Sous la coupole

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Vendredi dernier se déroulait la Nuit des Étoiles dans toute la France et j’étais aux commandes à Strasbourg. Des astronomes amateurs investissaient le Jardin Botanique alors que moi et Christophe nous nous installions sous la coupole de la grande lunette.

Malgré une répétition générale deux jours plus tôt, je n’en menais pas large. Parler en public ne me fait pas peur, mais manipuler un monument historique assez capricieux, c’est une autre paire de manches.

Le personnel du Jardin des Sciences s’occupait de canaliser le public venu nombreux pour l’événement. Ils guidaient des groupes de quinze personnes jusqu’à la coupole et nous les prenions en charge ensuite, pendant une trentaine de minutes.

Nous avions prévu de leur montrer la nébuleuse annulaire de la Lyre. Une seule cible, assez facile, pour éviter de passer notre temps à chercher des objets devant des personnes impatientes de mettre l’oeil à l’oculaire. Nous avons fait nos premiers réglages sur la planète Vénus qui se couchait à l’ouest. Une cible facile à pointer, d’autant quelle est visible à l’oeil nu. 

C’est après que les choses se sont compliquées. Avant l’ouverture des portes au grand public, un petit groupe de personnes est venu nous rendre visite, du personnel du Jardin des Sciences et des journalistes des Dernières Nouvelles d’Alsace, notre presse locale. Alors que nous étions en pleine préparation, il a fallu se prêter au jeu des questions réponses et des photos qui nous empêchaient de travailler dans le noir.

Du coup Messier 57, notre cible dela nuit, s’est fait désirer. Impossible de trouver l’objet dans un ciel encore clair à cause de la pollution lumineuse citadine. Lorsque le premier groupe est arrivé à 22h30, nous n’avions qu’une poignée d’étoiles à leur montrer dans la grande lunette.

Alors nous avons meublé en présentant l’instrument, ses caractéristiques, son histoire avant de leur laisser voir, pendant quelques secondes, des étoiles faiblardes de la constellation de la Lyre. Un vrai four, mais le public semblait satisfait. Après quelques selfies devant le vénérable instrument, le premier groupe a laissé place au second et nous n’avions toujours que quelques étoiles à montrer.

Pendant que Christophe parlait au public, je me suis battu avec les cadrans gradués, la lunette guide, la coupole et la grande lunette pour chercher encore une fois cette petite nébuleuse pâlichonne. Et miracle, alors que Christophe avait épuisé les sujets autour de la lunette, son âge, ses caractéristiques, sa construction, sa motorisation, son usage, je lui ai glissé à l’oreille que nous avions la nébuleuse de la Lyre dans l’oculaire.

À partir de là, nous avons pu être nettement plus serein. Les personnes sont passées les unes après les autres admirer la nébuleuse dans la lunette et nous avons eu enfin du temps pour répondre à plein de questions sur de nombreux sujets.

Pour le troisième et dernier groupe de la soirée, ce fut nettement plus facile. Notre présentation était maintenant bien rodée et si la rotation de la coupole nous a donné pas mal de fil à retordre à cause d’engrenages capricieux (la chose pèse quand même trente-quatre tonnes), nous avons réussi à montrer la nébuleuse et à répondre aux questions posées.

Une fois les derniers visiteurs partis, vers une heure du matin, nous avons voulu viser la planète Saturne. Hélas, les problèmes de rotation de la coupole nous ont fait renoncer rapidement à notre projet, au grand dam de plusieurs personnes qui auraient bien aimé l’observer.

Après avoir refermé la coupole et chassé les derniers astronomes des jardins, je suis rentré me coucher, fort du devoir accompli. Sauf que mercredi, je signais à nouveau pour l’éclipse solaire au Champ du Feu.

Demandez le programme !

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Cet été je ne mourrai pas d’ennui. Déjà parce que je travaille, ensuite parce que j’ai vraiment un planning chargé.

