Trois de moins

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Un obèse asthmatique, un grand maigre et une petite grosse viennent de partir, de quoi faire un bon sandwich avec le gros bout de pain, la tranche de jambon et le second morceau de brioche, moins épais mais tout aussi moelleux.

Nous ne les regretterons pas.

Dark Vador insultait les gens, parlait tout seul, pestait contre les ordinateurs et effrayait les fournisseurs. La garniture radotait et bégayait, faisant fuir les clients potentiels, la brioche brillait par son incompétence, se reposant tout le temps sur son adjoint.

Ils ne seront pas remplacés, ce qui ne changera pas grand chose à notre quotidien, à part trois nouveaux bureaux vides.

Aujourd’hui j’ai compté en allant dire bonjour à mes collègues, nous disposons de dix bureaux déserts alors que le bâtiment débordait de vie il y a cinq ans.

Les couloirs commencent à résonner.

Obésité (Dans mon iPhone n°25)

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Quelques achats, quelques promos, des écoutes en retard et mon iPhone déborde à nouveau. Je me suis offert California de Marco Ragni qui était réédité, L’Albatros de Seven Reizh pour découvrir ce concept album livre intrigant. Nous avons reçu Galasphere … Continue reading

Le 31 mai, lors d’un trajet…

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Le 31 mai 2016, lors d’un trajet Illkirch-Illkirch, une planche à roulettes percute un vélo. Résultat un rein fracturé, cinq mois d’arrêt.

Le 31 mai 2018, lors d’un trajet Lingolsheim-Illkirch, un scooter percute un vélo. Résultat un poignet fracturé, trois mois d’arrêt.

Le 31 mai 2020, lors d’un trajet Sélestat-Illkirch, un bus percute un vélo. Résultat deux jambes brisées, un mois d’arrêt.

Le 31 mai 2022, lors d’un trajet Mulhouse-Illkirch, un 747 percute un vélo. Résultat un corps broyé, pas d’arrêt.

Le 31 mai 2116, lors d’un trajet Lune-Illkirch, le Battlestar Galactica percute un vélo. Résultat une planète désintégrée. Ce n’est pas grave, le fonctionnaire n’avait de toute façon plus de travail depuis des années.

Ces exemples montrent bien la fabuleuse évolution de la science et de la technologie au fil des années.

Tout d’abord, nous constatons qu’avec une bicyclette, nous parcourons de plus en plus de kilomètres chaque jour, ceci bien entendu grâce à l’évolution technologique des vélos électriques.

La distance maison travail ne fait qu’augmenter, la crise du logement et la flambée des prix de l’immobilier en est la cause bien évidement.

Ensuite, découvrons que les aménagements des pistes cyclables vont s’améliorant. Là où en 2016, un vélo et une planche à roulettes peinaient à cohabiter, en 2022 il y a presque assez de place pour un avion long courrier et un vélo électrique.

Enfin, regardez les progrès de la médecine, en huit ans. Un petit hématome au rein, cinq mois d’arrêt et toujours des séquelles deux années après. En 2020, un corps broyé, même pas besoin de congé de maladie.

Le 31 mai 2018, deux ans jours pour jours après mon accident, une collègue, en se rendant au travail, s’est fait faucher par un scooter sur une piste cyclable. Fracture du poignet gauche. Elle vient de se faire opérer et restera à la maison jusque septembre dans le meilleur des cas. Que pouvait bien faire un scooter sur une piste cyclable, le matin ?

Ma vie en Zelda

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Ma vie, c’est un peu celle du célèbre personnage de Nintendo.

Je recherche des sanctuaires (sites pour installer une station de mesure) à l’aide de ma tablette sheikah (GOOGLE Earth, GPS), à chaque fois une nouvelle épreuve m’attend (mais à qui est ce terrain, où est l’électricité), je combats des monstres (les entrailles de l’administration), je parcours le monde à cheval (Clio, Kangoo), je vole en para-voile d’un sommet à une vallée (Strasbourg/Toulouse), je grimpe aux sommets des tours pour cartographier la région (classification de station aux jumelles), je dépense des rubis pour mieux m’équiper (des bottes, une batterie de PC, essence de la Clio), je dors à ma belle étoile ou dans rares auberges (nuitée à 39€), je mange au coin du feu (picnic dans la voiture sous la pluie battante), j’affronte des boss tous puissants (chef, adjoint, directeur, PDG) et tout ça pour quoi me direz-vous, pour passer le temps, pour récupérer des cœurs, des rubis et surtout parce que j’ai été programmé pour ça.

