Le bilan de l’année 2025

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Meilleurs voeux à tous et à toutes, et merci pour votre fidélité. Je vais vous présenter mon bilan de l’année 2025.

J’ai publié une vidéo de Chroniques en Images toutes les semaines avec plus ou moins de succès. Celle de The Young Gods a été vue plus de sept cent cinquante fois, un beau succès ! Hélas, généralement, les vidéos atteignent péniblement cinquante vues. Pas de quoi pavoiser, d’autant que le nombre d’abonnés stagne toujours sous la barre des trois cents. Certains dirons que c’est lié à mon air constipé et de la platitude de mes chroniques. Je n’irai pas les contredire. Des fois je songe à me faire remplacer par mon épouse qui est très à l’aise devant un prompteur et une caméra. Le monde est vraiment trop injuste.

J’ai publié trois articles de blog par semaine et là encore, la moyenne des visiteurs quotidiens est d’une petite vingtaine si j’exclue les spammers fous et de quelques publications, comme le live report de Mystery, qui ont cartonné. Bon là encore, je plaide coupable. Mes billets partent dans tous les sens, racontant souvent n’importe quoi et n’apportent rien de plus que des sites spécialisés, mais c’est ça mon blog, et je n’ai pas l’intention de changer son contenu.

Une quinzaine de mes photographies présentées sur Flickr ont eu les honneurs de la galerie Explore et ont connu ainsi un beau succès. Sachant que je propose trois photos par semaine cela donne un taux de réussite d’environ dix pour-cent, c’est déjà pas mal. Évidemment, ce n’est jamais la photo dont je suis le plus fier qui sort du lot. Je suis clairement incompris.

J’ai couvert neuf concerts comme photographe, c’est à dire nettement plus que les deux années précédentes. Ceci s’explique par la reprise des soirées Chez Paulette mais pas que. J’ai maintenant mes entrées dans plusieurs salles de la région comme au P8 à Karlsruhe ou bien au Grillen à Colmar et également lors de festivals. J’essaye d’améliorer ma technique, de rendre mes photos plus dynamiques et de remplir moins les cartes SD de clichés inutiles.

J’ai couvert également deux spectacles de la troupe ToïToïToï dont une journée marathon avec six concerts. Je porte maintenant leur teeshirt lors de leurs évènements et je me fais plein de nouvelles amies sur Facebook. Ma femme est jalouse…

J’ai lu dix-neuf romans (un record) et une seule BD, par contre je ne compte plus les séries que j’ai regardé, chez Amazon d’abord puis chez Netflix. Je passe clairement trop de temps devant les écrans, d’ailleurs, la lampe du vidéo projecteur n’a pas survécu à cette addiction.

J’ai passé également de nombreuses nuits sous les étoiles et réalisé une trentaine de photographies du ciel profond avec la lunette de 72 cm principalement. Ma pratique de l’astro photographie se perfectionne comme mon matériel et parfois je suis presque satisfait du résultat, même s’il me reste une belle marge de progression. Évidemment, je suis très tributaire du temps alsacien et je passe mon temps à scruter les modèles météorologiques, regarder les webcams et surveiller l’application Météo-France quand je ne harcèle pas mes collègues prévisionnistes. Je travaille maintenant en imagerie HOO (hydrogène, oxygène, oxygène) qui m’offre une nouvelle palette de couleurs des plus intéressantes. Cela complique tout, mais c’est ça qui est drôle.

J’ai joué avec pas mal de réseaux sociaux, YouTube, Flickr, Facebook, BlueSkye, Mastodond, Instagram et dernièrement RedIt histoire de varier les plaisirs. J’ai rapidement dégagé Instagram et mes followers sur Mastodon ne réagissent plus à mes publications (uniquement des photos). Par contre RedIt m’amène de nouveaux visiteurs donc je porte plus mon effort sur cette plateforme pour l’instant.

Niveau santé, malgré de nombreuses nuits blanches et concerts, je souffre nettement moins de migraines et aucune ne m’a clouée au lit une seule fois cette année. Un vrai miracle ! La prostate poursuit lentement son chemin vers une opération certaine et les reins fonctionnent bon an mal an. En surveillant de très près mon alimentation et en buvant des litres d’eau qui gonflent ma vessie, j’arrive à tromper la mort. Mais pour combien de temps encore ?

