Messalina – Golden Wounds

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Il y a quelques années, je me suis fait agresser par le chroniqueur d’un magazine concurrent, pour avoir publié la pochette d’un album de métal sur les réseaux sociaux.

La pochette en question était d’une grande violence et ma publication tombait peu après l’attentat du 14 juillet à Nice. Mauvais timing.

Neoprog et moi-même avons été traîné dans la boue sur les réseaux sociaux avec en prime une magnifique campagne de diffamation à l’appui. Cerise sur le gâteau, je sortais d’un grave accident qui m’a cloué sur un canapé pendant six mois.

J’ai subi ces attaques sans vraiment être en état d’y répondre. Mauvais timing comme je le disais.

Je vais pourtant récidiver dix ans plus tard, en priant qu’il n’y ait pas de nouvel attentat à Nice, avec une pochette peu ragoûtante, le premier album du groupe niçois Messalina, histoire de rappeler aux âmes bien pensantes que nous vivons dans une démocratie (encore pour quelques mois) et que nous disposons encore de notre liberté d’expression.

L’album en question s’intitule Golden Wounds, six morceaux pour moins d’une demi-heure de rock alternatif post grunge.

Et en réalité cette chronique n’est pas vraiment d’un règlement de compte, c’est juste que la pochette de l’album et l’origine du groupe m’a rappelé ce fameux accrochage avec l’autre magazine.

Mais, parlons plutôt de musique. Le quatuor niçois Messalina existe depuis quelques années et sort ici son premier EP. Dans ses rangs, deux musiciens venus des groupes Igorrr et Svart Crown, autant dire pas franchement des tendres.

Pourtant, Golden Wounds ne donne pas dans le métal et encore moins dans le progressif, mais bien dans un rock alternatif à la violence froide contenue. Et c’est très bon.

Des invités viennent épicer l’écriture de Messalina, le groupe de sludge belge Doodseskader, le multi instrumentiste français Kabbel et le groupe de doom Néerlandais Dool. Autant dire, du beau monde venu d’univers très variés.

Sur la pochette en noir et blanc, on voit d’atroces cicatrices sur le corps d’une femme dénudé, les fameuses blessures dorées du titre. J’avoue que l’image peut choquer, c’est d’ailleurs sans doute le but visé, mais vous n’êtes pas obligé de regarder. Par contre, vous devez écouter.

Pour la musique, nous avons affaire à une écriture nerveuse avec des passages épurés sur un chant clair pas trop typé et agréable à écouter, qui vire parfois au scream. La production est limpide, laissant entendre tous les instruments sur lesquels la caisse claire ressort tout particulièrement.

Les guitares ne donnent pas vraiment dans l’esbroufe virtuose et assument leur héritage grunge. Messalina pourra faire songer à Klone, The Pineapple Thief ou encore Nirvana, mais son identité est déjà bien établie avec ces six morceaux. On ne parelera donc que de subtiles influences.

C’est certainement  ‘A Cross’ le morceau le plus nerveux de l’EP. Si les couplets restent posés, le refrain décrasse bien les oreilles et dynamise l’ensemble. Une recette simple et efficace adoptée pour la plupart des titres de Golden Wounds.

Je ne peux que vous recommander cet excellent EP. Messalina est un groupe qu’il va falloir surveiller de près, car il démarre sur les chapeaux de roues.

Nine Skies – 5.20

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(c) Christian Arnaud

Teeshirt : Solstafir – Ota (2014)

Je m’en veux énormément. J’aurai dû participer au crowdfunding de Nine Skies.

Neoprog avait couvert leurs précédents enregistrements avec enthousiasme pourtant je n’ai pas commandé 5.20. 

C’est en tombant sur le clip de ‘Porcelain Hill’ avec Damian Wilson au chant, que j’ai regretté ma radinerie. Et quand j’ai voulu rattraper le coup c’était trop tard, l’édition CD était déjà épuisée. Alors c’est en ALAC que j’ai d’abord écouté le nouvel album de Nine Skies.

Le collectif niçois navigue sur des eaux progressives, entre Porcupine Tree, Opeth et Genesis. Ils chantent en anglais comme de trop nombreux artistes français sur des formats de deux à six minutes, s’offrant au passage les services de John et Steve Hackett ainsi que de Damian Wilson. De quoi attirer à eux un plus large public. Et ça semble marcher. Nine Skies est un des groupes montants de la scène progressive française.

La pochette, façon huile sur toile, représente un médecin du 14 siècle, un docteur peste avec sa robe noire, sa fraise blanche et son bec de corbin. Il tire une charrette transportant les bustes de présidents américains : Washington, Lincoln et un troisième que je n’ai pas identifié.

Sur les onze morceaux de 5.20, trois sont instrumentaux, ‘Beauty of Decay’, ‘Dear Mind’ et ‘Achristas’. Des pièces qui aèrent agréablement un album d’une cinquantaine de minutes. 

Le rock progressif de Nine Skies respire beaucoup grâce à ses touches folk, les guitares acoustiques, son piano, le violon et le saxophone, un disque plus acoustique qu’électrique ou seule la guitare de Steve Hackett densifie la trame.

Vous pourriez penser que mes titres préférés seraient ‘Porcelain Hill’ ou le ‘Wilderness’ génésissien étant donné ma passion pour Damian et Steve. Mais non, ce sont ‘Colourblind’ aux couleurs d’Opeth, ‘Golden Drops’ qui possède un je ne sais quoi de Wilson, ‘The Old Man in the Snow’ aux accents d’Harmonium et ‘Smiling Stars’, le titre le plus long avec six minutes et vingt secondes qui ont toutes mes faveurs sans parler des trois instrumentaux.

Parfois le chant en anglais sonne un peu franchouillard (‘Above the Tide’ ou ‘Godless Land’) mais pas de quoi fouetter un chat. Par contre en live comme dans celui de Prog en Beauce, ça pique un peu quand même.

Pas de doute, 5.20 est le meilleur des trois albums studio de Nine Skies. Le groupe a énormément progressé sur la composition et le chant, trouvant peut-être également leur identité musicale sur ce nouveau disque. Au moment où j’écris ces dernières lignes, le groupe a réédité le CD et je peux enfin l’écouter sans allumer mon Mac mais il est également sur Bandcamp.