Les dimanches après-midi, je monte au Champ du Feu pour tenir la permanence d’une exposition. Certains vendredi soir, je donne des conférences devant un public clairsemé. Les nuits claires, je monte dans les Vosges pour ajouter des heures à des projets astronomiques. Et lorsque le soleil se lève, je retourne au travail, un peu fatigué.

Cette année, en plus de la traditionnelle Nuit des Étoiles que nous organisons au Jardin Botanique à Strasbourg, il y a l’éclipse partielle de soleil du 12 août. Un évènement très médiatisé qui risque d’attirer nombre de visiteurs.

Et je suis sur le pont pour ces deux évènements, dans la coupole de la grande lunette le 7 août et sur le parking du Vieux Pré au Champ du Feu pour l’éclipse solaire. Et pas de chance pour moi, il fait beau. Donc aucune des dates n’est annulée.

Pour l’éclipse, sorti de gérer la foule, il ne devrait pas avoir de problème majeur. L’association m’a confié un superbe instrument solaire pour l’occasion, il faudra juste canaliser le public et expliquer sans cesse les consignes de sécurité aux gens.

Cela risque toutefois d’être une grosse journée. Arrivée vers 14h au Chalet du Champ du Feu avec probablement beaucoup de monde, installation des instruments vers 17h sur le parking, éclipse de 19h à 21h et pour finir une conférence de nouveau au chalet. Et le lendemain, je pars pour trois nuits de métal comme photographe à Colmar et Guebwiller.

La nuit des étoiles m’angoisse nettement plus. Car c’est moi qui serai aux commandes de la grande lunette de l’observatoire. Je connais assez mal l’instrument et cette nuit là, il n’y aura pas de cible facile à pointer. Pas de lune, pas de planète, rien. Je devrais chercher les rares les objets bien visibles dans la lunette à l’aide de leur coordonnées, ascension droite et déclinaison. Tout ça en tournant de grosses roues et en vérifiant les graduations dans un oeilleton.

Une partie de rigolade. Si je ne trouve pas la cible, j’aurais 15 personnes devant moi qui risquent d’être assez frustrées. Pendant ce temps, mes copains seront dans les jardins à utiliser leur matériel alors que je jouerais avec un tube de 7 mètres et une coupole de 34 tonnes classée monument historique. La troisième plus grande lunette astronomique française et la seule encore en activité. Grosse pression quand même.

Je me plains mais, je ne suis pas peu fier en vérité.

Les inscriptions pour la Nuit de Etoiles sont complètes pour Strasbourg, donc vous n’aurez aucune chance de me voir me planter en manipulant la grande lunette si vous n’êtes pas déjà sur les listes.

Pour l’éclipse de soleil, il y aura probablement beaucoup de monde, donc préparez-vous au bain de foule et probablement à des embouteillages pour monter au Champ du Feu. Mais je serai là. Avec un peu de chance, il y aura plus de dix personnes pour la conférence du soir…

La chorale

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Ça commence à se savoir que sur Strasbourg il y a un hurluberlu qui photographie les concerts associatifs juste pour le plaisir.

C’est comme ça que j’ai été sollicité pour immortaliser une chorale en pleine action. Je l’ai déjà fait pour le Bon Tempérament à plusieurs reprises mais je ne vous cache pas qu’une chorale, ce sont des chanteurs immobiles en rangs d’oignons reprenant des tubes souvent sans musiciens. Bref ça ne m’emballe ni pour le visuel ni pour le sonore.

N’empêche j’ai accepté pour trois raisons :c’était demandé gentiment, la chorale reprenait du hard rock et ça se jouait au Palais de la Musique et des Congrès à Strasbourg, une très grande salle à l’esthétique des plus intéressantes où je n’ai été, jusqu’à présent, que spectateur.

Le concert commençait dimanche à 18h mais le chef de choeur préférait que je sois présent dès le début des répétitions à 13h30 pour photographier les coulisses du concert. Ça m’allait également car j’aime bien prendre mes marques dans une salle que je ne connais pas et si je peux en bonus prendre en cachette des photos des artistes en dehors du spectacle lui-même, je suis aux anges.

