Mapuche

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Les Mapuche, littéralement « Peuple de la terre » en mapudungun, sont les communautés aborigènes de la zone centre-sud du Chili et de l’Argentine, connues également sous le nom d’Araucans.

 

La chaleur moite de Buenos Aires, le poids des années de dictature, les Grands Mères sur la place de Mai, une indienne Mapuche, un travelo massacré et un détective au passé peuplé de fantômes. Ainsi s’ouvre Mapuche, le roman de Caryl Férey commencé début juin et que j’aurai eu du mal à finir. Tout débute par un crime à priori comme tant d’autre. Une enquête qui va nous plonger dans les heures les plus noires de la dictature argentine. Enlèvements, torture, meurtres, les monstres de cette époque, militaires, politiques, clergé vivent encore et cherche à se protéger de leurs exactions passées. Enquête, thriller, histoire d’amour ensanglantée, Mapuche est comme Zulu, un livre sombre, violent, qui retrace pour nous une terrible page de l’histoire de l’Amérique du Sud. Cinq cent cinquante pages, des milliers de kilomètres de Buenos Aires jusque la cordelière, parfois road movie, parfois bain de sang, le livre prend au tripes, se complaisant dans les scènes violentes. Si vous vouliez vous détendre avec un bouquin sur la plage, passez votre chemin.

Good Morning, Midnight

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Panne de lecture, j’ai deux bouquins en attente mais je n’arrive pas à me concentrer sur du matériel un peu cérébral, ça arrive. Du coup je suis passé chez mon libraire, j’ai fouillé un petit moment dans la pile SF sans vraiment trouver mon bonheur et ai pris, un peu par hasard et par dépit, un bouquin d’une auteure inconnue, Lily Brooks-Dalton, Good Morning, Goodbye.

Encore un de ces romans désespérés avec deux récits parallèles qui se rejoignent. Un vieil homme et une gamine survivent seuls, non loin du pôle nord. Dans l’espace, un équipage revient de Jupiter. Le reste du monde semble avoir cessé de respirer, du moins il ne répond plus. Les ondes radios sont devenues muettes, la Terre semble s’être vidée de toute vie.

Après quelques premières pages difficiles liées à une traduction à bas coup, le livre de Lily vous embarque dans le vaisseau spatial où les tensions deviennent explosives et dans cet observatoire déserté où un vieux scientifique découvre à l’automne de sa vie ses erreurs passées. Un roman profondément humain, sur fond de cataclysme, qui se lit à toute vitesse et dont il est difficile de sortir. J’y retrouve l’ambiance de Phare 23 ou de Silo de Hug Howey, un livre lent, sans action, tourné vers les personnages, plongé dans un monde sans avenir.

Morwenna

J’adore les livres qui parlent des livres. Avec Morwenna de Joe Walton, je vais être comblé.

Morwenna est une adolescente enfermée dans un austère pensionnat, loin de chez elle, qui ne pouvant faire de sport suite à une grave blessure, passe de longues heures dans la bibliothèque, à lire. Dans sa grande solitude, elle dévore principalement de la science fiction, Silverberg, Le Guin, Herbert, Tolkien et bien d’autres. Son univers, entre famille déchirée, mère folle, père absent, un grand-père à l’hôpital, une sœur jumelle décédée et un pensionnat où elle se retrouve prisonnière, isolée, voire rejetée, l’enferme un peu plus dans son univers littéraire et féerique dont la magie n’est pas absente.

Ecrit comme un journal, au jour le jour, le roman raconte l’étrange quotidien de Mori, dans lequel il se passe peu de choses, une rencontre avec son grand père, une lecture, un voyage en train, sa solitude au quotidien et la pesante ombre maléfique de sa mère qu’elle a fuit. Difficile de prévoir où ce récit va nous conduire, sauf en lisant la fin.

Corde raide

Je suis sur la corde raide. C’est avec des bouts de ficelle que je rafistole non agenda gribouillé, inventant des heures qui n’existent pas et ajoutant des jours dans le calendrier. Bien pratique la vingt cinquième heure du trente deuxième jour du mois pour caser l’interview retard. Entre le nœud plat pour fixer le cordier du violoncelle de ma femme, la connectique du home cinéma, les tendeurs pour palisser les arbres fruitiers et le nœud coulant pour le burn-out je me prends les pieds dans les câbles du micro au pied de la scène, à la recherche d’un coin pour dormir en pelote. Je perds mon self contrôle en démêlant les boucles de mon casque de baladeur, peinant à suivre la trame d’un concept album mal ficelé. Le temps file de plus en plus vite, les nuits élastiques sont au point de rupture, il faut que je dorme. Je vais jeter l’amarre, partir en croisière au loin et courir en string sur le pont du navire. Plus personne au bout du fil, pas de câble ethernet à connecter, aucun fil d’actualité à suivre; des vacances ! Plus que deux cent photos à développer, une interview à boucler, dix albums à chroniquer, trois live reports à publier, soixante vaisselles à nettoyer, cinq caddies à remplir, dix poubelles à sortir, vingt réveils à six heures du mat et je serai dans la file d’attente pour l’embarquement.

