I Will Survive

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J’ai percé des trous dans du placo, fixé une buttée de porte, changé une serrure, jeté du sel sur la neige, fabriqué des rondelles sur mesure, réparé des distributeurs de serviettes, installé un tableau blanc, posé des plaques au plafond, relevé le kilométrage des voitures, sali mon pantalon, lavé mes mains de nombreuses fois, enfilé une blouse bleue de travail, monté et descendu les marches de notre navire, parcouru ses coursives, donné des ampoules, du papier, des crayons… bref j’ai travaillé.

Étrange pourtant le regard que me porte certains collègues tout de même. Cela les gène de me voir en bleu de travail, chaussures de sécurité aux pieds, avec ma caisse à outils rouge, en train de démonter une poignée. Certains ricanent, d’autres m’évitent. 

Je suis le catégorie B+ qui a pris un travail de catégorie C pour sauver sa peau. (Traduction: j’ai troqué un poste BAC +2 pour emploi de CAP parce qu’on fermait mon poste). Quelques uns disent que j’ai fait un choix intelligent, d’autres se moquent. Ceux qui me voyaient comme un intello geek sont déroutés. Pourtant, ne suis-je pas le même ? L’habit ne fait pas le moine que je sache. Ce n’est pas parce que j’ai dû renoncer à un poste technique pour un travail non qualifié que je suis devenu une bûche si ? 

Je peux toujours donner des leçons de HTML, PHP, SQL, Java, algorithmie, analyse UML si on me le demande gentiment. Certes en bleu de travail, tournevis à la main, je semble moins prestigieux que devant quatre écrans 23 pouces, en train d’administrer un serveur WEB. Mais bon avais-je vraiment le choix ?

Il est vrai que nous vivons une drôle d’époque. Plus d’un tiers de l’équipage du navire devra changer d’affectation d’ici deux ans voire même quitter le navire. Les tensions son palpables et chacun essaye de trouver une place dans les canots de sauvetage, sauve qui peut, les femmes et les enfants d’abord, ben non justement…

Moi je suis devenu l’homme à tout faire de cette croisière transatlantique de luxe, un plombier électricien bricolo payé 2600 € net d’impôts. A ce prix là, je veux bien déboucher les toilettes, d’ailleurs je le fais.

Mais quand l’état demande aux fonctionnaires de peser moins dans les dépenses publiques, employer un chef technicien climatologue et informaticien à déboucher des chiottes, est-ce bien raisonnable, surtout avec l’argent du contribuable qui bloque les ronds points en gilet jaune ? Traverse la rue qu’il disait. Ben c’est fait.

J’ai la rate qui s’dilate

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J’ai une trachéite depuis Noël, le radiologue m’a trouvé une hernie, j’ai un rein qui ne fonctionne pas trop bien, je fais une crise de migraine au moins une fois par semaine, j’ai genou bousillé et un kyste au gros orteil et j’ai tout le temps mal quelque part. C’est grave docteur ? 

Tout bien considéré je m’en sors bien : je ne me suis pas suicidé aux médocs, je ne suis pas mort d’un cancer, je n’ai pas encore sombré dans la dépression ni l’alcoolisme et je ne suis pas totalement cinglé,enfin, je crois. Car pour tout vous avouer, dans ma famille, ça dégage sec. 

Le bon côté de ça, c’est que je fais travailler le secteur tertiaire, des infirmiers, aux hôpitaux en passant par les laboratoires et les médecins. 

Mais bon, ce n’est pas un peu chelou de vivre en permanence avec un grand malade ? Si je suis hypocondriaque c’est à force d’être malade et pas l’inverse soyons clair. Je suis vraiment malade tout le temps. Je consacre d’ailleurs tous mes congés à être malade, ceci afin d’éviter des jours d’arrêt maladie.

Certains disent que je fais trop de choses, que je ne m’arrête jamais, qu’après le travail je commence ma seconde journée de travail. Moi j’ai l’impression de ne rien faire de mes journées mais j’ai aussi le sentiment que mes collègues n’en branlent pas une. Allez comprendre.

Hyperactif ? Non, impossible, ce serait une nouvelle pathologie à ajouter à la liste de mes maladies.

Ceci dit, des fois, il faudrait que je lève le pied. Se rendre à un concert avec une hernie, une trachéite, un début de migraine et une grosse fatigue, est-ce bien raisonnable ? 