La salle est vraiment impressionnante pour un photographe habitué aux jauges de trois cent personnes. Elle peut accueillir jusqu’à mille huit cent spectateurs. Je dispose même une loge spacieuse pour ranger mon matériel et me poser. Par contre j’ai du mal à envisager la manière dont de vais pouvoir évoluer et shooter devant cent-vingt choristes, un chef et un groupe de rock avec chanteur. 

Une équipe vidéo va capter le concert, quatre caméras fixes et deux mobiles avec qui il va falloir se partager la scène. Je peux naviguer dans la salle, monter sur scène, me placer derrière les choristes, autant dire que je vais beaucoup marcher.

Lorsque j’arrive, les musiciens règlent la balance avec les techniciens. Je reconnais le batteur et le chanteur du groupe Los Dissidentes Del Sucio Motel que j’ai eu l’occasion d’écouter en live.

Thomas, le chef de l’ensemble, ne tarde pas à envahir l’espace avec son choeur. Il n’est pourtant que 14h mais ils ont beaucoup de choses à mettre en place comme la rentrée sur scène, la sortie, les balances et une mini répétition.

Je mets ce temps à profit pour prendre mes marques, savoir où me placer pour tel ou tel cadrage et m’accoutumer aux éclairages de la salle.

A 17h tout est en place, les artistes rejoignent leurs loges pour faire un break avant le grand saut. A ce stade, j’ai déjà fait pas loin de 200 photos. Il va falloir que je me calme. 

Vers 17h30 le public commence à rentrer dans la salle Erasme. Cela devient tout de suite plus impressionnant. L’équipe vidéo se prépare et je fais de même.

Au son des cloches de ‘Hell’s Bells’, dans une lumière rouge satanique, les chanteurs habillés en rouge et noir, s’installent sur les gradins, comme à la répétition. Thomas, le chef de choeur, vêtu d’une cape, descend au milieu du public pour rejoindre la scène et c’est parti pour deux heures de show.

L’ensemble enchaîne sans complexe des classiques de Deep Purple, Évanescence ou Black Sabbath. Certes, malgré l’énergie des choristes et la musique du groupe, l’ensemble n’a pas la même niake que les pièces originales, n’empêche, ça fonctionne plutôt bien. Si les choristes sont immobiles, sinon ça aurait un sacré bordel quand même, le chanteur de LDDSM et le chef de choeur se démènent pour occuper la vaste de scène de la salle Erasme. 

Le public, acquis d’avance, est en liesse et chante parfois avec l’ensemble Catharsis. Toutes les générations semblent représentées dans la salle, il faut dire que beaucoup d’amis et membres des familles des choristes sont présents.

Comme les caméramans se promènent sans vergogne devant le public et que je suis le seul photographe, je commence moi aussi à grimper sur les planches pour me rapprocher des choristes, photographier les spectateurs et varier les angles de vue. J’essaie surtout de capturer le groupe avec les chanteurs ce qui n’est pas vraiment aisé. C’est assez physique, la salle est large et profonde , alors j’essaye d’optimiser mes déplacements.

Après deux heures de classiques de hard-rock et deux rappels, le concert prend fin sous les acclamations du public. Je suis déshydraté, affamé et j’ai plus de cinq cents photos exploitables dans les cartes mémoires des appareils. Je vais avoir beaucoup de travail une fois rentré à la maison.

Je ne vous cache pas que photographier une chorale de cent vingt chanteurs dans une grande salle de concert fut une expérience assez unique pour moi. Je be regrette pas d’avoir sacrifié un dimanche après-midi à l’exercice d’autant que j’ai sorti quelques belles images. Le chef de choeur a gardé les coordonnées, il est donc possible que je renouvelle l’expérience l’année prochaine.

Mais pour l’instant, mon prochain shooting aura lieu en extérieurs avec Toïtoïtoï place Kleber le 27 juin.

Marillion à Strasbourg

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Photo Laurent Regnard pour le magazine Neoprog

Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.

Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.

Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.

En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.

J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli

Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.

Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.

Donc Marillion…

Toy Story

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Samedi, l’association musicale Toïtoïtoï fêtait ses dix ans au Pavillon Joséphine à Strasbourg. Une journée remplie de musiques et de conférences autour du handicap. 