La famille, c’est compliqué, mais pour qui cela ne l’ai pas ? Pour les orphelins célibataires sans frères et sœurs ? On fait avec.

Quant au travail, je me rapproche chaque jour de la retraite (bon encore quatre années avant d’en profiter). N’empêche, j’essaye de lever le pied ce qui n’est pas toujours facile.

Question finances, certains se demandent sans doute combien me rapporte toute cette activité médiatique. Zéro euros. Elle me coûte par contre beaucoup d’argent. Hébergement internet, matériel photo, ordinateur, matériel astro, kilomètres en voiture, place de concert, bières, c’est un puits sans fond, mais c’est surtout beaucoup de plaisir. Alors je crois que je vais continuer un peu. Même s’il n’y a pas grand monde à réagir à ma folie.

C’est donc reparti pour un an, désolé pour vous (après vous n’êtes pas obligé de me lire).

A très vite.

JC

L’album de l’année 2025

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Vous l’attendiez tous, voici l’heure de mon album de l’année. Alors allons-y.

Déjà commençons par la présentation des albums qui m’ont marqués cette année.

Un des premiers est Admist The Ruins de Saor, un groupe que j’ai eu l’occasion d’écouter au festival Zone 51 à Sélestat. Du folk métal sombre qui m’a fait forte impression.

Ensuite, il y a eu la sortie du premier album instrumental d’anasazi. Autant dire un événement. Je suis un fidèle du groupe grenoblois depuis des années et j’ai adoré cette nouvelle écriture sans parole.

Shards, le dernier Dim Gray, m’a fait forte impression également, et malgré quelques imperfections, il mériterait bien une place sur le podium.

Mais mon premier gros coup de cœur est arrivé avec Abur du groupe belge Pothamus conseillé par Alice et Stéphane. Un groupe que j’ai eu la chance de voir en concert au P8 en Allemagne.

D’ailleurs, cette année, j’ai fait pas mal de concerts pour une fois, mais ça je vous en reparlerai tout à l’heure.

Pas de chance pour Pothamus, Abur a été très vite éclipsé par The Spin de Messa, le disque que j’ai certainement écouté le plus souvent cette année. Cerise sur le gâteau, j’ai pu photographier la belle italienne et son groupe au Grillen peu de temps après la sortie de l’album. The Spin est pour moi leur meilleur album à ce jour et ce n’est pas un secret, j’adore le groupe Messa.

Pour le rétro progressif, il y a eu Brass Camel avec l’album Camel. Un coup de cœur sur le moment, mais que j’ai rapidement oublié, je l’avoue.

Mais c’est encore Stéphane qui m’a fait découvrir une des grosses claque de 2025, Akallabeth de Anfauglir, une histoire dans l’univers de Tolkien racontée par deux musiciens qui jouent du métal symphonique. C’est un album sur lequel je reviens assez régulièrement depuis sa découverte.

L’album World Maker de Psychonaut s’est tout de suite classé dans mon top 2025 et celui-ci, je l’ai trouvé tout seul. Le groupe propose un psyché post-rock métal furieusement contrasté qui fonctionne à la perfection. Un véritable coup de cœur qui ne s’est pas démenti.

Pour le prog, le dernier Gazpacho, Magic 8 Ball, s’est immédiatement imposé à mes oreilles comme un mets de choix. Je ne l’ai toujours pas commandé en vinyle, mais ça ne saurait tarder, ce qui est un signe chez moi. Le signe que cet album rentre dans le top du classement 2025. Après, c’était relativement prévisible.

Et voilà, c’est tout. Mais ce n’est pas la peine de hurler, je n’ai pas tout écouté et je ne le ferai certainement pas. Il s’agit du best of des albums que j’ai écoutés cette année.

J’aurais bien ajouté Hamasaari, The Young Gods et Returned To Earth dans le classement, mais leurs albums ne sont pas sortis cette année, alors je m’abstiens.

Avant de passer au classement final, j’aimerais vous parler des concerts auxquels j’ai assisté cette année, car il y en a eu pas mal : Greenleaf au Grillen, Mystery Chez Paulette, Hamasaari au P8, Messa au Grillen, King Buffalo au P8, Saor au Tanzmatten, Weather Systems Chez Paulette, Pothamus au P8 et Mostly Autumn chez Paulette.