Quelques corticoïdes dans un café aux triptans et j’avais presque la forme, alors pourquoi me priver me direz-vous ? 

Parce qu’il y a toujours un matin après la nuit de débauche. Et que ça pique un peu quand même, dans le dos avec les acrobaties photographiques, dans la tête, à cause des basses et des lumières, dans la gorge, à force de tousser et chanter.

Le rhumatologue a fait craquer la colonne et les cervicales. Je n’ai plus les corticoïdes qui me donnaient la patate, les effets des triptans s’estompent peu à peu. J’ai mal à la gorge, une dent me taquine, mon dos est en bouillie, je tousse toujours autant et je suis enrhumé. La semaine va être difficile. Vivement le prochain concert !

Logiciels

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Je m’énerve souvent contre les systèmes d’exploitations, les mises à jour et les logiciels, car j’ai un lourd passé d’administrateur et de programmeur.

Dans l’administration, pour de nombreuses raisons, nous sous-traitons le développement du software à des sociétés externes et à chaque fois que je découvre une de ces merveilles, je m’étonne que l’on puisse encore travailler avec les outils que l’on nous a livré.

Pour la petite histoire, hier mon nouveau chef, me fait une rapide formation, sur son ordinateur, du logiciel que je vais utiliser quotidiennement pour mon travail. Pour ce faire, il utilise le compte d’un collègue pour se connecter dessus, car lui-même n’en a pas. Nous faisons quelques manipulations, jusqu’à ce que j’intègre les principales fonctionnalités de la chose.

Le même jour, je reçois par mail, un mot de passe provisoire pour accéder à l’outil. Ni une ni deux, je lance l’application sur mon PC, qui, comme il se doit, refuse de démarrer. Rien de grave, ce n’était qu’une affaire de cloisonnement réseau, et une fois le port TCP débloqué, la merveille s’affiche. Encore fallait-il le savoir. Premier ticket d’assistance informatique.

Je me logue, change mon mot de passe en une version plus sécurisée, me déconnecte et relance l’application. Nom d’utilisateur, mot de passe, un échec, deux échecs, trois échec, mon compte est bloqué. Génial. Je vais boire une tasse de café, demander la génération d’un nouveau mot de passe provisoire et recommencer. Second ticket d’assistance informatique.

Je me logue, tente changer mon mot de passe en une version plus sécurisée, en faisant cette fois pas d’erreur de saisie, mais là, l’outil m’annonce que ce mot de passe a déjà été utilisé ultérieurement et qu’il faut que j’en change. Déjà utilisé ultérieurement ? J’aurai donc commis cinq fois la même erreur de saisie ? Improbable. Mais bon… Troisième ticket d’assistance informatique.

Je me logue, change mon mot de passe en une nouvelle version plus sécurisée, me déconnecte et relance l’application. Nom d’utilisateur, nouveau mot de passe, un échec, deux échecs, trois échec, mon compte est bloqué. Voila qui commence à me taper sur le système. Je vais boire une nouvelle tasse de café, demander la génération d’un nouveau mot de passe provisoire avec quelques explications et recommencer. Quatrième ticket d’assistance informatique.

Le gars au téléphone ne comprend pas, moi par contre je commence à cerner le problème. Dans l’interface de modification de mot de passe, certains caractères spéciaux ne s’affichent pas lorsqu’on les tape, bien vu l’aveugle, j’ai compris, le # est interdit. Par contre, dans la fenêtre de connexion le # est autorisé. Logique. Je tente donc un mot de passe sans le #, mais non. Le & est également interdit, en fait tous les caractères spéciaux, ceux qui servent à générer des mots de passe forts sont prohibés.

Une fois tout cela intégré, je crée un mot de passe très faible qui me permet enfin de me connecter au logiciel indispensable. Miracle ça marche cette fois ! Je commence donc à travailler avec l’outil, et après quelques minutes de manipulations, je me retrouve bloqué devant un bouton Valider grisé.

J’ai du merder quelque part. Je reprend la procédure comme on me l’a montré un peu plus tôt avec l’autre compte, sur une autre machine et réessaye. Non. Le bouton Valider ne veut pas valider. J’appelle mon mentor, refais la procédure devant ces yeux ébahis pour être certain, mais rien à faire, l’outil m’autorise bien à saisir des champs, sélectionner des choix, mais jamais à valider. Incompréhensible ! Cinquième ticket d’assistance informatique.

