Archives de l’Exode

Image

Oui encore un roman de Becky Chambers tiré de son cycle Les Voyageurs. Sans doute celui que j’ai préféré d’ailleurs alors que j’ai adoré tous ces livres.

Archives de l’Exode parle de l’humanité qui a quitté la terre mourante à bord de vaisseaux générationnels pour trouver une nouvel planète où recommencer tout à zéro. En route ils ont rencontré l’Union Galactique, l’ont rejoint et sont restés vivre dans leurs vaisseaux, orbitant autour d’une étoile.

Ce troisième tome, découpé en petits chapitres et cinq parties, dresse le portrait d’exodiens vivant à bord d’un des vaisseaux de la flotte. Une occasion pour Becky de nous décrire une utopie sociale, une société humaine égalitaire unique en son genre avec son économie du troc, la garantie pour tous de respirer, dormir et manger sous un toit, où le médecin n’est pas plus riche que le teinturier et où les morts fertilisent les cultures.

Il est d’ailleurs beaucoup question de la mort dans ce roman mais aussi de la vie et du sens qu’on lui donne. Si vous ne deviez lire qu’un seul roman de ce cycle, ce serait celui-ci, mais lisez-les tous !

L’Espace d’un An

Image

Me revoilà avec Becky Chambers et son cycle Les Voyageurs. Une lecture toujours dans le désordre, cette fois avec le premier tome du cycle, mais cela n’a pas vraiment d’importance.

L’Espace d’un An est assez différent de Libration et de La Galaxie vue du Sol. Il s’agit d’un roman de Space Opera.

Nous montons à bord du Voyageur, un vaisseau tunnelier qui creuse des passages entre les mondes. Son équipage inter espèces est des plus atypique surtout avec Lovely, une IA considérée comme une membre à part entière du vaisseau.

Le Voyageur part pour un très long contrat afin d’aller creuser un tunnel dans un espace encore sauvage revendiqué par une espèce extraterrestre belliqueuse. Un long voyage qui est l’occasion de mieux de découvrir son équipage pour le moins hétéroclite.

La mission, qui devait rapporter une belle somme à l’équipage, vire rapidement à la catastrophe, révélant les forces et faiblesses des membres de cette famille étonnante.

Abordage, sauvetage, escale technique pour finir comme cible d’un vaisseau, tout y passe. Mais le livre est aussi l’histoire de Rosemary, une jeune fille au passé obscur qui a quitté Mars pour s’engager à bord du Voyageur. Elle y découvre un capitaine pacifiste amoureux d’une extraterrestre qui travaille pour des militaires, un cuistot dont l’espèce est en voie de disparition, une paire sianat poilus mourants, une aandrisk en manque d’affection, un clone désagréable et une IA qui voudrait devenir humaine. Toute une galaxie enfermée dans un vieux vaisseau rafistolé.

L’écriture bienveillante de Becky Chambers met sans doute plus de temps à transpirer dans ce récit riche en rebondissements. Il faut du temps pour mettre en place le décors, présenter les personnages et leurs interactions mais comme toujours chez Becky Chambers, ce sont les relations humaines ou extraterrestres, comme vous préférez, qui finissent par prendre le pas sur l’action, et c’est pour cela que j’aime ses romans.

L’Espace d’un An éclaire quelques passages obscurs de Libration et offre un magnifique voyage de planètes en planètes à ceux qui aiment comme moi le space opéra. Alors naturellement, je poursuis maintenant mon exploration des Voyageurs avec Archives de l’Exode qui est la suite de Libration.

Libration

Image

Je vous ai déjà parlé de Becky Chambers avec son roman La Galaxie Vue du Sol que j’avais adoré. Alors, lorsque je suis retourné chez le libraire, et j’ai pris un autre livre d’elle, Libration tiré du même cycle Les Voyageurs.

Je parcours ce cycle dans le désordre depuis le début mais ça n’est pas un problème. Chaque roman raconte une histoire indépendante des autres.