Le pire fut assurément celui de Weather Systems, parce que franchement Daniel Cavanagh fut imbuvable et le concert pas terrible. Pour le meilleur, j’hésite encore entre Greenleaf et Hamasaari. Deux dynamiques quasi opposées, mais deux concerts absolument fabuleux. Sur toutes ces dates j’ai pu rentrer dans la salle avec mon matériel photo ce qui est vraiment cool, donc merci aux groupes comme aux organisateurs.

Mais revenons à mon classement 2025.

Il n’y a que trois places sur le podium et pas mal de groupes sélectionnés.

Le choix est difficile…

Je ne conserve que Dim Gray, Pothamus, Messa, Anfauglir, Psychonaut, Gazpacho pour la présélection.

Et dans le trio de tête, je vais placer Gazpacho, Psychonaut et Messa, trois albums très différents.

À la troisième place, je place Psychonaut avec l’album World Maker.

À la seconde place, Gazpacho avec Magic 8 Ball.

Et au sommet du podium, le groupe italien Messa avec The Spin, mais ça je le savais dès la première écoute de ce magnifique vinyle.

Pourquoi The Spin ? Parce que j’adore la voix et la présence de Sara, leur chanteuse, en studio comme en live. Ensuite, cet album raconte une histoire et sa musique possède une atmosphère vraiment particulière dans laquelle j’aime me plonger. Ce n’est sans doute pas un disque révolutionnaire, mais le groupe suit une trajectoire que je trouve très prometteuse. Je ne pensais pas qu’ils pourraient faire mieux que leur précédent album Close, et j’avais tord.

Vous ne serez certainement pas d’accord avec ce classement, vous allez me citer tout plein d’albums de prog que je n’ai pas écouté et vous aurez certainement raison, mais je ne les écouterai probablement jamais, alors laissez tomber. Il s’agit juste du classement de mes découvertes de l’année, alors pas la peine de vous énerver.

Merci encore pour votre fidélité. On se retrouve en 2026 pour une nouvelle année musicale.

Passez de bonnes fêtes.

La passion selon JC

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Cornelis Engelbrechts. 1468-1533. Leyde. La Passion du Christ. vers 1515. Clermont Ferrand. Musée des Beaux Art. Maniérisme gothique.

Un jour, une amie m’a demandé pourquoi je passais mes nuits à photographier des étoiles que d’autres avaient déjà capturées de bien plus belle manière. Sa question était formulée de façon nettement plus directe, mais c’était l’idée.

Cette question s’applique en réalité à tous mes loisirs et ceux de mon épouse. Pourquoi s’offrir du matériel photo pour réaliser des clichés sans grand intérêt ? Pourquoi accumuler des heures d’images que le télescope Hubble a magnifiquement immortalisé ? Pourquoi parler d’albums que d’autres ont déjà chroniqué ? Pourquoi jouer des œuvres au piano et au violoncelle que des artistes professionnels interprètent superbement ? À quoi tout cela rime-t-il ?

À meubler le temps libre, à dépenser la paye ? À la place nous pourrions soigner notre jardin, briquer l’intérieur de la maison, faire du sport, manger dans des restaurants étoilés, passer des vacances dans un club à Ibiza, découvrir le monde, faire du shopping, rouler dans une grosse voiture… Mais non. Cela ne nous attire pas.

Nous sommes des passionnés. Une forme aiguë de névrose qui touche une petite portion de la population. 

Je connais des personnes qui ne sont pas atteintes de cette maladie. Elles travaillent, font des enfants, passent des heures en repas de famille, partent en vacances dans des clubs où elles n’ont rien à gérer, dorment sur des transats à la plage, ne s’intéressent à rien en particulier, restent politiquement correctes, aiment le confort et l’argent. À l’exact opposé de mes aspirations.

Les passionnés sont de grands enfants qui se distraient avec des jouets improbables. Ils sont souvent perçus comme des François Pignon en puissance par ceux qui ne s’intéressent pas à leur domaine de prédilection. Des incompris souvent moqués qui pourtant occupent leur temps libre sans trop s’abrutir sur Internet ou devant la télévision.

Quelques uns d’entre eux atteignent l’excellence et même dépassent les compétences de certains professionnels, ceux qui vivent de leur passion. Une petite poignée d’entre eux sont reconnus dans leur univers pour leur savoir et leurs compétences.