De longues recherches fastidieuses plus tard, nous découvrons que mon compte n’est pas habilité pour ce genre d’opérations et ne le sera jamais, j’ai un logiciel, un compte, mais je ne peux rien faire avec, je n’ai et n’aurai pas les droits pour l’utiliser.

Du coup, en fin de journée, je me fais copier sur un papier le mot de passe du collègue habilité et qui n’utilise pas l’outil, me connecte, et commence enfin à travailler. Là, pour gagner du temps sur une fonctionnalité, j’active un filtre présent dans le logiciel, je tape deux premières lettres dans le filtre de sélection et boum, l’application s’effondre, il faut tout recommencer. Sixième ticket d’assistance informatique.

Pour ma première journée de travail avec le logiciel, j’ai levé deux bugs dans un outil que notre administration utilise quotidiennement depuis des années… Comment font-ils ? Par chance, l’application de ticket d’assistance informatique, elle fonctionne relativement bien.

Vous vous dites que je suis aigri et que j’exagère un peu et vous aurez partiellement raison, du moins pour le premier point. Mais force est de constater que les applications que nous sous-traitons sont mal conçues, bourrées de bugs, qu’elles ont coûté très cher (payées avec vos impôts) et été livrées avec des années de retard (oui des années, pas des mois). A qui la faute ? Aux appels d’offre (nous choisissons forcément les sociétés les moins cher), aux spécifications bancales (achetez Word et demandez donc de le transformer en Excel), au manque de recette des produits, au fait que l’administration est une vache à lait pour bien des fournisseurs de services ?

Le roi des cons

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Je déteste le début de l’année. Après quelques journées de vacances méritées inondées cinq heures de grisaille et cinq minutes de soleil, couché sous la couette à cause d’une angine qui se transforme et trachéite aiguë, il faut retourner au travail, plus épuisé qu’avant les fêtes.

A peine arrivé au bureau, les collègues, qui ne vous avaient pas manqué, se jettent sur vous pour vous souhaiter la bonne année. Comment font-ils pour se souvenir, une semaine après le premier janvier, qu’ils ne vous ont pas souhaité la bonne année ? Moi je suis capable de dire bonjour trois fois à la même personne au cours de la journée. Echange de microbes, ça tombe bien, j’en ai à revendre. Bonne année, parlons-en, sûr qu’elle va être bonne les gars, la direction ferme vos postes, vous n’êtes pas au courant ? Pas grave, y a la galette.

Ho putain ! Je l’avais oublié celle-là, la machine à fric du boulanger. Ok, la première, en famille, elle est sympa, débordant de frangipane, avec son verre de crémant. Oui Monsieur, ici en Alsace nous buvons du crémant, c’est dégueulasse mais c’est local, je préférerais de loin une bolée de cidre, mais je ne suis plus en Bretagne, alors je m’adapte.

La seconde, nous la mangeons chez un ami, une tradition séculaire, une fois chez nous, une fois chez lui avec un thé vert, le thé c’est bon. Vient ensuite un weekend marathon avec deux galettes, un vieux couple d’amis (dans les deux sens du terme) d’abord et le lendemain, alors que la migraine me donne la nausée, une seconde orgie de frangipane dans la famille.

La cinquième se déguste après les vœux de collègues, au travail, “et la santé surtout !”, “connard”… Une galette au café, la première d’une terrible série qui durera quinze jours. L’imbécile qui s’est cassé la dent sur la fève en forme de smiley se doit d’en apporter une autre le lendemain. Parfois ce sont des pommes, moins cher et plus digeste, parfois de la frangipane immangeable, encore moins cher, parfois les deux, ignoble. Cinq jours de ce traitement, huit galettes… Le pire c’est qu’à l’heure du café, le lundi suivant, l’estomac conditionné par ce traitement, réclame bien vite sa part de galette et, l’organisme en manque de matières grasses sucrées, gargouille jusqu’au repas de midi.