Les festivités débutaient à 11h pour finir après 22h, avec au programme six concerts et trois conférences. 

Et le photographe officiel, c’était moi…Arrivé à 10h par un froid glacial, j’ai pris mes marques dans la salle de concert, installant une table et un Mac pour traiter mes images au fil de l’eau, histoire de gagner du temps et m’occuper entre les concerts.

En parlant de concerts, il y avait au programme du chant lyrique avec le Duo Absinthes et un violoniste invité, un récital classique, des polyphonies, un concert de blues, le groupe folk parisien Beneath My Sins et pour finir la troupe de Toïtoïtoï. Oui tout ça quand même !

J’ai commencé les photos à 11h avec Illuminations, des œuvres de Benjamin Britten, Samuel Barber et Philip Glass joués au piano et violon avec Clarissa au chant. J’avais déjà eu l’occasion d’écouter le Duo Absinthes dans une église à Strasbourg il y a quelques années avec mon épouse. J’ai été cette fois, particulièrement soufflé par la beauté du récital. La pianiste Motoko accompagne à merveille Clarissa et l’arrivée de Ferdinand au violon dans l’ensemble ajoute de la matière aux œuvres interprétées. Par contre la salle ne se prêtait guère à la photographie avec sa lumière crue et ses murs blancs. J’ai fait comme j’ai pu.

J’ai manqué le concert classique pour des raisons alimentaires. Le food truck Ma chouette crêperie qui proposait des crêpes et des galettes, délicieuses au passage,  était pris d’assaut et lorsque j’ai eu terminé d’engloutir la galette complète, la crêpe à la confiture de mandarine avec un expresso serré, c’était la fin des Polyphonies chantées par les voix de Toïtoïtoï. J’ai quand même pu faire quelques photographies à l’arrache.

Peu après 15h, démarrait le concert Blue Toï dans la salle de concert. Un set en deux parties avec tout d’abord des compositions originales de la chanteuse Elise Kocer (ma voix préférée de Toïtoïtoï, mais chut !) et ensuite l’histoire du blues, racontées par une partie de la troupe.

Elise s’accompagnait au piano sur des textes en français. Des textes durs et sombres qui tranchent avec sa voix envoûtante. Quatre courtes chansons sur une musique assez blues qui m’ont laissé relativement mal à l’aise. Un univers aux paroles crues et très noires sur quelques accords au piano. N’empêche, c’était beau.

Le blues band prend la suite avec une demie heure de musique et de chant revisitant des classiques de Presley jusqu’aux Blues Brothers. Rien de tel pour réchauffer l’atmosphère.

Le temps de transférer mes photos sur le Mac, et Beneath My Sins, avec qui j’ai inévitablement sympathisé, puisqu’ils ont honteusement squatté mon bureau pour se maquiller, sont montés sur scène pour nous livrer un set énergique et bondissant, entre folk et métal. 

J’ai adoré. J’ai aussi couru dans tous les sens pour essayer de capturer leur prestation, brûlant mes dernières cartouches d’énergie. Après ça, j’étais cuit.

Le quatuor, violon, flûtes, guitare, batterie court dans tous les sens, harangue le public (pas assez nombreux à mon goût), plaisante et joue un folk métal festif à reprendre en chœur. C’était très bon !

Puis vers 20h45, Toïtoïtoï est monté sur scène pour le dernier concert, le troisième de l’après-midi tout de même. Enfin ‘monté’. Clarissa et Eric ont remonté l’allée en direction de la scène en chantant, elle en mariée, lui en Barbe Bleue, avant de rejoindre les musiciens. Une magnifique pièce d’ouverture suivie d’un second duo encore plus émouvant. 

Les différents tableaux se sont succédés, entre émotion, rock, gaudriole et grand spectacle, ne laissant aucun répit au public venu en force. Le concert était sold out depuis la veille.

Malgré un micro capricieux, dans un spectacle comme Toïtoïtoï il y a énormément de micros à gérer, et des éclairages perfectibles, la troupe nous a livré un show de grande qualité, sans doute un des meilleurs auquel j’ai assisté, revenant sur dix années de travail et de passion. 

