qui a éclaté soudainement. 

Ça ne nous a pas découragé pour autant et nous sommes descendu dans le noir sur la plage profiter des premières gouttes de pluie. 

Samedi cannibal surf babe

Après un café avec dosettes Senseo tassées dans une cafetière à moka et une galette au miel, nous sommes partis faire des courses, car il faut bien se nourrir même en vacances.

La première épicerie sur la route de Palau vendait trois tomates, deux yaourts et beaucoup de marques de lessives. Nous avons donc continué l’exploration de la ville pour trouver finalement un supermarché correctement achalandé un peu plus loin. 

Une fois le frigo rempli, nous sommes montés au rocher de l’ours, promontoire touristique à trois euros le parking, cinq l’entrée et cinquante cents les toilettes. 

La vue sur la baie était juste imprenable et le rocher ressemblait bien à un ours, mais vu de la mer.

Le grand air ça creuse et après un repas de vacances (du pain, du fromage, de la charcuterie) nous repartons pour un voyage dans le temps, plus de quatre mille ans en arrière pour admirer un tombeau de géant, monument mégalithique propre à la Sardaigne qui allie menhir, allée couverte et mur de pierres. Il n’en restait plus grand chose mais quelques kilomètres plus loin, un second monument snobé par les guides nous réservait une belle surprise. Celui-ci était quasi intact avec sa pierre dressée percée d’un trou pour laisser entrer les morts. Nous en avions déjà vu un il y a quelques années mais celui-ci était vraiment incroyable. Sans doute, parce que d’après la légende, il aurait des vertus curatives. Du coup de nombreux bobos s’adossent au menhir pour méditer ce qui complique les photos.

Sur la route d’un nurrhage que nous ne trouverons jamais, nous tombons sur le spot des champions de la glisse, la plage de Porto Pollo et sa presqu’île. Kyde Surf, planche à voile, machin volant, l’eau est recouverte de Brice de Nice faisant des acrobaties aquatiques et aériennes. 

Ce n’est pas là que nous tremperons nos fesses, il y a trop de vent, d’engins fous et surtout nous n’avons pas nos maillots. Par contre, de retour dans notre nouveau chez nous, et malgré la fatigue, nous descendons à la plage privative abritée du vent pour goûter à l’eau de la Méditerranée. Vivifiant !

Dimanche archéologique 

Après un vrai moka cette fois, nous prenons la route Arzachena, à une vingtaine de kilomètres de notre pied à terre soit pas loin de trente-cinq minutes de route pied au plancher. 

Nous remontons le temps une nouvelle fois de quatre à six mille ans, à la découverte de la civilisation nuraghique et mégalithique. Sur notre route, sont bâtis quatre monuments : deux tombeaux de géants, un nuraghe (sorte de tour en pierres sèches entourée de maisons rondes) et une nécropole avec quatre coffres mortuaires, plusieurs cistes, un dolmen et trois tumuli entourés de pierres dressées, largement de quoi occuper la matinée. 

Sur deux d’entre eux c’est l’affluence, bus d’allemandes en expédition, genre séminaire, italiens en week-end, touristes de passage et nous, archéologues en goguette. Sur les deux autres, personne ou presque, surtout à la nécropole pourtant assez fascinante.

Après une sieste obligatoire et méritée, une tête dans la mer et une promenade sur un cap, nous avons découvert que le réfrigérateur de la location avait rendu l’âme. Dommage pour les surgelés… 

Nous sommes partis nous promener malgré cette déconvenue vers le Capo d’Orso et à la recherche d’un chemin que nous ne trouverons pas ce jour là, nous sommes tombés sur une magnifique crique sauvage, accessible par un chemin escarpé. 

Puis à la nuit tombée, je suis parti en solitaire m’exercer à la photographie nocturne. En rentrant, le réfrigérateur ne fonctionnait toujours pas.

Lundi sans frigo

Pas de réfrigérateur, pas de nouvelles de la propriétaire et plus d’eau au robinet. 

En rentrant d’une nouvelle expédition nuraghique, un magnifique temple niché dans la montagne, un nuraghe et un tombeau de géant, nous avons fait des courses composées de denrées non périssables : biscuits, pâtes, fruits, conserves, histoire de se nourrir sans devoir compter sur les bienfaits de la conservation par le froid. 

L’eau est revenue assez vite, nos voisins semblaient coutumiers du problème. C’est d’ailleurs là que l’on a appris qu’elle n’était pas potable. Impossible de conserver des produits frais comme la salade, les yaourts, la viande ou le poisson. Même la bière restera tiède et ça c’était certainement le pire. 

La marche vers le temple de Malchittu, près d’Arzachena, fut certainement le temps fort de la matinée. Deux petits kilomètres de grimpette dans la montagne, entourés de paysages à couper ke souffle (surtout la montée en fait) pour arriver à cette construction en pierres sèches datant d’il y a près de quatre millénaires.

Après la sieste suivie d’une traditionnelle baignade avec les poissons, nous sommes partis pour le Capo Sardina visiter un majestueux fort dressé sur un éperon rocheux. Puis nous nous sommes posés près du phare pour assister au coucher de soleil. 

C’est pendant ce moment romantique qu’a choisi la propriétaire pour répondre à nos messages frigorifiques. Il faut dire qu’entre temps j’avais fait appel au support AirBnb histoire de la motiver. Peu avant 20h, après quelques échanges par SMS, un bricoleur pas tout jeune est venu voir de quoi il en retourne et après quelques explorations électriques, il a remis en route le réfrigérateur, promettant de passer le lendemain pour finir le travail. Sauf qu’en contrepartie, nous n’avions plus l’allumage électrique des feux de la gazinière. On ne peut pas tout avoir. C’est ce soir là que nous avons également découvert que la hôte aspirante ne fonctionnait pas sans parler des portes de placards branlantes. Une cuisine en ruine.