Ici il est question d’une IA enfermée dans le corps étriqué d’un robot et d’une petite fille triant des déchets dans une usine. Des récits parallèles qui se rejoignent progressivement et qui contiennent, comme toujours, de belles leçons d’humanité, alors que l’on parle ici d’extraterrestres, de clones et d’androïdes.

L’univers des Voyageurs est haut en couleurs avec toutes ces races extraterrestres qui cohabitent, ces planètes très différentes et ces vaisseaux spatiaux hantés par des IA.

Les personnages de l’histoire sont tous attachants, que ce soit Bleu, Poivre, Sidra ou Tack. Le lecteur a tout de suite envie de faire leur connaissance.

Libration raconte l’histoire de Jane 23, une clone de dix and qui travaille comme une esclave dans une usine à trier les déchets technologiques d’un monde poubelle. La petite fille s’évade un jour et rencontre Chouette, une IA coincée sur la planète dépotoir. En s’entraidant elles réussiront peut-être à s’arracher à la gravité de cette gigantesque décharge.

Mais quid de Poivre, Bleu, Sidra et Tack ? Deux récits se partagent les pages du roman, et c’est ce qui en fait la force. Deux temporalités différentes qui pourtant sont liées. Le lecteur comprend l’artifice assez rapidement mais cela n’a pas d’importance. L’histoire fonctionne à merveille.

Encore un excellent roman de Becky Chambers que je vous recommande chaudement.

Alamut

Image

J’ignorais en m’embarquant dans ce roman, je m’attaquais à un classique du genre. Entre Les Mille et Une Nuits, Fanatisme mode d’emploi et Comment s’emparer du pouvoir, Vladimir Bartol livre ici un roman captivant que j’ai dégusté avec un immense plaisir.

Le maître Hasan-Ibn Sabbâh, au nom de l’Ismaélisme, fédère autour de lui des croyants fanatisés pour rendre l’Iran à son peuple. A travers l’histoire d’un jeune homme, Avani ibn Tahir, qui deviendra un fedayin et d’une esclave, Halima, transformée en houri, l’auteur nous dévoile l’implacable machination que Hassan va ourdir pendant vingt ans pour transformer la forteresse d’Alamut en centre du pouvoir des Ismaéliens.

Le roman mélange histoire (il est partiellement basé sur des faits historiques), politique (vous apprendrez tout sur les sultans, les émirs, les dais et les vizirs), religion (le fameux Paradis et ses houris), fanatisme (la transformation de soldats d’élite en tueurs suicidaires) et les contes des Mille et Une Nuits.

Les intrigues politiques sont les parties les plus difficiles du livre. Les justifications philosophiques de Hasan sont intéressantes même si elles sont plus que discutables et pour le reste, il s’agit presque d’un roman d’aventure avec de jeunes protagonistes à peine sortis de l’innocence, manipulés par un homme retord et solitaire.

Le roman parle surtout du pouvoir absolu et de l’endoctrinement des hommes autour d’une idée et d’un leader. Un excellent livre, distrayant, exotique et intelligent offrant plusieurs niveaux de lecture à conserver dans sa bibliothèque.

Les lendemains qui chantent

Image

J’ai une passion inavouable pour les polars nordiques. C’est donc naturellement que je me suis penché sur le bouquin d’Arnaldur Indridason, Les lendemains qui chantent.

Et pour le coup, j’ai vite déchanté (oui c’était facile).

L’intrigue se déroule en Islande et parle du passé complexe de ce petit pays avec l’Union Soviétique. Il est question de Lada d’occasion, de chalutiers russes, de rouges, d’espionnage, d’amitié, de flics ripous, d’une ancienne disparition et de pédophilie.

Oui ça fait beaucoup pour seulement 350 pages. L’histoire met en scène de nombreux personnages, vivants ou disparus, et fait manifestement référence à d’anciennes enquêtes de Konrad, le héros du roman. D’un chapitre à l’autre, le lecteur chance d’époque mais aussi d’enquête. Il faut rester concentré pour suivre.