Des anciens et des nouveaux de Toïtoïtoï se sont joints à cette soirée, comme Marianne, la violoniste du groupe Beneath My Sins. Une grande réunion et une journée festive qui aura fait découvrir au public présent des genres musicaux très variés ainsi que des les sensibiliser aux problèmes liés aux handicaps.

Vers 23h, soit treize heures après mon arrivée, j’ai quitté le Pavillon Joséphine et traversé le Parc de l’Orangerie plongé dans le noir par moins cinq degrés sous abri, lourdement chargé de mes deux sacs et plus de huit-cents photos, totalement épuisé mais heureux. Le plus dur restait à faire, à savoir trier, développer et publier les images sélectionnées, activité qui a occupé toutes mes heures de loisirs jusque mercredi soir.

Bravo à Toïtoïtoï pour l’organisation de cette journée exceptionnelle, bravo à tous les artistes et les associations présentes et à dans dix ans, cette fois ci au Zénith.

La nuit au musée

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Une fois par an, le week-end, les musées ouvrent leurs portes la nuit, pour des visites exceptionnelles. Ici pas de Ben Stiller en gardien ou de statues qui reprennent vie, juste une invitation à redécouvrir gratuitement ces lieux culturels. 

Cette année mon épouse penchait pour une visite au musée d’art moderne qui possède une belle collection de peintures contemporaines. J’aurai également penché pour son choix, malgré une petite préférence pour le musée de l’œuvre Notre Dame, mais le destin en a décidé tout autrement. 

L’Orchestre Le Bon Tempérament jouait pour l’occasion au Palais Rohan lors de cette nuit exceptionnelle. Et il cherchait un photographe pour immortaliser le concert. 

J’avais déjà couvert un de leurs concerts et c’est Sarah, la flûtiste de Toïtoïtoï, qui joue également dans l’orchestre, qui m’a sollicité, un peu à l’arrache certes, mais sollicité quand même. Et ça fait toujours plaisir qu’on se souvienne du photographe du concert. Cela signifie que soit, ils n’ont trouvé personne d’autre, soit que mon travail n’était pas si mauvais que ça finalement. Je ne préfère pas savoir quelle est la bonne réponse.

Le Palais Rohan construit au 18eme siècle abrite trois musées dont celui des beaux-arts. Des vastes pièces en enfilade avec de hauts plafonds, décorées de tableaux et meublés façon 18eme. Autant l’avouer tout de suite, photographier des musiciens dans un tel cadre me faisait très envie. 

Me voilà donc parti avec mon barda vers 16h30 pour rejoindre le Palais Rohan à pied et en tram. C’était sans compter sur les footeux qui organisaient leur nuit au musée sur la place d’Austerlitz dans un grand foutoir de fumée, fusées, déguisements, gueulantes et bières. À ce qu’il paraît le Racing a perdu. Bien fait ! Ils n’avaient qu’à pas emmerder le monde. Je suis quand même arrivé à l’heure au rendez-vous en empruntant des chemins de traverses.

Mais voilà, mes rêves de belles salles classiques tombèrent à l’eau en arrivant sur place. L’orchestre allait jouer dans la cour, pas dans la salle de bal avec ses tableaux ou dans la bibliothèque. 

La photographie de spectacle en extérieur, ce n’est pas vraiment mon fort. Le bon côté, c’est que je disposais d’un laissé passer pour circuler librement à peu près partout, des terrasses jusqu’aux salles d’exposition. Et je vous assure, admirer la cathédrale de Strasbourg de nuit du haut de la terrasse du Palais Rohan, ça vaut le détour.

Il y avait cinq animations musicales au Palais Rohan. Un ensemble de cuivres sur la terrasse, l’orchestre dans la cour, un premier ensemble de musique de chambre dans la bibliothèque, un second à l’entrée du musée archéologique et une harpiste dans le salon de musique du musée des beaux-arts. Autant dire que lorsqu’un ensemble terminait de jouer, il fallait se dépêcher pour aller photographier le suivant. 