Bon d’accord, ce n’est pas mon cas, n’empêche, je suis un passionné.

Le bilan de l’année 2024

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Bonne année à tous et toutes !

L’année 2024 ne fut pas de tout repos croyez-moi. Entre la photographie, la musique, l’astronomie, le travail, des problèmes familiaux et de santé, le temps a passé très vite, au point de ne pas vraiment trouver le temps de prendre de vraies vacances.

Du coup cette année je n’ai écouté qu’une soixantaine d’albums de rock et je n’ai assisté qu’à quatre concerts de prog. 

Pour les albums, c’est devenu ma moyenne et elle me semble parfaite pour prendre le temps d’écouter de la musique. Pour les concerts c’est vraiment peu mais la salle de la Laiterie à Strasbourg est en travaux et l’association ArpegiA a été contrainte au repos forcé avec la fermeture temporaire de Chez Paulette. Heureusement cette année ils organisent trois soirées de rock progressif. J’ai quand même assisté à quelques des concerts classiques et participé aux shooting de différents événements locaux comme le Printemps des Bretelles.

La chaîne YouTube a dépassé le cap des 200 abonnés (merci à vous) et certaines vidéos ont été visionnées plus de 900 fois.

Le blog, lui, se maintient à 500/600 pages vues par semaine ce qui est amplement suffisant pour justifier son existence même si ce sont principalement quelques amis qui me lisent.

L’astronomie a pris beaucoup d’importance cette année (vous l’avez peut-être remarqué) avec plusieurs sorties en montagne avec les copains pour photographier le ciel et pas mal d’expérimentations en tout genre afin d’améliorer mon setup. Ce sont aussi mes premières images de ciel profond acceptables, du moins dont je n’ai pas trop honte.

La photographie ‘artistique’ reste une de mes grandes activités chronophage. Je publie toujours trois clichés par semaine contre vent et marées et cette année j’ai eu un déclic avec la couleur. Dix de mes photos ont eu l’honneur de figurer dans groupe Explore de Flickr c’est à dire d’être vues plusieurs milliers de personnes chacune et mon exposition 2024 s’est nettement mieux passé que l’année précédente.

J’ai lu seulement une quinzaine de livres (et pas toujours des meilleurs) principalement par flemme. J’ai compensé en regardant en moyenne un épisode de série TV par soir soit pas loin de 35 saisons et une vingtaine de séries différentes. Par contre je n’ai pas été une seule fois au cinéma, oui, je sais c’est mal.

La santé a suivi inexorablement la courbe inverse de celle de l’âge et cette année j’ai réalisé un véritable marathon d’examens suite à de mauvais résultats sanguins. Un épisode stressant où pour la première fois de la vie un médecin m’a parlé de cancer droit dans les yeux. Je vous assure, ça fait flipper. Bon il semblerait que pour l’instant j’échappe au pire mais ce n’est que partie remise. Je vais devoir me faire suivre de très près. À côté de ça, le rein donne les signes de faiblesse habituels et mon hernie discale est de retour en force. Bref je passe beaucoup plus de temps que je ne le voudrais chez les médecins. Par contre je ne fais presque plus de migraines. On ne peut pas tout avoir.

Le travail ressemble toujours à un cauchemar qui se passerait dans la bonne humeur. Plus que six années à tenir si le gouvernement ne change pas à nouveau les règles du jeu. Je ne vous le cache pas, j’ai hâte d’en finir avec ça. 

Si vous n’êtes pas né dans une éprouvette et que avez décidé un jour de fonder une famille, arrive un temps où vos enfants deviennent grands et vos parents très vieux. Une période difficile de la vie où les enfants ne sont pas encore vraiment des adultes responsables et où les parents redeviennent des enfants. Bref beaucoup de problèmes. Cette année les vacances ont été utilisées pour faire des aller retours pour aider la famille.

Une année ordinaire qui a filé à toute vitesse et qui annonce une nouvelle année à priori riche en péripéties. Youpi !

Pour les publications je pense conserver le même rythme à savoir une vidéo, trois billets de blog et trois photos par semaine, une exposition photographique, quelques nuits blanches à plus de mille mètres sous les étoiles et des prises de sang régulières.

Mais en attendant les prochaines publications, je vous souhaite une merveilleuse année 2025 !