Puis vient la galette officielle, celle de la direction, qui pendant deux heures nous présente ses vœux et nous explique les efforts que nous devrons consentir pendant cette nouvelle année : les fermetures de postes, l’avenir de la maison, les reconversions, les mutations inévitables. Une heure de ce discours et vous n’auriez plus faim, deux, c’est l’horreur, tout juste si certains ne partent pas vomir ou pleurer dans les toilettes pendant la présentation. Nous sommes tous là comme des imbéciles à écouter la bonne parole espérant que, tel un messie, que le directeur nous sauvera : Matthieu (24-25)… Nauséeux, le corps saturé de sucre, d’amandes, de beurre, flottants sur du Champomy, nous quittons la salle, écœurés, autant par le programme des festivités à venir que par la pâtisserie. Il s’agissait de la treizième galette 2019, celle qui porte malheur.

La nouveauté

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J’aime la nouveauté.

J’adore découvrir une série télé, la première saison. Dès la seconde, il arrive fréquemment que je m’ennuie. Dans un Marvel, ce qui m’intéresse, c’est le moment où l’homme se transforme en super héro, après, je m’en tape un peu. La découverte d’un groupe de rock est toujours un bonheur, une surprise, je m’enthousiasme pour l’album que j’écoute, mais lorsque j’explore ensuite le reste de leur discographie, mon engouement premier retombe parfois. Pour les jeux vidéos, c’est la même chose, je m’amuse les premières heures mais il est rare que j’aille jusqu’à la fin, préférant explorer un nouveau game play, un nouvel univers.

L’ennui me gagne rapidement.

Paradoxalement je suis un affreux pantouflard, qui aime rester chez lui, faire les mêmes promenades encore et encore, revoir des films vus des dizaines de fois et qui partage sa vie avec la même personne depuis maintenant près de trente années. Je suis également fidèle en musique (40 années de rock progressif), en lecture avec les auteurs dont je lis tout, vraiment tout.

Je me passionne soudain pour un sujet, le jeu de rôle, le celtisme, la musique, l’astronomie, la littérature médiévale, le mégalithisme, l’informatique, la photographie et j’y consacre tout mon temps, mon énergie et mes économies avant de passer à autre chose. Je ne vais jamais franchement jusqu’au fond du sujet, effleurant la question jusqu’aux premières vraies difficultés qui me rebutent.

Je suis surtout un flemmard.

Au travail je m’ennuie vite également. Combien de postes ai-je occupé depuis mon entrée dans l’administration ? Observateur, prévisionniste, informaticien, climatologue, programmeur, chargé d’études, responsable réseau, chargé de support… Presque à chaque fois, je suis content de changer de travail, de bureau, de collègues et au bout de quelques mois, l’ennui me gagne à nouveau.

J’ai la chance de vivre l’AP 2022, programme, qui depuis un an et demi, nous donne une visibilité de quelques trimestres sur le poste que nous occupons et sur l’organisation géographique de nos activités.

Finalement c’est cool de changer tout le temps.

Après avoir programmé sur des technologies de pointe, je sale les accès des bâtiments lorsqu’il neige, je déplace des armoires, j’immobilise des achats, je réceptionne les colis et j’ouvre la porte au facteur à 15h45. J’ai un nouveau bureau tout neuf qui vient hélas d’être inondé.

Je ne sais vraiment pas pourquoi notre navire (le bâtiment ressemble vaguement à un bateau vu de haut) prend l’eau, au sens littéral comme figuré, mais, si nous faisons rien nous allons sombrer. Les fenêtres, récemment remplacées, laissent passer la pluie, comme cela vient de se produire dans mon bureau. L’étanchéité du toit, refaite plusieurs fois en peu de temps, ne semble guère efficace et à chaque orage, plusieurs bureaux sont noyés sous les eaux diluviennes. Ridicule pour un service météorologique. Les agents, plus liquides encore que l’eau, fuitent vers d’autres services, s’enfuient face au raz de marée de la réorganisation. Les anciens partent à la retraite. C’est la débandade et rien ne vient remplir les locaux à part de l’eau qui s’insinue dans les bureaux déserts les jours d’averses.

Hier trois occupants pour 10m², les uns sur les autres, aujourd’hui une seule personne devant trois ordinateurs éteints. Une pièce sur trois est vide, nous souffrons de trop d’espace et de trop de silence. Nous revendons les meubles devenus inutiles, achetés à prix d’or sur des marchés nationaux. Nous démontons les bureaux, nous déplaçons les armoires, nous vidons le France pour le vendre à la ferraille.