Je suis habitué à photographier en salle avec des projecteurs, pas aux extérieurs en plein soleil, sauf lorsque je fais du paysage. Mes premières images n’ont pas donné grand-chose, mais vers 21h, lorsque le soleil s’est couché derrière la cathédrale, j’ai commencé à trouver mes marques.

Dans la cour, quatre projecteurs bleus léchaient la façade du Palais Rohan, deux rampes de lumières en terrasse arrosaient la cour, plusieurs lanternes éclairaient les portes et chacun des pupitre des musiciens disposaient d’un lampe LED. Cela suffisait amplement pour jouer avec les lumières et pour éclairer les visages. C’est là que j’ai commencé à réaliser des clichés intéressants.

Les ensembles jouaient à plusieurs reprises dans la soirée, de 19h à 23h, tant et si bien que je savais à quoi m’attendre après un premier tour de chauffe et j’ai pu trouver les bons spots comme ce point de vue plongeant sur l’orchestre du haut de la terrasse. 

Pour une fois j’ai principalement fais des plans de groupe plutôt que des portraits serrés sur les musiciens. Déjà je ne voulais pas gêner les artistes et les spectateurs en leur imposant ma silhouette dans le paysage, ensuite, je me connais, je me serais certainement concentré sur trois ou quatre personnes qui accrochent mieux l’objectif.

L’orchestre présentait au public venu nombreux, des extraits de son répertoire composé de tubes de musique classique. Un orchestre amateur certes mais formé de nombreux élèves du conservatoire qui possèdent déjà un niveau quasi professionnel. Il y avait également un quatuor qui jouait des musiques de films, hélas très mal placé, au bas des escaliers descendant au musée archéologique et face aux toilettes. Dans la bibliothèque du palais jouait un autre quatuor que je n’ai pas eu la chance d’écouter ni photographier, des musiciens aguerris comprenant la première violoniste de l’orchestre. Les cuivres, installés sur le toit sonnaient toutes les heures la marseillaise pour battre le rappel des visiteurs. Ils jouaient également d’autres pièces, mais difficile de les citer ici, je ne connais guère le répertoire des cuivres. Enfin il y avait cette jeune harpiste aussi talentueuse que timide qui livrait un délicieux récital de harpe dans le salon de musique. Les visiteurs, parcourant les salons du palais, s’arrêtaient tous, subjugués par la beauté de la musique et du lieu.

Je suis revenu à la maison vers 23h30 avec un peu plus de deux cents photos et une faim de loup (j’avais oublié de manger). Après un tri sévère, même s’il n’y a pas eu de déchet, je n’ai conservé que 33 images, le ratio habituel lors d’un concert.

La nuit des étoiles

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Peu avant la mi-août, la Terre filant à toute vitesse sur son orbite solaire, traverse des nuages de poussières qui donne naissance aux étoiles filantes des perséides. C’est souvent l’occasion pour de nombreuses associations d’astronomie de faire découvrir le ciel au grand public, à condition bien sûr que la météo soit de la partie.

Cette année nous avions posé notre camp dans le Jardin Botanique à Strasbourg, au pied de la coupole pour la nuit. Le ciel était capricieux mais les prévisions annonçaient une nuit dégagée. Nous avons installé nos instruments dans une clairière herbue infestée de moustiques assoiffés. 

J’avais amené le télescope pour montrer le ciel en visuel aux visiteurs et la lunette couplée à une caméra pour essayer de résoudre des problèmes techniques rencontrés au Champ du Feu le lundi précédent. Les nuits claires sont rares, il faut savoir profiter de la moindre occasion. 

La ville de Strasbourg avait éteint les lumières du quartier pour l’occasion et les étoiles principales de quelques constellations étaient visibles à l’oeil nu. Par contre la Voie Lactée restait cachée à nos yeux. Strasbourg oblige…

Les portes du Jardin Botanique n’ouvraient qu’à 22h30 pour le grand public mais dès 21h, une queue s’était constituée devant l’entrée. Il faut dire que les visiteurs pourraient admirer la grande lunette de l’observatoire et observer les anneaux de Saturne dans son oculaire.