Je l’avoue, j’ai replongé dans Zelda Breath of the Wild. J’étais bloqué, à poil, sur une île remplie de monstres depuis des mois, jusqu’au moment où je me suis décidé à venir à bout des bestioles et passer à la suite. Un passage de l’aventure sans sauvegarde, pour lesquel vous gagnez quelques malheureux rubis et perdez souvent la vie. Après cette victoire éclatante je suis arrivé chez les piafs et dans la foulée j’ai vaincu le méchant boss, et de deux. Me voila maintenant bloqué à nouveau dans un sanctuaire à affronter l’épreuve d’extrême force où j’échoue lamentablement étant donné mes réflexes de moule intoxiquée.

Patience petit Link, tu y arriveras. En attentant, continues d’arpenter l’Alsace dans ta Clio à la rencontre d’autres voyageurs qui te guideront dans ta quête climatologique.

De belles personnes

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Des années durant, j’ai passé mes journées face aux ordinateurs, seul, avec un téléphone désespérément silencieux à côté de moi.

Je recevais des emails de demande production de commerciaux situés à quatre cent kilomètres de mon bureau, je ne savais rien du client, ni de ses attentes, et bien souvent je me rendais compte de l’absurdité de ce que je fabriquais.

Mais consigne était donnée, “interdiction de contacter le client”, il fallait passer par le commercial, et le commercial s’en moquait, il avait vendu un produit, son travail était terminé. J’étais très seul. Je lançais la production, envoyais la commande, notifiais le commercial de la tâche terminée et passais à la demande suivante. Le temps modernes.

Aujourd’hui je suis sur le terrain, je vais à la rencontre des gens, de ces êtres humains qui sur nos machines ne sont que des numéros. Je prends le volant le matin, parcours l’Alsace sur des routes peu fréquentées, arrive au milieu de nulle part et sonne à la porte d’inconnus avec qui je vais faire connaissance.

Il y a des rendez-vous très impersonnels, des gens pressés et puis il y a ceux qui vous accueillent, curieux de vous connaître, désireux de parler, de partager leurs passions avec vous.

J’ai rencontré un astronome amateur qui pourrait être mon père. Le garde champêtre d’un village au fond d’une vallée, qui n’a pas son certificat d’étude et qui pourtant a fabriqué seul, plusieurs télescopes et qui scrute le ciel profond lors des nuits étoilées. Un passionné, qui, avec des matériaux de récupération, à assemblé une monture anglaise portant cinq instruments, du 150 au 400 mm, pour un poids total de deux tonnes.

J’ai été chez un bricoleur fou, qui a bâti sa propre maison de ses mains, qui collectionne les légos dans une vaste salle de jeu et répare, dans son atelier, toutes les machines qu’on lui apporte.

J’ai discuté avec un chasseur d’orages, un passionné de météorologie, avec sa station de mesure au fond de son jardin, aussi bien entretenue que les nôtres, voire mieux, qui dès que le temps devient menaçant, grimpe dans sa voiture, et part à la poursuite de cumulonimbus, dans l’espoir de voir une tornade ou de photographier des éclairs.

J’ai vu un radio amateur, avec ses antennes qui hérissent le toit de sa maison, paraboles, multibandes, HF, équipé de trois stations de mesures météorologiques et qui, dans une galerie de son jardin, mesure les oscillations de la croûte terrestre pour le compte du CNRS. Et lorsque les ondes sont muettes, que la terre ne bouge pas, il sort un petit télescope pour parler aux étoiles.

J’ai admiré le potager fabuleux d’un retraité, ses salades croquantes, ses oignons nouveaux, ses plants de tomates prometteurs, ses allées binées sans l’ombre d’une mauvaise herbe.