Tout bien considéré, même la nouveauté je me lasse.

Tamponné

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L’administration s’auto-alimente d’activités ésotériques et complexes que seul un agent de catégorie A peut maîtriser complètement. Une mission ne sera réussie que si le formulaire ad-hoc a été préalablement rempli, validé et trois fois tamponné, tamponné de la date du jour, tamponné du nom du service et surtout tamponné rouge TAMPONNE. Sans le bordereau de retrait adapté, signé en trois exemplaires, impossible d’accéder au matériel indispensable au travail, à savoir, le crayon gris. Si le téléphone sonne ne décrochez pas, dans le cas contraire vous deviendriez responsable de la suite des opérations, donc surtout ne décrochez pas. Tamponné, validé, approuvé.

C’est Laurent qui m’a fait découvrir “Au Service de la France”, une série télé dans l’esprit d’OSS 117, petit bijou pince sans rire et pastiche du fonctionnement de l’administration.

Un petit jeune rentre comme stagiaire dans les services du contre espionnage français, une petite administration avec son colonel moustachu au look très gaulliste, Moïse, son second, quatre agents de catégorie A dont une femme, la seule, qui dans l’équipe, semble travailler et donner beaucoup de son corps. Cigarettes, poses apéros, débat sur la prime Paris-Vichy, réorganisation de la cafétéria, formulaires, tampons, salle d’interrogatoire, salle de crise avec les trois lumières rouges, code taupe et séjours à Alger, nous sommes en pleine guerre d’Algérie et au début des velléités d’indépendance de nombreux pays africains.

N’attendez pas une série d’espionnage mais plutôt une satire des rouages du système administratif français. Des épisodes de trente minutes qui bien souvent prolongent avec humour ma journée de travail. Le pire, c’est que je trouve certains passages à peine grossis. L’humour est fin, loin des farces de l’OSS 117 joué par Jean Dujardin, les éclats de rires peuvent survenir quelques épisodes après l’amorce du gag, comme par exemple avec un plan fixe de quelques secondes sur le carton du projet très controversé de nouvelle cafétéria self service remisé aux archives ou les différentes vies du costume du jeune stagiaire.

Histoires d’amours, aventures exotiques, paternités multiples sous forme d’accident du travail, initiations pour devenir catégorie A, meurtres, gestion de copropriété, cadeau de promotion, négociation d’indépendance, passé de collaborateur, agent double, détecteur de mensonge israélite, chaque épisode dévoile un peu plus les secrets des services secrets. Une série Arte à ne manquer sous aucun prétexte, surtout si vous êtes fonctionnaire.

Mes bonnes résolutions

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Le début de l’année est un bon moment pour décider de la conduite à tenir pour les 365 jours qui viennent. Après un bilan consternant, voici mes bonnes résolutions 2019 :

Boire plus, car une dizaine de bières et trois verre de vin par an, ce n’est pas assez.

Grossir. Avec mes 60 kilos tout habillé, lorsque le vent souffle en rafale, je m’envole.

Dire du mal des autres, car on ne le fait jamais assez. Et quand je pense à toutes les crasses qu’ils doivent balancer dans mon dos, j’ai de la marge.

Finir les travaux de cette fichue salle de bain avant la retraite, je n’ai pas envie d’être emmerdé par ce genres de choses à 70 ans.

Ne pas faire de sport, ça fait vraiment mal.

Ajouter « is tique » à l’extension de tous les fichiers log de mon serveur, histoire de me souvenir que je ne suis plus informaticien mais magasinier.

Débrancher internet et aller voir mes amis, encore faut-il que je souvienne qui sont mes amis.

Changer de médecin généraliste car à ce train là, c’est à l’autopsie que l’on découvrira de quoi je souffrais.

Arrêter de me plaindre constamment, oui mais bon, si je ne le fais pas, qui s’en chargera ? Bon, je vais me plaindre de manière plus convaincante alors.

Positiver. Cesser d’être l’oiseau de mauvaises augures. Il est possible que mes idées noires influent sur le destin de la planète.

Ne plus mettre de gilet jaune pour aller travailler à vélo. Mare de recevoir le soutient des brûleurs de CO², c’est pas le but, c’est pour éviter qu’ils m’écrasent. En plus, un jour, je risque de me faire arrêter pour activisme passif.

