Brazil !

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  1. Demande d’abord un numéro de sortie au secrétariat
  2. Rédige le courrier où tu renseigne ton numéro de sortie
  3. Imprime-le
  4. Fais le signer
  5. Range le fichier original dans le répertoire qui va bien
  6. Fais en deux photocopies et un scan
  7. Renomme le scan du même nom que le courrier
  8. Envoie l’original par la poste
  9. Donnes-en  une copie au secrétariat
  10. Met l’autre copie dans le classeur ad hoc
  11. Envoie par mail le scan à qui de droit
  12. Range le scan dans le même répertoire que le courrier
  13. Complète le tableur avec le numéro de sortie et les références du courrier
  14. Complète le compte rendu avec les références du courrier et le numéro de sortie
  15. Bravo ! Tu viens d’envoyer ton premier courrier.

Des fois je me demande où nous en sommes de la simplification administrative ? Parce que, sérieusement, une lettre dont on trouve la trace à huit endroits différents, si ce n’est pas de la traçabilité, je ne sais pas ce que c’est. Combien de temps ai-je passé à de rédiger ma lettre, dix minutes ? Combien de temps ai-je passé à traité son archivage, vingt minutes ? N’y a t’il pas une gigantesque disproportion entre l’importance du courrier et son archivage ?

Le Fan Club

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Imaginez un fan club, des milliers de personnes qui rêvent d’être vous, qui vous suivent fidèlement depuis 10, 20, 30, 40 ans, qui vous écoutent, qui vous adulent. Des milliers dévoués, admiratifs, se levant aux aurores pour vous, sortant de leur lit en pleine nuit pour vous, affrontant les éléments pour vous qui êtes au chaud, toujours là quand vous passez, fidèles même si vous les négligez des années durant, et qui, pour seule récompense, ne reçoivent qu’un pins par an.

Un fan club.

Imaginez que vous trouviez soudain ces fans trop encombrants, trop nombreux, trop coûteux avec leur pins annuel. Imaginez que vous en sélectionnez un petit nombre, les plus fidèles, les plus anciens, pas forcément les meilleurs, juste ceux qui habitent là où il sera le plus simple pour vous de les rencontrer. Vous leur proposez un lecteur mp3 low cost et un vieux single remixé. Ils seront les gardiens du temple, votre garde prétorienne, les élus. Ils continueront d’œuvrer pour vous, de vous aduler, de recevoir un pins et qui sait un titre mp3 par an.

Après tout ils seront moins nombreux.

Et les autres, tous les autres, les laissés pour compte, que deviendront-ils ? Sans vous comme guide, oubliés de leur idole, continuant d’aimer malgré le rejet, continuant de vous aduler malgré tout. Vont-ils dépérir, finir pas tourner la page ou se sentir abandonnés ? Vont-ils un jour vous détester, salir votre image, saboter le petit fan club des élus, perdre la foi ?

Vous, vous vous en foutez, vous n’avez plus besoin d’eux. Enfin si, encore un peu, le temps de la transition. Alors vous allez garder le secret, leur faire croire qu’ils sont indispensables, le temps que tout soit prêt. Après, vous pourrez les abandonner, l’esprit tranquille, ne conservant que le mini fan club trop fier d’être les élus, des esclaves qui vous serviront bien.

Jusqu’à la prochaine purge…

Out Of This World

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Three hundred miles an hour on water
In your purpose-built machine
No one dared to call a boat

N’avez-vous jamais rêvé de vous trouver en bout de piste, de pousser les gaz à fond et de rouler sur le tarmac ? Allo Papa Tango Charly ! Moi j’en ai rêvé longtemps et le fantasme est devenu réalité. Ciel bleu quelques cumulus médiocris, visibilité supérieure à 10 km, CAVOK en termes d’avionique et de météo. Le moteur rugit, le capot se soulève, les roues mordent le béton et la machine fonce sur la large bande grise qui se perd à l’horizon. Deux silhouettes dans la tour me surveillent, au retour j’irai les saluer. Sur le bord de piste, entre le taxiway et le seuil 27, d’immenses tondeuses patientent sous le soleil que j’ai terminé mon accélération.

50m, 100m, 200m, la machine vibre, le vent souffle, le moteur bondit. 400m, 800m, un virage à gauche, l’herbe se rapproche dangereusement, la machine vacille.

Allô Papa Tango Charlie
Vous vous dirigez plein sud
Vers le triangle des Bermudes

1000m, je freine, les pneus crissent, le bolide passe du béton au gazon, ralentit puis s’immobilise près d’un enclos grillagé. Le moteur s’arrête, nous sommes arrivés. Les tondeuses reprennent leur valse lente, nous évitant prudemment. Les deux silhouettes dans la tour jettent un regard dans notre direction, pas de casse, tout va bien.

Je descends de l’habitacle, contourne le bolide, ouvre le coffre, sort l’ordinateur durci, le trépied, les jumelles laser, me voilà arrivé. La Clio de service est garée sur la pelouse, à côté de la station automatique, située entre un taxiway et la piste 27, en Lorraine profonde. Je suis au boulot.