J’ai discuté avec de vieilles personnes d’une rare gentillesse, qui vivent simplement, coupées du monde, loin de l’Internet et de la téléphonie 3G, qui prennent encore le temps de parler des choses simples de la vie.

Le bureau et son ordinateur ne me manquent pas même si les journées sont plus fatigantes. Chaque semaine, je prends la route, rencontre des personnes en chair et en os, auprès desquelles je m’enrichis et redécouvre mon humanité perdue.

Ubique

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Je ne vais pas vous parler d’un célèbre roman de Philipp K. Dick aujourd’hui, je vais vous parler de mes problèmes. Vous doutiez-vous que j’avais des problèmes ? Si vous suivez ce blog, vous avez la réponse depuis longtemps. Pour les nouveaux venus, jugez par vous-même.

Je suis totalement débordé. J’ai un travail très prenant qui me conduit sur les routes de la région Grand Est plusieurs fois par semaine, de l’autoroute au chemin forestier en passant parfois dans des chemins agricoles, j’ai une famille, deux ados bougons, une épouse fantasque, plusieurs passions et je gère un webzine de rock progressif.

J’ai sur le feu quatre-cent-cinquante photographies que je n’ai même pas prises à développer, une interview franco-anglaise-espagnole de trente minutes à retranscrire en anglais puis à traduire en français, une autre à préparer, deux chroniques de rock progressif à finaliser, plusieurs albums à écouter, des textes à relire, d’autres à publier, des promotions à écouter/trier/jeter, des chroniqueurs fatigués à remotiver.

Si j’étais plusieurs, je pourrais traiter mon travail, le webzine, ma famille, le ménage, les courses, le potager, la photographie de grenouilles, les concerts, la préparation de l’anniversaire de ma femme, les repas chez les amis, les concerts classiques, metal et progressif, les livres à lire, les films à voir, le shopping, mon nouveau reflex et mon sommeil sans problème.

Mais je suis un. Tant mieux d’ailleurs, parce que sincèrement je ne supporterais mes doubles. Je suis certain qu’ils me laisseraient le travail rebutant, car je connais bien l’original. Ils critiqueraient ce que je fais, fanfaronneraient sur le blog au lieu de se consacrer à 100% à leur activités et pire que tout, ils seraient comme moi, imbus, prétentieux, grognons, migraineux, distraits, pénibles.

Je suis certain que eux aussi voudraient des doubles. Mettons que je me dédouble deux fois, un photographe, un chroniqueur et moi, qu’ils fassent de même à leur tour le lendemain, nous serions déjà sept en deux jours, quinze en trois jours, trente et un à l’aube du quatrième jour… Non ce n’est pas possible.

Alors, je me laisse déborder, je fais mon travail du mieux possible, enfin j’essaye, la vaisselle pour ne pas manger sur la nappe qui est sale, je dors un peu parce que je suis épuisé et je prends du retard sur tous mes dossiers, chroniques, photos, lecture, cinéma, jardin. Le webzine fonctionne encore, mais de justesse. La maison est vivable, mais à la limite de l’acceptable. Les ados nous rappellent les urgences, l’argent pour manger, le paquet de céréales vide, les slips au sale, la caisse du chat qui sent très très mauvais. Avec un coupecoupe, je me rends dans le potager où des plantes carnivores dépérissent faute d’arrosage et claquent un coup de mâchoire sur mon passage dans un dernier sursaut avant de mourir. Les moutons courent le plancher du salon, la salle de bain est en chantier, les CDs s’empilent sur la platine, le disque dur déborde de fichiers RAW et ma boite mail ne désemplit pas.

Vous croyez que je me plains ? Alors vous n’avez rien compris à rien. J’adore ça, être au taquet, ne plus savoir où donner de la tête, être sollicité de toute part. J’ai alors la sensation illusoire d’exister, d’être utile. Avec une passion supplémentaire pour occuper mes nuits, je suis certain d’atteindre le Nirvana.

Le Grand Ried

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Lundi matin, café tiède et retour de vacances. Il fait doux, je troque les habits d’hiver pour ceux d’été et sors ma pochette noire pour y ranger mes papiers.