Je terminais de régler l’autoguidage de ma petite lunette de 72 quand je me suis aperçu que j’étais entouré de nombreuses personnes. Et quand la première image de la nébuleuse planétaire M27 s’esquissa sur la tablette les questions fusèrent : « c’est quoi comme instrument », « par où est-ce que l’on regarde », « c’est quoi le petit point flou sur l’écran », « comment ça marche », « ça coûte cher » ? 

Je n’avais pas prévu de présenter cet instrument et me retrouvais coincé entre le télescope où des curieux s’agglutinaient et la lunette déjà bien ceinturée de personnes. Par chance Tim le canadien qui voulait tester le télescope avec son nouvel oculaire zoom 7-21 mm (que j’ai acheté le lendemain) a pris les choses en main. Après lui avoir montré comment fonctionnait l’engin, il a géré comme un grand avec un autre compère, Clovis chauffeur de l’Obsmobile, la longue file de curieux voulant coller un oeil à l’oculaire.

Pendant ce temps, je me retrouvais contre toute attente à expliquer à un public curieux les principes de l’astro photographie avec assurance alors que je débute à peine. J’ai réalisé que les images présentées sur une tablette avait nettement plus d’impact qu’un oeil brièvement collé à un oculaire. Le temps que la caméra cumule deux minutes d’exposition, j’expliquais le matériel aux personnes présentes, leur montrait des photos terminées, leur parlais de l’objet visé, galaxie, amas globulaire, nébuleuse planétaire, étoile double ou nébuleuse diffuse. 

D’un groupe à l’autre, pointant chaque fois un nouvel objet, répondant aux multiples questions, montrant le matériel, repassant sur le télescope quelques secondes pour un réglage ou pour pointer Jupiter qui se levait, je fus surpris par l’appel de l’organisateur qui annonçait la fin de la soirée d’observation. Il était déjà une heure du matin et la coupole grouillait encore de visiteurs.

J’aurai pu être au Champ du Feu à photographier les Piliers de la Terre ou à observer une comète mais ce genre d’évènement est l’occasion de montrer le ciel aux curieux et qui sait de créer de nouvelles vocations. Ce soir là j’ai rencontré deux personnes bien décidées à franchir le cap après avoir admiré les objets que nous leur présentions. Et puis en cette période d’obscurantisme scientifique, il est essentiel d’expliquer que la Terre tourne autour du soleil, que l’homme a marché sur la lune et que notre planète n’est pas plate.

Le lendemain, malgré la fatigue, nous sommes quand même montés avec quelques membres de l’association sur les collines près de Cosswiller pour une nouvelle soirée d’observation plus paisible. L’obsmobile est restée au garage à cause d’une batterie à plat et pour ma part je n’étais monté qu’avec un transat pour regarder les étoiles avec mon épouse. Ce fut magique.

The Pineapple Thief de retour à La Laiterie

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Après une nuit blanche au travail, une sortie astronomique avortée et une réunion éco responsable tardive, je suis allé écouter The Pineapple Thief en fin de semaine à La Laiterie. Et comme j’y suis allé avec des personnes peu fréquentables, tout à commencé au Cul Terreux encore une fois.

Après une bière et quelques amuses bouche typiquement alsaciens, nous avons marché jusqu’à la salle de concert où nous attendait une très longue file d’attente. La Laiterie serait quasiment remplie.

En première partie, un chevelu seul avec sa guitare et ses loops chantait d’une voix haut perchée des trucs pas vraiment transcendants. Le gars en question, c’était Randy Mcstine qui jouait autrefois avec Porcupine Tree. Encore une fois, le groupe à Bruce Soord rassemblait des membres éparpillés de la bande à Wilson. Le bon côté c’est que Randy ne va pas cette fois éclipser la prestation de The Pineapple Thief.

Vers 21h, alors que nous sommes tassés sur les gradins, le groupe arrive et attaque directement avec leur dernier album It Leads To This pour mon plus grand bonheur. Ils vont le jouer dans son intégralité, intercalant des titres plus anciens dont un album de 2016.