Il y a un robot dans le jardin

C’est sur le blog EmOtionS que j’ai entendu parler du livre de Deborah Install, Il y a robot dans le jardin. Comme je suis un boulet, j’ai beaucoup de mal à m’aventurer vers de nouveaux auteurs, alors soit je lis tous les ouvrages d’un même écrivain, soit je vais sur des blogs pour trouver quelques conseils, soit je pique les bouquins que ma femme n’a pas aimé (généralement, ce sont ceux qui me plaisent). Cela donne quelques erreurs d’aiguillages du genre Le Grand N’Importe Quoi ou des coups de cœurs comme Laurent Gaudé, tout dépend de ma chance ou de ma clairvoyance, à vous de juger.

Cette fois avec Il y a robot dans le jardin, c’est mon jour de chance. Je ne suis pas toujours d’accord avec les coups de cœur de Yvan, mais dans l’ensemble je suis assez en phase avec lui.

L’histoire pourrait se résumer à un road-movie impliquant deux personnages, une homme et un robot, qui vont parcourir la planète pour réparer une fuite d’huile. Il s’agit en réalité d’un récit empreint d’humanité et d’humour, qui nous conduit à la rencontre de personnages atypiques sur différents continents, de l’Europe aux Amériques en passant par l’Asie, à la naissance d’une conscience balbutiante et d’une histoire d’amour entre un tas de ferraille mal foutu et un homme perdu dans la vie.

Sans être de la grande littérature, le style reste agréable et fluide et le livre de Deborah se dévore, aggravant mes retards dans de nombreux domaines. Allez le découvrir de ce pas.

N’importe quoi

Pendant mes longues heures passées dans les salles d’attente des médecins, radiologues et laboratoires, j’ai un peu de temps pour me cultiver en me plongeant dans de passionnants romans.

Je ne sais plus où j’ai lu du bien de cet ouvrage, Le Grand N’Importe Quoi de J.M. Erre, mais force est de constater, arrivé à la moitié de l’ouvrage en question, que je ne suis pas du tout de l’avis du chroniqueur. Vous me direz, “tu n’as pas encore fini le livre”, c’est vrai, et d’ailleurs, je me demande si je vais le finir, mais avec un peu de chance, ce soir mon rendez-vous chez le gastro entérologue va me fournir deux heures pour boucler l’affaire.

Pour l’instant,  Le Grand N’Importe Quoi, est à mi chemin du Guide Du Routard Galactique et d’Un Jour Sans Fin. Génial non ? Non… J.M. Erre ne manie pas l’humour comme Douglas Adams et les ficelles de l’histoire sont tellement grosses que l’on ricane avant même que la chute arrive. Le style n’étant pas des plus élégants non plus malgré de nombreuses citations littéraires niveau première scientifique, le récit d’une fête culturiste dans un village paumé de France où d’étranges événements se produisent, manque cruellement de sel. Bref pour l’instant, l’ennui est complet.

Deux heures de retard chez le spécialiste m’ont permis d’achever l’oeuvre. Si comme moi vous n’accrochez pas sur les deux premières pages, n’allez pas plus loin.

Geek moi ?

Le post sur Sargate a déclenché une avalanche calomnieuse de messages sur Facebook comme quoi j’étais un geek. C’est juste n’importe quoi, je tiens à le dire. Je suis un homme marié avec deux enfants, un chat, une voiture et une maison. Bref un citoyen tout ce qu’il y a de plus normal qui paye ses impôts et vote à gauche mais pas trop.

Ce n’est pas parce que, dans ma jeunesse, j’ai fait de l’astronomie, programmé en langage machine sur Z80, fait du jeu de rôle, assemblé quelques PC, construit un télescope, développé mes photos couleurs tout seul et regardé des séries de SF quand je ne lisais pas Tolkien ou Franck Herbert que aujourd’hui je suis un geek.

Oui je joue à X Wings, je regarde encore quelques séries TV, je lis encore des livres de SF, il m’arrive de programmer pour le plaisir en PHP, HTML, Java, Python, KSH, Ruby, Awk, VB, et de jouer à des jeux vidéos, ok, mais pas de quoi faire de moi un geek, si ? Bon ok, je suis quelques blogs de rôlistes, me tiens au courant des avancées scientifiques, suis un fan de la planète Mars et viens d’acheter la dernière console de Nintendo. Mais j’ai un potager bio, je me promène dans la nature, connais des êtres faits de chair et d’os, ne mange pas japonais tout les midis (si seulement je pouvais), ai presque soigné mon addiction aux bonbons Haribos et ne déguise pas ma femme en écolière japonaise pour les préliminaires. Donc vous le voyez bien, je ne suis pas un geek, d’ailleurs je fais du sport, du tennis de table (ne vous foutez pas de ma poire, c’est un sport, ok un sport de geeks, mais un sport).