Arrivé au travail, je cherche le GPS dans lequel sont enregistrés les quatre sites que je dois visiter aujourd’hui et surprise, l’appareil n’est pas dans le bureau. Je me souviens l’avoir laissé pour une mise à jour au service informatique, une semaine plus tôt, car oui, nous ne pouvons pas le faire nous-même, c’est ainsi. Après trente minutes de recherche, je trouve enfin l’objet tant convoité, charge la voiture et prend la route du grand nord. Visite du Grand Ried, ses sens interdits que le GPS ne connaît pas malgré une mise à jour, ses cigognes, ses castors, ses sympathiques habitants xénophobes anti Allemands, antisémites, puis exploration de la campagne profonde, sur de petites routes peuplées de tracteurs.

Une souche bancale comme base instrumentale de précision, un thermomètre aux mesures aléatoires à moins que ce ne soit les relevés qui ne manquent de justesse et un ventre qui gronde, l’heure du repas approche. On me conseille une bonne adresse pas loin de là, “c’est notre fille qui fait le service”, alors si c’est votre fille…

Mais où se trouve donc ma pochette noire ? Vous savez la pochette noire, avec dedans les papiers de la voiture, la carte de péage d’autoroute et de carburant, mon portefeuille, mon téléphone portable. Pas de pochette noire.

Demi tour. Je remonte vers le Grand Ried, passe une nouvelle fois le long la Ligne Maginot qui se marre faute d’avoir servi à quelque chose. Après un détour d’une heure et quelques sueurs froides, je récupère la pochette noire que je ne lâcherais plus de la journée.

Mon estomac n’en peu plus mais je n’ai plus le temps pour un repas chaud au restaurant. Au programme salade sandwich Sodebo sur le bord d’une départementale bruyante, un petit chemin bucolique que tout le monde emprunte pour soulager sa vessie et ses intestins. Charmant…

J’arrive juste à temps, après un café McDo, pour la troisième visite du jour, accueilli par deux pyrénéens joueurs, un agneau collant et un cheval taquin. Je sors du coffre le grand jeu cette fois: table de camping, ordinateur portable, jumelles, trépied, pour effectuer un relevé d’obstacles tip top. Le temps d’expliquer, d’installer, de relever 200 des 360° à effectuer, la batterie du super PC semi durci me lâche. Génial, une manip pour rien. Normal, je l’ai chargé à fond juste avant de partir en vacances. Je découvre que la batterie toute neuve ne tient pas la charge. Toujours bon à savoir pour la semaine prochaine. Je remballe le matos, il faudra revenir.

Dernière visite, je descends vers Strasbourg, talonné par un utilitaire pressé d’en découdre avec un fonctionnaire. Au milieu d’une végétation luxuriante, je découvre la merveille de technologie, une centrale autonome météorologique, alimentée par le soleil, qui envoie toutes les heures ses relevés thermiques et pluviométriques via le réseau mobile à Toulouse, alimentant en temps quasi réel, nos bases de données. Une petite merveille de technologie à l’ombre d’un sapin de quinze mètres, le long d’un mur de pierre, mesurant la température de l’ombre en hiver, celle du mur en été et comptant les gouttes d’eau tombant des épines toute l’année. Une mesure représentative du jardinet, pas de l’Alsace.

C’était mon premier jour, la première des dix tournées pour visiter notre réseau de mesure. Le temps était agréable, les rencontres sympathiques, les chiens joueurs, le restaurant rigolo, la route belle. Une agréable journée de reprise.

Lundi prochain quatre nouvelles visites, dans le nord-ouest cette fois.

Une semaine de vacances

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Vous aviez remarqué que j’étais en vacances la semaine dernière ? Non ? Moi non plus… Pourtant c’était bien le cas.

Tout a commencé le jeudi soir par une escapade touristique à Karlsruhe. Interview de Persefone, aller retour au centre-ville, recherche de toilettes, concert de Defecto, Oddland et enfin Persefone puis retour à Strasbourg.

Le vendredi saint, développement des photographies de la veille, rédaction du live report, contact avec les groupes, amen.

Le samedi, décompression explosive, migraine, donc rien.

Le dimanche, voyons voir, qu’ai-je fait le dimanche ? Si, une promenade à Strasbourg, une ballade de street photographie, premier jour et dernier de détente des vacances.