Mardi ferry

Le cinquième jour nous avons pris la direction de l’île de la Maddelena. Un ferry relie régulièrement Palau à l’île en quelques minutes. 

Comme La Maddelena était pour nous un violent retour à la civilisation, nous avons fuit jusqu’à l’île voisine, Caprera, reliée par un pont à La Maddelena et qui ne comprend que quelques routes et très peu d’habitations. 

Une île de pins parasols, de plages paradisiaques et désertes à cette saison. Nous y serions bien restés toute une vie. Mais bon, vers midi, la chaleur, même à l’ombre des pins devenait intenable. Alors nous sommes allés manger une glace dans la rue piétonne de La Maddalena qui propose un savant mélange de restaurants pour touristes, boutiques de luxe et échoppes de souvenirs moches. 

Après quoi nous avons repris la mer et rejoint notre taudis au bord de la plage avec son matelas multi spires et son réseau électrique dernière génération pour une sieste méritée. 

Une baignade, une bière et un repas plus tard, je partais à nouveau dans la nuit réaliser des clichés pose longue des rochers et des étoiles histoire de m’amuser avec mon mini pied photo qui tient presque dans la poche.

Mercredi  : sanglier à la broche

Comme tous les matins depuis notre arrivée, je descends à la plage vers 6h30 alors que mon épouse dort encore. 

La plage donne plein Est et vers 7h00 le soleil se lève sur les îles. Alors chaque matin, je travaille sur les variations du lever de soleil et ce jour là, c’était tout particulièrement magnifique.

Deux ristreto plus tard, nous prenons la route pour notre plus grande excursion des vacances qui nous conduit à Tiempo Pausana à plus d’une heure de route. 

Objectif découvrir un nouveau nuraghe, celui de Maigri et sur les conseils de la guide du site, un tombeau de géant non loin de là. 

Je voulais aussi découvrir La Vallée della Luna (y a des noms comme ça  qui me parlent) mais nous l’avons traversé sans nous en apercevoir, les paysages lunaires promis n’étaient pas à la hauteur de mes rêves. 

Alors nous sommes rentrés, de toute façon il était déjà 14h, l’heure de la sieste avant le bain.

Pour finir la journée, ou presque, un coucher de soleil au bord de la mer, une bière (encore), un repas frugal et une nouvelle expédition nocturne pour tenter de photographier l’ours du cap sous les étoiles. 

A défaut d’ours, j’ai rencontré une famille de sangliers qui m’ont définitivement découragés d’arpenter à pied les routes de Sardaigne la nuit. Qu’importe, j’ai enfin ma photo après trois tentatives nocturnes.

Je dis qu’il est beau le soleil 

Ce matin ma chérie s’est réveillée avant moi. Nous avons pu descendre ensemble à la plage dans la nuit pour assister à un nouveau lever de soleil. Après cela nous sommes partis vers Porto Cervo afin de découvrir l’étonnante église Stella Maris. Mais en chemin nous sommes passés par Poltu Quatu, une ville toute blanche pour touristes fortunés et la crique où ils amarrent leurs yachts de luxe. De ma vie je n’avais vu une telle concentration de bateaux pour millionaires. Le petit personnel s’affairait dans le port pour briquer et préparer des monstres de chevaux qui ne sortent presque jamais en mer.

La bonne nouvelle du jour fut que nous pourrions garder la location juste vendredi à 15h au lieu de 10h ce qui dans notre logique signifie une baignade de plus avant de partir. Car oui, la fin des vacances approchent.

L’après-midi, après la traditionnelle sieste baignade, j’ai retenté en solitaire l’expédition à Capo d’Orso depuis notre paradis tropical. Je ne savais pas trop où me conduirait le chemin que j’ai emprunté mais après une grosse demi-heure je suis arrivé au phare, face à La Maddelena. Une pointe desservie par aucune route, juste un chemin caché pour une personne bien chaussée. J’étais presque seul au monde à contempler la mer et les bateaux circulant entre la Sardaigne et La Maddelena. Après, il a fallu terminer la bière et les olives pour vider le frigo. Grosse souffrance.

Vendredi c’est fini

Après un ultime lever de soleil, le plus beau évidemment, nous sommes retournés voir un tombeau de géant puis nous avons fait le marché de Palau pour remplir la valise de miel sarde. Oui, nous on aime le miel. 

Ensuite ce fut l’expédition vers The Last Nuraghe, un site nuraghigue exceptionnel situé à proximité de l’aéroport. Google Maps nous a conduit sur une route accidentée en terre puis dans un chemin broussailleux très pentu sur lequel mon épouse a renoncé. 

Il était 14h, le soleil brillait de mille feux. Le nuraghe promis se trouvait sur la crête à 449 mètres d’altitude, sans aucune indication et un sentier flou dans le maquis. Mais je l’ai trouvé, un site incroyable, pas vraiment débroussaillé, certainement peu fréquenté malgré sa taille. Pour tout vous dire, j’en ai un peu bavé pour voir ce nuraghe, alors c’est décidé, ce sera le plus beau de tous même si je ne l’ai pas vraiment exploré de peur de tomber sur des serpents. Car soleil et caillasses font souvent bon ménage avec ces bestioles.

A 16h nous étions à l’aéroport pour un décollage prévu à 19h. Ma chérie aurait bien ajouté un château et une fontaine au programme mais moi j’étais cuit, au sens propre comme au figuré.