2.50 m

Qu’arrive-t’il à une particule lorsqu’on lui applique une translation verticale uniforme orientée vers le bas ? La particule se déplace du point A au point B, A étant au dessus de B. Entre d’autres mots, la particule descend.

Généralisons cette translation à un nuage de points. Le résultat reste le même. L’ensemble des points se déplace d’une distance d(A,B), conservant la même organisation structurelle à l’arrivé.

Appliquons cette fois la même translation à un objet réel. La translation est alors contrainte par l’environnement de l’objet, la nature de l’objet (solide, liquide, gazeux), les obstacles l’entourant, ceux qu’il va rencontrer sur le chemin à parcourir et le milieu dans lequel va se déplacer l’objet. Le problème devient complexe.

Pour simplifier, commençons par un cube rigide flottant dans l’air et devant se déplacer de 2,50 m. Le cube va simplement se retrouver 2.50 m plus bas sans subir aucune déformation.

Maintenant, supposons qu’entre le point A et B, se trouve un obstacle. Par exemple une dalle de béton de 20 cm d’épaisseur. Notre cube, sauf s’il est immatériel, ne pourra plus suivre une ligne droite de A à B, faute de quoi il heurtera la dalle au bout de quelques centimètres. L’objet va donc devoir suivre un autre chemin pour accomplir sa translation.

Selon la configuration des lieux, le chemin à parcourir sera plus ou moins long et complexe voire impossible.

Imaginons pour notre exemple, que la dalle soit percée d’un trou à cinq mètres du point A. Ce sera notre point C. Ajoutons un point D à 2.50 m en dessous du point C pour traiter notre problématique. Le trajet de notre cube pour effectuer la translation sera donc le suivant : A-C-D-B soit une distance de 5.00+2.50+5.00=12.50 mètres pour une translation effective de 2.50 mètres.

Compliquons encore un peu. Notre objet n’est plus un cube, mais un ensemble de tissus souples, de fluides et de gaz. Lui aussi va devoir emprunter le trajet A-C-D-B pour effectuer sa translation. Les déplacements d’abord horizontaux puis verticaux et à nouveau horizontaux vont inévitablement déformer quelque peu son enveloppe et sa structure interne. Nous n’avons plus à faire ici à une structure cristalline basique mais à un assemblage complexe d’éléments. Notre objet, globalement sphérique au point A, risque d’arriver sous forme de galette au point B après avoir subit des accélérations transversales et une chute de 2.50 m. L’objet pourrait même ne pas résister à ce traitement et exploser au sol, au point D, avant même d’arriver jusqu’en B. L’expérience effectuée à Berkeley avec une tomate bien mûre en a fait la preuve.

Pour éviter ce risque destructif, imaginons une rampe partant du point C et rejoignant un nouveau point E situé en bas de celle-ci. Notre tomate devra alors suivre un nouvel itinéraire A-C-D-E-B, comprenant la longueur de la rampe (4.00 m). La distance d(E,D) se calcule avec le théorème de Pythagore a²=b²+c² (triangle rectangle) où a est la distance d(C,E), b la distance d(A,B) et c la distance d(E,B). 4²=2.5²+d(C,E)². Nous en déduisons que d(C,E)=3.12 m. et itinéraire A-C-D-E-B 5.00+4.00+3.12+5.00 =17.12 m. Nous sommes très loin des 2.50 m initiaux. Tout ça pour une tomate.

Et si notre objet était un homme ? Nous transformons la rampe en escalier. Le point A est un bureau situé à l’étage, le point B, un bureau situé juste en-dessous. Le trajet serait le même 17.12 m, une distance effectuée en quelques secondes sans se presser à pied.

Et si notre objet était un fonctionnaire ? Le point A son ancien poste à l’étage, le point B son nouveau poste au rez de chaussée. Pour aller de A à B en passant par C,D,E, la distance est la même, 17.12 m. Le temps pour effectuer ce chemin sera par contre nettement plus long. 7 ans d’attente au point A, 6 mois pour obtenir le droit de descendre, 30 secondes pour descendre et s’asseoir enfin au point B.

Question. Le fonctionnaire a t-il été affecté par cette translation verticale de A à B ? Il semble que oui.

Le temps des changements

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Je n’ai eu qu’un seul employeur dans ma vie même si j’ai connu quelques changements géographies : Toulouse, Paris et Strasbourg. Un seul employeur et de très nombreux métiers : observateur, prévisionniste, administrateur système, chargé d’études, développeur, climatologue…

Un fonctionnaire, après un socle commun de formation, peut être amené à occuper bien des fonctions, pas forcément en corrélation directe avec ses compétences réelles. Il peut voir son service fermer, être obligé d’aller ailleurs, subir une réorganisation territoriale, vouloir évoluer dans sa carrière, devoir changer de centre, demander un nouveau poste.