Les arcades

Le lundi, c’était stage photo. J’emmenais un spécialiste du cliché au ralenti se promener dans la nature pour lui expliquer les bases du maniement d’un appareil reflex avant qu’il ne parte couvrir un festival en Allemagne. Nous verrons bientôt s’il a compris mes explications.

Mardi c’était le grand jour, je posais le plafond de ma salle de bain. Location d’un lève plaques qui, démonté, rentrait à peine dans la voiture, découpes de plaques, positionnement, redécoupe, levage, vissage, injures, coupures, un programme 8h00-18h00 assez chargé pour une pièce d’un peu plus de 6 m², l’enfer !

Mercredi, début de la transcription de l’interview de Persefone. Trente minutes franco, anglo, espagnoles à comprendre puis à coucher sur le papier. Inutile de le dire, ce n’est pas fini. Ce genre d’exercice me prend une dizaine d’heures en moyenne.  En début de soirée, direction Pratteln en Suisse, pour couvrir le concert de Ticket to the Moon et Lazuli. Pas d’interview cette fois, mais de belles rencontres et un beau concert.

Jeudi, décompression explosive, la seconde. Développement des photos de la veille, écriture du live report, le tout au ralenti.

Vendredi, qu’ai-je fait vendredi ? Du bricolage encore. Il restait quelques finitions à apporter au plafond et une plaque à poser sur un des murs. Et puis retour au jardin, pour le nettoyer, semer des petits poids, préparer le sol.

Samedi, nouvelle décompression explosive, la troisième en une semaine, inquiétant, mais vu le rythme soutenu des derniers jours, guère surprenant. Cela ne n’empêche pas de bricoler encore un peu et de fabriquer une rampe grillagée pour faire pousser, citrouilles et potimarrons cet été.

Ne restait que le dimanche pour me reposer, mais non. Un peu de bricolage, une cloison, et un concert de musique de chambre pour lequel je suis sollicité pour la balance et pendant lequel je vais faire de photos. Neoprog va devenir bientôt Classiprog.

Bien entendu, chaque jour, je prépare à manger, écris des notes de blog, poste les actualités et les chroniques du webzine, écoute de la musique, chronique des albums, lance des lessives, étends le linge, nourrit le chat, vide sa caisse, fait la vaisselle, engueule mes ados, tire les chasse d’eau derrière tout le monde, fait un peu de ménage, regarde une série TV, bouquine, la routine quoi.

Vivement lundi, que le travail reprenne.

Dans la rue

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Dans la rue ou à la rue ?

Demain, une fois n’est pas coutume, je serai dans la rue. Pas pour défendre la revalorisation du point d’indice, pas pour supprimer le jour de carence, mais pour défendre mon travail, une certaine idée de la fonction publique, pour protester contre la purge stalinienne que nous impose l’état.

J’ai voté Emmanuel Macron pour contrer Marine Le Pen, et je l’assume ce choix. Mais pas un seul instant je n’ai cautionné son projet politique.

Je ne suis pas syndicalisé, je ne suis pas un revendicateur, je ne suis pas un gréviste, je suis un fonctionnaire fatigué de subir les restructurations destructives les unes après les autres, de voir les bureaux se vider, de voir le travail dégradé faute d’effectifs et de moyens.

Peut-être que la sécurité des biens et des personnes n’a plus d’importance aux yeux de nos gouvernants, peut-être coûte-t-elle trop cher ? Après tout, que vaut une vie humaine ? Peut-être que le réchauffement climatique n’est plus un enjeu majeur pour l’avenir, peut-être que nos modèles numériques sont si performants que l’homme n’a plus de valeur ajoutée à apporter à la machine ? Peut-être qu’il est plus simple de contenter les électeurs en supprimant ces fainéants de fonctionnaires quitte à dépenser beaucoup plus cher pour les remplacer par des prestataires extérieurs.

Demain je serai dans la rue, et vous, défendrez-vous votre service public ?

Et on vous paye pour ça ?