Aucun des protagonistes de Indridason n’est suffisamment sympathique pour que je m’y attache, même l’ancienne amitié entre Konrad et son collègue Leo me laisse indifférente. Et le style littéraire de l’auteur ne dépasse pas le niveau d’un roman de gare.

Il n’y a que les références aux relations complexes et tourmentées entre l’Islande et l’Union Soviétique, la période rouge de ce pays devenu capitale du capitalisme avant le grand crash de 2008, qui donne un peu d’intérêt à ce roman.

J’ai été jusqu’au bout, mais je n’ai pas aimé.

La confrontation

Image

Elon Musk, un kidnapping, l’IA, quel étrange roman que la confrontation. Mon épouse l’avait acheté par erreur et lu sans conviction, personnellement, je l’ai adoré.

Le sujet semblait des plus commercial, Elon Musk kidnappant une classe de maternelle pour faire comprendre au monde que les humains courent à leur perte avec l’IA.

Le roman de Clara Dupont-Monod raconte surtout la confrontation entre Emile, le négociateur et Elon, le kidnappeur, en profitant pour philosopher de manière accessible aux non philosophes sur de nombreux sujets comme l’IA bien entendu, mais aussi le pouvoir, les réseaux sociaux et d’autres. 

Le livre possède un quelque chose du Monde de Sophie, mais en version riche en rebondissements et surtout beaucoup plus court.

Je ne suis pas un adorateur du patron de Space X, je n’utilise pas l’IA, je n’envoie pas de messages sur Twitter et mes enfants ne sont plus en maternelle. Toutefois j’ai bien aimé les réflexions de l’autrice et les dialogues entre les deux principaux protagonistes de l’histoire.

La confrontation est un petit roman presque léger qui soulève néanmoins quelques problématiques intéressantes. Un livre distrayant et intelligent.

Rosewater

Image

Le cyberpunk n’est pas un genre littéraire que je goûte particulièrement. Pourtant Rosewater m’a intrigué par bien des aspects. Tout d’abord le héros du roman est un nigérien vivant en Afrique ce qui n’est pas courant dans la science-fiction. Ensuite le monde virtuel dans lequel navigue le personnage principal est créé par des spores. Enfin, parce qu’il s’agit d’une rencontre d’une troisième type.

La ville de Rosewater au Nigeria, a poussé autour d’un dôme qui abrite une entité extraterrestre. Et une fois par an, ce dôme s’ouvre et les personnes malades ou blessés sont miraculeusement guéries.

Karoo est un réceptif, une sorte d’extralucide qui vit en symbiose avec les spores extraterrestres qui lui donnent des pouvoirs. Il commence par les utiliser pour voler les gens avant de se faire recruter par une agence gouvernementale, le S45.

Le roman de Tade Thompson navigue entre passé et présent, monde réel et virtuel. Si la première partie du récit est assez facile à lire, plus on avance dans les pages, plus il est difficile de savoir dans quel monde et quel époque on se trouve. J’ai trouvé le dernier quart du livre assez difficile à lire ce qui ne me donne pas envie d’aller plus loin dans la trilogie.

Ce livre n’en reste pas moins une curiosité dans le monde de la science-fiction, le genre de bouquin qu’il faut avoir lu au moins une fois lorsque l’on aime cette littérature.

Le problème à trois corps, encore…

Image

Après avoir tenté de lire le livre sans succès, après avoir regardé la série télé avec intérêt, j’ai repris le roman pour comprendre pourquoi je ne l’avais pas aimé.

Je m’étais rapidement arrêté en pleine révolution chinoise, cette fois j’ai été jusqu’au bout. Et ça n’a pas été sans mal, loin de là. Certains jours je dévorais plusieurs chapitres, d’autres semaines je trainais sur quelques pages.

Le problème à trois corps raconte un premier contact avec une civilisation extraterrestre et tous les bouleversements qui se produisent ensuite dans la société. Le problème à trois corps c’est aussi un problème de mécanique céleste sans solution mathématique qui implique trois astres en interaction. Un épineux problème auquel est confronté la civilisation extraterrestre contactée.