Autant la dernière fois qu’ils jouaient à La Laiterie je les trouvais fatigués et la salle trop grande pour leur prestation, autant cette fois, ils sont en forme et occupent vraiment bien la scène. Entre jeux de lumières, alternance de douceur et d’énergie, leur set est dynamique et forcément trop bref. Le public répond présent et Bruce tente quelques mots en français pour nous parler. C’est la troisième fois qu’ils jouent à la Laiterie et c’est la cinquième fois que je les vois en live après deux concerts à Karlsruhe. 

Et de ces cinq dates, il s’agit de leur meilleur performance sans aucun doute. Bref j’ai adoré. 

J’ai souvent fermé les yeux pour me concentrer sur la batterie de Gavin Harrison qui joue souvent, mine de rien,  une rythmique dans la rythmique. J’ai aussi dégusté les couleurs des multiples guitares de Bruce Soord qui change sans cesse d’instrument, même au cours des morceaux. Je me demande combien de grattes il trimbale dans son tour bus.

Il y aura tout de même des petits bémols à ce fabuleux concert : au début de la prestation de The Pineapple Thief une voix GPS annoncera qu’il est interdit de filmer,.. Quoi, Bruce Soord nous fait  une crise à la Steven Wilson ? Le guitariste qui chante de temps en temps est toujours à un peu à côté du diapason, rien de grave mais ça a tendance parfois à me déconcentrer. Et beaucoup plus grave, ils n’avaient plus d’exemplaires vinyles de It Leads To This a stand de merch, j’ai dû me rabattre sur une édition hors de prix de Luminescence pour me rattraper…

Après le concert je suis tombé sur quelques amis qui d’ordinaire hantent les concerts de Chez Paulette, salle fermée pour une durée indéterminée hélas. J’ai également rencontré deux lecteurs réguliers du blog que je salue au passage ici, merci pour vos encouragements et votre fidélité. Une épouse jalouse m’a affirmé que ma trombine passait trop souvent sur le petit écran de leur domicile conjugal, encore désolé Pierette, et bisous !

Ce fut un concert exceptionnel et malgré la fatigue accumulée au cours de la semaine. Merci M. Soord.

I want to ride my bicycle

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Ce week-end je suis allé me promener à Strasbourg avec la ferme intention de faire quelques photographie. Car à poster trois images par semaine, mon stock commence à se vider. J’ai déambulé dans les rues, principalement autour de la place du Château et Kléber car je voulais continuer dans la dynamique du Palindrome. Mais bon, on ne peut pas gagner à chaque fois.

Cette dernière photo a été prise à l’arrêt de tram Kléber où de nombreux vélo sont accrochés. Des vélos en piteux état pour certains qui gisent là depuis des mois, abandonnés par leur propriétaire. Un cimetière de deux roues.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-70 mm, 1/40s, f/11, ISO 200, 38 mm

Bubbles

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Ce week-end je suis allé me promener à Strasbourg avec la ferme intention de faire quelques photographie. Car à poster trois images par semaine, mon stock commence à se vider. J’ai déambulé dans les rues, principalement autour de la place du Château et Kléber car je voulais continuer dans la dynamique du Palindrome. Mais bon, on ne peut pas gagner à chaque fois.

Cette seconde photo a été prise place du Château. Une personne, pour gagner quelque menu monnaie, lançait des bulles dans le ciel. Trois jeunes filles se sont approchées et ont commencé à jouer avec les bulles de savon. Je n’ai pas résisté au déclencheur ce qui les a d’ailleurs incité à continuer pour l’objectif. J’aime beaucoup le sourire de la jeune fille à gauche retrouvant les joies simples de l’enfance. Ce que je n’avais pas vu par contre, et que je n’ai pas vraiment pu atténuer à développement, c’est le morceau de bulle éclatée au bout du nez de la jeune femme à droite. Je n’y peut rien, cela me fait songer à une scène du film Mary à tout prix.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-70 mm, 1/200s, f/7.1, ISO 90, 70 mm