Twist again

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Le mercure frôlait les trente degrés. Je n’avais pas beaucoup dormi la nuit précédente et un mal de dos me clouait dans le canapé après une dure journée de travail. J’étais fatigué et j’avais soif. C’est comme cela que j’ai commis l’irréparable.

Jamais ce genre de produit n’aurait franchi le seuil de ma porte de mon plein gré. Je respecte encore quelques valeurs dans ma vie dissolue. 

Les canettes sont arrivées dans les bras d’une jeune fille innocente qui ne savait pas. Une musicienne, ce qui excuse bien des choses. Ce soir là une seule des bouteilles apportées a été à peine entamée sur le pack de six et certainement pas par moi. A la place j’ai dégusté un excellent vin d’Alsace.

Le reste du breuvage a terminé sa vie dans l’évier, aidant à déboucher les canalisations.

Restaient toutefois cinq petites bouteilles encombrantes de 27.5 cl que j’ai caché honteusement au fond de la réserve en attendant de m’en débarrasser.

Mais l’autre soir, tout plein de monde a débarqué presque à l’improviste pour jouer dans le salon. J’avais bien préparé des salades et ma femme des desserts, mais pour les rafraîchissements il ne me restait que du Riesling, une bière blanche, une bouteille de cidre et du jus de pomme. Alors j’ai glissé quelques unes de ces bouteilles interdites au réfrigérateur, imaginant à tord qu’il s’agissait d’une boisson de musicien et que certains en boiraient peut-être.

Hélas, j’ai complètement oublié de les sortir du frigidaire. On appelle ça un acte manqué en psychologie. Du coup j’avais toujours 5 bouteilles en stock. Le lendemain, en rentrant du travail, mourant de soif, j’ai attrapé le premier truc frais qui me tombait sous la main. La fameuse bouteille.

De l’eau, du sucre, du citron, presque une citronnade s’il n’y avait du malt d’orge, du CO2 pour faire roter et plein de cochonneries comme de la gomme d’acacia, des extraits de houblon et des arômes naturels inconnus ainsi que du concentré. J’étais en train de boire un ersatz de panaché sans bière ni limonade, une pseudo blonde sans alcool mélangée à une pseudo limonade anorexique. Déjà que je suis pas fan du panaché et que je n’ai jamais compris l’intérêt de boire une bière sans ressentir la douce ivresse qui l’accompagne, là j’ai été servi.

A la première gorgée, le cerveau conditionné espère rapidement voir l’alcool agir sur les neurotransmetteurs mais après avoir descendu la bouteille, la déception arrive. L’oeil tombe sur le 0.0 % d’alcool écrit en trop petit pour être honnête. L’amertume tant attendue disparaît dans le sucre et l’acidité promise est tuée par le concentré. Les bulles trop petites restent coincées dans l’œsophage gonflant un nuage qui se refuse à sortir bruyamment. Et en fin de bouche il ne reste qu’un arrière goût bilieux désagréable et aucune envie d’en décapsuler une seconde.

Après cette expérience traumatisante j’espère n’avoir jamais à m’inscrire aux alcooliques anonymes. Car ne pas boire d’alcool ne m’empêche pas de vivre. Par contre avaler cette hérésie, cela frise la torture. Vivement que des musiciens repassent à la maison pour que je me débarrasse du stock.

Ceinture et bretelles

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Autrefois je couvrais des concerts de rock, des festivals de métal et j’interviewais des figures de proue de la scène progressive. Drug, sex and rock’n roll.

L’âge aidant, doublé d’un certain désengagement de la scène médiatique, j’ai du mendier mes accréditations jusqu’au jour où je n’en ai plus eu du tout. Alors j’ai commencé à couvrir des concerts classiques, des harmonies locales pour finir au Printemps des Bretelles.

Le Printemps des Bretelles est le festival d’accordéon de la ville d’Illkirch-Graffenstaden. Dix jours de concerts et bals autour du piano à bretelles dans différents lieux de ma commune. 

Cette année, je me suis porté volontaire pour couvrir l’événement malgré mon manque d’intérêt évident pour cet instrument et une météo calamiteuse. Volontaire mais sans contrainte. J’allais, en fonction de mon humeur, de mon emploi du temps et de ma fatigue, photographier ou non les artistes.

Avec des entrées libres mais aucune accréditation officielle de photographe, l’expérience était proche de l’improvisation totale et il fallait négocier en douceur avec la sécurité certains accès.