Le roman se veut scientifique et explique tout, même ce qui n’a pas de sens, de la hard science dirons certains. Et c’est ça, je l’ai compris vers la fin, qui a fait traîner ma lecture. Les pseudo explications scientifiques à la manière d’un Jules Verne ne m’intéressent pas, elle m’ennuient. En plus, j’ai eu un mal de chien à identifier chaque personnage, n’étant pas très familiarisé avec les noms chinois.

L’idée du roman est excellente par contre et les personnages bien campés, mais Liu Cixin aurait pu s’épargner deux-cent-cinquante pages d’écriture pour raconter la même histoire. Je ne pense pas que je lirai les deux autres tomes, cela me prendrait une année entière. Pourtant j’aimerais bien connaître la fin de ce roman, car il y q un vrai suspense dans cette histoire.

Des diables et des saints

Image

C’est avec le souvenir de Veiller sur elle et les larmes de mon épouse après avoir refermé ce nouveau livre de Jean-Baptiste Andrea, que j’ai ouvert Des diables et des saints.

J’ai tout de suite retrouvé avec bonheur la plume de cet écrivain dans l’histoire de Joseph, le petit orphelin. N’importe qui d’autre aurait pu écrire cette histoire un peu facile, mais rares sont ceux qui auraient su lui donner vie.

Joseph est un pianiste talentueux mais il ne  joue que dans les lieux publics, les gares et les aéroports, jamais dans les salles de concerts. Il l’attend.

Enfant, il perd sa petite soeur et ses parents dans un accident d’avion. Il est alors placé dans l’orphelinat des Confins, à la frontière espagnole, où se déroule presque toute l’histoire.

Un orphelinat catholique géré par l’abbé Senac, Grenouille le surveillant tortionnaire, Rachid, le prof de sport et quelques bonnes soeurs.

Le roman tire sur des ficelles connues, l’enfance, l’amour, l’amitié, l’emprisonnement et les méchants adultes. Mais raconté par Jean-Baptiste Andrea, la facilité de l’intrigue devient une belle histoire. Un roman que j’aurais certainement dévoré en quelques heures si mon agenda l’avait permis.

Leur domaine

Image

C’est une étrange sensation que de lire un roman lorsque l’on en connaît toute l’intrigue mais pas les détails. 

J’avais dévoré la seconde partie du roman de Jo Nesbo, Les maîtres du domaine, en décembre dernier et me suis juré de lire la première partie dès que j’en aurais l’occasion, parce que l’histoire de ces deux frères est vraiment incroyable. 

Le problème, c’est que je connaissais les grandes lignes du récit. Aucun suspens n’était à espérer. Alors j’ai pris mon temps, chapitre après chapitre, tranquillement, j’ai découvert les détails des quatre meurtres perpétrés par Roy et Carl, les deux frères Opgard.

Os est une petite ville paumée en Norvège où tout le monde se connaît. Quelques touristes venus d’Oslo viennent s’y détendre le week-end, sinon le reste du temps, on y voit tout le temps les mêmes têtes. Le maire, le pompiste, le barman, la coiffeuse, le vendeur de voitures de seconde main et bien sûr le Lensman.

En contrebas du virage des chèvres, pas loin de la ferme des deux frères, les voitures ont une fâcheuse tendance à terminer leur course au fond du ravin et personne ne veut poser de barrière pour sécuriser la route.

Carl, le petit frère, est le beau gosse extraverti et intelligent. Roy, son aîné, est plus taciturne et c’est lui qui défend toujours Carl. Roy est pompiste, Carl fait des études. Deux orphelins qui vivent seuls dans la ferme familiale depuis que la Cadillac des parents a raté un jour le fameux virage des chèvres.

Le roman raconte pendant près de sept cent pages les relations complexes qui lient ces deux frères. Des relations qui les entraînent dans une spirale meurtrière infernale. 

C’est aussi la chronique d’un village de montagne isolé où le projet de construction d’un hôtel de luxe va bousculer l’ordre social bien établi.

Une histoire captivante à lire dans l’ordre ou dans le désordre.