Mon vrai profil est le suivant : un père de famille jardinier et sportif. Le fait que je tienne un blog et un webzine sur le rock progressif n’y change rien je suis désolé.

Pour que vous compreniez bien, je vais vous décrire un samedi classique :

07h00 – wifi on
07h01 – iPhone on
07h02 – céréales et café
07h14 – nourrir le chat qui fait braire depuis 14 minutes
07h15 – douche et ablutions diverses (1 min c’est assez, faut économiser les ressources naturelles)
07h16 – lecture des mails de la nuit et consultation des notifications Facebook, Twitter et Google+
07h30 – récupération des promos musicales
07h45 – préparation de news pour le webzine
08h00 – écoute d’un album de progressif et travail sur sa chronique
09h00 – café
09h00/10h00 – attente trépiniante du passage du facteur qui a forcément un truc pour moi, CD, vinyle, jeu vidéo, câble étrange
10h00 – déballage de la nouvelle merveille et test
11h00 – boulangerie (faut bien manger et en plus je sors dehors)
11h15 – écoute d’un nouveau truc
12h30 – achat de pizzas à côté car j’ai zappé le repas (je suis encore dehors)
13h00 – café
13h15 – sieste coquine avec un bon roman de science-fiction
14h15 – promenade dans la nature (avec l’appareil photo parce que sinon c’est vraiment chiant, vous voyez je sors)
14h16 – fait pas si beau que ça finalement
14h17 – je vais en ville pour fouiner chez les vendeurs de disques, BD, bouquins, jeux vidéos (les trucs fondamentaux pour survivre, c’est toujours une sortie non ?)
16h00 – petite collation (ça creuse le grand air)
16h15 – projection d’un DVD live ou d’un jeux vidéo ou d’un film ou écoute d’un album de prog, en désespoir de cause un jeu de société (bref la récréation)
18h15 – un peu de Facebook, de Twitter, de mail
20h00 – trop tard pour faire à manger, passage au chinois du coin (en voiture, ça compte pour une sortie ?)
21h00 – 14 heures d’activités intenses méritent du repos, un petit épisode de Stargate Atlantis, puis un second, voire un troisième ?
23h30 – un petit regard sur les mails, Facebook, Twitter, Google+
23h45 – wifi off
00h00 – mince j’ai oublié de faire du ménage, de nourrir encore le chat, de laver le linge sale en famille, de faire des courses, de regarder les papiers scolaires des ados qui de toute manière s’en foutent, de payer les factures, de faire les comptes, de gonfler le pneu arrière droit de la voiture, de tondre la pelouse, de passer à la banque, de vider les poubelles, de changer les ampoules grillées, de réparer la fuite d’eau des WC, de souhaiter l’anniversaire de ma femme (elle n’est pas amie avec moi sur Facebook alors bon…), de déboucher le lavabo, on verra tout ça demain.

extreme geek

Vous voyez bien que je ne suis pas un geek. D’ailleurs, j’ai fait le test et n’ai obtenu qu’un score de 55%. Comment ça c’est classé geek extrême ? Nan, je suis certain que vous vous trompez, je ne suis pas geek. Et plus sérieusement, y a un mec qui a fini le dernier Zelda en une heure, vous vous rendez compte et un autre qui a trouvé les 900 noix de Korogu. Folie !

La chambre noire

Je suis enfermé entre quatre murs aveugles. Quatre mètres carrés, un siège, un bureau et une étagère croulant sous la paperasse. Cela ressemble beaucoup au “six by six from wall to wall” de Peter Gabriel. Derrière moi, deux projecteurs illuminent et chauffent l’espace confiné, braqués sur le bureau où trône une colonne métallique supportant un Nikon D5100. Posé à plat, entre des repères, un livre poussiéreux dont les pages fragiles se déchirent à la moindre maladresse. Le document date de 1923. Il est rempli de lignes et de colonnes, de chiffres et d’annotations, tracés à la plume par une main sans doute retournée à la poussière aujourd’hui. Devant moi, l’écran de l’ordinateur, affiche, en noir et blanc contrasté, une page de l’ouvrage.

Ma mission, le data rescue, ou comment créer une archive numérique de documents anciens. Le livre contient une année de relevés climatologiques quotidiens mesurés à l’aéroport de Strasbourg-Entzheim. Je tourne une page, je cadre, je zoom, je clique, je vérifie l’image et je passe à la page suivante. Quatre pages par jour, une sorte de travail à la chaîne pour mieux comprendre le réchauffement climatique planétaire. L’enjeu est de taille, constituer de longues séries de données sur la température et les précipitations afin d’alimenter les modèles numériques qui nous prédisent chaque jour plus précisément le désastre climatologique qui nous attend demain.

C’est aussi de la photographie (décidément je n’en sortirai jamais) mais qui ne nécessite guère de talent (ça tombe bien), si ce n’est beaucoup de patience.