Ne pas prendre de bonnes résolutions pour l’année à venir, je ne les tiens jamais.

Un bilan ?

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Début 2018, j’ai commencé a être opérationnel dans mon nouveau job commencé trois mois plus tôt et qui s’achèvera au tout début 2019.

A l’automne, j’ai failli fermer un webzine qui tournait depuis vingt ans avant de me décider à recruter de nouveaux talents et relancer la machine.

Je me suis débarrassé d’un ado et me fait remettre en place quotidiennement par le second.

J’ai péniblement avancé dans les travaux de réfection d’une salle de bain,
pardon, de l’unique salle de bain de la maison, en chantier depuis 2016.

J’ai décidé de calmer les dépenses du foyer et me suis offert un 70-200 à 2.8 et un plein format.

J’ai limité mes acquisitions de CDs qui prenaient vraiment trop de place et me suis découvert une passion pour les vinyles.

J’ai diminué ma consommation d’expressos, passant de deux mugs et une tasse à une tasse et deux mugs.

J’ai réduit ma présence sur Internet, ne publiant plus que 150 chroniques, 700 actualités, 100 billets d’humeur ainsi que quelques photographies tous les an.

J’ai pris la grande résolution de limiter mon empreinte énergétique avant de m’envoler pour des vacances en Sardaigne.

J’ai acheté un nouveau jean pour remplacer mon pantalon usé puis j’ai repeint la salle de bain avec.

J’ai renoncé aux navets du potager, que personne n’aime dans cette maison, pour semer des rangées de betteraves rouges et jaunes que personne n’a mangé.

J’ai arrêté la morphine, je suis clean maintenant avec des trypans et le Lyrica.

J’ai repris le sport : je me suis réinscrit au club de tennis de table, 30 minutes de marche allez retour.

Et surtout, j’ai enfin ouvert une boutique en ligne, dépensé 150 € en produits divers et récolté 0 €.

Et surtout, j’ai arrêté de poster des billets débiles.

Cadeaux de Noël

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Peut-on définir une personne avec les cadeaux que sa famille lui offre ? Je pense que oui, du moins dans mon cas, mes enfants et ma femme me connaissent bien…

Je suis caféinomane et pendant les vacances en Italie je me régale d’expressos fabriqué avec ces petites cafetières que l’on pose sur la gazinière. Et si, je lui préfère une Senseo au quotidien, c’est pour éviter d’aggraver mon addiction. Mais voilà, ma chérie, voulant nous rappeler nos vacances en amoureux en Sardaigne, m’a offert cet engin du diable, une Rossetto, mama mia, mais sans le paquet Lavazza et les petits biscuits Mulino Bianco qui vont bien, pour que l’instant café devienne une religion, vous ne trouvez pas ça cruel ?

Je lis beaucoup de bds et j’ai hérité, il y a de ça quelques années, de la collection familiale des Astérix, série culte dans notre famille depuis Astérix le Gaulois. Chaque année, mes enfants complètent la collection de raretés, tomes perdus ou définitivement devenus illisibles. Je me souviens avec tendresse, alors qu’ils étaient encore tout petits, ils avaient cassé leur tirelire pour m’offrir un calendrier perpétuel Astérix, calendrier qui trône toujours sur mon bureau au travail. Cette année n’échappant pas à la règle, j’ai eu un Astérix (Le Secret de la Potion Magique, surtout ne l’achetez pas, même pour la collection) mais aussi un calendrier perpétuel de remplacement, celui de Star Wars, car je suis un geek fan de la saga. Star Wars va cette année remplacer Idéfix sur mon bureau au grand dam de mes collègues qui adoraient regarder une case chaque jour. Ceci dit, en 2019, je n’aurai plus de collègues alors bon.

Je suis également un lecteur, lisant tout et n’importe quoi, piquant les bouquins de mon épouse comme ses Pierre Lemaitre dont je suis fan. Ma chérie a eu la bonne idée de m’en offrir un nouveau, Couleurs de l’Incendie, histoire d’inverser les rôles, et pour une fois, de me le piquer, mais attention, pas avant que je ne l’ai lu, soyons clair.