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Une journée à Neoprog débute bien avant 7h du matin par le démarrage de la cafetière puis de l’ordinateur et la publication des actualités, chroniques, live reports et interviews. Ensuite, il faut ouvrir les médias sociaux, Twitter, Facebook et Google+ afin de poster une de ces publications qui fera peut-être venir un nouveau lecteur sur le webzine. C’est également le moment de regarder les notifications et messages de ces médias sociaux pour y répondre plus tard si besoin. Je jette également un coup d’œil à la fréquentation du site, pour voir si tel ou tel article à cartonné la veille, qui sais…

De 7h jusque 16h30, la machine s’arrête, le rédacteur en chef est parti gagner sa vie sur les routes du Grand-Est ou dans les bureaux d’une administration en danger. La pause repas est souvent l’occasion de rouvrir les médias sociaux et le mail pour assister aux réactions des dernières publications.

Une fois rentré, fourbu, c’est l’heure du lait d’épeautre réconfortant au cacao avec une tartine beurrée comme les petits.

Puis on rallume l’ordinateur pour consulter une fois encore les médias sociaux, répondre aux messages et ouvrir la boite mail, la boite qui s’est remplie au fil des heures de vidéos, de promotions numériques, d’annonces de concerts, de sorties d’albums, de sollicitations d’artistes, la boite mail qui ne désemplit pas chaque jour, même le weekend et dont il faut consulter attentivement chaque message pour ne pas manquer une information essentielle. Les vidéos seront vites triées, s’il s’agit d’une sortie d’album, on garde, sinon on jette le plus souvent, après tout, tout le monde peut aller sur Youtube. Pour les promotions, il y a des labels et promoteurs qui auront notre priorité, le black metal arrivant en queue de peloton devant toutefois le punk, la pop française et la new wave. Un premier tri vertical avant de commencer à écouter quelques extraits et poursuivre l’écrémage jusqu’à ne garder qu’une ou deux promotions généralement sur la dizaine quotidienne. Ils faut également répondre aux sollicitations diverses, demande de chronique, d’interviews, de couverture de concert et que sais-je encore. Vers 18h, il est temps de préparer les actualités du lendemain, la chronique du jour, les dates de concerts, les albums à venir et de vider la boite mail. Il reste encore un peu de temps alors pour écouter de la musique tout en préparant le repas du soir et en partageant les  promotions. Vers 20h30 le WIFI se coupe dans la maison pour nous préserver des ‘ondes’ mais principalement pour déconnecter un peu, lire un livre, écouter de la musique pour le plaisir ou regarder une série télé et puis dormir.

Mais avec tout ça, je n’ai pas trouvé le temps d’écouter les promotions et de travailler sur la chronique en cours. Ce sera pour le weekend, à condition de ne pas courir sur les routes pour un concert, un tournois de tennis de table, une session photo, du bricolage dans la salle de bain, une ballade dans les Vosges ou une visite chez des amis. Reste qu’il faut relire et corriger les chroniques de l’équipe, les remettre en forme (mais je ne suis pas seul), préparer leur publication, mettre à jours les méta données (artistes, titres des morceaux…) titiller les rédacteurs pour qu’ils avancent dans leur travail, suggérer des choix d’albums, prioriser, prendre le temps de discuter avec tel artiste ou tel label, corriger un bug du site et toujours lire cette boite mail qui n’arrête pas de se remplir, même le weekend, pas vrai Roger ?

Le weekend en plus de chroniquer les albums que j’ai écouté, j’essaye également de m’offrir une écoute plaisir, généralement un vinyle pour ronronner devant ma Rega. Il faut également remplir mon iPhone d’où le post hebdomadaire “Dans mon iPhone n°x” et préparer les articles du blog, du moins les idées qui seront développées plus tard, en fonction de l’humeur et du temps libre. J’oubliais le backup intégral du site, base de données et fichiers, une opération de sauvegarde indispensable pour éviter toute douloureuse surprise, comme cela est déjà arrivé à d’autres confrères.

La réponse au titre, “Et on vous paye pour ça ?”, est non. En fait tout cela coûte de l’argent, au bas mot un mois de salaire par an. Hébergement, voyages, matériel, musique, ça va très vite, tel est le prix d’une passion dévorante, beaucoup de temps et un peu d’argent.