Je n’étais pas destiné à devenir prévisionniste, ayant plus la fibre déterministe qu’entropique. Les machines me parlent, les éléments nettement moins, ne parlons pas des êtres humains. Dès que j’ai pu, j’ai tenté de trouver un poste en meilleure adéquation avec mes compétences.

Ce furent tout d’abord trois années d’administration système et de hot line sur des systèmes Windows. Les ordinateurs me comprenaient. J’avais par contre nettement plus de mal avec les utilisateurs. Les milliers de kilomètres passés sur la route pour aller rebrancher une prise eurent rapidement raison de ma santé mentale.

Après quelques détours et dix années de carrière j’arrivais enfin dans un service de développement informatique où je me m’épanouissais pleinement, travaillant sur des projets d’envergure, collaborant avec des équipes dans toute la France. Une parenthèse bénie et passionnante qui se termina par une brutale réorganisation. Les unités de développement fermaient leurs portes dans les régions.

Le poste proposé en remplacement, comme la nouvelle équipe, n’étaient pas du tout à fait à mon goût. Alors je décidais, histoire de montrer mon désaccord, de demander une autre affectation, la climatologie, métier que je connaissais pour l’avoir pratiqué quelques années auparavant, et qui requérait de nombreuses compétences informatiques.

Mais entre temps le métier avait changé, l’automatisation et certains projets dans lesquels j’avais trempé, avaient transformé un travail de spécialiste (programmation, SQL, statistiques) en simple utilisation d’outils tout en un qui bossaient à votre place. Par chance, il restait quelques domaines, où l’expertise humaine était encore indispensable, donnant un peu de piment aux journées de bureau. Les années passant, le besoin d’expertise diminua ainsi que la charge de travail pour en arriver à trouver le temps long. Il faillait bouger.

Mais bouger était devenu complexe : moins de centres, moins d’agents, moins de postes et plus de contraintes familiales. Il me faudra attendre sept années avant de trouver un poste qui puisse me convenir, un métier totalement différent, loin de l’informatique qui évolue tellement rapidement que je suis aujourd’hui totalement dépassé.

Je vais rejoindre la gestion de notre réseau d’observation, parcourir le Grand Est en voiture, rencontrer nos observateurs, évaluer des sites, faire de la paperasserie également. Une gestion administrative et de terrain qui va me changer d’air pour quelque temps.

Il est probable que ce nouveau métier aie des conséquences directes sur le webzine et le blog. Je serai sans doute (du moins je l’espère) plus occupé, donc moins disponible, au moins le temps d’apprendre le travail. Je serai également souvent sur la route, déconnecté d’internet, bref, je vais vous enquiquiner moins souvent. Cela tombe bien puisque de que suis en pleine cure de désintox.

Alors ne prenez pas peur, je ne serai pas mort (enfin je l’espère), juste moins présent sur Internet.

C’est de notre faute

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Ben oui, c’est bien connu, si le monde ne tourne pas rond, si il y a autant de chômeurs, si les dépenses publiques explosent, c’est de notre faute, à nous, les fonctionnaires.

Non remplacement d’un agent sur deux, ça me rappelle vaguement quelque chose. Gel du point d’indice ? Vous savez qu’il ne faut pas recongeler un produit une fois qu’il a été décongelé ?

Qui parle d’austérité ?

Le point d’indice, je m’en tape, sans doute car je suis en fin de carrière, quasiment au taquet et que les primes compensent le salaire de base. Mais je fais partie des privilégiés de la fonction publique, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, loin de là.

Le non remplacement d’un agent sur deux, là par contre c’est une autre affaire. Les usagers râlent de la déshumanisation des services publics, de l’absence de conseil, et des prestations devenues payantes. Les couloirs se vident, les cheveux  blanchissent et il y a pas de relève pour pousser nos fauteuils roulants. Va-t-on laisser les services mourir de vieillesse et les fermer un par un à chaque pot de départ ? L’impression de devenir inutile est un sentiment terrible lorsque l’on travaille.

Il serait possible de faire des économies, déjà en dégraissant les étages supérieurs de la pyramide qui ressemble de plus en plus à un cube. Il serait possible également de remercier quelques parasites qui ne font même pas l’effort de rester dans les bureaux pendant leur temps de travail (mais non vous comprenez, c’est une personne en souffrance).

Après des années d’opulence, de dépenses, de projet pharaoniques avortés, de voyages en avion aux frais de la princesse, de sureffectifs, de recrutement à la pelle, l’heure est aux vaches maigres, à la chicoré dans le café et aux locaux déserts.

La dernière grande idée serait de reclasser une partie des techniciens en ingénieurs, comme ça d’un coup de baguette magique. Non seulement cela coûterait cher à l’état, ben oui, un ingénieur est mieux payé qu’un technicien, mais en plus cela créerait une fracture de plus dans un établissement bien fragilisé. Qui deviendra ingénieur, lui, elle, moi ? Et sur quel critère ? A la tête du client ? Une grande idée qui nous promet d’intéressantes discussions. Où réside la logique dans tout cela ?