Tous les soirs sauf relâche, du vendredi 31 mai au dimanche 9 juin, je suis parti de la maison à pied ou à vélo vers 18h30 pour le concert amateur de 19h sous la tente devant l’Illiade. L’occasion de manger un burger frites avant d’attaquer le spectacle de 20h programmé en extérieurs lorsqu’il ne pleuvait pas, soit dans la grande salle de spectacle ou à la Vill’A un peu plus loin.

Au menu des soirées, Edith Piaf, Jacques Brel, Salsa, chanson française, danses créoles, musique celtique, folk des Balkan, le tout assaisonné d’accordéon, autant dire rien qui n’appartienne à mon répertoire de prédilection.

Ne nous mentons pas, les groupes n’ont pas mis le feu dans la foule. Le groupe Mes Souliers sont Rouges a été certainement le point d’orgue de ce festival avec la nuit brésilienne mais pas assez pour que je reste jusqu’au bout. En fait, le plus souvent j’ai photographié la première demi-heure avant de plier bagages par manque d’intérêt pour la musique. Musiciens statiques, musique moyenne, éclairages minimalistes, public maussade, pluie torrentielle, le festival n’avait pas grand chose de festif au bout du compte.

J’ai quand même ramené quelques clichés sympas de ces soirées. Ils sont temporairement disponibles sur Flickr avant que je ne les efface. Je n’ai pas mitraillé comme un fou non plus, ne voulant pas trier et traiter des centaines d’images chaque soir. L’objectif pour moi était d’illustrer l’accordéon en live, un instrument qui possède un certain cachet et que j’ai rarement photographié.

Neuf soirées, dix-huit concerts, soixante-onze photo publiées dont une oscarisée, finalement j’aurai presque couvert tout le festival, grignotant le soir une tranche de pain de mie et tomate avant partir à pied vers 18h30 photographier le premier groupe pour revenir trois heures plus tard trier les images avant de me coucher.

Je me pose la question du bien fondé de la gratuité du festival. D’après les anciens, lorsque le billet d’entrée était de vingt ou trente euros, les salles étaient combles et les artistes qui se produisaient avaient un certain renom. « C’était mieux avant… ».

J’avais rêvé de tango argentin au soleil, de folk irlandais sous les étoiles, de bal musette entre les arbres, pas de danse créole dépressive en salle ou de Piaf sous bâche plastique noire.

La Panne

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Peut-être est-ce parce que je suis sous l’eau, au sens propre comme au figuré, toujours est-il que depuis quelques temps j’ai vraiment du mal à trouver des albums qui m’enthousiasment. 

J’ai acheté dernièrement pas mal de disques d’artistes que je suis depuis longtemps et qui n’auront pas de chronique ici car je ne leur trouve rien de vraiment particulier. Le Jo Beth Young m’a laissé indifférent, le Kyros m’a agacé, le Alase n’a pas su me séduire et j’ai été partagé par Madder Mortem. 

Bref je suis en panne.

J’attends pas mal de sorties comme IZZ, Marjana Semkina, Rendezvous Point, Airbag ou Evergrey mais je me demande si l’une d’entre elle saura me secouer suffisamment pour que j’en parle dans les chroniques.

Un des CDs qui tourne en boucle en ce moment à la maison vient du label Deutch Grammophon pas vraiment spécialisé dans le rock progressif. Il s’agit d’un quatre mains au piano de Prokofiev et Ravel joué par Martha Argerich et Mikhail Pletnev. Une merveille ! Vous voyez à quel point la crise est profonde.

Imaginez votre trombine si je me mettais à parler de musique classique dans les Chroniques en Images. Déjà qu’avec du Gleb Kolyadin je n’en étais pas si loin, mais si je donne dans le Wagner et le Rachmaninov je vais me retrouver très seul sur Youtube.

Rassurez-vous j’écoute toujours de la musique. Je surfe sur Bandcamp à la recherche de la perle rare et comme je ne trouve pas grand-chose, je me replonge dans la collection de vinyles et de CD qui recèle quelques valeurs sures.

Je me suis retourné vers le mur de CD et j’ai pioché un peu au hasard des disques que je n’avais pas écouté depuis très longtemps : IQ, Ravel, Klone, Dream Theater, Schubert, Tiles, Transatlantic, Prokofiev, Marillion… quand j’arriverai à Selling England By The Pound j’aurai fait le tour de la collection, mais j’ai pas mal de temps encore devant moi.