Éternel geek, j’adore les films de science-fiction, bien qu’avec l’âge, cette soif diminue pour de nouveaux centres d’interêt. Mon film culte ? Blade Runner bien sûr ! Et sa continuation Blade Runner 2049, vue au cinéma, revue en DVD emprunté à la médiathèque. Il vient d’arriver en Blu Ray sous le sapin en plastique couvert de guirlandes et de boules multicolores. Pour une fois qu’une suite est à la hauteur de l’original.

Et pour finir cette orgie, une BD, une autre, car personne n’a songé au fait que je suis amateur de photographie. Snif, un Nikon D5 aurait fait joli entre mes mains boudinées de bébé gâté, vous ne croyez pas ? Bon, oui, c’est un peu cher et j’ai presque tout ce qu’il me faut à bien y réfléchir. Donc une BD, le tome 5 du Chat du Rabin, que je n’ai pas encore lu, car oui je sais, j’ai beaucoup de retard de lecture dans mes séries de BDs. Il faut dire que je bois trop de café, regarde trop de films de SF, lis trop de livres, voue un culte à de vielles BDs de l’enfance. Bizarrement, personne n’a songé à m’offrir de CD cette année, il est vrai que je les reçois bien souvent deux mois avant leur sortie alors bon…

Voilà c’était Noël, mon anniversaire arrivant à grand pas, je vais commencer un lobbying intense relatif à un boitier photo plein format hors de prix, mais j’ai peu d’espoir nous avons des frais maintenant. Et à priori, la fausse augmentation du SIMC de cent euros n’est pas pour nous.

Et tonton Macron, qu’a-t-il glissé sous le sapin ? Beaucoup, beaucoup plus de place dans les bureaux et un nouveau travail au 1er janvier, chouette ! Merci tonton !

96 heures chrono

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La vie d’un chroniqueur de rock progressif ressemble souvent à celle de Jack Bauer. Neal Morse parlait de son agenda surchargé, moi c’est presque la même chose, si on oublie le fait que je ne vis pas de cette activité, bien au contraire.

Ordinairement, je consacre une vingtaine d’heures par semaine au magazine. Vingt heures devant l’ordinateur sans parler du temps d’écoute de la musique. 

Mais le weekend dernier était particulier. Même en posant deux journées de congés, je me suis retrouvé totalement débordé.

Vendredi matin, 7h00, me voilà devant le PC à publier chronique et actualité sur le site puis Facebook, Twitter et Google+. Après ces activités récréatives, je prépare les publications pour la semaine suivante, afin que tout soit prêt pour lundi. Vers 13h00, je prends la route pour me rendre au Studio Wan, écouter Out5ide enregistrer son nouvel album. De retour à la maison vers 20h00, je jette une oreille sur les dernières promotions avant de me coucher.

Samedi, aux aurores, je développe les photographies prises la veille et prépare mon texte pour l’article à publier mardi. Après une courte promenade, je me lance dans une nouvelle écoute du dernier Esben and the Witch pour le chroniquer, je me couche pour lire quelques pages de La Longue Route avant de sombrer dans les bras de ma femme.

Dimanche, à 04h00 du mat, une violente migraine me rappelle que je ne suis pas un surhomme et que mon métabolisme ne tient pas la route. En parlant de route, ce soir, je dois faire 400 km pour aller écouter un concert. Concert dit révisions. Je réécoute le dernier album de Soup, Seven de The Watch, je mets un point final au brouillon de la chronique de Nowhere, fait quelques pas au soleil avec mon épouse et part pour la Lorraine avec, par chance un chauffeur, même s’il peste contre les gilets jaunes.

Nous revenons vers 01h00 le lundi, fourbus et pas forcément emballés. A peine cinq heures plus tard réveil, café, publication de la chronique et des news du jour, recherche d’un bug dans la newsletter (non résolu à ce jour), puis commence le tri des cent quarante photographies de la soirée chez Paulette. Développement de Soup, repas sur le pouce, développement de The Watch, écriture du live report et là soudain, horreur, je me rends compte que la nuit est déjà tombée. Il me reste juste assez de temps pour mettre au propre la chronique d’Esben and the Witch pour relecture dans le cloud et il est temps pour moi de me coucher. Demain commence l’activité rémunératrice qui me permettra, le weekend prochain, de continuer à gérer le webzine et à nourrir la famille.

C’est ça “la chance d’être un chroniqueur”.