En attendant que je le ressaisisse, vous pouvez toujours me proposer vos découvertes, qui sait, je trouverais peut-être mon bonheur si vous évitez le post-rock instrumental, la pop, l’électro, le prog seventies, les cover Pink Floyd et Porcupine Tree, le metal trop trash, les pseudo Mike Oldfield, le Punk, le Grunge, le Classic Rock, les trucs datant d’un siècle, le symphonico choucroute et tout le reste. 

C’est grave docteur ?

La cargaison

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Comme vous ne le savez pas, nous sommes partis en vacances pendant une semaine dans le sud-est de la France. Une semaine au soleil dans un gite pas très loin de ma belle famille.

Qu’est-ce que vous emportez lorsque vous partez en vacances ? Un maillot de bain, un bouquin, des lunettes de soleil, ce genre de truc. Ben pas nous. Enfin si mais pas que ça.

Pour ma part, je prends toujours un appareil photo, parce que les vacances c’est l’occasion de capturer de nouveaux paysages. Mais depuis quelques temps, j’ai renoué avec l’astronomie qui est une vielle passion et étant donné que le ciel n’est pas vraiment clément depuis le mois d’octobre, j’espère qu’en allant vers le sud, ce sera un peu mieux. 

Donc j’emmène également une monture équatoriale, une lunette, des oculaires, un télescope et des batteries sans parler des accessoires indispensables comme les contrepoids, les câbles et les adaptateurs. Largement de quoi remplir un coffre.

Ma femme, elle est musicienne et doit se produire cinq fois en public d’ici la fin de l’année avec plusieurs oeuvres à travailler. Elle emporte donc un piano numérique mais comme son second instrument est un violoncelle, les places arrières vont être prise par son étuis. 

Avec tout cela, la voiture est remplie. Mais comme Gaston avec sa valise à piles, il fallait trouver une petite place pour la brosse à dent et le dentifrice, sans parler des vêtements et des livres.

Au final, il a fallu faire quelques sacrifices. Piano et violoncelle ne tenaient pas ensemble à l’arrière de la voiture. Mon épouse n’a conservé que le clavier numérique. Et une fois la valise rangée dans le coffre, il n’y avait plus de place pour le Celestron et la valise à oculaires, j’ai dû me contenter de la lunette avec la petite monture ZWO.

Même avec nos deux enfants, on n’avait jamais été aussi chargé pour partir en vacances. Il va bientôt nous falloir un camping car avec une coupole sur le toit ainsi qu’une salle de concert à l’arrière.

Image empruntée à Franquin.

Tiger Moth Tales – The Turning Of The World

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Pete Jones

Si je ne suis pas forcément un fan de Tiger Moth Tales, j’adore l’album The Whispering Of The World de Pete Jones.

The Turning Of The World est son disque compagnon, des titres principalement acoustiques dans la même veine qui mélangent mélancolie et joie de vivre sur douze titres musicalement très variés.

Autant vous prévenir tout de suite, ici, il ne s’agit pas de rock progressif, encore moins de métal, mais plus de variété et de chansons à texte. Mais voilà, je n’ai pas pu m’en empêcher, il fallait que je vous parle de The Turning Of The World.

L’album commence sur un étonnant morceau de moins d’une minute intitulé ‘The Gataway’. Le titre me fait penser à une annonce de la fin du monde. Des téléphones portables sonnent tous ensemble au milieu de la foule, des détonations couvrent des hurlements avant qu’un avion à réaction ne frôle les têtes d’une foule terrifiée. Il s’agit peut-être d’une énorme fête avec ces cris de joie, et ces pétards bien que plusieurs éléments comme le battement de cœur et des sons d’acouphènes me font plutôt pencher pour la première version. A la fin de cette poignée de secondes énigmatiques, des petits oiseaux gazouillent, tout semble à nouveau apaisé.

The Turning Of The World

The Turning Of The World correspond sans doute assez bien à mes états d’âme actuels, une des raisons pour lesquelles il a trouvé un écho tout particulier à mes oreilles.

Car la musique n’est vraiment pas celle que j’écoute d’ordinaire. Je pense particulièrement à des morceaux dansants comme ‘Pass It On’ ou encore ‘The Beautiful People Of Munchwald’ qui racontent de beaux moments passés entre amis.

En fait, ces titres “légers” contrebalancent d’autres nettement plus graves comme le magnifique ‘The Snail, The Horse And The River’ ou bien ‘You Reached For My Hand’ qui parle du père de Pete.

Il y a également des pièces aux intonations plus folk comme ‘So Wonderful To Be Alive’ avec ses percussions, ‘We’ll Remember’ où résonne une flûte sur une mélodie toute simple à la guitare ou ‘The Lock Keeper’ également joué à la guitare sans artifice.

De nombreux instruments apparaissent dans cet album, saxophone, flûte traversière, percussions, accordéon sorti des classiques claviers, basse, batterie, guitares sans que je puisse créditer ici les musiciens s’il y en a d’autre que Pete Jones. Donc je ne m’aventurerai pas à affirmer ici qu’il s’agit d’un album solo.

Mon morceau préféré est le long ‘The Snail, The Horse And The River’ qui frise les neuf minutes et qui me chamboule à chaque écoute. Une pièce lente et mélancolique, à l’instrumentation très sobre, qui me rappelle beaucoup son précédent album The Whispering Of The World.

Mais pour tout vous avouer, chaque morceau de The Turning Of The World parle à mon cœur d’une manière ou d’une autre et j’aime l’album dans son intégralité.

Cela pourra sembler surprenant à certains que je me complaise dans ce genre d’atmosphères après avoir écouté du métal dur, du rock progressif alambiqué et du cinématique atmosphérique, mais voilà, je suis comme ça et j’aime beaucoup cet album.

Je ne peux donc que vous le recommander chaudement comme The Whispering Of The World si vous ne l’avez pas encore écouté.

Union et harmonie

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Je ne vais pas vous parler du mariage ni des différentes crises que rencontrent les couples dans la vie. Je laisse ça à votre thérapeute ou conseiller conjugal.

Je vous vous raconter mon premier concert en tant photographe d’une harmonie, ces orchestres à vent qui attirent un public de 70 à 90 ans.

J’y suis allé pour rendre service à l’association qui désirait des images du concert mais aussi afin de m’entraîner à cet exercice que je n’ai pas pratiqué depuis plusieurs mois et surtout, soyons honnête, parce que j’adore me la pêter avec mon matos dans une salle. 

Parce que la musique d’harmonie, ça n’est vraiment pas ma came, voire pas du tout ma came, je suis trop jeune pour cela, j’écoute encore du métal. Bref…

L’après-midi était en deux parties – Après-midi car les petits vieux se couchent tôt alors cela commence à 15h -, une première harmonie rejouant des classiques du cinéma, entrecoupée de sketches, la seconde harmonie, celle d’Arenheim interprétant des classiques des années soixante. 

Equipé principalement d’un 70-200 mm je vais pendant trois heures arpenter les estrades et la scène pour sortir trois cent cinquante photographies dont 90% partiront à la corbeille. 

Techniquement l’exercice est nettement plus simple qu’un concert de rock. Les lumières ne sont guère changeantes, les musiciens assis. Le défi consiste à faire de belles images du chef en pleine action, à capturer quelques portraits avec les instruments et réaliser quelques clichés d’ensemble.

Lorsque je passais derrière les rideaux pour photographier l’orchestre de très près, les musiciens ne me voyaient pas forcément tout de suite, mais de temps en temps l’un deux me remarquait et me lançait un clin d’oeil ou un sourire. J’ai trouvé cette complicité avec les musiciens, techniciens et le chef assez amusante, j’espère qu’ils aimeront les photos.

J’en ai profité bien entendu pour écouter la musique et regarder les sketches. Et j’avoue que la première partie de spectacle m’a agréablement surprise. Je connaissais les musiques jouées comme Spiderman, Princesse Mononoke. Chaque petit sketche – deux alsaciennes en voyage près du Poke Nord pour un festival du film fantastique – servaient d’introduction au morceau suivant.

Par contre, les versions sixties harmonisées aux cuivres de la seconde partie était à la frontière de ce que mes tympans peuvent endurer. Désolé pour Arenheim. Su votre club photo fait des étincelles, votre harmonie fait de la bouillie. Et puis moi, je suis encore trop jeune pour l’EPHAD.